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SECRETS DE LA FAMILLE

« Wurr nikk kud mulamna. » (proverbe massa)

« La sueur coule sur toi [personnellement]. » (proverbe massa)

« Sweat pours on you [personally]. » (Massa proverb)

Moralité: On doit résoudre les problèmes familiaux en famille.

 

[Ce proverbe que nous commentons avec plaisir a été recueilli par le Dr. Emmanuel BECHE, Doyen de la formation en ligne et Secrétaire général de l’Institut Universitaire de Développement Universitaire (IUDI) Website : http://www.iudi.org]

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Massa, en fins observateurs, savent que tous n’abordent pas les problèmes familiaux avec doigté. Si certains savent faire usage de la sagesse et de la discrétion nécessaire pour le traitement des difficultés qui surgissent dans le cadre familial, d’autres enveniment plutôt la situation en étalant sur la place publique des sujets que la pudeur la plus rudimentaire envelopperait de réserve. Or, pour les Massa, les maux qui minent une famille sont comparables à la sueur qui coule sur soi. Il ne sied pas à une personne sage de les exposer en dehors du cadre familial. En d’autres termes, « le linge sale se lave en famille ».

A examiner de près cette philosophie de la vie, on sera frappé par la logique qui la guide car attirer le discrédit ou la honte sur sa famille c’est l’attirer sur soi-même. Ridiculiser les membres de sa famille, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. Ceci nous rappelle un autre proverbe selon lequel « la querelle entre les membres d’une même famille est comme de l’eau chaude versée sur un toit de chaume. Elle ne brûle pas la maison. ». En d’autres termes, ce serait faire preuve de folie que de mettre le feu au domicile familial où l’on se trouve soi-même. Et, pour éviter cela, les membres d’une même famille n’ont pas d’autre option en dehors de la réconciliation. Faut-il alors sombrer dans un silence complice quand les membres de la famille se conduisent mal ? Faut-il se cacher derrière ce proverbe pour faire souffrir sa famille ? Ce n’est pas non plus ce que le proverbe massa recommande. Il trace plutôt la voie d’une résolution de tout problème le plus discrètement que possible, dans le cercle fermé de la famille. Autant que faire se peut, et ceci quelle que soit la nature du préjudice subi, les membres de la famille doivent contrôler leurs émotions et se retrouver humblement autour d’une même table en vue d’une résolution du problème dans l’amour, la vérité, et la justice. C’est seulement quand tous les efforts déployés au sein de la famille nucléaire [ou élargie si cela s’avère nécessaire] ne produisent pas les résultats escomptés que la famille est appelée à chercher du secours auprès des personnes compétentes mais toujours dans le souci de préserver l’harmonie en son sein.

En ceci, les Massa nous plongent au cœur même de la stratégie de réconciliation et de pardon que trace le Seigneur Jésus-Christ dans Matthieu 18 :15-22. Selon le Seigneur, si ton frère ou ta sœur a péché contre toi, tu dois premièrement aller vers lui ou vers elle. Il n’est pas question d’en parler à d’autres personnes. C’est quand ce frère ou cette sœur refuse d’écouter que d’autres personnes peuvent intervenir encore faudrait-il savoir les choisir dans l’esprit de l’enseignement du Christ.

Si nous entrions dans cette logique au niveau de nos familles spirituelles et biologiques, beaucoup de problèmes entres frères et sœurs, entre parents et enfants ou entre maris et femmes trouveraient plus facilement des solutions tout en occasionnant moins de blessures morales. Les conflits seraient plus faciles à résoudre. La société serait plus stable. La paix règnerait davantage dans nos pays. Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse nécessaire pour, autant que faire se peut, résoudre les problèmes familiaux en famille. Cela honore famille, nous honore nous-même, et glorifie le Seigneur.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015.

