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DANGER DES MAUVAISES COMPAGNIES

« Watunga na nianga nta wele yumina ku zulu nzo » (Proverbe Kongo)

«Si tu cours avec la paille, tu finiras sur le toit de chaume.» (Proverbe Kongo)

« If you run with the straw you will finish on a roof of stubble. » (Kongo proverb).

Signification: Les mauvaises compagnies sont une source de danger. Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.

Commentaire à la lumiere de la Bible

J’aime beaucoup les proverbes africains. Ils ont l’art de partir des éléments insignifiants, des faits et gestes ordinaires de la vie, pour propulser adroitement dans un univers philosophique profond tout en gardant les racines solidement fixées dans la vie pratique. Le proverbe Kongo que voici en est une belle illustration. Chez de nombreux peuples africains, même en plein 21e siècle, les habitations ont des toits de chaume. La paille constitue, dans ce cas-là, la matière première. Elle est savamment sélectionnée, coupée, tissée et arrangée selon les styles architecturaux du contexte. Quoique cela soit rare et ce en dépit de tous les efforts déployés dans le tri, il arrive que l’on retrouve sur le toit des feuilles, de petites brindilles ou de la paille d’une autre espèce.   De même que la paille et les éléments qui s’y assimilent se retrouvent sur le toit de chaume, ceux qui fréquentent des hommes ou des femmes de moralité douteuse connaitront le même sort.

En partant du monde végétal, le Kongo vise en fait la profondeur même du comportement des membres de la société. Il est important de savoir choisir ses amis et ses compagnons car, même si au départ nous ne le réalisons pas, nous finirons par penser, parler et agir comme eux. Et comme le mal reste rarement impuni, nous partagerons inévitablement leurs déboires et leurs châtiments.

Dans la Bible, Lot était en bonne compagnie jusqu’au jour où il a porté son choix sur Sodome et Gomorrhe. Au départ, il pensait qu’il avait fait un choix excellent. Il s’est fié à la vue et la suite de sa vie fut une véritable tragédie (Genèse 19). Samson avait des talents exceptionnels. Il est tombé dans le panneau de mauvaises compagnies et y a perdu sa vue puis sa vie (Juges 16). Le fils prodigue de la parabole a tourné le dos à sa famille pensant trouver son bonheur dans le libertinage en compagnie des gens de mauvaise vie. Mal lui en a pris car s’est retrouvé dans une situation telle que les cochons qu’il gardait étaient mieux nourris que lui. Heureusement, il s’est ressaisi et a rejoint le bercail (Luc 16). La Bible est formelle : Attention, ne vous y trompez pas: Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.” (1 Corinthiens 15 :33).

Soyons sages. Sachons avec qui nous passons le clair de notre temps. Sachant choisir nos meilleurs amis. Ayons l’audace de nous détourner de la voie de ceux qui nous attirent vers le mal et loin du Seigneur. Et, si nous sommes présentement tombés dans ce piège, ayons le courage de nous repentir comme le fils prodigue et de retourner sur la bonne voie. Choisissons plutôt nos meilleurs amis et nos partenaires parmi ceux qui ont une bonne conduite, qui aiment le seigneur et qui sont déterminés à mener une vie d’intégrité aux yeux des êtres humains et de Dieu même s’il faut pour cela nager à contre courant dans un contexte mondial qui est de plus en plus enveloppé par les forces du Malin.

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2016

PREVENIR

  1. « Na menә gɨlәlu ka utsәka ŋә ka da vɨlә vala ba patsaki kәŋa la» (proverbe parkwa [podoko])

  2. en français : « tu ne peux pas élever une poule et le vendre le même jour ». (proverbe parkwa [podoko])

  3. en anglais: »You can not raise a chicken and sell it the same day » (parkwa [podoko]Proverb)

Explication : Ce proverbe ressemble beaucoup au dicton populaire « on ne nourrit pas la poule le jour du marché ». Mais selon Oussalaka André, Parkwa habitant à Ngaoundéré, ce proverbe est très ancien chez les Parkwaka. La preuve en est que l’élevage des volailles (poulets en particuliers) était une l’une des activités économiques les plus pratiquées après l’agriculture. Elle s’est très développés au profit du menu bétail (chèvres, moutons, bœuf, etc.) parce que les bergers devenaient facilement la cible des prédateurs d’esclaves. Les volailles sont nourris au jour le jour dans la basse-cour, et le jour du marché, il est facile d’en prendre un et d’aller le vendre au marché. En cas de danger, on peut courir avec l’animal en main, et même si pour s’échapper il faut le lâcher, on ne perd pas grand-chose contre sa liberté.

Proverbe soumis et commenté par Alliance Fidèle ABELEGUE – Etudiant à l’Institut Universitaire de Développement International (IUDI) et à l’Université de Yaoundé I

(c) copyright by Contributions africaines, 2016

 

NATURE HUMAINE, MENACES, ET SAGESSE

“Kokoya a ya kra na a ndena a kda azbai.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Le bébé léopard ne devient pas un chien.” (proverbe mafa)

« A baby panther does not become a dog. » (Mafa proverb)

Source: Nous remercions Monsieur Azakaha Zacharie qui a bien voulu nous envoyer ce proverbe que nous avons commenté avec plaisir.

