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DANGER DES MAUVAISES COMPAGNIES

« Watunga na nianga nta wele yumina ku zulu nzo » (Proverbe Kongo)

«Si tu cours avec la paille, tu finiras sur le toit de chaume.» (Proverbe Kongo)

« If you run with the straw you will finish on a roof of stubble. » (Kongo proverb).

Signification: Les mauvaises compagnies sont une source de danger. Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.

Commentaire à la lumiere de la Bible

J’aime beaucoup les proverbes africains. Ils ont l’art de partir des éléments insignifiants, des faits et gestes ordinaires de la vie pour propulser adroitement dans un univers philosophique profond tout en gardant les racines solidement enracinées dans la vie pratique. Le proverbe Kongo que voici en est une belle illustration. Chez de nombreux peuples africains, même en plein 21e siècle, les habitations ont des toits de chaume. La paille constitue, dans ce cas-là, la matière première. Elle est savamment sélectionnée, coupée, tissée et arrangée selon les styles architecturaux du contexte. Quoique cela soit rare et ce en dépit de tous les efforts déployés dans le tri, il arrive que l’on retrouve sur le toit des feuilles, de petites brindilles ou de la paille d’une autre espèce.   De même que la paille et les éléments qui s’y assimilent se retrouvent sur le toit de chaume, ceux qui fréquentent des hommes ou des femmes de moralité douteuse connaitront le même sort.

En partant du monde végétal, le Kongo vise en fait la profondeur même du comportement des membres de la société. Il est important de savoir choisir ses amis et ses compagnons car, même si au départ nous ne le réalisons pas, nous finirons par penser, parler et agir comme eux. Et comme le mal reste rarement impuni, nous partagerons inévitablement leurs déboires et leurs châtiments.

Dans la Bible, Lot était en bonne compagnie jusqu’au jour où il a porté son choix sur Sodome et Gomorrhe. Au départ, il pensait qu’il avait fait un choix excellent. Il s’est fié à la vue et la suite de sa vie fut une véritable tragédie (Genèse 19). Samson avait des talents exceptionnels. Il est tombé dans le panneau de mauvaises compagnies et y a perdu sa vue puis sa vie (Juges 16). Le fils prodigue de la parabole a tourné le dos à sa famille pensant trouver son bonheur dans le libertinage en compagnie des gens de mauvaise vie. Mal lui en a pris car s’est retrouvé dans une situation telle que les cochons qu’il gardait étaient mieux nourris que lui. Heureusement, il s’est ressaisi et a rejoint le bercail (Luc 16). La Bible est formelle : Attention, ne vous y trompez pas: Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.” (1 Corinthiens 15 :33).

Soyons sages. Sachons avec qui nous passons le clair de notre temps. Sachant choisir nos meilleurs amis. Ayons l’audace de nous détourner de la voie de ceux qui nous attirent vers le mal et loin du Seigneur. Et, si nous sommes présentement tombés dans ce piège, ayons le courage de nous repentir comme le fils prodigue et de retourner sur la bonne voie. Choisissons plutôt nos meilleurs amis et nos partenaires parmi ceux qui ont une bonne conduite, qui aiment le seigneur et qui sont déterminés à mener une vie d’intégrité aux yeux des êtres humains et de Dieu même s’il faut pour cela nager à contre courant dans un contexte mondial qui est de plus en plus enveloppé par les forces du Malin.

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2016

QUAND L’ECHEC SEMBLE ETRE UN DESTIN

« To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde. » (balndol Fulbe)

« Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris. » (proverbe peul)

« It is better to sell his gandoura to get his hat torn by contempt. » (Fulbe proverb).

Moralité : Aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer sa dignité.

(C’est Monsieur Ndjidda Oumarou Christian de Maroua dans l’Extrême-Nord du Cameroun qui nous a été envoyé ce proverbe que nous commentons avec joie. Nous l’en remercions et encourageons les internautes à nous faire parvenir des proverbes dans leurs langues maternelles).

