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CONSEILS ET CONSEILLERS

Kiyombe: “Langu katengama mpamba ko, buka yenda yandi veka” (proverbe yombe)

Français: « La rivière est serpentée parce ce qu’elle est allée seule. »

Anglais: « River is snaking because she went alone. »

Moralité : L’être humain est comme une rivière. Il a tendance à ne pas marcher dans la droiture et à se tromper. Il a besoin de conseils.

Source : C’est Monsieur Théophile Mafuana (Colorado/USA) qui nous a envoyé ce proverbe, que nous avons la joie de commenter. Il appartient au groupe ethnique Yombe de la République Démocratique  du Congo.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Les Yombe de la République Démocratique du Congo parlent le kiyombe. Ils sont des grands observateurs de la nature. Ils en tirent des leçons très utiles pour la vie en société. Le proverbe susmentionné en est un bel exemple.

Ici, ils partent d’un fait évident : aucune rivière n’est droite. Mais, au-delà du cours d’eau, ils perçoivent une réalité existentielle plus profonde : la nature, même humaine, n’est pas ordinairement droite. Une personne, seule, court le risque de commettre de multiples erreurs. Il est donc important de se rapprocher des autres et de demander conseil.

En cela, le proverbe yombe reflète la sagesse divine.  En effet, il est écrit dans Proverbes 12 :15 (version Louis Second): « La voie de l’insensé est droite à ses yeux, mais celui qui écoute les conseils est sage.” Il est aussi écrit que la réussite, la victoire, la prudence et la sagesse sont sur la voie de ceux et celles qui écoutent les conseils (Cf. Proverbes 11 :14, 13:10, 19:20, 24:6, 27:9). Il est donc important de demander conseil et de mettre en pratique les bons conseils que l’on reçoit. La Bible renferme beaucoup d’exemples de ceux qui ont écouté des conseils et réussi.  Nous en citerons deux en guise d’illustration. Le pharaon a sauvé son pays d’une famine particulièrement dévastatrice en écoutant les conseils de Joseph (Genèse 41).   Esther a écouté les conseils de son oncle Mardochée et cela lui a ouvert la voie de la réussite (livre d’Esther).

Seulement, tout conseil n’est pas forcément bon. Le serpent a donné un mauvais conseil à Eve et cela a entraîné la chute de l’humanité (Genèse 3). Roboam a écouté les mauvais conseils des jeunes et rejeté les bons conseils des plus âgés et le résultat a été catastrophique : son royaume a été divisé (Cf. 1 Rois 12). Haman a induit le roi Xerxès en erreur pour assouvir sa soif de vengeance (livre d’Esther). On pourrait multiplier les exemples… On comprend alors pourquoi l’écrivain français Georges Courteline est arrivé à dire : « Méfie-toi des conseils, mais suis les bons exemples ». Sa conception des conseils peut sembler pessimiste, mais elle pousse à réfléchir. L’univers des conseils est tellement opaque. Il faudrait donc tenir compte d’un certain nombre de paramètres avant d’y pénétrer:

  • Examen de soi : Mon cœur est-il en règle devant Dieu ? Dois-je demander pardon à Dieu ou à mon prochain pour une offense quelconque ? Qu’est-ce qui me motive à demander conseil ?

  • Recherche de la direction du Seigneur :   Dieu seul maîtrise parfaitement la profondeur du cœur humain ainsi que tous les détails de la vie passée, présente et à venir. Aussi est-il nécessaire de solliciter sa direction.

  • Examen de la source du conseil : Qui est celui ou celle à qui je demande conseil ? Quelle est sa moralité ? Quelle est son expertise dans le domaine précis où j’ai besoin de recommandation en ce moment ?

  • Examen du conseil à la lumière de la Bible : Dieu est la source de la vraie sagesse. Avant d’appliquer un conseil, il convient de se poser les questions suivantes : Ce conseil est-il conforme aux enseignements bibliques ? Est-ce qu’il ne viole pas un principe clairement défini par la Bible ? Si la Bible ne dit rien de précis sur le sujet, la soumission du conseil au tamis de 1 Corinthiens 10 :23 peut être salutaire : Est-ce permis ? Est-ce utile ? Cela édifie-t-il ?