Moralité: Il faut savoir tirer les conséquences logiques des observations pertinentes. Telle mère, telle fille. Tel père, tel fils.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa vivent principalement dans des zones montagneuses où, autrefois, la vie quotidienne était hantée par un fauve redoutable : le léopard (appelé aussi panthère). Il s’attaquait principalement au petit bétail occasionnant ainsi des pertes énormes dans un système économique on ne peut plus fragile. Pire, il n’épargnait pas les êtres humains. Il arrachait brutalement des bébés pendant que leurs parents cultivaient au champ. Même les adultes n’échappaient pas à ses attaques au point où le léopard est devenu l’animal le plus redouté en pays mafa et était classé au même niveau que la variole. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour prouver leur bonne foi à leurs prochains, les mafa juraient  « kokoya a gidber » (le léopard et la variole), sous-entendu « si je mens que le léopard me dévore et que la variole me tue ».

Perçu sous cet angle, il est aisé de comprendre le contraste entre le léopard et le chien. En clair, la nature du léopard est bien distincte de celle d’un chien, ce dernier étant un animal domestique qui rend généralement de multiples services à l’être humain. A travers ce proverbe le Mafa va au-delà du « tel père, tel fils » français et appelle à la prudence dans la mesure où, aussi inoffensif que le bébé panthère peut paraître, il finit – en grandissant – par agir conformément à sa nature destructrice. Ce proverbe invite aussi les jeunes à bien observer les parents de leurs futurs conjoints ou conjointes avant de se lancer dans les liens de mariage car les enfants reflètent souvent les traits de caractère de leurs parents. Bien entendu, des exceptions existent. Il est possible qu’un garçon ou qu’une fille, du fait d’une vraie conversion, mène une vie excellente qui reflète sa nouvelle nature spirituelle et tranche nettement avec celle de ses parents. Enfin, ce proverbe invite indirectement les enfants à rester fidèles aux bonnes valeurs transmises par les parents car si le bébé panthère ne devient pas un chien, ce n’est pas au bébé d’un chien ou d’une vache de devenir une panthère.

Puisque notre proverbe porte sur le léopard, force est de relever que la Bible parle aussi de cet animal, voire du fait qu’il ne peut pas changer de nature. En effet, il est écrit dans Jérémie 3 :23 : « Un Ethiopien peut-il changer la couleur de sa peau, un léopard les taches de son pelage? De même, comment pourriez-vous vous mettre à bien agir, vous qui avez pris l’habitude de commettre le mal?” Ici, le prophète Jérémie parle dans un contexte de jugement contre les habitants de Juda à cause de la multitude de leurs péchés. Ils se sont tellement enfoncés dans le mal que leur condition est comparable aux taches du pelage du léopard. En d’autres termes, leur mauvaise habitude est devenue une seconde nature. Seul un miracle opéré par le Seigneur lui-même, peut transformer leurs cœurs et les ramener sur le droit chemin.

Voilà qui devrait attirer notre attention à l’heure où des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’Etat Islamique sèment la terreur dans de nombreuses régions et pays du monde. Nous devons agir vite de peur que le mal ne s’enracine avec des effets très dévastateurs qui ne tarderont pas à éclabousser les pays qui ne se sentent pas concernés pour l’instant. Nous devons agir vite de peur que nos enfants ne soient endoctrinés au point de se retourner contre nous, scellant de ce fait une mutation effroyable. Oui, nous devons agir vite mais sagement car il est facile de gaspiller de l’énergie inutilement en luttant contre les symptômes d’un phénomène si l’on ne prend pas la peine d’en examiner les causes profondes tout en évitant de se faire piéger par de faux alliés susceptibles de brouiller les vraies pistes. Les mesures d’urgence sont normales mais il convient de se mettre résolument au travail pour attaquer le mal à la racine avec méthode, courage, prudence, discernement sans négliger la prière car – au-delà de nos efforts – Dieu seul peut changer la nature humaine et nous accorder la sagesse nécessaire pour trouver des solutions efficaces.

 

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

QUAND L’ECHEC SEMBLE ETRE UN DESTIN

« To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde. » (balndol Fulbe)

« Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris. » (proverbe peul)

« It is better to sell his gandoura to get his hat torn by contempt. » (Fulbe proverb).

Moralité : Aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer sa dignité.

(C’est Monsieur Ndjidda Oumarou Christian de Maroua dans l’Extrême-Nord du Cameroun qui nous a été envoyé ce proverbe que nous commentons avec joie. Nous l’en remercions et encourageons les internautes à nous faire parvenir des proverbes dans leurs langues maternelles).

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Le début d’une nouvelle année est souvent accueilli avec une joie immense, entre autres raisons, parce qu’il nous donne l’espoir que nous pourrons enfin réaliser le rêve qui est resté longtemps en veilleuse, vaincre les défauts qui nous tiennent captifs, ou accomplir les merveilles qu’on a toujours contemplé à distance.