NATURE HUMAINE, MENACES, ET SAGESSE

“Kokoya a ya kra na a ndena a kda azbai.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Le bébé léopard ne devient pas un chien.” (proverbe mafa)

« A baby panther does not become a dog. » (Mafa proverb)

Source: Nous remercions Monsieur Azakaha Zacharie qui a bien voulu nous envoyer ce proverbe que nous avons commenté avec plaisir.

Moralité: Il faut savoir tirer les conséquences logiques des observations pertinentes. Telle mère, telle fille. Tel père, tel fils.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa vivent principalement dans des zones montagneuses où, autrefois, la vie quotidienne était hantée par un fauve redoutable : le léopard (appelé aussi panthère). Il s’attaquait principalement au petit bétail occasionnant ainsi des pertes énormes dans un système économique on ne peut plus fragile. Pire, il n’épargnait pas les êtres humains. Il arrachait brutalement des bébés pendant que leurs parents cultivaient au champ. Même les adultes n’échappaient pas à ses attaques au point où le léopard est devenu l’animal le plus redouté en pays mafa et était classé au même niveau que la variole. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour prouver leur bonne foi à leurs prochains, les mafa juraient  « kokoya a gidber » (le léopard et la variole), sous-entendu « si je mens que le léopard me dévore et que la variole me tue ».

Perçu sous cet angle, il est aisé de comprendre le contraste entre le léopard et le chien. En clair, la nature du léopard est bien distincte de celle d’un chien, ce dernier étant un animal domestique qui rend généralement de multiples services à l’être humain. A travers ce proverbe le Mafa va au-delà du « tel père, tel fils » français et appelle à la prudence dans la mesure où, aussi inoffensif que le bébé panthère peut paraître, il finit – en grandissant – par agir conformément à sa nature destructrice. Ce proverbe invite aussi les jeunes à bien observer les parents de leurs futurs conjoints ou conjointes avant de se lancer dans les liens de mariage car les enfants reflètent souvent les traits de caractère de leurs parents. Bien entendu, des exceptions existent. Il est possible qu’un garçon ou qu’une fille, du fait d’une vraie conversion, mène une vie excellente qui reflète sa nouvelle nature spirituelle et tranche nettement avec celle de ses parents. Enfin, ce proverbe invite indirectement les enfants à rester fidèles aux bonnes valeurs transmises par les parents car si le bébé panthère ne devient pas un chien, ce n’est pas au bébé d’un chien ou d’une vache de devenir une panthère.

Puisque notre proverbe porte sur le léopard, force est de relever que la Bible parle aussi de cet animal, voire du fait qu’il ne peut pas changer de nature. En effet, il est écrit dans Jérémie 3 :23 : « Un Ethiopien peut-il changer la couleur de sa peau, un léopard les taches de son pelage? De même, comment pourriez-vous vous mettre à bien agir, vous qui avez pris l’habitude de commettre le mal?” Ici, le prophète Jérémie parle dans un contexte de jugement contre les habitants de Juda à cause de la multitude de leurs péchés. Ils se sont tellement enfoncés dans le mal que leur condition est comparable aux taches du pelage du léopard. En d’autres termes, leur mauvaise habitude est devenue une seconde nature. Seul un miracle opéré par le Seigneur lui-même, peut transformer leurs cœurs et les ramener sur le droit chemin.

Voilà qui devrait attirer notre attention à l’heure où des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’Etat Islamique sèment la terreur dans de nombreuses régions et pays du monde. Nous devons agir vite de peur que le mal ne s’enracine avec des effets très dévastateurs qui ne tarderont pas à éclabousser les pays qui ne se sentent pas concernés pour l’instant. Nous devons agir vite de peur que nos enfants ne soient endoctrinés au point de se retourner contre nous, scellant de ce fait une mutation effroyable. Oui, nous devons agir vite mais sagement car il est facile de gaspiller de l’énergie inutilement en luttant contre les symptômes d’un phénomène si l’on ne prend pas la peine d’en examiner les causes profondes tout en évitant de se faire piéger par de faux alliés susceptibles de brouiller les vraies pistes. Les mesures d’urgence sont normales mais il convient de se mettre résolument au travail pour attaquer le mal à la racine avec méthode, courage, prudence, discernement sans négliger la prière car – au-delà de nos efforts – Dieu seul peut changer la nature humaine et nous accorder la sagesse nécessaire pour trouver des solutions efficaces.

