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Enseignement biblique sur Proverbes 10: Les enfants sages font le bonheur de leurs parents et de leurs prochains

French Father's Day card featuring a father walking with child and dog, with Bible verse from Psalm 103:13
A heartfelt Father’s Day card with a scripture verse, displayed on a wooden table next to a ‘Papa’ coffee mug.

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https://youtu.be/hxHANtL6r-o

Cet enseignement, présenté dans le contexte de la fête des Pères, explore le chapitre 10 du livre des Proverbes sous le thème « Les enfants sages font le bonheur de leurs parents et de leurs prochains». Le verset clé est Proverbes 10:1 : un fils sage fait le bonheur de son père, tandis qu’un fils insensé cause du chagrin à sa mère.

Cadre et méthode

L’enseignement situe d’abord le chapitre dans la structure du livre : les Proverbes 1 à 9 forment un prologue à la vie sage adressé surtout à la jeunesse, tandis que le chapitre 10 ouvre la section des « principes pour la vie sage » destinée à tous. Le fil conducteur de tout le livre reste Proverbes 9:10 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. »

Une notion clé est rappelée : la poésie hébraïque ne rime pas avec les sons mais avec les pensées, à travers le parallélisme. Trois types sont distingués : le synonymique (comparaison, par « comme »), l’antithétique (contraste, par « mais ») et le synthétique (complément, par « et »). Le chapitre 10 utilise abondamment le contraste entre le juste et le méchant.

Les cinq sections du chapitre

1. Sagesse et richesse (v.1-5). La sagesse vise plus haut que le matérialisme et évite les biens mal acquis, qui mènent à la mort. Dieu pourvoit aux besoins de ceux qui le craignent (cf. Matthieu 6), mais cela n’autorise pas la paresse : l’éthique du travail est valorisée (« la main active enrichit », l’image de la fourmi).

2. Sagesse et communication (v.6-14). La personne sage est bénie, vit dans l’intégrité, fait des remarques constructives, prononce des paroles de vie et pratique l’amour qui couvre les fautes. À l’inverse, l’insensé cache la violence dans ses propos, tombe dans l’oubli et cause sa propre perte (exemple de Judas trahissant Jésus par un baiser).

3. Sagesse et sécurité (v.15-17). La vraie sécurité ne réside pas seulement dans la fortune. Celui qui accepte la critique est sur la voie de la vie. Un conseil pratique de gestion est proposé : la règle des « 4 paniers » (Dieu, épargne, investissement, dépenses courantes).

4. Sagesse et paroles (v.18-21). L’enseignement insiste sur l’art de savoir parler et savoir se taire (Ecclésiaste 3:7) : « le silence tue, le silence guérit ; la parole tue, la parole guérit. »

5. Contraste entre justes et méchants (v.22-32). Une comparaison systématique oppose les deux destinées : les méchants subissent la ruine, la déception et l’effacement, tandis que les sages jouissent de la bénédiction de Dieu, de la sécurité, d’une bonne destinée et de paroles bienveillantes.

À retenir

Cinq leçons résument le message : la sagesse enrichit honnêtement et durablement, guide la communication, constitue la meilleure sécurité, sait quand parler et se taire, et assure une excellente destinée. La conclusion s’appuie sur le Psaume 1 (le juste comme l’arbre planté près de l’eau) et invite chacun à trouver sa ressource dans le « divin Rocher », avant la prière et la bénédiction d’Aaron (Nombres 6:24-26).

Prof. Moussa Bongoyok

This teaching, presented in the context of Father's Day, explores Chapter 10 of the Book of Proverbs under the theme "Wise children bring joy to their parents and neighbors." The key verse is Proverbs 10:1: a wise son brings joy to his father, while a foolish son causes grief to his mother.

Context and Method

The teaching first situates the chapter within the book's structure: Proverbs 1–9 form a prologue on wise living addressed primarily to the youth, whereas Chapter 10 opens the section on "principles for wise living" intended for everyone. The central thread running through the entire book remains Proverbs 9:10: "The fear of the Lord is the beginning of wisdom."

A key concept is reiterated: Hebrew poetry relies not on rhyming sounds but on rhyming thoughts, achieved through parallelism. Three types are distinguished: synonymous (comparison, using "like"), antithetic (contrast, using "but"), and synthetic (complement, using "and"). Chapter 10 makes extensive use of the contrast between the righteous and the wicked.

The Chapter's Five Sections
1. Wisdom and Wealth (vv. 1–5). Wisdom aims higher than materialism and avoids ill-gotten gains, which lead to death. God provides for the needs of those who fear Him (cf. Matthew 6), but this does not justify laziness; a strong work ethic is valued ("diligent hands bring wealth," the image of the ant).
2. Wisdom and Communication (vv. 6–14). The wise person is blessed, lives with integrity, offers constructive remarks, speaks words of life, and practices the love that covers over offenses. Conversely, the fool conceals violence in his words, falls into oblivion, and brings about his own ruin (an example being Judas betraying Jesus with a kiss).3. Wisdom and security (vv. 15–17). True security does not lie solely in wealth. The person who accepts criticism is on the path of life. A practical management tip is offered: the "four baskets" rule (God, savings, investment, and daily expenses).
4. Wisdom and words (vv. 18–21). The teaching emphasizes the art of knowing when to speak and when to remain silent (Ecclesiastes 3:7): "silence kills, silence heals; words kill, words heal."
5. Contrast between the righteous and the wicked (vv. 22–32). A systematic comparison contrasts their two destinies: the wicked face ruin, disappointment, and erasure, while the wise enjoy God’s blessing, security, a good destiny, and gracious words.