C’est donc avec cette ferveur quasi religieuse que nous nous empressons de faire des vœux, de prêcher à notre subconscient et de promettre parfois à nos prochains que plus rien ne sera comme avant. Parfois tout semble bien aller pendant les premiers jours, voire les premières semaines au grand étonnement des amis et des proches qui commencent à espérer et à jubiler intérieurement en se disant que cette fois-ci le changement positif tant attendu aura enfin lieu. Tout se passe alors comme si l’on voguait sur les nuages jusqu’au moment où, parfois, dès la seconde semaine, les vieux et terrifiants démons des mauvaises habitudes semblent se dresser sur le chemin. Comme le disent si bien les banguissois dans un savant mélange de sango et de français dont ils ont le secret, « Kobela ti biri a kiri na pouvoir » (le mal d’hier est revenu au pouvoir). Devant ce constant on ne peut plus amer, le découragement ne tarde pas à frapper à la porte du cœur. La honte, le silence et l’isolation qui s’en suivent finissent pas dérober le peu de détermination qui reste et à plonger inéluctablement de braves individus dans le gouffre du découragement et du d’espoir. Il n’est pas rare d’entendre les gens dire en de telles circonstance : Je n’y peux rien, c’est mon destin. Toute se passe comme si la vie avait arraché de force le chapeau de la dignité humaine qui faisait leur fierté. Et c’est justement en de telles circonstance que l sagesse peule est éloquente : « To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde » (Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris).

Ce proverbe peul semble nous offrir une clé de succès très intéressante. Il s’agit ici de la situation embarrassante dans laquelle se trouve un homme qui s’est fait arracher sa chéchia par mépris. Quoique vêtu d’un grand boubou, il préfère le vendre pour restaurer sa dignité. Cela peut paraître absurde dans d’autres contextes, mais, dans la culture peule, l’honneur est sacré. Pour le restaurer aucun sacrifice n’est trop grand. L’idée est que celui ou celle qui est victime du mépris, consent à un sacrifice plus grand pour restaurer son honneur car, quoique le chapeau soit plus petit et moins cher que la gandoura, il symbolise la dignité. Ce proverbe peul reflète merveilleusement la sagesse divine car il est écrit dans Proverbes 22 :1 (Bible du Semeur): « Bon renom vaut mieux que grandes richesses, et l’estime des autres est plus précieuse que l’or et l’argent.” Le texte d’Eccl. 7:1 abonde dans le même sens. Que Dieu nous accorde la grâce de ne pas oublier cette recommandation biblique ! Valoriser la bonne renommée plus que les trésors ou consentir à des sacrifices pour retrouver dans sa dignité, c’est aussi reconnaître ses échecs, prendre le temps d’en considérer attentivement les raisons, rectifier le tir là où cela s’impose, et avoir le courage de recommencer sur des bases plus solides.

Refusons l’idée que l’échec est une fatalité. Chaque être humain peut mieux faire par la grâce de Dieu. Les échecs passés, si cuisants soient-ils, peuvent être le ferment d’une incroyable réussite future car on peut réussir même après plusieurs échecs lamentables. Mais, pour y arriver, ayons le courage de nous faire violence pour accepter de faire les choses autrement en puisant notre force en Dieu et en nous faisant entourer par des frères et sœurs mûrs dans la foi, expérimentés, sages, remplis de la crainte respectueuse de Dieu, et déterminés à cheminer fidèlement sur la voie du Seigneur.

 

La plus grande humiliation de la vie n’est pas de reconnaitre qu’on a besoin d’aide, de conseil, de soutien dans la prière, de formation ou d’encadrement pour vivre honorablement aux yeux de Dieu et de ses semblables. La plus grande honte est d’échouer en dépit d’énormes potentialités de réussite tout simplement parce qu’on a pas le courage de faire les choses autrement, d’écouter et de mettre en pratique les bons conseils, ou de marquer la différence en s’appuyant sur le Seigneur. Ne l’oublions jamais : aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer notre dignité.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

LE MALHEUR EST UNE ECOLE

“Icyâgo cyigisha ubwênge” (proverbe rwandais – kyniarwanda)

« Le Malheur enseigne la clairvoyance. » (proverbe rwandais)

« Misfortune teaches foresight. » (Rwanda proverb)

Moralité : Celui ou celle qui est sage tire des leçons des expériences malheureuses de la vie.

Source : Titinga Frédéric Pacéré  Pensées africaines : proverbes, dictons et sagesse des Anciens. (Paris : L’Harmattan, 2005) p. 25

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La vie est un long chemin sinueux qui traverse de nombreux monts et vallées. Elle fait balancer la condition humaine entre la joie et le malheur à un rythme très irrégulier.  Mais, même les évènements fâcheux peuvent livrer des trésors à celui ou celle qui est sage et qui sait tirer des leçons du malheur qui frappe directement ou indirectement. C’est ce que nous communique le proverbe rwandais qui nous intéresse particulièrement en ce moment.

En effet, quoique le malheur soit redouté, il est comme une noix de coco qui livre son amende à la personne qui se donne la peine de casser sa solide coque. Celui ou celle qui est sage, réfléchit face au malheur qui lui arrive ou qui frappe ses semblables.  Quelles sont les causes profondes de ce malheur ? Quelles leçons dois-je en tirer ? Que faire pour le prévenir ou du moins en limiter les dégâts dans l’avenir tant au niveau individuel que collectif? Quelles dispositions pratiques faut-il prendre dès aujourd’hui ? Telles sont les questions qui s’imposent dans l’adversité.