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Le début d’une nouvelle année est souvent accueilli avec une joie immense, entre autres raisons, parce qu’il nous donne l’espoir que nous pourrons enfin réaliser le rêve qui est resté longtemps en veilleuse, vaincre les défauts qui nous tiennent captifs, ou accomplir les merveilles qu’on a toujours contemplé à distance.

C’est donc avec cette ferveur quasi religieuse que nous nous empressons de faire des vœux, de prêcher à notre subconscient et de promettre parfois à nos prochains que plus rien ne sera comme avant. Parfois tout semble bien aller pendant les premiers jours, voire les premières semaines au grand étonnement des amis et des proches qui commencent à espérer et à jubiler intérieurement en se disant que cette fois-ci le changement positif tant attendu aura enfin lieu. Tout se passe alors comme si l’on voguait sur les nuages jusqu’au moment où, parfois, dès la seconde semaine, les vieux et terrifiants démons des mauvaises habitudes semblent se dresser sur le chemin. Comme le disent si bien les banguissois dans un savant mélange de sango et de français dont ils ont le secret, « Kobela ti biri a kiri na pouvoir » (le mal d’hier est revenu au pouvoir). Devant ce constant on ne peut plus amer, le découragement ne tarde pas à frapper à la porte du cœur. La honte, le silence et l’isolation qui s’en suivent finissent pas dérober le peu de détermination qui reste et à plonger inéluctablement de braves individus dans le gouffre du découragement et du d’espoir. Il n’est pas rare d’entendre les gens dire en de telles circonstance : Je n’y peux rien, c’est mon destin. Toute se passe comme si la vie avait arraché de force le chapeau de la dignité humaine qui faisait leur fierté. Et c’est justement en de telles circonstance que l sagesse peule est éloquente : « To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde » (Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris).

Ce proverbe peul semble nous offrir une clé de succès très intéressante. Il s’agit ici de la situation embarrassante dans laquelle se trouve un homme qui s’est fait arracher sa chéchia par mépris. Quoique vêtu d’un grand boubou, il préfère le vendre pour restaurer sa dignité. Cela peut paraître absurde dans d’autres contextes, mais, dans la culture peule, l’honneur est sacré. Pour le restaurer aucun sacrifice n’est trop grand. L’idée est que celui ou celle qui est victime du mépris, consent à un sacrifice plus grand pour restaurer son honneur car, quoique le chapeau soit plus petit et moins cher que la gandoura, il symbolise la dignité. Ce proverbe peul reflète merveilleusement la sagesse divine car il est écrit dans Proverbes 22 :1 (Bible du Semeur): « Bon renom vaut mieux que grandes richesses, et l’estime des autres est plus précieuse que l’or et l’argent.” Le texte d’Eccl. 7:1 abonde dans le même sens. Que Dieu nous accorde la grâce de ne pas oublier cette recommandation biblique ! Valoriser la bonne renommée plus que les trésors ou consentir à des sacrifices pour retrouver dans sa dignité, c’est aussi reconnaître ses échecs, prendre le temps d’en considérer attentivement les raisons, rectifier le tir là où cela s’impose, et avoir le courage de recommencer sur des bases plus solides.

Refusons l’idée que l’échec est une fatalité. Chaque être humain peut mieux faire par la grâce de Dieu. Les échecs passés, si cuisants soient-ils, peuvent être le ferment d’une incroyable réussite future car on peut réussir même après plusieurs échecs lamentables. Mais, pour y arriver, ayons le courage de nous faire violence pour accepter de faire les choses autrement en puisant notre force en Dieu et en nous faisant entourer par des frères et sœurs mûrs dans la foi, expérimentés, sages, remplis de la crainte respectueuse de Dieu, et déterminés à cheminer fidèlement sur la voie du Seigneur.

