Archive for the ‘vie conjugale’ Category

Proverbes africains collectés par le Dr. Emmanuel Béché pour le compte de l’UFDI et qui seront commentés ultérieurement.

 

Proverbes en langues africaines Langues Traductions en français Significations
Kat outou kama tol anguiyo Kenga/Tchad Voir avec les yeux ne tue pas la gazelle. Si le chasseur se contente de voir courir la gazelle, il ne pourra pas l’avoir comme gibier. Donc, il faut agir si l’on veut réaliser un projet; il faut fournir des efforts si l’on veut réussir.
Kada ayi kad gone korondjo Le soleil te donnera un petit poulet. Après avoir travaillé, on s’attend à une récompense.
Bourou wang nedj nafigna yo L’âne ne se moque pas des oreilles de ses semblables. Observe-toi avant de critiquer les autres.
Kla o do va dedingne Mada/Cameroun Le bébé est allé chez ses oncles maternels. L’enfant est endormi.
Dlangneza a ga zal shawé a ma heleré dédé da Le WC d’un paresseux ne se remplit jamais. Celui qui n’aime pas le travail n’a rien dans son grenier.
Ahal gagna monagna dingne dingne La main est attachée. Il/elle est égoïste.
Géné ba tua-na Gbanga/Cameroun L’étranger ne prend jamais possession de la maison hospitalière. On ne perd rien en offrant l’hospitalité à l’étranger.
Dé tua vi gon na koro On ne construit pas une maison après la tornade, mais avant. Les actes nécessaires doivent être posés à temps, jamais après.
Gan tui ée zu kara Qui est dépassé par sa charge accuse le coussin/ qui danse mal accuse son pantalon. Il est important d’assumer toujours la responsabilité de ses actes.
Nay may backna vi huda ngali kam kuna Massa/Cameroun On ne réclame pas la peau d’une chèvre brûlée. Une fille qui a connu tant d’hommes n’a pas le privilège d’une vierge.
Wurr nikk kud mulamna La sueur coule sur toi (personnellement). On doit résoudre les problèmes familiaux en famille.
May koudi sey may koudi Haoussa/Cameroun Le riche ne traite qu’avec les riches. De nos jours, quand tu es pauvre, personne ne t’approche, personne ne veut de toi; tu restes seul dans ton coin.
Nélal sioutinaan, ammaa humtintaake Foulbé L’envoyé fait reposer l’envoyeur mais ne le satisfait pas. Quand vous envoyez une personne quelque part avec une information, l’information exacte ou originale arrive à destination avec beaucoup de modifications.
Mô lamàan mô haanné, mâa mô méête daknaan màa môhhàa aâ Dourou Tu manges le grand repas, tu ne te rassasies pas; ce n’est pas en nettoyant le fond de l’assiette avec du doigt que tu vas te rassasier.
Komie gubai na ge ma bbedjeg sei de dane ddi Nangjere Tu ne dois pas t’appuyer sur les genoux de ton prochain pour te lever. Ne compte pas sur autrui pour ta vie. Compte plutôt sur toi-même.
Toue gaï seubaa na keurandeureu gaï kaseureu Kabalaye/Tchad Quand une chèvre perce le « séco » pour sortir, tous ses « enfants » la suivent par la même voie. Tes mauvais comportements se transmettent à tes enfants.
Cicita tu d’a nga hla ahinad’a di Marba/Tchad Un seul doigt ne peut soulever une pierre. L’union fait la force.
Alein ma zlit akulo yorgo colol lâ mi te vut agu ma ned’a L’oiseau qui se lève tôt mange du fruit mûr. Le bonheur appartient à celui qui se réveille tôt.
Kakka njeda bälura digrat bei deîda Si le crapaud manque du poil au pubis, c’est parce qu’il est resté bras croisé. Rien ne se gagne sans peine; il faut d’abord travailler dur pour gagner son pain.
Ablauda ce njuvu ma galak’â Marba/Tchad On peut vider un fût d’eau salée, si l’on se met à en goûter tour à tour. Si plusieurs personnes s’entendent pour une cause donnée, ils peuvent la réaliser facilement.
Kubera ku jinie an beie kobie Nangjere/Tchad Le sang qui coule de ton nez passera par ta bouche. Quelles que soient les mésententes dans une famille, lorsqu’un frère est en difficulté, on est obligé de venir à son secours.
Kusie kang ddi, tu tie yaii bà À ton absence, ta chèvre met bas à un mâle. Personne d’autre ne peut mieux garder le bien de son prochain que le propriétaire lui-même.
Kulemaye gubaie ge ma bejege sue de dane ddi On ne peut pas s’appuyer sur les genoux de son prochain pour se lever. Il vaut mieux compter sur ses efforts personnels pour réussir plutôt que sur ceux d’autrui.
Bu sabur ra sa’a gordjo ku Zimé Le patient peut avaler une braise. Dans toutes circonstances, un homme patient a des solutions.
Béti ki bi ah sa moudjo al Mbaï Le singe qui dort ne mangera pas le haricot. L’homme est le boulanger de sa vie. S’il ne travaille pas, il n’a pas droit au pain.
Sinda goto ah al koro Si tu n’a pas de cheval, monte l’âne. Ne fait pas l’impossible pour résoudre un problème, contente-toi de ce que tu as.
Ci mkpaem me’ ne ta mbyi laebbi Tikar L’homme courageux seul ramasse beaucoup de termites. Le courageux ne recule pas devant les obstacles; il arrive toujours à ses fins.
Be ta ngwè banni lé ,shèli ci’ kwan Attache-toi les faveurs du piroguier même pendant la sécheresse. Ne néglige jamais les relations humaines; sois prudent et prévoyant.
Ngnyum mwu’ ta saèm ya konni Les cheveux grandissent, mais prennent soin d’éviter le front. Il faut savoir toujours se limiter; la patience a des limites.