Key Takeaways
Five lessons summarize the message: wisdom brings honest and lasting wealth, guides communication, provides the best security, discerns when to speak and when to be silent, and ensures an excellent destiny. The conclusion draws upon Psalm 1 (the righteous person as a tree planted by the water) and invites everyone to find their strength in the "divine Rock," followed by prayer and the Aaronic blessing (Numbers 6:24–26).

Prof. Moussa Bongoyok

Le Message des Proverbes 9 : Deux Voix, Deux Destins

Traditional African village with round huts and rocky peaks at sunset
A rural African village rests beneath striking rocky peaks at sunset.

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https://youtu.be/wbd0SooCxQc

« Deux voix, deux destinées » — Proverbes 9

Cet enseignement biblique présente le chapitre 9 comme la conclusion de la longue introduction (chapitres 1 à 9) du livre des Proverbes, structurée autour de deux banquets opposés : celui de la Sagesse et celui de la Folie. Toutes deux lancent un appel aux « simples », mais conduisent à des destinées radicalement différentes — la vie ou la mort.

Verset clé : Proverbes 9:10 — « La clé de la sagesse, c’est de révérer l’Éternel, et la science des saints, c’est le discernement. »

Le développement suit quatre mouvements :

I. L’appel de la Sagesse (9:1–6) — La Sagesse, dépeinte en noble maîtresse de maison, bâtit une demeure aux sept colonnes (symbole de plénitude et de perfection selon la tradition proche-orientale), prépare un festin et envoie ses servantes inviter les inexpérimentés à manger, à abandonner la stupidité et à marcher sur la voie du discernement.

II. L’accueil réservé à la Sagesse (9:7–11) — Il convient de distinguer ici le moqueur (לֵץ, lêts — l’arrogant qui méprise la sagesse) du sage, qui accueille la correction et grandit. Le cœur du problème est l’attitude envers Dieu : craindre et connaître l’Éternel.

III. Synthèse par antithèse (9:12) — Le verset insiste sur la responsabilité personnelle : chacun récolte les fruits de son choix, sans pouvoir en rejeter la faute sur autrui (rappel d’Adam et Ève, d’Ézéchiel 18:20, de Romains 14:12).

IV. L’appel de la Folie (9:13–18) — La Folie (כְּסִילוּת), femme bruyante et insensée, propose les «eaux dérobées » et le « pain mangé en secret ». Son plaisir illicite cache une issue mortelle : ses invités sont déjà au séjour des morts.

La jeunesse est vivement encouragée à suivre l’exemple des figures bibliques inspirantes (Joseph, Daniel, Esther, Marie, le jeune donateur des cinq pains, Jean-Marc, etc.) et le témoignage de Joe Castillo. Il y a de l’espoir mais il faut agir vite pour rectifier le tir.

Conclusion — Reprenant Hubbard (2002), le message central est que la sagesse et la folie se disputent notre allégeance, que le choix nous appartient, et que dire oui à la Sagesse, c’est répondre à l’Éternel lui-même dans une obéissance empreinte de révérence.

Prof. Moussa Bongoyok

« Two Voices, Two Destinies » — Proverbs 9

This biblical teaching presents Chapter 9 as the conclusion to the lengthy introduction (Chapters 1–9) of the Book of Proverbs, structured around two contrasting banquets: that of Wisdom and that of Folly. Both issue a call to the « simple, » yet lead to radically different destinies—life or death.

Key Verse: Proverbs 9:10 — « The key to wisdom is revering the Lord, and the knowledge of the Holy One is discernment. »

The exposition follows four movements:

I. Wisdom’s Call (9:1–6) — Wisdom, portrayed as a noble mistress of the house, builds a dwelling with seven pillars (a symbol of fullness and perfection in Near Eastern tradition), prepares a feast, and sends out her maidservants to invite the inexperienced to eat, to forsake stupidity, and to walk the path of discernment.

II. The Reception of Wisdom (9:7–11) — A distinction must be made here between the mocker ((לֵץ, lêts —the arrogant person who scorns wisdom) and the wise person, who welcomes correction and grows. The heart of the matter is one’s attitude toward God: fearing and knowing the Lord.

III. Synthesis through Antithesis (9:12) — This verse emphasizes personal responsibility: each person reaps the fruit of their own choice, unable to shift the blame onto others (recalling Adam and Eve, Ezekiel 18:20, and Romans 14:12).

IV. The Call of Folly (9:13–18) — Folly (כְּסִילוּת), a loud and senseless woman, offers « stolen waters » and « bread eaten in secret. » Her illicit pleasure conceals a deadly outcome: her guests are already in the realm of the dead.

Young people are strongly encouraged to follow the example of inspiring biblical figures (Joseph, Daniel, Esther, Mary, the young boy who offered the five loaves, John Mark, etc.) and the testimony of Joe Castillo. There is hope, but one must act quickly to set things right.

Conclusion — Drawing on Hubbard (2002), the central message is that Wisdom and Folly vie for our allegiance, that the choice is ours, and that saying yes to Wisdom means responding to the Lord Himself in reverent obedience.

Prof. Moussa Bongoyok

Explorer Proverbes 6 : La sagesse pour la vie moderne

One man collect plastic waste into a wheelbarrow to generate income in a busy market area to illustrate the importance of work even when it does not correspond to academic titles.
One man collect plastic waste into a wheelbarrow to generate income in a busy market area to illustrate the importance of work even when it does not correspond to academic titles.