 

La plus grande humiliation de la vie n’est pas de reconnaitre qu’on a besoin d’aide, de conseil, de soutien dans la prière, de formation ou d’encadrement pour vivre honorablement aux yeux de Dieu et de ses semblables. La plus grande honte est d’échouer en dépit d’énormes potentialités de réussite tout simplement parce qu’on a pas le courage de faire les choses autrement, d’écouter et de mettre en pratique les bons conseils, ou de marquer la différence en s’appuyant sur le Seigneur. Ne l’oublions jamais : aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer notre dignité.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

LE SUCCES N’EST PAS INTIMIDE PAR LES ECHECS

« Kome lalachewar mutum ba shi rasa rana tasa. » (Proverbe hausa)

Quelle que soit la gravité de la déchéance d’une personne, elle n’a pas encore perdu son jour. (Proverbe hausa)

« However great the undoing of a man [or woman] he [or she] hasn’t lost his [or her] day. (Hausa Proverb)

Moralité : Même après avoir échoué lamentablement, l’on peut toujours se ressaisir et réussir.

Source : C.E.J. Whitting Hausa & Fulani Proverbs (Lagos, The Government Printer, 1940)

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La déchéance est démoralisante et l’échec est amer. Une personne humiliée, dégradée, ou considérée comme incapable à cause d’un échec cuisant peut facilement basculer dans le découragement voire le désespoir. Les Hausa le savent bien. Voilà pourquoi ils proposent ce proverbe rempli d’espoir et d’encouragement. Un échec n’est pas la fin du monde. Une déchéance peut préparer la voie à une gloire plus éclatante.

Le monde est rempli de personnes qui ont échoué plusieurs fois et à qui l’on a parfois dit haut et fort qu’elles ne réussiraient jamais mais qui ont prouvé le contraire à force de persévérer. Une lecture attentive de la biographie de Abraham Lincoln, Walt Disney, Henry Ford, Soichiro Honda, Bill Gates, Albert Einstein, Steve Jobs, Michael Jordan, Nelson Mandela, Oprah Winfrey – pour ne citer que ceux-là – démontre à suffisance que le parcours des personnes célèbres n’est pas étranger aux rejets, mépris et échecs.

La Bible nous offre aussi des exemples de personnes qui ont lamentablement échoué dans un premier temps mais qui se sont ressaisies et ont pu terminer leur vie sur une note très honorable. Prenons deux cas :

1)L’apôtre Pierre, malgré toutes ses belles promesses (Marc 14 :29), a renié le Seigneur trois fois de suite (Marc 14 :66-71). Toutefois, après s’être repenti, le Seigneur l’a restauré (Jean 21 :15-19) et l’a puissamment utilisé pour l’édification de son Eglise et l’avancement de son règne comme nous le voyons dans le livre  des Actes et dans les deux épitres qui portent son nom.

2)Le jeune Jean Marc a aussi échoué au départ. Il a fui le champ missionnaire en Pamphylie (Actes 15 :38) et Paul se sépara de son compagnon Barnabas  parce qu’il estimait que ce jeune homme était indigne de se joindre de nouveau à eux pour un second voyage missionnaire. Mais Barnabas,  voyant le potentiel qu’il y avait en lui, lui donna une seconde chance. Le résultat fut admirable. Paul lui-même l’attesta en Philémon v. 24 ; Colossiens 4 :10 et 2 Timothée 4 :11. C’est ce jeune homme qui devint l’auteur (sous l’inspiration du Saint-Esprit) de l’évangile selon Marc et que l’histoire de l’Eglise présente comme étant l’apôtre de l’Egypte.

Ces deux exemples bibliques suffisent pour illustrer la vérité selon laquelle l’on peut réussir même après un ou plusieurs échecs.  D’autres textes bibliques, comme 1 Samuel 2:8 et Psaume 113:7-9, abondent dans le meme sens. Mary Pickord a vu juste en disant : « Ce que l’on appelle échec n’est pas la chute, mais le fait de rester à terre. »  Avez-vous chuté dans un ou plusieurs domaines de votre vie ? Ne restez pas à terre. Relevez-vous en vous appuyant sur le Seigneur car, tant que vous respirez, vous pouvez réussir.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

LE MALHEUR EST UNE ECOLE

“Icyâgo cyigisha ubwênge” (proverbe rwandais – kyniarwanda)

« Le Malheur enseigne la clairvoyance. » (proverbe rwandais)

« Misfortune teaches foresight. » (Rwanda proverb)

Moralité : Celui ou celle qui est sage tire des leçons des expériences malheureuses de la vie.