Ngnyum mwu lwikwaen tà win yè wù danmi be’swu’ bwaeti Quand les cheveux de ton voisin brûlent, commence à tremper ta calvitie. Un homme averti en vaut deux.
A wouri hilife a haye pidi gnéme kayé Mousgoum On n’achète pas le poisson dans l’eau. Avant d’acheter un article ou de s’engager dans un projet, il faut d’abord bien le voir et y réfléchir.
Bera ur cu tiso djassimi Lame Celui qui s’énerve vite ne peut pas hériter des biens de ses parents. Si quelqu’un n’est pas patient dans la vie, il ne peut pas réussir les bonnes choses.
Vaïtchime cufary vaïhoubééé mi Un bélier ne peut pas devenir un bouc. Sois heureux de ce que tu es.
Bwe bwe djia ya de bwe ne nya kande Maka Rester longtemps sur une place finit par déchirer ton habit. Il faut quitter les choses ou problèmes avant qu’il ne soit trop tard.
Ngon yeil tar kei tôn Panbode/Tchad Le petit de l’oiseau accepte toujours son nid. Quelles que soient tes origines, n’y renonce pas.
Doevevogo te bet élé Éton Une seule main ne peut pas grimper un arbre. La solitude rend l’homme fragile; l’union fait la force.
Mintak mee ya te karnye La joie n’est pas contagieuse. Les états d’âme, les pensées et les comportements de l’homme ne sont pas prévisibles objectivement.
Ngul y tsan y na be La force du coup de pied se trouve dans la cuisse. La raison d’être, de vivre d’un individu se trouve dans sa culture. Il ne peut interagir avec son environnement que s’il y est intégré.
Y lee ndogo ya te woe piyes Le manguier ne produit jamais les avocats. L’individu provient héréditairement et socialement d’une entité sociale donnée.
Menyang mot ane meki me oyem o tui me vwa o mini e meme vwa Ewondo Le frère de l’homme est le sang qui coule de la langue, tu craches une partie, tu avales le reste. On ne peut abolir le lien de sang qui nous relie à nos frères.
Ba kar ki loué nvou be bele nding Ewondo On n’appelle pas le chien avec le fouet. On ne peut pas prétendre vouloir rassembler et réconcilier quand on fait preuve de méchanceté.
Ting elé biyon bi fey afan ndzang Si tu te retrouves deux fois sous le même tronc d’arbre en forêt, tu es égaré. Celui qui commet deux fois la même faute, manque de sagesse.
Wali kone wali ka yan Mbo/Littoral J’ai les ongles mais je n’ai pas le niébé. La providence ne peut pas tout donner. Il faut donc accepter ce que l’on a et s’en réjouir.
Mo bayoung a teum mo money Celui qui a des hommes autour de lui, dépasse celui qui a de l’argent. Il faut accorder la primauté aux ressources humaines et non à de l’argent.
Gawlangga ni wayara key vottara Moussey La prostituée est un jujubier au bord de la route. La prostituée est exposée à tout type de danger.
Vamang loomu ham mang lunama ka biidi Le criquet destiné au crapaud ne peut pas échapper. Personne ne peut détruire la chance de l’autre.
Korra li bona cini, golo,ga lawgio Quand l’âne finit de boire de l’eau au puits, il veut que ce puits soit bouché. Une fois que vous ayez rendu service à un malhonnête, celui-ci ne vous reconnaît plus.
Laïra Picoloni irité ni tintin Les oiseaux de même plumage volent ensemble. Ceux qui vivent ensemble se ressemblent et ont tendance à adopter les mêmes comportements.
 Lhara kaï lhalhaguara ni kai barima halaug Le sort réservé au criquet est réservé à tous les insectes. Dans une situation de guerre, on ne cible pas seulement le chef, mais l’ensemble des éléments du groupe.
Lhara djivira an lata ka baguidi Un bienfait n’est jamais perdu. Un bon acte que tu poses sera toujours récompensé.
Fatta dew ka so zoydi Le soleil d’une journée ne sèche pas les arachides. Les premières fautes sont facilement pardonnables.
Suu bay korokna tin voumdemba u djéera Les paresseux accusent le mange-mil. Celui qui ne n’aime pas le travail ou ne fait rien de sérieux trouve toujours des excuses en accusant les autres.
Kaka u gina bowong gina kangu Le hangar finira par s’écrouler sur celui qui reste longtemps sous son abri. Rester longtemps sous la dépendance de quelqu’un n’est pas une assurance. Car il finira toujours par vous abandonner d’une manière ou d’une autre, soit par la mort, le refus…
Ngot ta lhou ka tindi grak votti On n’abandonne jamais une calebasse au croisement des routes. Une fille qui manque d’une meilleure éducation peut être abandonnée à cause de son mauvais comportement.
Banang-na dang wayang soung-na L’ami intime est plus qu’un frère consanguin. Par rapport à un frère de même sang, l’ami intime peut mieux gérer ce qu’on lui confie. Car le consanguin ne tardera pas à abuser de la confiance de son autre frère.
Sounda ong so ngolo Le travail libère ou offre une grande récompense. Celui qui rend beaucoup service obtient toujours une récompense, même celle à laquelle il ne s’attendait pas du tout.
Vira hirhirra ni wayna plantanga La brutalité est la sœur de la tragédie. Être brutal et imprudent  a toujours des conséquences désastreuses.
Bad va hay madei kana Massa On attrape facilement le criquet tôt le matin quand il y a encore la rosée. Il faut profiter des opportunités dès qu’elles se présentent.
Mul ngam fum jar zolnga La vraie huile se trouve dans l’os dur. C’est dans la persévérance et l’endurance que l’on parvient à vivre aisément.(c) Copyright by Emmanuel Beche et Université Francophone de Développement International, 2012