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https://youtu.be/M1EgU5TA8yg

Le présent enseignement biblique propose une étude exégétique, théologique et missiologique approfondie de Proverbes 6, un texte sapientiel qui aborde cinq thèmes majeurs : les engagements financiers imprudents (vv. 1–5), la paresse et la leçon de la fourmi (vv. 6–11), le mensonge et la perversité morale (vv. 12–15), les sept choses que l’Éternel déteste (vv. 16–19) et l’immoralité sexuelle (vv. 20–35). En s’appuyant sur l’analyse linguistique de l’hébreu biblique, la littérature sapientielle du Proche-Orient ancien, la sagesse africaine et les commentaires évangéliques contemporains, cette étude démontre que la sagesse divine reste la ressource fondamentale pour une vie fructueuse et une mission chrétienne authentique. L’approche interculturelle, enrichie par des proverbes africains et des applications contextualisées, souligne la pertinence universelle et actuelle de ce texte ancien.

Prof. Moussa Bongoyok

Mots-clés : Proverbes 6, sagesse divine, fourmi, paresse, mensonge, immoralité sexuelle, mission, exégèse, théologie évangélique, sagesse africaine

This biblical teaching offers an in-depth exegetical, theological, and missiological study of Proverbs 6—a wisdom text that addresses five major themes: imprudent financial commitments (vv. 1–5), laziness and the lesson of the ant (vv. 6–11), deceit and moral perversity (vv. 12–15), the seven things the Lord hates (vv. 16–19), and sexual immorality (vv. 20–35). Drawing upon linguistic analysis of Biblical Hebrew, the wisdom literature of the Ancient Near East, African wisdom, and contemporary evangelical commentaries, this study demonstrates that divine wisdom remains the foundational resource for a fruitful life and authentic Christian mission. The intercultural approach—enriched by African proverbs and contextualized applications—underscores the universal and contemporary relevance of this ancient text.

Prof. Moussa Bongoyok

Keywords: Proverbs 6, divine wisdom, ant, laziness, deceit, sexual immorality, mission, exegesis, evangelical theology, African wisdom

Enseignement biblique – proverbes chapitre 5 – Triompher de l’inconduite sexuelle

Young man and woman walking and talking on a crowded London sidewalk with vintage cars and red double-decker buses in the background
A young couple chats while walking down a busy London street in the 1970s.

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https://youtu.be/m3g_f02ujY4

https://youtu.be/MvsJR3fxMl4

Enseignement biblique sur Proverbes 5

Cet enseignement met en contraste la nature destructrice de l’immoralité sexuelle avec les bénédictions de la fidélité conjugale, le tout étayé par des conseils maternels pratiques à l’intention des jeunes femmes.

Plan du texte

I. Les dangers de l’adultère (v. 1-14)

•          Une douceur initiale : Le péché promet un plaisir immédiat, mais engendre une destruction à long terme.

•          Une fin amère : Le « miel » temporaire de l’adultère se transforme inévitablement en un poison émotionnel et spirituel.

•          La perte de l’honneur : S’empêtrer dans l’immoralité épuise la force personnelle, la richesse et la réputation.

II. Les joies du mariage (v. 15-20)

•          Une intimité exclusive : La fidélité conjugale est comparée au fait de boire l’eau de son propre puits privé.

•          Source de bonheur : Dieu a conçu l’intimité conjugale pour la joie mutuelle et l’épanouissement du couple.

•          La satisfaction au foyer : Trouver son délice en son propre conjoint élimine le désir de chercher son épanouissement ailleurs.

III. Les conséquences de l’adultère (v. 21-23)

•          L’omniscience divine : Dieu voit chacune des actions humaines ; aucun péché secret ne lui demeure caché.

•          Le piège que l’on se tend à soi-même : Les méchants sont capturés et enchaînés par les cordes de leurs propres péchés.

•          Une absence fatale de discipline : Le refus de la correction conduit à l’aveuglement spirituel et à la ruine finale.

Principales leçons théologiques et pratiques

•          Fuir la tentation : Ne négociez pas avec la tentation sexuelle ; fuyez immédiatement, en suivant l’exemple biblique de Joseph.

•          Le bouclier divin : Le meilleur vaccin contre l’inconduite sexuelle est une crainte de Dieu respectueuse et profonde.

•          La garde de l’esprit : Rejetez activement les pensées toxiques qui polluent l’esprit et remplacez-les par des pensées qui honorent Dieu.

Prof. Moussa Bongoyok

Enseignement biblique sur Proverbes 2 – RECHERCHER LA SAGESSE COMME DE L’ARGENT

Banknotes and coins of West African CFA franc laid out on wooden table
Various banknotes and coins of West African CFA franc displayed on a wooden surface.

https://youtu.be/ZF0JujmaP0o

Cet enseignement biblique offre une étude exégétique et théologique approfondie des Proverbes 2, un chapitre clé du corpus de sagesse de l’Ancien Testament. À travers une analyse structurelle, lexique et thématique, cette recherche démontre que la quête de la sagesse divine doit être poursuivie avec la même ardeur que la recherche d’argent et de trésors cachés. L’exposé examine la structure littéraire du chapitre, organisée autour de quatre grands thèmes : la quête de la sagesse (vv. 1–5), la source divine de la sagesse (vv. 6–8), la protection conférée par la sagesse (vv. 9–19), et les bénédictions qui en découlent (vv. 20–22). S’appuyant sur une analyse de termes hébreux clés — tels que ʿōzen (oreille), lēb (cœur), bînâh(discernement), tabûwn (compréhension) et baqash (chercher) — l’étude révèle la richesse sémantique du texte et ses implications pour la vie et la mission chrétiennes. Elle conclut que la sagesse, loin d’être un simple attribut intellectuel, constitue une relation vivante avec Dieu — la source ultime de toute connaissance — et offre des richesses infiniment supérieures à tout trésor matériel.