Le malheur peut être une école de formation. Le psalmiste a tiré des leçons de l’adversité (Psaume 119 : 67,71). Job, au terme de la série des malheurs qui l’ont frappé, est entré dans une dimension plus profonde de la vie spirituelle au point où il a déclaré dans Job 42 :5 (La Bible du Semeur): «Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toi. Mais maintenant, mes yeux t’ont vu. » L’officier de 2 Rois 1 a tiré des leçons du malheur qui a frappé ses collègues et les soldats qui étaient sous leurs ordres. Au lieu d’aborder le prophète Elie avec la même arrogance que ses prédécesseurs, il adopta une attitude d’humilité et sauva ainsi sa vie et celle de ses compagnons d’armes. L’on pourrait multiplier de tels exemples à la lumière de la Bible mais tout semble se résumer à ces paroles d’Ecclésiastes 7 :14 (La Bible du Semeur) « Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis, car Dieu a fait l’un et l’autre, si bien que l’homme ne peut rien découvrir de ce qui doit lui arriver.»

Malheureusement, très peu d’individus et de communautés prêtent attention à ces conseils divins. L’histoire de l’humanité est riche en attitudes ou comportements qui ont causé divers malheurs, et pourtant nos sociétés contemporaines semblent trouver un grand plaisir à afficher les mêmes comportements, ignorant au passage que « ce qui est arrivé au mouton arrivera aussi à la chèvre » conformément à un autre proverbe africain. Les communautés chrétiennes ont aussi intérêt à tirer des leçons des malheurs qui ont frappé les églises qui se sont détournées du Seigneur et de sa saine doctrine afin d’éviter les pièges du matérialisme, du désordre spirituel, de la mondanité, de l’occultisme, du libéralisme théologique et des maux semblables.

Gustave Flaubert disait dans une correspondance datant du 23 mai 1852 : « Il faut de chaque malheur tirer une leçon et rebondir après les chutes. » Heureux sont ceux et celles qui savent tirer des leçons des divers malheurs qui nous frappent au lieu de se jeter mains et pieds liés dans la fosse aux lions de l’endurcissement et de la désobéissance. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

L’AMI(E) AIME EN TOUT TEMPS

“Gido kam wartata ganyo.” (balndol Fulbe)

“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” (Proverbe Fulbe)

“A friend does not become an enemy.” (Fulbe proverb)

 

Moralité: Les vrais amis sont constants dans leur amitié. Ils/elles demeurent amis (es) dans les bons et les mauvais jours.

 

Commentaire à la lumière de la Bible 

L’histoire de l’humanité est truffée de trahisons. Il n’est pas rare de voir des soi-disant amis ou amies s’entredéchirer et développer une inimitié  fort surprenante. Pourtant, les Fulbe affirment haut et fort qu’“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” Est-ce que les Fulbe, connus pour leur sagesse légendaire, sont devenus subitement aveugles à la réalité existentielle ? Sinon, auraient-ils délibérément opté pour la politique d’autruche ? Si tel n’est pas le cas, comment expliquer une affirmation si paradoxale?

Les Fulbe sont bel et bien au parfum des trahisons, des coups bas, des effets dévastateurs de l’égoïsme humain qui, tel un feu de brousse en zone sahélienne, dévore tout sur son passage. Les Fulbe savent pertinemment qu’une amitié peut être fausse, trompeuse ou piégée. Les Fulbe n’ignorent pas que des calculs mesquins peuvent être astucieusement emballés dans des paquets peints aux couleurs de l’amitié.  Les Fulbe veulent tout simplement dire qu’une amitié qui peut d’un moment à l’autre se transformer en inimitié n’est est véritablement pas une. Un(e) vrai(e) ami(e) demeure fidèle à la personne qu’il/elle aime, quelles que soient les circonstances de la vie. L’amitié véritable a des racines si profondes qu’elle demeure verdoyante même en plein désert de la pauvreté, du déshonneur, des médisances, des calomnies, des rivalités, des maladies,  des dangers mortels, et d’autres circonstances adverses.

En ceci, les Fulbe rejoignent la Bible où il est écrit : « L’ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère (Proverbes 17:17 LSG).”  C’est ce genre d’amitié que Ruth avait pour sa belle mère Naomi (Ruth 1:16). Elle est restée fidèle et gentille envers sa belle-mère même quand son mari ne vivait plus. C’est aussi ce genre d’amitié que David avait pour Jonathan (1 Samuel 18 :3). Il a fait du bien à la famille de Jonathan même après la mort de ce dernier (2 Samuel 9 :1). Cependant, le plus grand modèle d’amitié demeure celui de notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il a donné sa vie pour ses amis (Jean 15 :13-14).

Le monde serait nettement meilleur, si tous ceux qui se disent amis étaient sincères dans leurs relations amicales. Mais, quelle est la meilleure preuve de l’authenticité de notre amitié si ce n’est pas la fidélité ? A propos, Julio Iglesias disait,  « L’amitié c’est la fidélité, et si on me demandait  qu’est-ce que la fidélité? Je répondrais c’est amitié! » C’est vrai ; une amitié ne vaut rien si elle n’est pas fidèle. Soyons de vrais amis. Prouvons-le en ne devenant jamais des ennemis de ceux que nous présentons comme étant nos amis. Soyons réalistes ; des problèmes peuvent surgir, même dans une relation amicale. Mais, étant donné que l’inimitié n’est pas une option dans un contexte si noble, ils doivent être rapidement résolus afin que l’amitié continue à briller dans toute sa splendeur.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

VIOLENCES DESTRUCTRICES: QUELLES SOLUTIONS?