UN TEMPS POUR RECOLTER

“Ngwar a gi kəda azbai.” (N’gèlègèdma mafahai)

 

« La saison sèche n’est pas égoïste. » (Proverbe Mafa)

 

« Dry season is not stingy. » (Mafa proverb)

 

Signification: Celui ou celle qui travaille bien pendant la saison pluvieuse peut espérer une bonne récolte en saison sèche.

 

Parallélisme biblique

 

Nous avons voulu profiter de notre séjour au Cameroun pendant cet été pour élargir notre recueil de proverbes du terroir. L’aventure n’était pas très fructueuse mais nous avons appris une excellente leçon : les proverbes se recueillent mieux en écoutant les gens parler dans leur langue. Aussi avons-nous beaucoup appris en écoutant les gens.

Un jour, nous étions en train de dialoguer avec un jeune professeur de lycée au sujet de son désir de poursuivre ses études doctorales à distance au sein de l’Université Francophone de Développement International et de son espoir de financer ses études avec le fruit de la vente de ses produits agricoles.  En parlant, il cita ce proverbe mafa : « La saison sèche n’est pas égoïste. » Il voulait traduire par là la confiance que Dieu bénira ses efforts et lui donnera de jouir des fruits de son dur labeur. 

En l’écoutant, les paroles de 1 Corinthiens 15 :58 me sont venues à l’esprit: « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est jamais inutile.” (La Bible du Semeur). En effet Dieu n’est pas injuste pour oublier ce que nous faisons pour l’amour du prochain, l’avancement de son règne et la gloire son saint nom. Voilà pourquoi il est écrit dans Apocalypse 14:13: “Puis j’entendis une voix venant du ciel me dire: – Ecris: Heureux, dès à présent, ceux qui meurent unis au Seigneur. Oui, dit l’Esprit, car ils se reposent de toute la peine qu’ils ont prise, et ils seront récompensés pour leurs œuvres.” (La Bible du Semeur).

 

A la lumière de ces deux textes bibliques, le proverbe mafa m’a tout de suite fait penser à deux applications spirituelles :

1)  Nous devons travailler durement pendant notre pèlerinage terrestre. C’est notre saison pluvieuse. Nous n’avons qu’une seule vie sur cette terre et après la mort vient la saison sèche qui correspond à l’heure de la reddition des comptes, de la vraie moisson.

2)  Ceux et celles qui travaillent bien, et bâtissent leurs œuvres sur le solide fondement de la foi en Jésus-Christ, ne maqueront pas leurs récompenses. Cela devrait être suffisant pour nous encourager à persévérer dans l’œuvre du Seigneur même quand nous nous butons aux incompréhensions, à l’adversité,  au découragement, à l’ingratitude et même parfois à l’opposition de nos prochains, voire de nos plus proches collaborateurs.

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse et la force de semer abondamment et de travailler dans son champ avec diligence car une très belle moisson est en vue dans un contexte de joie éternelle!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

LE PERE COMME UNE OMBRE SOUS UN SOLEIL BRULANT

“Ko man bab ngaya n’hala’a ba , ka nzi a mèzhèba’a genè.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Même quand ton père est vieux, tu peux quand même rester sous son ombre.” (Proverbe mafa)

“Even if your father is old, you can stay under his shadow.” (Mafa proverb)

Signification: Même à un âge avancé, un père joue un grand rôle dans la vie de ses enfants.