 

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

PETIT MAIS IMPORTANT

« Isγaren irqaqen serγayen izunaren. » (Proverbe berbère)

« Les petites brindilles mettent le feu aux grosses bûches. »(Proverbe berbère)

« Small twigs set fire to the log. » (Berber Proverb)

Source : zighcult.canalblog.com/archives/2015/05/23/780299.html accédée le 30/1/2015

Moralité : Même les personnes les plus modestes sont importantes. Personne ne doit être minimisé dans la vie.

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Nous nous souviendrons toujours de l’expérience de la vie rurale dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Le bois était et demeure encore précieux pour la cuisine. Cuisiner au feu de bois est une véritable gageure. Il est important de choisir le bon bois et d’alimenter le feu de manière à ce qu’il y ait le moins de fumée possible tout en sécurisant une cuisson régulière du repas. C’est tout un art  qui commence par un savant dosage de petites brindilles ou de tiges de mil et de grosses bûches. C’est justement dans un univers semblable que nous plonge le proverbe berbère qui est présentement soumis à notre attention. Mais, avant de l’étudier, il convient de souligner que nous ne voulons en aucun cas encourager l’utilisation abusive du bois ou du charbon de bois pour la cuisson. Autant que faire se peut, l’Afrique doit protéger ses arbres car la désertification est un danger réel. Pour cela, nous recommandons vivement l’utilisation de combustibles qui favorisent la protection de l’environnement. Ceci dit, partons de l’Afrique centrale pour l’Afrique du Nord et revenons au proverbe berbère.

Les Berbères utilisent une image bien connue dans le contexte pour communiquer une vérité plus profonde : La vie humaine est comme un amas de brindilles et de grosses bûches. Les gens n’ont pas la même forme ni le même poids, tant au propre qu’au figuré. Cependant, chaque individu a sa place et son rôle dans la société. Sur cette base, personne ne soit être minimisé dans la vie. En ceci, la sagesse berbère reflète éloquemment l’enseignement biblique.

Nous avons tous été créés à l’image de Dieu (Gen. 1 :26-27). L’image de Dieu en le prochain, quelque soit son poids aux yeux de ses semblables, commande le respect. En réalité, tout ce que nous avons est dans une certaine mesure une grâce divine car sans le souffle de vie et la santé que Dieu donne, que peut faire un être humain ?   Nous comprenons alors pourquoi l’Ecriture déclare : « Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? » ( 1 Cor. 4 :7. Cf. 1 Chron. 29 :13-14). Bien plus, Dieu peut se passer de nos talents, de nos forces, de nos moyens, ou de nos stratégies et utiliser des gens que nous jugeons incapables, faibles, indigents et ignorants. L’exemple du jeune David qui terrassa le géant Goliath (1 Samuel 17) est bien connu. La Bible est pleine d’histoires de ce genre ou des petits ont semé de la confusion dans les rangs des grands, un petit nombre de personne a mis en déroute une armée redoutable et des gens du peuple sans instruction ont confondu des érudits. Elle utilise aussi  l’analogie du corps (cf. 1 Corinthiens 12) qui souligne avec force que chaque membre, petit ou grand, est important pour le bon fonctionnement du corps.

En somme, celui ou celle que nous méprisons aujourd’hui peut nous sauver dans l’avenir. En outre, Dieu est capable d’utiliser n’importe quel individu pour faire éclater sa gloire. Tout ceci devrait nous amener à faire preuve de considération et d’humilité dans nos relations humaines.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

 

VIOLENCES DESTRUCTRICES: QUELLES SOLUTIONS?