Source : Titinga Frédéric Pacéré  Pensées africaines : proverbes, dictons et sagesse des Anciens. (Paris : L’Harmattan, 2005) p. 25

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La vie est un long chemin sinueux qui traverse de nombreux monts et vallées. Elle fait balancer la condition humaine entre la joie et le malheur à un rythme très irrégulier.  Mais, même les évènements fâcheux peuvent livrer des trésors à celui ou celle qui est sage et qui sait tirer des leçons du malheur qui frappe directement ou indirectement. C’est ce que nous communique le proverbe rwandais qui nous intéresse particulièrement en ce moment.

En effet, quoique le malheur soit redouté, il est comme une noix de coco qui livre son amende à la personne qui se donne la peine de casser sa solide coque. Celui ou celle qui est sage, réfléchit face au malheur qui lui arrive ou qui frappe ses semblables.  Quelles sont les causes profondes de ce malheur ? Quelles leçons dois-je en tirer ? Que faire pour le prévenir ou du moins en limiter les dégâts dans l’avenir tant au niveau individuel que collectif? Quelles dispositions pratiques faut-il prendre dès aujourd’hui ? Telles sont les questions qui s’imposent dans l’adversité.

Le malheur peut être une école de formation. Le psalmiste a tiré des leçons de l’adversité (Psaume 119 : 67,71). Job, au terme de la série des malheurs qui l’ont frappé, est entré dans une dimension plus profonde de la vie spirituelle au point où il a déclaré dans Job 42 :5 (La Bible du Semeur): «Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toi. Mais maintenant, mes yeux t’ont vu. » L’officier de 2 Rois 1 a tiré des leçons du malheur qui a frappé ses collègues et les soldats qui étaient sous leurs ordres. Au lieu d’aborder le prophète Elie avec la même arrogance que ses prédécesseurs, il adopta une attitude d’humilité et sauva ainsi sa vie et celle de ses compagnons d’armes. L’on pourrait multiplier de tels exemples à la lumière de la Bible mais tout semble se résumer à ces paroles d’Ecclésiastes 7 :14 (La Bible du Semeur) « Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis, car Dieu a fait l’un et l’autre, si bien que l’homme ne peut rien découvrir de ce qui doit lui arriver.»

Malheureusement, très peu d’individus et de communautés prêtent attention à ces conseils divins. L’histoire de l’humanité est riche en attitudes ou comportements qui ont causé divers malheurs, et pourtant nos sociétés contemporaines semblent trouver un grand plaisir à afficher les mêmes comportements, ignorant au passage que « ce qui est arrivé au mouton arrivera aussi à la chèvre » conformément à un autre proverbe africain. Les communautés chrétiennes ont aussi intérêt à tirer des leçons des malheurs qui ont frappé les églises qui se sont détournées du Seigneur et de sa saine doctrine afin d’éviter les pièges du matérialisme, du désordre spirituel, de la mondanité, de l’occultisme, du libéralisme théologique et des maux semblables.

Gustave Flaubert disait dans une correspondance datant du 23 mai 1852 : « Il faut de chaque malheur tirer une leçon et rebondir après les chutes. » Heureux sont ceux et celles qui savent tirer des leçons des divers malheurs qui nous frappent au lieu de se jeter mains et pieds liés dans la fosse aux lions de l’endurcissement et de la désobéissance. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

VIOLENCES DESTRUCTRICES: QUELLES SOLUTIONS?