Parallélisme biblique

Ce proverbe mafa est riche en images fort significatives. Retenons-en trois. D’abord, le vocable « père » symbolise l’amour, l’autorité, la protection, l’ordre, la réconciliation, l’unité au sein de la famille pour ne citer que cela.  C’est avec cette image en vue qu’une femme Mafa appelle son mari « bab gi ga » (le père de ma maison). De même, le propriétaire d’un champ est appelé « bab gi dau » (le père du champ). L’autorité du père est célébrée mais elle n’a pas pour fonction d’écraser les autres membres de la famille. Elle se met plutôt au service des autres. C’est ainsi que dans la tradition mafa, par exemple, quand les filles mariées ont des problèmes conjugaux, elles se tournent volontiers vers leur père qui a alors la responsabilité de faire de son mieux pour que l’harmonie conjugale soit restaurée.

Ensuite, ce proverbe fait allusion au concept de la vieillesse. Comme dans toutes les cultures, la vieillesse vient avec ses faiblesses physiques et ses limitations. Mais, contrairement aux pratiques occidentales, en contexte mafa, les personnes âgées ne sont pas isolées dans des maisons de retraite ou des maisons de repos. Elles restent au sein de la famille et participent activement, autant que faire se peut, à la vie familiale et sociale. Elles sont respectées pour leur âge, synonyme d’honneur, d’expérience et de sagesse  supposée ou réelle. On comprend alors pourquoi, même vieux, les pères et grands pères ont du poids aux yeux du Mafa.

Enfin, la sagesse Mafa utilise l’image de l’ombre pour décrire le père. Ici, il convient de s’attarder un peu sur la rigueur du climat sahélien qui constitue leur cadre naturel de vie  pour mieux en cerner la profondeur. En effet, le climat sahélien est généralement sec du fait que la saison pluvieuse se limite à trois ou quatre mois. La végétation étant dans la désolation la plus totale pendant la longue saison sèche, surtout dans la période allant de Mars à Mai qui coïncide au « begdza » (période de grande chaleur), la chaleur est si brûlante dans la journée que la moindre ombre est accueillie avec une joie immense. Le vieux père est alors comparé à cette  ombre providentielle du fait qu’il procure un  grand soulagement psychologique, moral et social sous le soleil non moins brûlant des épreuves de la vie. Même à un âge avancé, il peut consoler, donner des directives, prodiguer des conseils, et être un agent efficace de réconciliation dans une tradition qui accorde une place de choix au respect des aînés.

Il est intéressant de constater que la Bible recommande d’honorer la personne du vieillard (Lev. 19 :32). Elle déclare également que ceux d’entre eux qui sont justes portent du fruit même dans leur vieillesse (Psaume 92 :14). Même quand ils sont vieux, ils peuvent encore manifester les qualités du père du fils prodigue de la parabole (Luc 15) qui était travailleur, attentif, humble, généreux, prêt à pardonner un fils cadet rebelle, prompt à apaiser un fils aîné jaloux dans un esprit de réconciliation, le tout dans un esprit d’amour sincère. Quelle joie de savoir que, même si nos pères biologiques n’ont pas toujours ces qualités, notre Père céleste est infiniment plus grand, plus bon et soucieux de notre bien être physique, moral, social, matériel, et spirituel.  Par-dessus tout, il nous aime d’un amour parfait. Reposons-nous donc joyeusement et paisiblement sous son ombre tous les jours de notre vie.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012.

RESPECT MUTUEL

“Mdu o mrasa nguo ya kawi” Kiuru Proverb (Dialect of Chagga language, Tanzania)

“Le prochain est un second vêtement” (Proverbe kiuru)

“A neighbor is a second cloth” Kiuru Proverb

 

Signification: Nous devons nous respecter les uns les autres.

 

Source: Father Michael Mushi, A.J

http://www.afriprov.org/index.php/bibliography/384-endangered-african-proverbs-collections-chagga-tanzania-sayings-.html

 

Parallélisme biblique :

Un vêtement sert essentiellement à couvrir la nudité et à protéger le corps de celui ou de celle qui le porte. Ceci est une clé herméneutique importante dans la compréhension  du proverbe susmentionné. Il est alors aisé d’appréhender la profondeur du symbolisme qui constitue l’épine dorsale  de cette parole de sagesse. Le prochain, perçu comme un vêtement, est du coup une personne qui nous rend d’énormes services car elle nous est fort utile pour couvrir notre nudité. Bien entendu, la nudité dont il est question ici est avant tout une nudité morale. Vu sous cet angle, le bon prochain couvre les erreurs, pardonne les fautes et les péchés, n’expose pas au grand public les défauts des autres, et cherche à régler les problèmes aussi discrètement que possible.

Un vêtement joue aussi un rôle esthétique. Il apporte un plus dans l’apparence physique d’une personne et ne saurait être négligé dans la beauté. De même, un prochain digne de ce nom peut projeter une belle image de ses semblables, renforcer leur honneur, les rendre beaucoup plus agréables aux yeux de autres.