Mots-clés : sagesse, Proverbes 2, exégèse, crainte du Seigneur, mission, discernement, richesse, théologie biblique

This biblical teaching offers an in-depth exegetical and theological study of Proverbs 2, a pivotal chapter within the wisdom corpus of the Old Testament. Through structural, lexical, and thematic analysis, this research demonstrates that the quest for divine wisdom must be pursued with the same ardor as the search for money and hidden treasures. The article examines the literary structure of the chapter, organized around four major themes: the pursuit of wisdom (vv. 1–5), the divine source of wisdom (vv. 6–8), the protection conferred by wisdom (vv. 9–19), and the blessings that flow from it (vv. 20–22). Drawing upon an analysis of key Hebrew terms—such as ʿōzen (ear), lēb (heart), bînâh (discernment), tabûwn (understanding), and baqash (to seek)—the study reveals the semantic richness of the text and its implications for Christian living and mission. It concludes that wisdom, far from being a mere intellectual attribute, constitutes a living relationship with God—the ultimate source of all knowledge—and offers riches infinitely superior to any material treasure.

Prof. Moussa Bongoyok.

Keywords: wisdom, Proverbs 2, exegesis, fear of the Lord, mission, discernment, wealth, biblical theology

INTRODUCTION AU LIVRE DE PROVERBES

Elderly man storytelling to children around a campfire at night
An elder captivates children with a tale beside a glowing campfire at night

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https://youtu.be/-9oUoQJa1cI

Cet enseignement propose une introduction complète au livre vétérotestamentaire des Proverbes dans une perspective théologique évangélique. En s’appuyant sur le prologue de Proverbes 1:1–6, l’étude examine la question de l’auteur, la structure littéraire, les caractéristiques poétiques et les grands thèmes théologiques du livre. Une attention particulière est accordée au concept du mashal dans la tradition sapientiale hébraïque, au rôle de l’attribution salomonienne et à l’histoire rédactionnelle de la collection. L’introduction explore les sept grandes divisions structurelles des Proverbes, analyse les trois principaux types de parallélisme hébraïque — synonymique, antithétique et synthétique — et retrace onze fils thématiques récurrents qui parcourent l’ensemble du livre. L’analyse théologique se concentre sur la crainte de l’Éternel comme principe fondateur de la sagesse, la personnification de la sagesse dans Proverbes 8 et la portée christologique de la sagesse au sein de l’herméneutique évangélique. L’étude considère également la pertinence missiologique des Proverbes, notamment dans les contextes interculturels où les traditions proverbiales servent de ponts pour la communication de l’Évangile. Le cours conclut en affirmant la pertinence durable des Proverbes pour la formation de disciples, la formation morale et l’éducation théologique, soutenant que leur tradition sapientiale trouve son accomplissement ultime dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, qui est la sagesse de Dieu incarnée.

Mots-clés : livre des Proverbes, littérature sapientiale, théologie évangélique, parallélisme hébraïque, mashal, crainte de l’Éternel, paternité salomonienne, missiologie vétérotestamentaire, interprétation christologique

This course offers a comprehensive introduction to the Old Testament book of Proverbs from an evangelical theological perspective. Drawing upon the prologue in Proverbs 1:1–6, the study examines the question of authorship, the literary structure, the poetic features, and the major theological themes of the book. Particular attention is devoted to the concept of the mashal within the Hebrew wisdom tradition, the role of Solomonic attribution, and the redactional history of the collection. The introduction explores the seven major structural divisions of Proverbs, analyzes the three primary types of Hebrew parallelism—synonymous, antithetical, and synthetic—and traces eleven recurring thematic threads that run throughout the entire book. The theological analysis focuses on the fear of the Lord as the foundational principle of wisdom, the personification of wisdom in Proverbs 8, and the Christological significance of wisdom within evangelical hermeneutics. The study also considers the missiological relevance of Proverbs, particularly in intercultural contexts where proverbial traditions serve as bridges for communicating the Gospel. The course concludes by affirming the enduring relevance of Proverbs for discipleship, moral formation, and theological education, arguing that its wisdom tradition finds its ultimate fulfillment in the person and work of Jesus Christ, who is the incarnate wisdom of God.

Keywords: Book of Proverbs, wisdom literature, evangelical theology, Hebrew parallelism, mashal, fear of the Lord, Solomonic authorship, Old Testament missiology, Christological interpretation.

Il était une fois REFIJO

Il fut jadis un temps où naquit REFIJO,

Chevalier apparu sous l’auguste mont Soulo;

Sur les cailloux de Soulédé, il prit naissance,

Et marcha dans le monde, entre luttes et silence.

Incompris, tel Socrate affrontant le destin,

Insurgé, comme Césaire au verbe souverain ;

Sa plume, s’abreuvant aux sources du songe libre,

Dévoilait sans faillir l’empire aux forces funestes et fibres.

Ses vers, empreints de courroux, défiaient l’oppression,

Tandis que son grenier, en pieuse précaution,

Conservait les trésors de la culture africaine,

Son souffle, ses esprits, sa mémoire ancienne et pleine.

En lui, nous pressentions le gardien d’une langue,

Un vent destiné à dissiper brumes et tangues ;

Nous attendions l’aurore — ce matin rédempteur

Qui saurait rassembler les fragments de nos cœurs.

Hélas ! Il disparut, porté par les mystères,

Chevalier désormais affranchi des frontières ;

Les yeux levés au Nord, vers l’invisible éternel,

REFIJO s’est éteint… mais son éclat demeure fidèle.

Gageons qu’en livrant à la nuit son dernier souffle,

Il comprit que l’idéal qu’il chercha dans la foule

Ne réside qu’en Dieu, source du vrai sérum,

Lui seul peut rassasier le cœur profond des hommes.