« ɛtɔk pú sɔŋɔ bo chɔkɔchɔkɔ. » (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.” (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“A whole village cannot burn down while the people sit and watch.” (Kenyaŋ proverb,  South West of Cameroon)

Signification : Il n’y a aucun problème difficile que les gens ne peuvent résoudre avec l’aide de Dieu. Si les êtres humains conjuguent leurs efforts, ils peuvent affronter victorieusement même les situations les plus difficiles.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Ces dernières semaines, l’actualité est dominée par la situation qui prévaut au nord du Nigeria où plus de 200 jeunes lycéennes ont été kidnappées par le groupe islamiste Boko Haram. Nous saluons les efforts déployés par les gouvernements de nombreux pays du monde, les journalistes et les réseaux sociaux, pour alerter le monde entier et initier des actions qui militent en faveur de la libération de ces jeunes filles. Nous prions pour qu’il plaise au Seigneur de faire couronner ces initiatives de succès. Mais, nous ne voulons pas nous arrêter là. Nous voulons profiter de la bonne disposition des cœurs et des consciences pour attirer notre attention sur la nécessité de pousser la réflexion et l’action un peu plus loin. La situation qui secoue le Nord du Nigeria, et qui risque d’éclabousser dangereusement les pays voisins, a des racines plus profondes que les symptômes qui attirent notre attention en ce moment. Par ailleurs, de nombreux groupes similaires sont actifs dans d’autres pays africains, voire dans d’autres nations du monde. Force est de relever que la violence n’est pas le propre des groupes islamistes radicaux. Les musulmans sont majoritairement pacifiques. Les adeptes des autres religions sont aussi majoritairement pacifiques. Mais, l’on trouve malheureusement des gens violents dans toutes les religions du monde et même chez ceux qui se disent irréligieux. Du coup, la situation est beaucoup plus préoccupante. Notre village planétaire menace de brûler et nul ne sera épargné si rien n’est fait pour contenir l’incendie idéologique, religieuse et politique. Les kenyaŋ du Sud-Ouest du Cameroun attirent notre attention sur la nécessité de conjuguer nos efforts en pareille circonstance car “Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.”

 

Ce proverbe nous invite à prendre nos responsabilités au sérieux. Contrairement aux animaux, le Dieu créateur a accordé aux êtres humains la capacité de réfléchir, d’aimer, et de solutionner des problèmes. Il nous revient donc de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire valoir ces talents et implorer son secours là où nos efforts humains sont incapables de nous tirer des situations impossibles. Face aux menaces des violences destructrices, un premier pas serait que les leaders politiques et religieux écoutent les conseils – avec tout le discernement que cela impose. Il est écrit dans Proverbes 15 :22 (la Bible du Semeur) : « Quand on ne consulte personne, les projets échouent, mais lorsqu’il y a beaucoup de conseillers, ils se réalisent. »

De nombreux passages bibliques abondent dans ce sens (Cf. Proverbes 11 :14 ; 20 :18 ; 24 :6. Moïse a eu la sagesse de prendre en compte les conseils de son beau père, Jéthro, qui était pourtant un prêtre païen (Exode 18). Le Pharaon a su sauver son pays et les pays voisins de la dévastation sous l’effet d’une période de famine particulièrement longue et sévère en écoutant les conseils de Joseph, un étranger qui craignait Dieu (Genèse 41). Les conseillers sont très utiles ; encore faut-il savoir choisir ceux ou celles qui sont vraiment bons et sages sous peine de tomber dans le piège de Roboam qui a divisé son pays en deux et perdu une grande partie de son pouvoir juste parce qu’il a rejeté les bons conseillers pour embrasser les mauvais (1 Rois 12).

Décidemment, nous avons besoin de la sagesse divine pour choisir de bons conseillers et conseillères, discerner les bons et les mauvais conseils, appliquer efficacement les bons conseils, et préserver la paix. Mais, là-aussi, Dieu est prêt à voler à notre secours si nous sollicitons sa divine sagesse car il est écrit dans Jacques 1 :5 (la Bible du Semeur) : «Si l’un de vous manque de sagesse,qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche.»