Dans les deux cas, le bon prochain contribue à lever haut l’étendard de la respectabilité des hommes et des femmes qui l’entourent. C’est justement ce que la Bible enseigne quand elle nous recommande de nous respecter les uns les autres : « Quant à l’affection fraternelle, soyez pleins de tendresse les uns pour les autres. Soyez les premiers à honorer les autres.” (La Nouvelle Bible Second). La Bible T.O.B. semble offrir une meilleure traduction de ce verset: « Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres. Honorez-vous, respectezvous réciproquement.”  

Dieu veut que nous nous respections mutuellement. Joseph l’a bien compris quand, après avoir constaté que Marie était enceinte, il a opté pour la solution d’une rupture secrète (Mt. 1 :19). Il aurait pu provoquer un scandale public. Les gens lui auraient donné raison, mais il s’est gardé de le faire. Combien de chrétiens, même évangéliques, ont une telle noblesse d’esprit de nos jours ?

C’est aussi le même esprit qui a animé le bon samaritain de la Parabole du Seigneur dans Luc 10 :25-37.  Il aurait pu profiter du climat d’inimitié entre les Juifs et les Samaritains pour assommer son prochain grièvement blessé, sans défense, dénudé, et livré à la honte publique. Contre toute attente, c’est lui (et non ses compatriotes qui de surcroit étaient religieux) qui s’est occupé du Juif agressé par des brigands. En agissant de la sorte, il a été, pour emprunter les termes du proverbe kiuru, « un second vêtement » pour son prochain. Si seulement nous pouvions agir de même dans toutes nos relations humaines ! Le monde aurait un visage différent. Car, comme l’a si bien écrit Vagner Fernandes LOBOSCO, « Le respect, c’est comme les sourires : ça ne coute rien et tout le monde aime ça. » On pourrait aussi dire : Le respect c’est comme les sourires : ça se propage facilement et ça fait du bien à tout le monde. Allons donc et soyons les premiers à respecter nos prochains, à couvrir leur nudité morale, et à faire briller leur respectabilité, par amour sincère pour eux et pour la gloire de Dieu.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

Pour acceder a notre blog: https://bongoyok.wordpress.com

Chers amis,

Nous avons remarqué des perturbations sur notre site <contributions africaines> depuis quelques temps. Nous sommes en train d’y remédier. En attendant, pour accéder à notre blog, veuillez le faire à travers le lien suivant: https://bongoyok.wordpress.com

Merci d’avance,

Moussa Bongoyok.

Mieux vaut peu que rien

“Fiifiika a zung chawng kinla.”  (Builsa proverb, Ghana)

“A little is better than nothing.” (Builsa proverb)

“Mieux vaut peu que rien.” (Proverbe builsa)

 

Signification:  Il faut être reconnaissant pour le peu car la condition pouvait être plus préoccupante.

 

Source: W. Jay MOON African Proverbs Reveal Christianity in Culture. (Eugene, OR: Pickwick Publications, 2009) p. 136.

 

Parallélisme biblique

Nous vivons dans un monde où  la quantité et le nombre sont si importants qu’avoir peu est presque pire que ne rien avoir du tout. La situation est si préoccupante que la  majorité semble perdre de vue que des grands projets, de grandes réalisations, ou de grandes entreprises ont eu leurs humbles débuts. Aussi est-il important de s’arrêter un moment et de nager à contre courant avec les Builsa qui affirment sans ambages : « mieux vaut peu que rien ».

 

Bien entendu, les Builsa ne sont pas contre la quantité. Toutefois, ils ne veulent pas non plus être ingrats au point de minimiser le peu. C’est donc avec un élan de gratitude qu’ils accueillent le peu qui est disponible.

 

La Bible regorge de récits où Dieu a fait des merveilles avec peu de choses.  David n’avait qu’une petite fronde, mais avec la bénédiction de Dieu, il a terrassé le géant Goliath qui terrorisait toute une armée nationale (1 Samuel 17). La veuve de Sarepta n’avait qu’une poignée de farine mais, avec le miracle divin, cela était suffisant pour la survie pendant toute la durée de la sècheresse (1 Rois 17).  Les disciples n’avaient entre les mains  qu’une modeste ration de nourriture, cinq pains et deux poissons, mais avec l’intervention du Seigneur, une foule a été nourrie (Marc 6 :34-44).

 

Ne négligeons donc pas le peu que Dieu nous permet d’avoir. Il ne nous doit absolument rien. Au contraire, c’est nous qui lui devons tout car c’est en lui que nous avons « la vie, le mouvement, et l’être ». Apprenons plutôt à être reconnaissants et fidèles dans les petites choses.  Cela ouvre la voie  à des bénédictions plus grandes et plus profondes. En tout temps, soyons pleins de reconnaissance car, avec la bénédiction divine, le peu est capable de bien de merveilles.

 

© Copyright, 2012 by Moussa Bongoyok.