Prof. Moussa Bongoyok

Le samedi 11 novembre 2025, à l’occasion des obsèques de Rekedai Fidaï Joseph (REFIJO), né aux environs de l’année 1966 et décédé le 10 novembre 2025.

Christianisme et Sociétés: L’Afrique, pépinière et centre de gravité de la foi chrétienne – nouveau livre

Préface

La conscience africaine n’oubliera pas le discours que le Président Nicolas Sarkozy prononça le 26 juillet 2007 sur le campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop à Dakar et pendant lequel il déclara péremptoirement « Le drame de l’Afrique c’est que l’homme Africain n’est pas assez entré dans l’histoire. »  De quelle histoire parlait-il ? Celle qui est écrite par des personnes peu soucieuses de l’objectivité et qui lisent les évènements du passé avec les lunettes de l’arrogance, de la condescendance, voire du mépris ? A-t-il pris le soin de lire les écrits de celui dont l’université où il a prononcé ces paroles porte le nom ? A-t-il lu ceux de Joseph Ki-Zerbo ? A-t-il étudié de nombreux livres d’histoire écrits par d’honnêtes Occidentaux et Africains qui soulignent avec force le rôle non négligeable et parfois prépondérant des Africains dans l’histoire de l’humanité ? Ce n’est donc pas surprenant que ce discours ait été décrié par de nombreux intellectuels à travers le monde. Mais il convient cependant de transcender le niveau des plaintes stériles pour avancer résolument sur la voie de reconstitution de l’histoire de l’Afrique dans toute sa richesse, sa diversité et sa splendeur.  

Justement, de nombreux intellectuelles et intellectuels africains ont pris conscience de l’importance de se lancer davantage dans la recherche et l’écriture afin de corriger de telles vues erronées sur une frange importantissime de l’humanité. En prenant de telles décisions, ils ont peut-être médité sur les paroles du proverbe africain, souvent cité par l’écrivain nigérian Chinua Achebe : « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » Parmi les historiens d’Afrique francophone, Joseph Ki-Zerbo (1922-2006) est incontestablement celui qui a le plus marqué la discipline et dont la mémoire mérite d’être respectueusement saluée. Parti d’un contexte où – comme les écoliers d’Afrique francophone de son époque – il a récité par cœur que ses ancêtres étaient des Gaulois, l’on peut mesurer le chemin parcouru par ce géant intellectuel.  Il n’a pas suivi de cours d’histoire du continent africain à l’école coloniale française, mais il s’est armé de courage pour braver les préjugés et rechercher des données historiques africaines qui étaient volontairement ou involontairement occultées. Admis à la Sorbonne dont le prestige reste encore intact aujourd’hui, il étudie avec application l’histoire et réussit brillamment au diplôme de l’agrégation d’histoire en 1956. Le Burkina Faso (jadis appelé Haute Volta) peut être fier d’avoir donné au continent son premier professeur agrégé d’histoire. Il aurait pu se tailler une position confortable loin des eaux troubles de l’Afrique coloniale, mais il a choisi d’être aux côtés de ses sœurs et frères Africains. Sa production littéraire est abondante. Il a, entre autres, déblayé le terrain de l’histoire générale d’Afrique, forgé une méthodologie interdisciplinaire capable de reconstituer les faits historiques marquants dans un contexte où il y a très peu de documents historiques écrits du fait de l’oralité dominante. Il ne s’est pourtant pas enfermé dans sa discipline. Ses initiatives dans le domaine du développement endogène et de l’éducation sont encore visibles. Par exemple, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) est sorti de son imagination en 1964 et c’est concrétisé le 22 janvier 1968 à Niamey. C’est ici le lieu de souligner que l’histoire, la vraie, n’est pas prisonnière du passé mais s’en inspire pour mieux naviguer le présent et bâtir l’avenir.

Le Professeur Kouassi Célestin l’a compris. Comme Ki-Zerbo, il refuse de consommer et de transmettre avec une passivité déconcertante une histoire rédigée entièrement sous d’autres cieux et qui filtre occasionnellement des aspects qui ternissent directement ou indirectement l’image ou les intérêts des pays qui financent les recherches. Professeur, puis Recteur d’une université chrétienne, il est historien de formation. Il aurait pu explorer n’importe quel domaine historiographique mais il a choisi, dans ce volume, de se pencher sur l’histoire du christianisme en Afrique. Ce choix est heureux quand on sait le rôle clé qu’ont joué les Africains dans l’histoire du Christianisme et le développement de la réflexion théologique. Que serait la théologie occidentale sans le fondement posé par les théologiens Africains tels que Clément d’Alexandrie, Tertullien, Athanase d’Alexandre ou Augustin d’Hippone (connu plus facilement sous le nom de Saint Augustin) ? Thomas C. Ogden le démontre d’ailleurs à travers son livre How Africa Shaped the Christian Mind (2007). 

L’histoire est une branche de la connaissance qui étudie le passé, mais cet exercice ne se fait pas machinalement. Cette discipline exige un examen critique des évènements rapportés oralement ou par écrits, des sources et même des motivations dans le but de reconstituer la vérité, autant que faire se peut. Cela requiert une approche méthodique, un attachement à l’objectivité, une lutte permanente contre ses propres préjugés, un discernement alerte, une accumulation de preuves accessibles, et une dénonciation courageuse des erreurs ou des contre-vérités historiques des recherches précédentes. Le professeur Kouassi s’est attelé ardemment à cette tâche gigantesque. Partant des débuts de l’Église et poussant son survol jusqu’à nos jours, cet historien talentueux a revisité l’histoire du christianisme avec les regards avertis d’un Africain soucieux de relever la place et le rôle clé de son continent au sein de cette religion qui est malheureusement perçue à travers le prisme de l’Occident. Ce livre renferme de nombreux documents inédits. Conscient de l’immensité de la tâche de rédaction de l’histoire de l’Église en Afrique, il donne aux lectrices et lecteurs les outils nécessaires pour conserver les archives l’église locale, effectuer des recherches et publier des biographies de personnages africains importants mais méconnus sur un site consacré et accessible partout dans le monde : https://dacb.org.