 

En somme, la solution au problème de violence perpétrée par des groupes ou des mouvements violents de tout bord est possible au cas par cas et avec l’aide de Dieu. Mais, il faut pour cela que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour conjuguer nos efforts, réfléchir ensemble sous la direction des leaders compétents qui savent écouter et appliquer les conseils appropriés. En vue de faciliter la recherche d’une solution aux violences perpétrées par des groupes et mouvements tels que Boko Haram, nous proposons les questions suivantes :

 

Questions que les leaders des pays occidentaux devraient se poser très sérieusement 

Quels sont les aspects de nos relations internationales, de nos actions, de nos choix éthiques et de leur imposition directe ou indirecte au reste du monde qui nécessitent un changement afin d’éviter de jeter de l’huile sur le feu des relations entre l’Occident et le reste du monde ? Comment pouvons-nous faire preuve de sagesse, d’humilité, et de considération dans nos relations avec des nations qui ont d’autres valeurs culturelles, politiques et religieuses ? Comment répondre aux violences islamistes actuelles, qui pointent souvent directement l’Occident du doigt, de manière à prendre en compte les causes profondes du phénomène tout en respectant la souveraineté et la dignité des peuples et des gouvernements des autres pays?

 

Questions que les dirigeants des pays africains directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement 

Quelles sont les causes profondes des violences actuelles ? Quelles sont les responsabilités du gouvernement dans cette crise? Quelle stratégie mettre sur pied pour dialoguer avec les vrais leaders des groupes islamistes et ceux qui financent leurs activités afin de trouver une issue pacifique ? Comment attaquer le mal à la racine et prévenir ce phénomène tout en évitant de favoriser un groupe religieux au détriment des autres?

 

Questions que les groupes et mouvements islamistes violents devraient se poser très sérieusement

Dieu est-il vraiment honoré lorsque nous massacrons ou terrorisons des innocents en son saint nom ? Quels sont les voies et moyens pacifiques pour faire entendre notre voix et résoudre nos problèmes sans recourir à des actes qui ternissement l’image de l’islam, tuent ou traumatisent des innocents, et qui finiront tôt ou tard par nous détruire nous-mêmes ? Quelle stratégie de dialogue pouvons-nous mettre sur pied pour sortir de la crise actuelle et envisager l’avenir de manière plus constructive en pleine collaboration avec les adeptes des autres religions tout en restant fidèles à nos valeurs religieuses?

 

Questions que les leaders religieux devraient se poser très sincèrement

Pouvons-vous nous réellement dire que nous croyons en une divinité qui aime tous les autres humains ou en un Dieu d’amour et de paix si nous prêchons la violence et ne faisons rien pour en arrêter le cycle, autant que faire se peut ? Quelle image de notre religion voulons-nous projeter au reste du monde ? Quelle stratégie de conscientisation et d’éducation pouvons-nous mettre sur pied pour prévenir et faire face au phénomène de la violence causée ou aggravée par des convictions religieuses parfois mal assimilées ? Comment pouvons-nous travailler avec les gouvernements, les organisations internationales et les leaders des autres confessions religieuses pour promouvoir la paix dans la justice, la crainte de Dieu, et le respect mutuel ?

 

Questions que les autres pays du monde qui ne sont pas directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement

La sagesse africaine dit : « Si la barbe de ton voisin prend feu, mouille la tienne. » Quelles mesures devons-nous prendre pour prévenir de telles situations dans notre propre pays ? Comment pouvons-nous assister les gouvernements et les populations en difficulté sans aggraver la situation ou créer d’autres problèmes ? Quelle stratégie pouvons-nous mettre sur pied au niveau international pour combattre plus efficacement et prévenir le phénomène de la violence et du terrorisme quelles que soient les convictions du groupe qui en est à l’origine ?

 

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse nécessaire pour travailler la main dans la main afin de mieux contrecarrer les assauts de la violence à travers le monde !

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

QUELLE FONDATION POUR LE MARIAGE?

« Ya waaxod il-‘ird 3ala maalu yiruuH il-maal wa yi’3od il-‘ird 3ala Haalu. »  (Proverbe arabe/égyptien) 

« Si tu épouses un singe à cause de son argent, l’argent finira et le singe restera le même. » (Proverbe arabe/égyptien) 

“If you marry a monkey (i.e. someone ugly) for his money, the money will go away and the monkey will stay the same (as ugly as ever).”