Faire ce qui est bien sans se lasser

“Uwakwensho bushiko, bamutasha ilyo bwaca.” (Zambian proverb)

“Celui qui vous accompagne pendant la nuit est remercié à l’aube” (Proverbe zambien)

“He who escorts you at night is thanked at dawn” (Zambian proverb)

Signification: Le soutien qu’on apporte à quelqu’un n’est souvent apprécié qu’à la fin.

Source : Nyambe Sumbwa Zambian Proverbs (Lusaka : ZPC Publications, 1993) p. 5.

 

Parallélisme biblique

La récente victoire de l’équipe zambienne à la coupe d’Afrique des nations fait braquer les regards sur la Zambie. Ce pays d’Afrique australe regorge de talents très remarquables. Il dispose également de nombreuses ressources sous exploitées. Nous nous intéressons ici aux proverbes.  Celui qui retient notre attention en ce moment porte sur un aspect important de la vie : il faut beaucoup de volonté et de persévérance pour aider ses semblables.

Très souvent, l’aide que l’on voudrait apporter aux autres ou le bien que l’on voudrait faire n’est pas applaudi au début. Au contraire, il semble y avoir de la résistance, de l’incompréhension ou des appréhensions. Cela peut facilement décourager le bienfaiteur ou la bienfaitrice si au départ la motivation n’est pas sincère, noble, et désintéressée.  Pour vaincre le découragement, la sagesse zambienne nous invite à considérer plutôt le résultat final de notre action, car très souvent, c’est à la fin que les gens remarquent le bien-fondé du soutien apporté, l’utilité de l’aide ou du travail abattu.

Dans ce domaine, le Seigneur Jésus Christ nous laisse un excellent exemple. La lecture des quatre évangiles nous livre d’amples détails sur les difficultés, les moqueries et l’opposition dont il a fait face. Pourtant, il est venu sur terre dans le but de sauver une humanité perdue et sans espoir. Ce n’est pourtant qu’après sa mort et sa résurrection que les yeux de nombreuses personnes se sont ouverts, entrainant de ce fait leur conversion et leur gratitude. Aujourd’hui, la communauté chrétienne, à travers le monde, loue le Seigneur pour le salut et pour ses nombreux bienfaits.

Justement, dans cet élan de gratitude, engageons-nous à l’honorer en marchant sur ses traces, en nous mettant sincèrement au service de nos prochains, et en faisant ce qui est juste à la lumière de la Bible.  Bravons les murs d’ingratitude, de préjugés, et de railleries.  Comme le dit si bien la Bible dans Galates 6 :9 « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. (La Bible du Semeur). Le dernier verset du quinzième chapitre de la première épître de Paul aux Corinthiens abonde dans le même sens. Sachons donc persévérer dans de bonnes œuvres.

 

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

PIEGES DE l’APPARENCE

Rama ba mutua ba. (Proverbe hausa)

Being thin is not dying. (Hausa proverb)

Maigrir n’est pas mourir. (Proverbe hausa)

Source : Merrick, Georges Charleton Hausa Proverbs (London : Kegan Paul, Trench, Trubner and Co, 1905)

Signification : L’apparence est trompeuse.

Parallélisme biblique

Les Hausa, comme de nombreux groupes ethniques africains, ne voient généralement pas d’un bon œil la maigreur. Malgré l’influence occidentale qui se fait de plus en plus sentir avec pour corollaire  la projection de la maigreur dans le royaume de l’élégance et de la beauté, le concept traditionnel de la rondeur (vue sous un angle plutôt positif) a la peau dure. Ainsi, quand on maigrit il n’est pas rare de se faire interpeller par des parents ou des amis qui posent très souvent la question suivante : « Pourquoi as-tu maigri ? ». Derrière cette question ce cachent toute une série d’interrogations dont celles -ci: As-tu des soucis ?  As-tu de la peine à te nourrir ? As-tu des ennuis dans ton foyer ou dans ton lieu de travail ? Es-tu malade ? As-tu le SIDA ?

Les pensées s’envolent alors très facilement vers des conclusions négatives, défaitistes, alarmistes.  Or, c’est justement ce que le proverbe hausa déconseille car, comme le dit si bien un adage, l’apparence est trompeuse. La maigreur n’est pas forcément mauvaise.

Dans la vie, il est facile de se laisser influencer positivement ou négativement par l’apparence. C’est ainsi que, le prophète Samuel a été dérouté par l’apparence physique des frères de David au point où il fallu que le Seigneur intervienne pour le guider vers celui qu’il a choisi pour l’onction royale (1 Samuel 16 :1-13). En effet, le regard de Dieu transcende les apparences.

Un jugement basé sur l’apparence peut entrainer des conséquences plus dramatiques. De nombreuses circonstances peuvent nous amener à soupçonner le mal là où il ne trouve pas ou à prêter aux autres des intentions. Un exemple frappant est celui du mauvais traitement de la délégation que le roi David dépêcha auprès du roi Hanun alors qu’elle était porteuse d’un message de consolation on ne peut plus sincère (2 Samuel 10 :1-19). Les chefs des fils d’Ammon induirent le roi Hanun en erreur et déclenchèrent une guerre malheureuse alors que le soupçon d’espionnage était dénué de tout fondement.