Daigne le Seigneur accorder, à chacun d’entre nous, la grâce de trouver les solutions qui conviennent aux multiples problèmes qui minent nos familles, nos communautés et nos pays. Daigne sa divine sagesse nous combler de discernement face aux multiples conseils et nous orienter vers des décisions justes et empreintes d’amour sincère chaque fois que les circonstances l’exigent.

Moussa Bongoyok

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2017

 

Conférence internationale sur la famille

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NATURE HUMAINE, MENACES, ET SAGESSE

“Kokoya a ya kra na a ndena a kda azbai.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Le bébé léopard ne devient pas un chien.” (proverbe mafa)

« A baby panther does not become a dog. » (Mafa proverb)

Source: Nous remercions Monsieur Azakaha Zacharie qui a bien voulu nous envoyer ce proverbe que nous avons commenté avec plaisir.

Moralité: Il faut savoir tirer les conséquences logiques des observations pertinentes. Telle mère, telle fille. Tel père, tel fils.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa vivent principalement dans des zones montagneuses où, autrefois, la vie quotidienne était hantée par un fauve redoutable : le léopard (appelé aussi panthère). Il s’attaquait principalement au petit bétail occasionnant ainsi des pertes énormes dans un système économique on ne peut plus fragile. Pire, il n’épargnait pas les êtres humains. Il arrachait brutalement des bébés pendant que leurs parents cultivaient au champ. Même les adultes n’échappaient pas à ses attaques au point où le léopard est devenu l’animal le plus redouté en pays mafa et était classé au même niveau que la variole. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour prouver leur bonne foi à leurs prochains, les mafa juraient  « kokoya a gidber » (le léopard et la variole), sous-entendu « si je mens que le léopard me dévore et que la variole me tue ».

Perçu sous cet angle, il est aisé de comprendre le contraste entre le léopard et le chien. En clair, la nature du léopard est bien distincte de celle d’un chien, ce dernier étant un animal domestique qui rend généralement de multiples services à l’être humain. A travers ce proverbe le Mafa va au-delà du « tel père, tel fils » français et appelle à la prudence dans la mesure où, aussi inoffensif que le bébé panthère peut paraître, il finit – en grandissant – par agir conformément à sa nature destructrice. Ce proverbe invite aussi les jeunes à bien observer les parents de leurs futurs conjoints ou conjointes avant de se lancer dans les liens de mariage car les enfants reflètent souvent les traits de caractère de leurs parents. Bien entendu, des exceptions existent. Il est possible qu’un garçon ou qu’une fille, du fait d’une vraie conversion, mène une vie excellente qui reflète sa nouvelle nature spirituelle et tranche nettement avec celle de ses parents. Enfin, ce proverbe invite indirectement les enfants à rester fidèles aux bonnes valeurs transmises par les parents car si le bébé panthère ne devient pas un chien, ce n’est pas au bébé d’un chien ou d’une vache de devenir une panthère.

Puisque notre proverbe porte sur le léopard, force est de relever que la Bible parle aussi de cet animal, voire du fait qu’il ne peut pas changer de nature. En effet, il est écrit dans Jérémie 3 :23 : « Un Ethiopien peut-il changer la couleur de sa peau, un léopard les taches de son pelage? De même, comment pourriez-vous vous mettre à bien agir, vous qui avez pris l’habitude de commettre le mal?” Ici, le prophète Jérémie parle dans un contexte de jugement contre les habitants de Juda à cause de la multitude de leurs péchés. Ils se sont tellement enfoncés dans le mal que leur condition est comparable aux taches du pelage du léopard. En d’autres termes, leur mauvaise habitude est devenue une seconde nature. Seul un miracle opéré par le Seigneur lui-même, peut transformer leurs cœurs et les ramener sur le droit chemin.