Signification: N’épouse pas une personne à cause de son argent.

(Source: http://arabic.desert-sky.net/coll_proverbs.html)

 

Commentaire à la lumiere de la Bible

En cette fête des mères, nous saluons et félicitons les mamans pour ce qu’elles sont, pour les valeurs qu’elles incarnent, et pour le rôle combien délicat mais indispensable qu’elles jouent dans nos familles et dans nos sociétés. Une mère restera toujours un symbole d’affection, de tendresse, d’éducation, d’encouragement, et surtout d’amour. Mais, au-delà des cadeaux et des festivités, il serait bon de nous attarder un peu sur les futures mères, plus précisément sur la fondation même de la vie conjugale.

A propos, les Arabes, qui ont de très bons et riches conseils sur le mariage contrairement à ce que d’aucuns penseraient, nous livrent une parole de sagesse très profonde : « Si tu épouses un singe à cause de son argent, l’argent finira et le singe restera le même. » Ce proverbe pose le problème de mariage par intérêt. En réalité, c’est de la fondation même du mariage qu’il s’agit. Quand, au-delà de l’amour sincère pour sa future conjointe ou son futur conjoint, l’on est plus motivé par l’argent, la beauté physique, la position sociale, l’honneur, les intérêts politiques ou tout autre calcul égoïste, l’on bâtit son foyer sur du sable mouvant. Malheureusement, nombreux ceux et celles qui tombent dans ce piège.

Pourtant, la Bible regorge de conseils qui peuvent nous aider au moment du choix. En voici quelques uns, tous tirés de la version du Semeur.

Sur la vanité des richesses:

“Ne te tourmente pas pour t’enrichir, refuse même d’y penser. A peine as-tu fixé tes regards sur la fortune que, déjà, elle s’est évanouie, car elle se fait des ailes et s’envole comme l’aigle en plein ciel.” Proverbes 23:4-5.

« S’enrichir par le mensonge, c’est obtenir une vapeur fugitive qui mène à la mort.” Proverbes 21:6.

Sur la vanité de la beauté physique :

« La grâce est décevante et la beauté fugace; la femme qui révère l’Eternel est digne de louanges.” Proverbes 31:30.

« Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu.” 1 Pierre 3:3-4.

Loin de nous l’idée de penser que l’enseignement biblique sur ce thème se résume à ces quatre versets. Bible regorge de paroles de sagesse riches, variées et profondes qui méritent d’être non seulement lues mais étudiées en profondeur en prenant en compte leurs contextes. Nous ne condamnons ni la richesse, ni la beauté car elles ont leur valeur si elles sont gérées convenablement dans le cadre établi par le Créateur lui-même. Nous voulons tout simplement souligner que des critères comme la richesse matérielle et la beauté physique sont très fragiles pour soutenir un foyer conjugal. Il est donc important que chaque célibataire examine profondément les motivations qui  régissent le choix de sa future conjointe ou de son futur mari. Il est également nécessaire que les mariés passent plus de temps à améliorer leur relation avec Dieu et à cultiver leurs qualités morales – dont l’amour selon les paramètres définies par 1 Corinthiens 13 – qu’à soigner les apparences physiques ou à impressionner par des biens matériels et des glorioles. C’est alors que chaque jour sera une fête dans le foyer, avec ou sans enfant biologique.

Daigne le Seigneur nous venir en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

PAUVRETE ET DIGNITE HUMAINE

“N’tèwèshè a n’didè ndo a koskossai” (N’gèlègèdma mafahai)

“La pauvreté transforme l’être humain en paille.” (proverbe mafa)

“Poverty turns the human being into straw.” (Mafa proverb).

Signification: La pauvrete rabaisse l’être humain. 