Afin d’éviter de tomber dans les mêmes pièges, il est sage de ne pas se fier à l’apparence et de prendre du recul par rapport aux premières impressions. En toute circonstance, sachons  implorer la direction divine qui sonde les profondeurs que nos sens humains ne sauraient explorer. Examinons  minutieusement chaque cas qui se présente et tirons les conclusions qui s’imposent.    

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

ART DE TRANSCENDER LES PROBLEMES

Medol ilala osina (Maasai proverb)

Les dents ne voient pas la pauvreté (proverbe  Maasai)

Teeth do not see poverty (Maasai proverb)

Signification: Les gens sourient en dépit des problèmes. Les problèmes ne doivent pas nous abattre et nous paralyser.

Source: http://www.bluegecko.org/kenya/tribes/maasai/proverbs.htm

Parallélisme biblique:

Les Maasai sont un peuple d’éleveurs. Ils vivent au Kenya et en Tanzanie. Ils ne sont pas étrangers aux aléas de la nature, aux dangers, à la pauvreté, et aux nombreuses autres  interférences qui viennent troubler leur vie simple et paisible. Mais, en dépit des vicissitudes de la vie, ils s’efforcent de garder leur sang froid et de se moquer de l’adversité.  Nous comprenons alors pourquoi ils peuvent dire « Les dents ne voient pas la pauvreté » ; en d’autres termes la pauvreté ne peut en aucun cas empêcher le sourire d’un homme ou d’une femme qui sait sauvegarder  sa dignité.

Une telle philosophie de la vie est formidable car elle permet de ne pas se laisser facilement terrasser par l’adversité. Mieux encore, elle permet de garder son calme, atout majeur pour mieux analyser le ou les problèmes qui se posent et trouver le moyen de les résoudre. Ceci est d’autant plus important que le découragement paralyse et tue la solution dans l’œuf. Le sourire, par contre, permet d’aborder l’adversité avec une attitude victorieuse. C’est comme si l’on disait au problème, « Je sais que tu es là, mais tu ne m’effraies pas. Avec l’aide du Seigneur, je m’en sortirai. » C’est peut-être ici que la pensée de l’Abbé Pierre trouve tout son sens, lui qui disait : « Un sourire coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière. » Il est vrai qu’il a parlé dans un cadre différent, mais le sourire produit  pratiquement le même résultat face aux difficultés de la vie. Il permet d’éviter de paniquer et de prendre le temps de prier, de réfléchir et  de se frayer un chemin à travers la forêt des idées lumineuses.

Oui, il est important de garder le sourire même quand tout semble plonger l’âme dans l’abattement, voire la dépression. Et c’est tout à fait possible ! La Bible nous donne l’exemple du prophète Habakuk qui a peint un tableau on ne peut plus sombre de l’avenir tout en gardant le sourire. Voici ce qu’il a écrit sous l’inspiration divine :

« J’ai entendu cette nouvelle:
      j’en suis tout bouleversé.
      Mes lèvres balbutient
      et mes os se dissolvent,
      je reste là, tremblant.
      Puisque je dois attendre tranquille, j’attendrai le jour de la détresse,
      où l’ennemi qui doit nous assaillir attaquera le peuple.    
    17 Car le figuier ne bourgeonnera plus,
      et il n’y aura plus de raisins dans les vignes,
      le fruit de l’olivier trompera les espoirs,
      les champs ne produiront plus de pain à manger.
      Les moutons et les chèvres disparaîtront de leurs enclos,
      les bœufs de leurs étables.    
    18 Mais moi, c’est à cause de l’Eternel que je veux me réjouir,
      j’exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve.    
    19 L’Eternel, le Seigneur, c’est lui ma force:
      il rend mes pieds pareils à ceux des biches,
      il me fait cheminer sur les lieux élevés.
   Pour le chef des musiciens. A chanter avec accompagnement d’instruments à cordes. » Habakuk 3:16-19, La Bible du Semeur.

Le prophète Habakuk n’avait pas perdu la tête. Il pouvait se réjouir en dépit des dangers aussi graves qu’imminents à cause de l’Eternel qui est sa force et son salut.

Dans le même ordre d’idées, Paul du fond de sa prison où il pouvait être tué à tout moment pouvait écrire : « Réjouissez-vous en tout temps de tout ce que le Seigneur est pour vous. Oui, je le répète, soyez dans la joie. Faites-vous connaître par votre amabilité envers tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. » (Philippiens 4:4-6, La Bible du Semeur). Il avait compris que sa vie était entre les mains du Seigneur qui avait la puissance nécessaire pour la préserver et que la mort physique elle-même ne pouvait pas le séparer de son Seigneur. Sa joie ne pouvait donc pas être perturbée.