La démarche andragogique de l’auteur, sa grande capacité de synthèse, la richesse de son œuvre et la qualité académique de ses analyses historiques sont très remarquables. La lecture de ce livre et son utilisation comme manuel de cours dans les facultés de théologie et les instituts bibliques en Afrique et dans le monde seront une source d’inspiration et contribueront au changement de paradigme pour une transformation positive des sociétés humaines.

Prof. Moussa Bongoyok

Fondateur de l’Institut Universitaire de Développement International

Professeur des Études Interculturelles et de Développement Holistique

Le livre est disponible sur amazon en version électronique et papier: https://www.amazon.com/Christianisme-Sociétés-pépinière-chrétienne-Universitaires-ebook/dp/B0CQHR1VTL/ref=tmm_kin_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=&asin=B0CQHR1VTL&revisionId=bc8ed231&format=2&depth=1

Christianity and Societies: Africa, nursery and center of gravity of the Christian faith

African conscience will not forget the speech that President Nicolas Sarkozy gave on July 26, 2007, on the campus of Cheikh-Anta-Diop University in Dakar, during which he peremptorily declared, “The tragedy of Africa is that the African man has not entered enough into history. » What story was he talking about? The one written by people with little concern for objectivity and who read past events with the lenses of arrogance, condescension, and even contempt? Did he take the care to read the writings of the man whose name the university where he spoke these words bears? Has he read those of Joseph Ki-Zerbo? Has he studied numerous history books written by honest Westerners and Africans who forcefully underline the significant and sometimes dominant role of Africans in the history of humanity? It is, therefore, not surprising that many worldwide intellectuals decried this speech. But it is nevertheless necessary to transcend the level of sterile complaints to move firmly on the path to reconstituting the history of Africa in all its richness, diversity, and splendor.

Many African intellectuals have become aware of the importance of engaging more in research and writing to correct such erroneous views on a significant segment of humanity. In making such decisions, they may have meditated on the words of the African proverb, often quoted by Nigerian writer Chinua Achebe: « Until lions have their historians, the history of hunting will always glorify the hunter. » Among the historians of French-speaking Africa, Joseph Ki-Zerbo (1922-2006) is undoubtedly the one who has had the most significant impact on the discipline and whose memory deserves to be respectfully saluted. Starting from a context where – like the schoolchildren of French-speaking Africa of his time – he recited by heart that his ancestors were Gauls, we can measure the path traveled by this intellectual giant. He did not take a history course on the African continent at the French colonial school. Still, he steeled himself with the courage to defy prejudice and seek out African historical data that was voluntarily or involuntarily hidden. Admitted to the Sorbonne, whose prestige remains intact today, he diligently studied history and succeeded brilliantly in his history aggregation diploma in 1956. Burkina Faso (formerly called Upper Volta) can be proud of having given the continent its first associate professor of history. He could have carved out a comfortable position far from the troubled waters of colonial Africa, but he chose to be alongside his African sisters and brothers. His literary production is abundant. He has, among other things, cleared the ground for Africa’s general history and forged an interdisciplinary methodology capable of reconstructing significant historical facts in a context where there are very few written historical documents due to the dominant orality. However, he did not lock himself into his discipline. Its initiatives in the field of endogenous development and education are still visible. For example, the African and Malagasy Council for Higher Education (CAMES) came out of his imagination in 1964 and came to fruition on January 22, 1968, in Niamey. This is the place to emphasize that true history is not a prisoner of the past but is inspired by it to navigate the present better and build the future.

Professor Célestin Kouassi understood this. Like Ki-Zerbo, he refuses to consume and transmit with disconcerting passivity a history written entirely in other places and which occasionally filters aspects that directly or indirectly tarnish the image or interests of the countries that finance the research. Professor, then Rector of a Christian university, is a trained historian. In this volume, he could have explored any historiographical area, but he chose to focus on the history of Christianity in Africa. This choice is fortunate when we know the critical role that Africans have played in the history of Christianity and the development of theological reflection. What would Western theology be without the foundation of African theologians such as Clement of Alexandria, Tertullian, Athanasius of Alexander, or Augustine of Hippo (known more easily as Saint Augustine)? Thomas C. Ogden demonstrates this through his book How Africa Shaped the Christian Mind (2007).

History is a branch of knowledge that studies the past, but this exercise is not done mechanically. This discipline requires critically examining events reported orally or in writing, sources, and even motivations to reconstruct the truth as much as possible. This requires a systematic approach, a commitment to objectivity, a permanent struggle against one’s prejudices, alert discernment, an accumulation of accessible evidence, and a courageous denunciation of previous research’s errors or historical untruths. Professor Kouassi took on this gigantic task ardently. Starting from the beginnings of the Church and extending his overview to the present day, this talented historian has revisited the history of Christianity with the informed eyes of an African keen to highlight the place and key role of his continent within this religion, which is unfortunately perceived through the prism of the West. This book contains many previously unpublished documents. Recognizing the immensity of writing the history of the Church in Africa gives readers the tools necessary to preserve local church archives, research and publish biographies of critical African figures. Little is known about a dedicated site that is accessible worldwide: https://dacb.org.