« ɛtɔk pú sɔŋɔ bo chɔkɔchɔkɔ. » (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.” (Proverbe kenyaŋ, Sud Ouest du Cameroun)

“A whole village cannot burn down while the people sit and watch.” (Kenyaŋ proverb,  South West of Cameroon)

Signification : Il n’y a aucun problème difficile que les gens ne peuvent résoudre avec l’aide de Dieu. Si les êtres humains conjuguent leurs efforts, ils peuvent affronter victorieusement même les situations les plus difficiles.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Ces dernières semaines, l’actualité est dominée par la situation qui prévaut au nord du Nigeria où plus de 200 jeunes lycéennes ont été kidnappées par le groupe islamiste Boko Haram. Nous saluons les efforts déployés par les gouvernements de nombreux pays du monde, les journalistes et les réseaux sociaux, pour alerter le monde entier et initier des actions qui militent en faveur de la libération de ces jeunes filles. Nous prions pour qu’il plaise au Seigneur de faire couronner ces initiatives de succès. Mais, nous ne voulons pas nous arrêter là. Nous voulons profiter de la bonne disposition des cœurs et des consciences pour attirer notre attention sur la nécessité de pousser la réflexion et l’action un peu plus loin. La situation qui secoue le Nord du Nigeria, et qui risque d’éclabousser dangereusement les pays voisins, a des racines plus profondes que les symptômes qui attirent notre attention en ce moment. Par ailleurs, de nombreux groupes similaires sont actifs dans d’autres pays africains, voire dans d’autres nations du monde. Force est de relever que la violence n’est pas le propre des groupes islamistes radicaux. Les musulmans sont majoritairement pacifiques. Les adeptes des autres religions sont aussi majoritairement pacifiques. Mais, l’on trouve malheureusement des gens violents dans toutes les religions du monde et même chez ceux qui se disent irréligieux. Du coup, la situation est beaucoup plus préoccupante. Notre village planétaire menace de brûler et nul ne sera épargné si rien n’est fait pour contenir l’incendie idéologique, religieuse et politique. Les kenyaŋ du Sud-Ouest du Cameroun attirent notre attention sur la nécessité de conjuguer nos efforts en pareille circonstance car “Un village entier ne peut pas brûler pendant que ses habitants sont assis tranquillement et se bornent à observer.”

 

Ce proverbe nous invite à prendre nos responsabilités au sérieux. Contrairement aux animaux, le Dieu créateur a accordé aux êtres humains la capacité de réfléchir, d’aimer, et de solutionner des problèmes. Il nous revient donc de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire valoir ces talents et implorer son secours là où nos efforts humains sont incapables de nous tirer des situations impossibles. Face aux menaces des violences destructrices, un premier pas serait que les leaders politiques et religieux écoutent les conseils – avec tout le discernement que cela impose. Il est écrit dans Proverbes 15 :22 (la Bible du Semeur) : « Quand on ne consulte personne, les projets échouent, mais lorsqu’il y a beaucoup de conseillers, ils se réalisent. »

De nombreux passages bibliques abondent dans ce sens (Cf. Proverbes 11 :14 ; 20 :18 ; 24 :6. Moïse a eu la sagesse de prendre en compte les conseils de son beau père, Jéthro, qui était pourtant un prêtre païen (Exode 18). Le Pharaon a su sauver son pays et les pays voisins de la dévastation sous l’effet d’une période de famine particulièrement longue et sévère en écoutant les conseils de Joseph, un étranger qui craignait Dieu (Genèse 41). Les conseillers sont très utiles ; encore faut-il savoir choisir ceux ou celles qui sont vraiment bons et sages sous peine de tomber dans le piège de Roboam qui a divisé son pays en deux et perdu une grande partie de son pouvoir juste parce qu’il a rejeté les bons conseillers pour embrasser les mauvais (1 Rois 12).