Par ailleurs, la Bible enseigne que la souffrance n’est pas toujours négative, elle peut permettre de mûrir et de cultiver des qualités très utiles pour des succès plus éclatants. C’est ce que communique le texte de Romains 5 :3-4  où il est écrit : « Mieux encore! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à la victoire dans l’épreuve, et la victoire dans l’épreuve nourrit l’espérance. » (La Bible du Semeur).

La vie est un mystère. Les trésors les plus précieux sont souvent cachés dans les problèmes apparemment  insolubles. « Nous sommes  continuellement confrontés à une série de grandes occasions brillamment déguisées en tant que problèmes insolubles » écrit John W. Gardner . L’une des meilleures manières de transcender les problèmes en vue de saisir ces grandes occasions est justement de garder le sourire en faisant confiance au Seigneur, en priant, et en recherchant calmement mais sérieusement les voies et  moyens de les surmonter.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2011

DIEU: SEUL SECRET DE LA VRAIE REUSSITE

Ka skwi n’ger Bidegai Faissam de? (N’gelegedma mafahai)

Sais-tu ce qui a fait grossir Bidegai Faissam? (Proverbe Mafa)

Do you know what gave weight to Bidegai Faissam? (Mafa proverb)

 Signification: Ce qu’on minimise peut produire de grands changements. Il ne faut négliger aucun aliment. C’est Dieu qui fait réussir.

Parallélisme biblique:

Ce proverbe Mafa est intéressant à plus d’un titre. Retenons trois raisons pour lesquelles il convient de s’y attarder.

Premièrement, cette parole de sagesse étale à grand jour un phénomène qui mérite l’attention des chercheurs en sciences sociales et humaines: un proverbe est dynamique. Il évolue dans le temps et dans l’espace. Dans ce cas précis, le proverbe original est en fait « Ka sun skwi n’ger fakawi de ? » (Sais-tu ce qui fait grossir l’éléphant ? ».   Ici, l’éléphant est remplacé par Bidegai Faissam. Quand la jeune Bidegai épousait le riche Faissam de Soulédé, elle était svelte. Avec le temps, elle a pris énormément du poids au point de devenir la femme la plus grasse de la région (record qu’elle a détenu pratiquement jusqu’à sa mort), d’où le caractère légendaire de son parcours. On comprend alors pourquoi le proverbe remplace carrément le nom du père de Bidegai par celui de son mari, ce qui est contraire aux us et coutumes Mafa.

Secondement, ce proverbe nous montre que toutes les sociétés du monde ne perçoivent pas la rondeur de la même manière. Si en Occident, la femme svelte est mise sur le piédestal tandis que celle qui est grasse est mal perçue, voire rejetée, il n’est pas de même dans la société Mafa traditionnelle. En effet, dans la culture Mafa, la rondeur n’est pas un défaut, tant la famine et les nombreuses privations imposées par un cadre de vie particulièrement hostile ont réduit une grande partie de la population à un régime forcé. Du coup,  la femme grasse est rare et devient particulièrement belle.

Enfin, le proverbe Mafa souligne que le vrai succès vient de Dieu. Il part d’un simple constat. De nombreux animaux se nourrissent de la même manière que l’éléphant mais nul ne peut le rivaliser en poids. Toutes les plantes plongent leurs racines dans la terre mais toutes n’ont pas la même taille. De même, certaines personnes provenant des milieux particulièrement hostiles réussissent tandis que d’autres, qui ont tous les moyens nécessaires, échouent. Décidemment, certaines dimensions de l’existence échappent aux êtres humains. C’est ce que le proverbe Mafa veut communiquer tout en dirigeant indirectement les regards des auditeurs vers le Dieu Créateur, source de la vraie réussite.

 C’est justement ce que la Bible enseigne. C’est Dieu qui a tout créé (Genèse 1). C’est en Dieu que « nous avons la vie, le mouvement et l’être »  (Act. 17. 28). Tous les êtres humains bénéficient de sa générosité car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Matthieu 5 :45). Toutefois, il réserve de bénédictions spéciales pour ceux qui lui obéissent (cf. Deutéronome 28:1-14, Josué 1 :6-9, Psaume 1, Proverbes 10 :25, Ephésiens 1 :1-23 etc.). Les méchants peuvent apparemment réussir pour un temps mais leur fin est déplorable (Psaume 73, Apocalypse 20 :11-20). Par contre, ceux que Dieu bénit le sont éternellement (Romains 8 :28-39 ; Apocalypse 21 :1-8).

En somme, le secret la vraie bénédiction se trouve en Dieu et en lui seul. Détournons-nous des puissances ténébreuses, de faux calculs humains, et des voies injustes qui ne font qu’enfoncer ceux et celles qui s’y livrent dans le malheur même si cela n’est pas évident au début.  Tournons-nous plutôt vers Dieu car « C’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit, et toute la peine qu’on se donne n’y ajoute rien » (Proverbes 10 :22).

© Copyright,  Moussa Bongoyok,  2011

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