« ɛtɔk pú sɔŋɔ bo chɔkɔchɔkɔ. » (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.” (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“A whole village cannot burn down while the people sit and watch.” (Kenyaŋ proverb,  South West of Cameroon)

Signification : Il n’y a aucun problème difficile que les gens ne peuvent résoudre avec l’aide de Dieu. Si les êtres humains conjuguent leurs efforts, ils peuvent affronter victorieusement même les situations les plus difficiles.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Ces dernières semaines, l’actualité est dominée par la situation qui prévaut au nord du Nigeria où plus de 200 jeunes lycéennes ont été kidnappées par le groupe islamiste Boko Haram. Nous saluons les efforts déployés par les gouvernements de nombreux pays du monde, les journalistes et les réseaux sociaux, pour alerter le monde entier et initier des actions qui militent en faveur de la libération de ces jeunes filles. Nous prions pour qu’il plaise au Seigneur de faire couronner ces initiatives de succès. Mais, nous ne voulons pas nous arrêter là. Nous voulons profiter de la bonne disposition des cœurs et des consciences pour attirer notre attention sur la nécessité de pousser la réflexion et l’action un peu plus loin. La situation qui secoue le Nord du Nigeria, et qui risque d’éclabousser dangereusement les pays voisins, a des racines plus profondes que les symptômes qui attirent notre attention en ce moment. Par ailleurs, de nombreux groupes similaires sont actifs dans d’autres pays africains, voire dans d’autres nations du monde. Force est de relever que la violence n’est pas le propre des groupes islamistes radicaux. Les musulmans sont majoritairement pacifiques. Les adeptes des autres religions sont aussi majoritairement pacifiques. Mais, l’on trouve malheureusement des gens violents dans toutes les religions du monde et même chez ceux qui se disent irréligieux. Du coup, la situation est beaucoup plus préoccupante. Notre village planétaire menace de brûler et nul ne sera épargné si rien n’est fait pour contenir l’incendie idéologique, religieuse et politique. Les kenyaŋ du Sud-Ouest du Cameroun attirent notre attention sur la nécessité de conjuguer nos efforts en pareille circonstance car “Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.”

 

Ce proverbe nous invite à prendre nos responsabilités au sérieux. Contrairement aux animaux, le Dieu créateur a accordé aux êtres humains la capacité de réfléchir, d’aimer, et de solutionner des problèmes. Il nous revient donc de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire valoir ces talents et implorer son secours là où nos efforts humains sont incapables de nous tirer des situations impossibles. Face aux menaces des violences destructrices, un premier pas serait que les leaders politiques et religieux écoutent les conseils – avec tout le discernement que cela impose. Il est écrit dans Proverbes 15 :22 (la Bible du Semeur) : « Quand on ne consulte personne, les projets échouent, mais lorsqu’il y a beaucoup de conseillers, ils se réalisent. »

De nombreux passages bibliques abondent dans ce sens (Cf. Proverbes 11 :14 ; 20 :18 ; 24 :6. Moïse a eu la sagesse de prendre en compte les conseils de son beau père, Jéthro, qui était pourtant un prêtre païen (Exode 18). Le Pharaon a su sauver son pays et les pays voisins de la dévastation sous l’effet d’une période de famine particulièrement longue et sévère en écoutant les conseils de Joseph, un étranger qui craignait Dieu (Genèse 41). Les conseillers sont très utiles ; encore faut-il savoir choisir ceux ou celles qui sont vraiment bons et sages sous peine de tomber dans le piège de Roboam qui a divisé son pays en deux et perdu une grande partie de son pouvoir juste parce qu’il a rejeté les bons conseillers pour embrasser les mauvais (1 Rois 12).

Décidemment, nous avons besoin de la sagesse divine pour choisir de bons conseillers et conseillères, discerner les bons et les mauvais conseils, appliquer efficacement les bons conseils, et préserver la paix. Mais, là-aussi, Dieu est prêt à voler à notre secours si nous sollicitons sa divine sagesse car il est écrit dans Jacques 1 :5 (la Bible du Semeur) : «Si l’un de vous manque de sagesse,qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche.»

 

En somme, la solution au problème de violence perpétrée par des groupes ou des mouvements violents de tout bord est possible au cas par cas et avec l’aide de Dieu. Mais, il faut pour cela que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour conjuguer nos efforts, réfléchir ensemble sous la direction des leaders compétents qui savent écouter et appliquer les conseils appropriés. En vue de faciliter la recherche d’une solution aux violences perpétrées par des groupes et mouvements tels que Boko Haram, nous proposons les questions suivantes :

 

Questions que les leaders des pays occidentaux devraient se poser très sérieusement 

Quels sont les aspects de nos relations internationales, de nos actions, de nos choix éthiques et de leur imposition directe ou indirecte au reste du monde qui nécessitent un changement afin d’éviter de jeter de l’huile sur le feu des relations entre l’Occident et le reste du monde ? Comment pouvons-nous faire preuve de sagesse, d’humilité, et de considération dans nos relations avec des nations qui ont d’autres valeurs culturelles, politiques et religieuses ? Comment répondre aux violences islamistes actuelles, qui pointent souvent directement l’Occident du doigt, de manière à prendre en compte les causes profondes du phénomène tout en respectant la souveraineté et la dignité des peuples et des gouvernements des autres pays?

 

Questions que les dirigeants des pays africains directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement 

Quelles sont les causes profondes des violences actuelles ? Quelles sont les responsabilités du gouvernement dans cette crise? Quelle stratégie mettre sur pied pour dialoguer avec les vrais leaders des groupes islamistes et ceux qui financent leurs activités afin de trouver une issue pacifique ? Comment attaquer le mal à la racine et prévenir ce phénomène tout en évitant de favoriser un groupe religieux au détriment des autres?