Décidemment, nous avons besoin de la sagesse divine pour choisir de bons conseillers et conseillères, discerner les bons et les mauvais conseils, appliquer efficacement les bons conseils, et préserver la paix. Mais, là-aussi, Dieu est prêt à voler à notre secours si nous sollicitons sa divine sagesse car il est écrit dans Jacques 1 :5 (la Bible du Semeur) : «Si l’un de vous manque de sagesse,qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche.»

 

En somme, la solution au problème de violence perpétrée par des groupes ou des mouvements violents de tout bord est possible au cas par cas et avec l’aide de Dieu. Mais, il faut pour cela que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour conjuguer nos efforts, réfléchir ensemble sous la direction des leaders compétents qui savent écouter et appliquer les conseils appropriés. En vue de faciliter la recherche d’une solution aux violences perpétrées par des groupes et mouvements tels que Boko Haram, nous proposons les questions suivantes :

 

Questions que les leaders des pays occidentaux devraient se poser très sérieusement 

Quels sont les aspects de nos relations internationales, de nos actions, de nos choix éthiques et de leur imposition directe ou indirecte au reste du monde qui nécessitent un changement afin d’éviter de jeter de l’huile sur le feu des relations entre l’Occident et le reste du monde ? Comment pouvons-nous faire preuve de sagesse, d’humilité, et de considération dans nos relations avec des nations qui ont d’autres valeurs culturelles, politiques et religieuses ? Comment répondre aux violences islamistes actuelles, qui pointent souvent directement l’Occident du doigt, de manière à prendre en compte les causes profondes du phénomène tout en respectant la souveraineté et la dignité des peuples et des gouvernements des autres pays?

 

Questions que les dirigeants des pays africains directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement 

Quelles sont les causes profondes des violences actuelles ? Quelles sont les responsabilités du gouvernement dans cette crise? Quelle stratégie mettre sur pied pour dialoguer avec les vrais leaders des groupes islamistes et ceux qui financent leurs activités afin de trouver une issue pacifique ? Comment attaquer le mal à la racine et prévenir ce phénomène tout en évitant de favoriser un groupe religieux au détriment des autres?

 

Questions que les groupes et mouvements islamistes violents devraient se poser très sérieusement

Dieu est-il vraiment honoré lorsque nous massacrons ou terrorisons des innocents en son saint nom ? Quels sont les voies et moyens pacifiques pour faire entendre notre voix et résoudre nos problèmes sans recourir à des actes qui ternissement l’image de l’islam, tuent ou traumatisent des innocents, et qui finiront tôt ou tard par nous détruire nous-mêmes ? Quelle stratégie de dialogue pouvons-nous mettre sur pied pour sortir de la crise actuelle et envisager l’avenir de manière plus constructive en pleine collaboration avec les adeptes des autres religions tout en restant fidèles à nos valeurs religieuses?

 

Questions que les leaders religieux devraient se poser très sincèrement

Pouvons-vous nous réellement dire que nous croyons en une divinité qui aime tous les autres humains ou en un Dieu d’amour et de paix si nous prêchons la violence et ne faisons rien pour en arrêter le cycle, autant que faire se peut ? Quelle image de notre religion voulons-nous projeter au reste du monde ? Quelle stratégie de conscientisation et d’éducation pouvons-nous mettre sur pied pour prévenir et faire face au phénomène de la violence causée ou aggravée par des convictions religieuses parfois mal assimilées ? Comment pouvons-nous travailler avec les gouvernements, les organisations internationales et les leaders des autres confessions religieuses pour promouvoir la paix dans la justice, la crainte de Dieu, et le respect mutuel ?