The author’s andragogical approach, his extraordinary capacity for synthesis, the richness of his work, and the academic quality of his historical analyses are remarkable. Reading this book and its use as a course manual in theological faculties and biblical institutes in Africa and worldwide will inspire and contribute to the paradigm shift for a positive transformation of human societies.

Prof. Moussa Bongoyok

Founder of the University Institute of International Development

Professor of Intercultural Studies and Holistic Development

The book is available on Amazon in electronic and paper versions: https://www.amazon.com/Christianisme-Sociétés-pépinière-chrétienne-Universitaires-ebook/dp/B0CQHR1VTL/ref=tmm_kin_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=&asin=B0CQHR1VTL&revisionId=bc8ed231&format=2&depth=1

GENÈSE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : ANALYSE DES MOTIVATIONS ET STRATÉGIES ÉDUCATIVES CONTEXTUELLES

© IUDI https://www.iudi.org Montagne de Ldamtsai près de Mokolo, EN Cameroun. Photo prise par le Pr Yalin Xin le 21 juillet 2012 en marge de la pose de la première pierre sur le campus de l’Institut Universitaire de Développement International.

The African academic world cannot bury its head in the sand regarding debates on artificial intelligence. Even intellectuals wary of or categorically opposed to it must understand its true nature and the issues before any rational response. Historically, artificial intelligence has its roots in the first half of the 20th century, a period during which science fiction popularized the concept of an intelligent robot (Anyowa 2017, Crevier 1993, Boden 2018, Nilson 2010, Pickover 2022, Wilson 2022, Wooldridge 2021). However, a more in-depth analysis of the motivations and objectives pursued by artificial intelligence reveals aspects that transcend historical spheres. This article aims precisely at an academic consideration of the genesis of the phenomenon, a sine qua non-condition for laying the foundations for contextual strategies in Africa. Speaking of strategy, it must be noted that it will necessarily be plural due to the African continent’s geographical, linguistic, religious, cultural, and socio-political diversity. Added to this is its youth with its dynamic character and population (projected by certain respectable futurologists as the strongest by 2100).

Strategies will also be contextual because people’s needs vary according to countries, regions, and communities. An approach that is both holistic and pragmatic seems essential. In a systematic and practical approach, this study offers a journey into the past before any reflection on the future. Thus, Africa will need more than just reacting or choosing between several prefabricated approaches. Still, it will chart its path according to its actual needs, priorities, and values ​​that are dear to it after having seriously measured international competition. With this objective in focus, the author begins his communication with the importance and challenges of the subject before defining the key concepts, presenting the methodology, providing a historical overview, and specifying the main motivations and objectives of artificial intelligence, measuring the trajectory of related theories and practices and proposing educational strategies in Africa.

L’univers académique africain ne saurait jouer à la politique d’autruche face aux débats sur l’intelligence artificielle. Même les intellectuels qui s’en méfient ou s’y opposent catégoriquement ont le devoir d’en comprendre la vraie nature et les enjeux avant toute réponse rationnelle.  
Historiquement, l’intelligence artificielle plonge ses racines dans la première moitié du 20e siècle, période pendant laquelle la science-fiction a vulgarisé le concept de robot intelligent (Anyowa 2017, Crevier 1993, Boden 2018, Nilson 2010, Pickover 2022, Wilson 2022, Wooldridge 2021). Toutefois, une analyse plus approfondie des motivations et des objectifs poursuivis par l’intelligence artificielle révèle des aspects qui transcendent les sphères historiques. Cet article vise justement à une considération académique de la genèse du phénomène, condition sine qua non pour poser véritablement les jalons de stratégies contextuelles en Afrique. 
Parlant de stratégies, force est de relever qu’elles seront nécessairement plurielles du fait de la diversité géographique, linguistique, religieuse, culturelle et socio-politique du continent africain. A cela s’ajoute sa jeunesse avec son caractère dynamique et sa population (projetée par certains futurologues respectables comme la plus forte à l’horizon 2100). Elles seront également contextuelles car les besoins des populations varient selon les pays, les régions, voire les communautés. Une approche à la fois holistique et pragmatique semble incontournable.
Dans une démarche à la fois méthodique et  utilitaire, cette étude propose un voyage dans le passé avant toute réflexion sur l’avenir. Ainsi, l’Afrique ne se contentera pas de réagir ou de choisir entre plusieurs approches préfabriquées, mais de tracer sa propre voie en fonction de ses besoins réels, de ses priorités et des valeurs qui lui sont chères, après avoir sérieusement mesuré la compétition internationale. 
Avec cet objectif en point de mire, l’auteur commence sa communication par l’importance et les enjeux du sujet avant de définir les concepts clés, présenter la méthodologie, faire un survol historique, préciser les principales motivations et objectifs de l’intelligence artificielle, mesurer la trajectoire actuelle des théories et pratiques y relatives et, finalement, de proposer des stratégies éducatives en contexte africain.

Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour accéder au PowerPoint de l’exposé:

https://www.academia.edu/110592811/GENÈSE_DE_LINTELLIGENCE_ARTIFICIELLE_ANALYSE_DES_MOTIVATIONS_ET_STRATÉGIES_ÉDUCATIVES_CONTEXTUELLES_Exposé_présenté_le_1_er_décembre_2023

POUR UNE AFFAIRE IMPORTANTE IL FAUT DE GRANDS MOYENS

Proverbe malgache

“Kojeja bi-löha tsy lanin’akôho boty.” (Ohabolana malagasy)

“Criquet à grosse tête ne peut être mangé par un poussin chétif.” (Proverbe malgache)

“A weak chick cannot eat a bigheaded Grasshopper.”  (Malagasy proverb) 

Signification : Pour une affaire importante il faut de grands moyens 

Source du proverbe : Fulgence FANONY Öhabölaňa betsimisaraka (2011) p.46

Commentaire à la lumière de la Bible

Madagascar est un pays qui mérite plus d’attention de la part des autres pays africains. C’est un immense réservoir de sagesse sous-exploitée. Les Malgaches ont eu la prudence de ne pas sacrifier leurs valeurs linguistiques sur l’autel de la modernité. Or, la langue est le cheval de la culture. L’on comprend alors la richesse culturelle de la grande île qui se manifeste, entre autres, par la densité de ses proverbes.