 

Questions que les groupes et mouvements islamistes violents devraient se poser très sérieusement

Dieu est-il vraiment honoré lorsque nous massacrons ou terrorisons des innocents en son saint nom ? Quels sont les voies et moyens pacifiques pour faire entendre notre voix et résoudre nos problèmes sans recourir à des actes qui ternissement l’image de l’islam, tuent ou traumatisent des innocents, et qui finiront tôt ou tard par nous détruire nous-mêmes ? Quelle stratégie de dialogue pouvons-nous mettre sur pied pour sortir de la crise actuelle et envisager l’avenir de manière plus constructive en pleine collaboration avec les adeptes des autres religions tout en restant fidèles à nos valeurs religieuses?

 

Questions que les leaders religieux devraient se poser très sincèrement

Pouvons-vous nous réellement dire que nous croyons en une divinité qui aime tous les autres humains ou en un Dieu d’amour et de paix si nous prêchons la violence et ne faisons rien pour en arrêter le cycle, autant que faire se peut ? Quelle image de notre religion voulons-nous projeter au reste du monde ? Quelle stratégie de conscientisation et d’éducation pouvons-nous mettre sur pied pour prévenir et faire face au phénomène de la violence causée ou aggravée par des convictions religieuses parfois mal assimilées ? Comment pouvons-nous travailler avec les gouvernements, les organisations internationales et les leaders des autres confessions religieuses pour promouvoir la paix dans la justice, la crainte de Dieu, et le respect mutuel ?

 

Questions que les autres pays du monde qui ne sont pas directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement

La sagesse africaine dit : « Si la barbe de ton voisin prend feu, mouille la tienne. » Quelles mesures devons-nous prendre pour prévenir de telles situations dans notre propre pays ? Comment pouvons-nous assister les gouvernements et les populations en difficulté sans aggraver la situation ou créer d’autres problèmes ? Quelle stratégie pouvons-nous mettre sur pied au niveau international pour combattre plus efficacement et prévenir le phénomène de la violence et du terrorisme quelles que soient les convictions du groupe qui en est à l’origine ?

 

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse nécessaire pour travailler la main dans la main afin de mieux contrecarrer les assauts de la violence à travers le monde !

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

QUELLE FONDATION POUR LE MARIAGE?

« Ya waaxod il-‘ird 3ala maalu yiruuH il-maal wa yi’3od il-‘ird 3ala Haalu. »  (Proverbe arabe/égyptien) 

« Si tu épouses un singe à cause de son argent, l’argent finira et le singe restera le même. » (Proverbe arabe/égyptien) 

“If you marry a monkey (i.e. someone ugly) for his money, the money will go away and the monkey will stay the same (as ugly as ever).”

Signification: N’épouse pas une personne à cause de son argent.

(Source: http://arabic.desert-sky.net/coll_proverbs.html)

 

Commentaire à la lumiere de la Bible

En cette fête des mères, nous saluons et félicitons les mamans pour ce qu’elles sont, pour les valeurs qu’elles incarnent, et pour le rôle combien délicat mais indispensable qu’elles jouent dans nos familles et dans nos sociétés. Une mère restera toujours un symbole d’affection, de tendresse, d’éducation, d’encouragement, et surtout d’amour. Mais, au-delà des cadeaux et des festivités, il serait bon de nous attarder un peu sur les futures mères, plus précisément sur la fondation même de la vie conjugale.

A propos, les Arabes, qui ont de très bons et riches conseils sur le mariage contrairement à ce que d’aucuns penseraient, nous livrent une parole de sagesse très profonde : « Si tu épouses un singe à cause de son argent, l’argent finira et le singe restera le même. » Ce proverbe pose le problème de mariage par intérêt. En réalité, c’est de la fondation même du mariage qu’il s’agit. Quand, au-delà de l’amour sincère pour sa future conjointe ou son futur conjoint, l’on est plus motivé par l’argent, la beauté physique, la position sociale, l’honneur, les intérêts politiques ou tout autre calcul égoïste, l’on bâtit son foyer sur du sable mouvant. Malheureusement, nombreux ceux et celles qui tombent dans ce piège.

Pourtant, la Bible regorge de conseils qui peuvent nous aider au moment du choix. En voici quelques uns, tous tirés de la version du Semeur.

Sur la vanité des richesses:

“Ne te tourmente pas pour t’enrichir, refuse même d’y penser. A peine as-tu fixé tes regards sur la fortune que, déjà, elle s’est évanouie, car elle se fait des ailes et s’envole comme l’aigle en plein ciel.” Proverbes 23:4-5.

« S’enrichir par le mensonge, c’est obtenir une vapeur fugitive qui mène à la mort.” Proverbes 21:6.

Sur la vanité de la beauté physique :

« La grâce est décevante et la beauté fugace; la femme qui révère l’Eternel est digne de louanges.” Proverbes 31:30.

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu.” 1 Pierre 3:3-4.