 

Questions que les autres pays du monde qui ne sont pas directement concernés par la violence islamiste devraient se poser très sérieusement

La sagesse africaine dit : « Si la barbe de ton voisin prend feu, mouille la tienne. » Quelles mesures devons-nous prendre pour prévenir de telles situations dans notre propre pays ? Comment pouvons-nous assister les gouvernements et les populations en difficulté sans aggraver la situation ou créer d’autres problèmes ? Quelle stratégie pouvons-nous mettre sur pied au niveau international pour combattre plus efficacement et prévenir le phénomène de la violence et du terrorisme quelles que soient les convictions du groupe qui en est à l’origine ?

 

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse nécessaire pour travailler la main dans la main afin de mieux contrecarrer les assauts de la violence à travers le monde !

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

SOYONS CONSEQUENTS AVEC NOS CONVICTIONS SPIRITUELLES

« No ladde hulnori fuh jire fasata lawol » (Balndol fulbe)

« Quelle que soit la crainte qu’inspire la brousse, l’écureuil ne devient jamais un coupeur de route » (proverbe Fulbe)

« However much the forest fears, the squirrel will not become a robber »  (Fulbe/Fulani proverb)

 Signification : Même les surprises ont des limites. Le comportement d’un

être vivant cadre avec sa nature.

 

Source : C.E.J. Whitting Hausa and Fulani Proverbs (Farnborough Hants : Gregg Press Limited, 1967) p. 155

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Fulbe sont les véritables rois des brousses africaines. Le nomadisme pastoral leur donne l’occasion de découvrir des endroits et d’explorer courageusement même les lieux les plus dangereux. Forts de cette expérience, ils peuvent parler avec autorité des dangers de la vie en brousse. Notre proverbe lève justement un pan du voile sur cette réalité et souligne indirectement que les surprises font partie du lot quotidien de la vie en campagne.  Toutefois, même les surprises ont des limites car on ne saurait imaginer un écureuil se métamorphoser en coupeur de route.

A priori, cette parole de sagesse peut sembler simpliste. Mais, en fait, elle attire notre attention sur une réalité plus profonde : notre comportement reflète notre identité. Voilà qui place le débat sur un terrain hautement philosophique et religieux : Qui sommes-nous ? Quelle est notre identité spirituelle ? Notre conduite est-elle en adéquation avec notre foi ? Malheureusement, il arrive souvent que nos paroles ne riment pas avec nos actions. Dans les Saintes Ecritures, Dieu a interpellé son peuple à plusieurs reprises sur la nécessité de mener une vie conséquente. L’un des exemples les plus frappants est celui de Jérémie 35 où Dieu demande au prophète d’aller proposer du vin aux Rékabites pour les tester. Ces derniers ont catégoriquement refusé de boire du vin par fidélité à l’ordre donné par leur ancêtre. Ils sont restés fidèles à leur identité rekabite et ont honoré la ligne tracée par leurs ancêtres. Face à ce constat, Dieu a alors fait le reproche suivant à son peuple aux versets 13-14 (La Bible du Semeur): “Voici ce que déclare le Seigneur des armées célestes, Dieu d’Israël: Va dire aux gens de Juda et aux habitants de Jérusalem: Ne comprendrez-vous pas la leçon pour écouter mes paroles? dit l’Eternel. Les descendants de Yonadab, fils de Rékab, ont respecté les ordres que leur ancêtre leur a donnés: il leur avait défendu de boire du vin et ils n’en ont jamais bu jusqu’à ce jour, pour se conformer à l’ordre de leur ancêtre. Et moi, je n’ai cessé de vous parler, mais vous ne m’avez pas obéi.”