Voilà qui devrait attirer notre attention à l’heure où des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’Etat Islamique sèment la terreur dans de nombreuses régions et pays du monde. Nous devons agir vite de peur que le mal ne s’enracine avec des effets très dévastateurs qui ne tarderont pas à éclabousser les pays qui ne se sentent pas concernés pour l’instant. Nous devons agir vite de peur que nos enfants ne soient endoctrinés au point de se retourner contre nous, scellant de ce fait une mutation effroyable. Oui, nous devons agir vite mais sagement car il est facile de gaspiller de l’énergie inutilement en luttant contre les symptômes d’un phénomène si l’on ne prend pas la peine d’en examiner les causes profondes tout en évitant de se faire piéger par de faux alliés susceptibles de brouiller les vraies pistes. Les mesures d’urgence sont normales mais il convient de se mettre résolument au travail pour attaquer le mal à la racine avec méthode, courage, prudence, discernement sans négliger la prière car – au-delà de nos efforts – Dieu seul peut changer la nature humaine et nous accorder la sagesse nécessaire pour trouver des solutions efficaces.

 

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

ACCUSATIONS A LA LOUPE

“Mfumu kadvanga ngulu yikutu kumosi ko!” (Proverbe Yombe – Ethnie Kongo)

 “Le chef ne mange pas un porc qui n’a qu’une oreille.” (Proverbe Yombe)

 “The leader does not eat pork that has only one ear.” (Yombe proverb)

 

Moralité: Il ne faut jamais se fier aux accusations d’un individu.

Source: Ce proverbe nous a été envoyé par le Professeur Mavinga Joseph, RDC.

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Les Yombe vivent principalement en République Démocratique du Congo et en Angola. Ils sont célèbres pour leurs sculptures. Mais, au-delà de ses talents artistiques, ce peuple a un répertoire de d’adages aussi riche que varié. Le proverbe que nous examinons présentement nous plonge dans le labyrinthe de fausses accusations et de la sagesse dont doit faire preuve un leader pour dire le droit sur la base de la vérité. L’image utilisée par les Yombe est fort intéressante : un porc qui n’a qu’une oreille au lieu de deux. A travers cette illustration, les Yombe veulent dire que les accusations qui proviennent d’un individu doivent toujours être vérifiées avant d’être prises en considération tant il est facile d’accuser faussement les autres par jalousie, par ignorance, par mimétisme, par manque de vérification d’une source d’information douteuse, ou par méchanceté. Certaines accusations sont vraies, d’autres sont fausses. Or, une fausse accusation a des conséquences graves et parfois irréparables. Face à cette situation, un chef ou une cheftaine écoute aussi l’accusé(e) ou les accusé(e)s, et procède à des vérifications, voire des confrontations si nécessaires, avant de se prononcer.

En ceci, le proverbe Yombe reflète la sagesse divine car il est écrit dans Deutéronome 19 :15 (La Bible du Semeur): « La déposition d’un seul témoin ne suffira pas pour établir la culpabilité d’un homme accusé d’un crime, d’un délit ou d’une faute quelle qu’elle soit, on ne pourra instruire l’affaire qu’après avoir entendu les déclarations de deux ou de trois témoins.” Le texte de Proverbes 18:17 (la Bible du Semeur) abonde dans le même sens et donne une raison intéressante: « Celui qui plaide sa cause en premier paraît toujours avoir raison, vient la partie adverse, et l’on examine ce qu’il a dit (la Bible du Semeur).” Dieu connaît parfaitement les cœurs des humains et Il sait combien ces précautions sont nécessaires. Parfois, les témoins peuvent s’entendre pour porter de fausses accusations comme ce fut le cas dans l’histoire de la vigne de Naboth (1 Rois 21) ou produire de fausses preuves comme la prostituée criminelle du temps de Salomon (1 Rois 3 :16-28). Un leader doit savoir exercer du discernement et implorer la sagesse divine pour juger avec justice.

Daigne le Seigneur nous accorder la grâce de ne pas être du nombre de ceux et celles qui accusent faussement leurs prochains ! Et, si nous sommes en position de leadership ou sommes appelés à prononcer un jugement, que nous ayons la sagesse de ne pas trancher sans avoir auparavant fait un travail d’analyse approfondie.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

 

 

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