Loin de nous l’idée de penser que l’enseignement biblique sur ce thème se résume à ces quatre versets. Bible regorge de paroles de sagesse riches, variées et profondes qui méritent d’être non seulement lues mais étudiées en profondeur en prenant en compte leurs contextes. Nous ne condamnons ni la richesse, ni la beauté car elles ont leur valeur si elles sont gérées convenablement dans le cadre établi par le Créateur lui-même. Nous voulons tout simplement souligner que des critères comme la richesse matérielle et la beauté physique sont très fragiles pour soutenir un foyer conjugal. Il est donc important que chaque célibataire examine profondément les motivations qui  régissent le choix de sa future conjointe ou de son futur mari. Il est également nécessaire que les mariés passent plus de temps à améliorer leur relation avec Dieu et à cultiver leurs qualités morales – dont l’amour selon les paramètres définies par 1 Corinthiens 13 – qu’à soigner les apparences physiques ou à impressionner par des biens matériels et des glorioles. C’est alors que chaque jour sera une fête dans le foyer, avec ou sans enfant biologique.

Daigne le Seigneur nous venir en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

PAUVRETE ET DIGNITE HUMAINE

“N’tèwèshè a n’didè ndo a koskossai” (N’gèlègèdma mafahai)

“La pauvreté transforme l’être humain en paille.” (proverbe mafa)

“Poverty turns the human being into straw.” (Mafa proverb).

Signification: La pauvrete rabaisse l’être humain. 

 

 Commentaire à la lumière de la Bible

Traditionnellement, les Mafa ne sont pas matérialistes. Sauf rares exceptions, ils savent généralement se contenter du peu de revenus qu’ils tirent de leur cadre naturel très austère. Avant l’avènement de l’argent et de toute la panoplie de l’économie contemporaine, tant qu’un chef de famille avait du mil dans son grenier, des cases en toit de chaume pour les membres de sa famille, quelques chèvres ou moutons, et ne serait-ce que deux vêtements de rechange, il était pleinement satisfait. Dans cet esprit, tant que les Mafa avaient le minimum vital, ils se moquaient éperdument des aléas de la nature et des mirages de l’univers matérialiste. Ce n’est que quand le mil venait à manquer et qu’ils étaient forcés à se plier en quatre devant les autres pour mendier afin de survivre que les Mafa se sentaient vraiment pauvres. C’est alors qu’on peut les entendre prononcer de nombreuses variantes du proverbe sur lequel nous nous penchons présentement : “N’tèwèshè a n’didè do a koskossai”. Dans certains villages mafa l’on entend fréquemment “N’tèwèshè ambabai” (la pauvreté est mauvaise).

A regarder de près ce phénomène, la pauvreté dans la tradition Mafa n’est pas tellement une absence de biens matériels ou de moyens financiers mais une atteinte à la dignité humaine. Même avec peu de moyens, tant que leur dignité n’est pas menacée, les Mafa se sentent riches. Mais, quand ils sont forcés à se rabaisser devant leurs semblables ou à agir contre leur gré afin de survivre, ils se sentent dépouillés de la nature humaine. Ils s’estiment alors aussi inutiles que des herbes sèches que l’on piétine.

Un tel sentiment se retrouve chez plusieurs peuples d’Afrique et du monde. Mais, la communauté internationale en tient-elle toujours compte dans ses agissements et dans ses décisions ? Si tel était le cas, nous ne verrions pas ce qui se passe en ce moment même en Centrafrique, par exemple. Dans ce pays, certains leaders d’organisations internationales agissent à leur guise au grand mépris des autorités centrafricaines et facilitent ainsi la partition du pays en deux avec toutes les conséquences amères que cela pourra entrainer dans un très proche avenir. Pourtant, aucune solution efficace ne peut être trouvée tant qu’on méprise les analyses et les solutions que proposent les leaders politiques et religieux de ce pays (sans distinction aucune) car ils maitrisent mieux leur contexte. Si la République Centrafricaine était parmi les pays les plus riches du monde, la traiterait-on ainsi ?

Au-delà de ce pays, notre planète est gravement troublée par de nombreux cas où certains individus et pays riches forcent leurs volontés sur des individus et des pays plus modestes. Mais, la question fondamentale que nous devons tous nous poser est la suivante : une personne doit-elle perdre sa dignité parce qu’elle est pauvre ?

La Bible répond par la négative. En effet, il est écrit dans Proverbes 14 :31 (la Bible du Semeur): « Opprimer le pauvre, c’est outrager son Créateur mais avoir de la compassion pour les indigents c’est l’honorer. » Quelques chapitres plus loin (17 :21) il est écrit : «Se moquer du pauvre, c’est outrager son Créateur, et celui qui se réjouit du malheur d’autrui ne sera pas impuni. » D’autres textes comme Psaume 12 :5 ; Proverbes 14 :21 ; et Proverbes 22 : 2,16,22,23 abondent dans le même sens.

Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre la pauvreté. Et si malgré tout certains demeurent pauvres travaillons activement pour protéger leur dignité car, comme le dit si bien Jean Boccace, « La pauvreté n’ôte de noblesse à personne, la richesse oui. » Mais, nous pouvons aussi empêcher à la richesse de voler la noblesse des nantis. Les riches et les pauvres peuvent danser la main dans la main au rythme de l’amour divin s’ils apprennent à se respecter mutuellement.

Nous ne pouvons pas forcer tous nos semblables sur cette piste de danse virtuelle; mais nous pouvons marquer la différence dans le respect de la dignité de tous les êtres humains (hommes et femmes, petits et grands, religieux et irréligieux, riches et pauvres) un pas de danse à la fois.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

COURAGE, DIEU EST VIVANT!