Dieu s’attend à ce que ceux qui croient en lui, qui sont ses enfants au sens spirituel du terme, reflètent sa sainte nature. C’est ainsi que nous lisons dans 1 Pierre 1 :15-16 (la Bible du Semeur) : « Au contraire, tout comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans tout votre comportement. Car voici ce que Dieu dit dans l’Ecriture: Soyez saints, car je suis saint.” Dans Ephésiens 5 :8-11 (Bible du Semeur), il est écrit : Autrefois, certes, vous apparteniez aux ténèbres, mais à présent, par votre union avec le Seigneur, vous appartenez à la lumière. Comportez-vous donc comme des enfants de la lumière car ce que produit la lumière c’est tout ce qui est bon, juste et vrai. Comme des enfants de la lumière, efforcez-vous de discerner ce qui plaît au Seigneur. Ne participez pas aux pratiques stériles que favorisent les ténèbres, mais démasquez-les plutôt.”

 Il est clair que les enfants de lumière ne doivent pas se comporter comme des enfants des ténèbres. Cela serait contraire à leur nature.

Nous qui avons choisi de placer notre foi en Dieu et de suivre le Messie Jésus-Christ, soyons conséquents avec nos convictions spirituelles. De jour comme de nuit, en public comme en privé, soyons fidèles à notre Seigneur. Vivre ainsi dans un monde qui sombre de plus en plus dans le compromis, l’hypocrisie, et le conformisme, équivaut à nager à contre courant. Mais, cela vaut la peine car le pire qui peut arriver à un être humain, c’est d’être acclamé par tous et rejeté par Dieu. Qu’il plaise au Seigneur de nous remplir toujours de son Saint-Esprit afin que nous reflétions sa divine nature tous les jours de notre pèlerinage terrestre !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

ETRE RECONNAISSANT POUR LES PETITES CHOSES

« Ndo man a suno n’shidə gèd te skwi n’kèshè’a a n’gècè fena’a. »  (N’gèlègèdma mafahai)

« Celui ou celle qui sait être reconnaissant pour les petites choses obtiendra davantage. »(Proverbe Mafa)

« The person who is thankful for small things will obtain more. » (Mafa Proverb)

 

Signification: Celui ou celle qui sait remercier ses bienfaiteurs même pour les dons les plus modestes obtiendra plus que les autres.

Parallélisme biblique

Les enfants Mafa apprennent très tôt à dire merci même pour les bienfaits ou les cadeaux les plus insignifiants. Cela fait partie de la politesse. Les parents prêchent souvent par l’exemple en remerciant leurs progénitures chaque fois qu’il font quelque chose de bien ou manifestent envers eux le moindre geste de générosité même si ce qu’ils donnent doit être jeté à la poubelle par la suite.  En agissant ainsi, ils espèrent inculquer à leurs enfants un comportement qui leur ouvrira de plus grandes portes de bénédictions dans la vie. L’ingrat(e) n’est pas du tout apprécié(e) dans la culture Mafa (« a süno n’shidə gèd bai », « il/elle ne sait pas dire merci »). Celui ou celle qui accueille les petits dons avec peu d’enthousiasme n’est pas non plus applaudi(e). On dit qu’il/elle est du nombre des éternels insatisfaits (Skwa’a a slərana a di bai). Par contre, ceux qui sont reconnaissants même dans les moindres choses ont tendance à obtenir davantage.

Ce trait culturel nous renvoie aux enseignements bibliques. Le récit qui s’y rapproche le plus semble être celui de la guérison des dix lépreux dans Luc 17 :11-19.  Après une guérison spectaculaire, neuf lépreux sur dix sont partis sans exprimer la moindre reconnaissance. Le dixième a fort heureusement  eu une attitude plus noble. Le Seigneur a admiré son geste de gratitude : « Alors Jésus lui demanda : Vous êtes bien dix qui avez été guéris, n’est-ce pas ? Où sont donc les neuf autres ? Il ne s’est donc trouvé personne d’autre que cet étranger pour revenir louer Dieu ? Puis, s’adressant à ce Samaritain, il lui dit: Relève-toi, et va: parce que tu as eu foi en moi, tu es guéri [Luc 17 :17-19, Bible du Semeur].».Dans de nombreux autres passages, Dieu couronne la louange de ses enfants par des miracles en leur faveur (2 Chroniques 20, Psaume 18, Actes 16 etc.).