Celui qui a retenu notre attention ici porte sur un fait qui, à première vue, peut sembler anodin. Un poussin qui a de la difficulté à manger un criquet à grosse tête n’a rien de surprenant. Seulement, en fin observateur, le sage malgache en tire une leçon pour des situations sociales plus complexes. Quand on a une affaire importante, quel que soit le domaine, il convient d’utiliser des moyens conséquents. Évidemment, cela suppose qu’un travail sérieux d’évaluation a été effectué en amont pour éviter de se lancer dans une aventure futile.  Mais, quand le gain est considérable, l’on ne lésinera pas sur les ressources financières, matérielles ou humaines. 

Ce proverbe fait penser aux paraboles du trésor caché et de la perle dans Matthieu 13 :44-46 où il est écrit :  

« 44 Le royaume des cieux ressemble à un trésor enfoui dans un champ. Un homme le découvre: il le cache de nouveau, s’en va, débordant de joie, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ.45 Voici à quoi ressemble encore le royaume des cieux: un marchand cherche de belles perles. 46 Quand il en a trouvé une de grande valeur, il s’en va vendre tout ce qu’il possède et achète cette perle précieuse.”

Ces deux proverbes renvoient manifestement à une même réalité. Dans les deux cas, une personne trouve un bien de très grande valeur, immensément au-delà de son actif. Elle prend la sage décision de vendre tous ses biens pour acquérir ce qui est plus précieux. L’expression « le royaume des cieux ressemble à… » qui introduit ces paraboles en trace clairement les paramètres. Nous sommes ici dans un contexte spirituel. Face à la vie éternelle avec toutes ses valeurs et ses bénédictions, les biens éphémères de ce monde ne font pas le poids. Bien entendu, le but de ce proverbe n’est pas d’enseigner que le salut éternel est lié à la dépossession des richesses matérielles pour ne s’en tenir qu’à celle qui est spirituelle. C’est plutôt une question de priorité, de la capacité de surmonter les pièges sur le chemin du royaume de Dieu. D’autres textes bibliques, à l’instar de Matthieu 5:29-30 ou 6:33, Rom. 8:18, Phil. 3:7-8, peuvent édifier à ce sujet. En clair, il convient de sacrifier les biens ou les privilèges de ce monde lorsqu’ils constituent un obstacle aux glorieuses richesses du royaume des cieux.

Si le contexte se prête naturellement à une interprétation spirituelle, le principe qui se dégage de cette péricope est aussi valable dans d’autres domaines de la vie sociale. Par exemple, l’Afrique est vivement secouée en ce moment par des groupes constitués, des organisations, et des mouvements qui ne font pas de mystère sur leur objectif de semer la terreur ou de déstabiliser des régions, des nations ou un groupe important de nations. À voir de près leurs forces de frappe et les moyens dont ils disposent, l’on est en droit de se demander si les communautés nationales et internationales y mettent vraiment les moyens nécessaires. Par ailleurs, la pauvreté extrême fait rage sur le continent africain et nourrit l’insécurité. Aucun pays au monde, si petit soit-il, n’est à négliger.  Mais si l’on considère l’importante somme de plus de cent milliards de dollars investis en Ukraine (https://www.statista.com/statistics/1303432/total-bilateral-aid-to-ukraine/) comparativement à ce qui est injecté dans un pays comme la République Démocratique du Congo, ou les pays de la zone sahélienne, pour ne citer que ceux-là, il y a lieu d’être dubitatif. 

L’avenir du monde ne se fera pas sans le continent africain. D’ici à l’an 2100, l’Afrique sera le continent le plus peuplé. Ses ressources sont infiniment plus importantes que ce qui est communiqué par les géologues ou les économistes. La preuve en est qu’aucune année ne passe sans qu’on ne découvre de nouveaux gisements de ressources minières, gazières ou pétrolières sur le continent. Les Chinois, qui y sont très actifs ces dernières années, l’ont vite compris même si ce n’est pas toujours dans l’intérêt de l’Afrique. La récente rencontre du Président Joe Biden avec les Chefs d’états africains est un bon début. Toutefois, une stratégie plus mûre, plus holistique, et impliquant étroitement les leaders africains, est nécessaire. 

Une action collégiale permettra de réaliser par exemple qu’il est important de mener des actions stratégiques sur le plan local, national, continental et international et de mobiliser des ressources largement plus importantes que celles qui sont annoncées. En effet, une solution toute faite en dehors du continent et imposée aux leaders africains avec des conditions unilatérales ne va jamais atteindre les objectifs escomptés. Pourtant, les ressources humaines et minières du continent sont si importantes qu’investir aujourd’hui pour bâtir des nations plus fortes et paisibles va générer infiniment plus de richesses tant pour les nationaux que pour la communauté internationale à moyen et à long terme. Seulement, combien d’oreilles entendent le conseil des amis malgaches ? Combien de stratèges prennent encore en compte les enseignements du Seigneur Jésus-Christ ? 

Prof. Moussa Bongoyok