“Zhiklè a zhè.” (N’gèlègèdma mafahai)

“Dieu existe.” (Proverbe Mafa)

“God exists” (Mafa proverb)

Signification : Puisque Dieu vit, il y a toujours de l’espoir. Laissons la foi en Dieu transcender nos découragements.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La vie est comme l’alternance des saisons en zone sahélienne. Les saisons sèches – en d’autres termes les temps durs de la condition humaine – semblent être plus longues que les saisons pluvieuses (les beaux jours, les moments de joie et de bonheur) et même ces dernières ont leurs orages existentielles déviatrices, leurs coups de tonnerres sociaux, leurs inondations morales, et leurs glissements de terrain relationnels qui prennent la forme de déceptions, d’interruptions, de faux jugements, d’injustices, pour ne citer que cela. Mais, le plus grand danger est le découragement qui a cette manie de forcer la voie dans toutes les saisons de la vie, souvent au moment le plus inattendu. Le découragement est champion du déguisement. Il prend parfois des formes assez subtiles mais toujours dangereuses. Il arrive souvent qu’un petit mot, même de la bouche de ceux qui sont sensés être nos amis ou nos proches, vienne dégonfler le gros ballon de joie que nous ressentons, et ce, au moment le plus inattendu. Et quand cela arrive, le désespoir s’installe presque immédiatement sur le trône d’une vie qui semble alors perdre totalement sa fondation. C’est en de tels moments que les Mafa disent : « Zhiklè a zhè. » Ce proverbe a au moins deux sens. Quand ces paroles de sagesse sont adressées à celui ou celle qui est à l’origine des circonstances adverses ou des désagréments que l’on subit, elles veulent dire : Dieu me vengera. Quand elles sont adressées à la victime par des parents, amis ou sympathisants, elles traduisent l’idée selon laquelle tant que Dieu vit, il y a de l’espoir. Il ne faut pas de décourager, ni encore moins désespérer car Dieu vit et Il a la capacité de transformer nos malheurs en cris d’allégresse en son temps. C’est ce second sens qui s’applique mieux à l’adage susmentionné.

 Cela me fait penser aux paroles de Job qui disait : « Mais je sais que mon Rédempteur est vivant …» (Job 19 :25). Le Dieu Créateur et Tout Puissant, en qui nous avons mis notre confiance, est vivant. C’est lui qui a permis à David de reprendre courage et de sortir d’une situation si amère que ses propres amis voulaient mettre un terme à sa vie tellement ils étaient chagrinés par la perte des êtres qui leur sont chers (1 Samuel 30). C’est Dieu qui a réconforté le prophète Elie qui souhaitait mourir tant il était abattu par la menace de Jézabel alors même qu’il venait de remporter une victoire éclatante sur les faux prophètes de Baal (1 Rois 19 :1-4). Dieu a fait de même pour le prophète Jonas qui était déçu que l’Eternel pardonne aux ennemis d’Israël (Jonas 4). Dans le Nouveau Testament, Seigneur a encouragé Paul (Actes 23 :11) qui à son tour a exhorté les chrétiens à s’encourager mutuellement (1 Thessaloniciens 5 :11). L’auteur de l’épitre aux Hébreux abonda dans le même sens en Hébreux 3 :13 avec une emphase fort significative sur la fréquence de l’encouragement mutuel : «chaque jour ». Dieu seul sait que chaque jour et à chaque instant le découragement nous guette comme un fauve tapi dans l’ombre.

Qu’en est-il pour vous aujourd’hui ? Vous sentez-vous abattu(e), découragé(e), démotivé(e), au bord du désespoir et même au point de souhaiter la mort ou pire de vouloir porter atteinte à notre propre vie? Arrêtez-vous un instant. Détournez vos regards de vous-mêmes, de vos adversaires, et des circonstances adversaires, pour les fixer sur le Dieu vivant et tout Puissant qui peut créer un boulevard dans le désert et faire jaillir de l’eau dans des lieux arides (Esaïe 43 :16-25). Implorez son secours. N’est-pas lui qui a dit dans Psaume 50 :15 (le numéro du téléphone céleste) « Et invoque-moi au jour de la détresse, je te délivrerai, et tu me glorifieras (Bible Louis Segond)» ? N’est-ce pas lui qui nous encourage à nous décharger sur lui de tous nos soucis et qui nous donne la ferme assurance qu’Il s’occupera de nous (1 Pierre 5 :7) ? Au lieu de céder au découragement, priez, de préférence avec des frères et sœurs engagés dans la foi. Le Seigneur est vivant ! Il peut et veut transformer vos larmes en cris d’allégresse. Dieu ne change pas (Exode 3 ; Nombres 23 :19 ; 1 Samuel 15 :29 ; Psaume 102 :26 ; Malachie 3 :6 ; 2 Timothée 2 :13 ; Hébreux 6 :17-18 [voir aussi 13 :8] et Jacques 1 :17). Ce qu’il a fait par le passé envers ceux et celles qui croient en Lui, Il peut et veut encore le faire aujourd’hui pour vous tel(le) que vous êtes. Ayez la sagesse de vous appuyer sur Lui au lieu de laisser le découragement vous détourner de la seule source d’espoir et de changement positif dans notre vie : Dieu. Courage  ma sœur! Courage mon frère !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

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