Frères et sœurs bien-aimés, sachons remercier profondément et joyeusement ceux qui sont bons  et généreux envers nous, même  si nous estimons qu’ils auraient pu faire mieux. Nous ne savons jamais la profondeur du sacrifice consenti par nos bienfaiteurs qui ont parfois sacrifié le peu qu’ils auraient pu utiliser pour eux-mêmes, pour les membres de leurs familles, ou pour venir en aide à des personnes plus nécessiteuses. Ne les décourageons pas. Par dessus tout, soyons prompts à  remercier le Seigneur en toute circonstance. Cela n’est pas seulement un ordre divin (Ephésiens 5 :20 ; 1 Thessaloniciens 5 :18) ; c’est aussi le secret de plus profondes bénédictions.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

UN TEMPS POUR RECOLTER

“Ngwar a gi kəda azbai.” (N’gèlègèdma mafahai)

 

« La saison sèche n’est pas égoïste. » (Proverbe Mafa)

 

« Dry season is not stingy. » (Mafa proverb)

 

Signification: Celui ou celle qui travaille bien pendant la saison pluvieuse peut espérer une bonne récolte en saison sèche.

 

Parallélisme biblique

 

Nous avons voulu profiter de notre séjour au Cameroun pendant cet été pour élargir notre recueil de proverbes du terroir. L’aventure n’était pas très fructueuse mais nous avons appris une excellente leçon : les proverbes se recueillent mieux en écoutant les gens parler dans leur langue. Aussi avons-nous beaucoup appris en écoutant les gens.

Un jour, nous étions en train de dialoguer avec un jeune professeur de lycée au sujet de son désir de poursuivre ses études doctorales à distance au sein de l’Université Francophone de Développement International et de son espoir de financer ses études avec le fruit de la vente de ses produits agricoles.  En parlant, il cita ce proverbe mafa : « La saison sèche n’est pas égoïste. » Il voulait traduire par là la confiance que Dieu bénira ses efforts et lui donnera de jouir des fruits de son dur labeur. 

En l’écoutant, les paroles de 1 Corinthiens 15 :58 me sont venues à l’esprit: « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est jamais inutile.” (La Bible du Semeur). En effet Dieu n’est pas injuste pour oublier ce que nous faisons pour l’amour du prochain, l’avancement de son règne et la gloire son saint nom. Voilà pourquoi il est écrit dans Apocalypse 14:13: “Puis j’entendis une voix venant du ciel me dire: – Ecris: Heureux, dès à présent, ceux qui meurent unis au Seigneur. Oui, dit l’Esprit, car ils se reposent de toute la peine qu’ils ont prise, et ils seront récompensés pour leurs œuvres.” (La Bible du Semeur).

 

A la lumière de ces deux textes bibliques, le proverbe mafa m’a tout de suite fait penser à deux applications spirituelles :

1)  Nous devons travailler durement pendant notre pèlerinage terrestre. C’est notre saison pluvieuse. Nous n’avons qu’une seule vie sur cette terre et après la mort vient la saison sèche qui correspond à l’heure de la reddition des comptes, de la vraie moisson.

2)  Ceux et celles qui travaillent bien, et bâtissent leurs œuvres sur le solide fondement de la foi en Jésus-Christ, ne maqueront pas leurs récompenses. Cela devrait être suffisant pour nous encourager à persévérer dans l’œuvre du Seigneur même quand nous nous butons aux incompréhensions, à l’adversité,  au découragement, à l’ingratitude et même parfois à l’opposition de nos prochains, voire de nos plus proches collaborateurs.

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse et la force de semer abondamment et de travailler dans son champ avec diligence car une très belle moisson est en vue dans un contexte de joie éternelle!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

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