 

 Commentaire à la lumière de la Bible

Traditionnellement, les Mafa ne sont pas matérialistes. Sauf rares exceptions, ils savent généralement se contenter du peu de revenus qu’ils tirent de leur cadre naturel très austère. Avant l’avènement de l’argent et de toute la panoplie de l’économie contemporaine, tant qu’un chef de famille avait du mil dans son grenier, des cases en toit de chaume pour les membres de sa famille, quelques chèvres ou moutons, et ne serait-ce que deux vêtements de rechange, il était pleinement satisfait. Dans cet esprit, tant que les Mafa avaient le minimum vital, ils se moquaient éperdument des aléas de la nature et des mirages de l’univers matérialiste. Ce n’est que quand le mil venait à manquer et qu’ils étaient forcés à se plier en quatre devant les autres pour mendier afin de survivre que les Mafa se sentaient vraiment pauvres. C’est alors qu’on peut les entendre prononcer de nombreuses variantes du proverbe sur lequel nous nous penchons présentement : “N’tèwèshè a n’didè do a koskossai”. Dans certains villages mafa l’on entend fréquemment “N’tèwèshè ambabai” (la pauvreté est mauvaise).

A regarder de près ce phénomène, la pauvreté dans la tradition Mafa n’est pas tellement une absence de biens matériels ou de moyens financiers mais une atteinte à la dignité humaine. Même avec peu de moyens, tant que leur dignité n’est pas menacée, les Mafa se sentent riches. Mais, quand ils sont forcés à se rabaisser devant leurs semblables ou à agir contre leur gré afin de survivre, ils se sentent dépouillés de la nature humaine. Ils s’estiment alors aussi inutiles que des herbes sèches que l’on piétine.

Un tel sentiment se retrouve chez plusieurs peuples d’Afrique et du monde. Mais, la communauté internationale en tient-elle toujours compte dans ses agissements et dans ses décisions ? Si tel était le cas, nous ne verrions pas ce qui se passe en ce moment même en Centrafrique, par exemple. Dans ce pays, certains leaders d’organisations internationales agissent à leur guise au grand mépris des autorités centrafricaines et facilitent ainsi la partition du pays en deux avec toutes les conséquences amères que cela pourra entrainer dans un très proche avenir. Pourtant, aucune solution efficace ne peut être trouvée tant qu’on méprise les analyses et les solutions que proposent les leaders politiques et religieux de ce pays (sans distinction aucune) car ils maitrisent mieux leur contexte. Si la République Centrafricaine était parmi les pays les plus riches du monde, la traiterait-on ainsi ?

Au-delà de ce pays, notre planète est gravement troublée par de nombreux cas où certains individus et pays riches forcent leurs volontés sur des individus et des pays plus modestes. Mais, la question fondamentale que nous devons tous nous poser est la suivante : une personne doit-elle perdre sa dignité parce qu’elle est pauvre ?

La Bible répond par la négative. En effet, il est écrit dans Proverbes 14 :31 (la Bible du Semeur): « Opprimer le pauvre, c’est outrager son Créateur mais avoir de la compassion pour les indigents c’est l’honorer. » Quelques chapitres plus loin (17 :21) il est écrit : «Se moquer du pauvre, c’est outrager son Créateur, et celui qui se réjouit du malheur d’autrui ne sera pas impuni. » D’autres textes comme Psaume 12 :5 ; Proverbes 14 :21 ; et Proverbes 22 : 2,16,22,23 abondent dans le même sens.

Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre la pauvreté. Et si malgré tout certains demeurent pauvres travaillons activement pour protéger leur dignité car, comme le dit si bien Jean Boccace, « La pauvreté n’ôte de noblesse à personne, la richesse oui. » Mais, nous pouvons aussi empêcher à la richesse de voler la noblesse des nantis. Les riches et les pauvres peuvent danser la main dans la main au rythme de l’amour divin s’ils apprennent à se respecter mutuellement.

Nous ne pouvons pas forcer tous nos semblables sur cette piste de danse virtuelle; mais nous pouvons marquer la différence dans le respect de la dignité de tous les êtres humains (hommes et femmes, petits et grands, religieux et irréligieux, riches et pauvres) un pas de danse à la fois.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

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