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Andragogie pour la cohabitation pacifique et developpement holistique -5e Conference internationale des leaders *** Andragogy for Pacific Cohabitation and Holistic Development – 5th International Conference of leaders

Report from the 5th International Conference on Andragogy for Peaceful Cohabitation and Holistic Development in Cameroon

 

Institut Universitaire de Développement International

DANGER DES MAUVAISES COMPAGNIES

« Watunga na nianga nta wele yumina ku zulu nzo » (Proverbe Kongo)

«Si tu cours avec la paille, tu finiras sur le toit de chaume.» (Proverbe Kongo)

« If you run with the straw you will finish on a roof of stubble. » (Kongo proverb).

Signification: Les mauvaises compagnies sont une source de danger. Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.

Commentaire à la lumiere de la Bible

J’aime beaucoup les proverbes africains. Ils ont l’art de partir des éléments insignifiants, des faits et gestes ordinaires de la vie, pour propulser adroitement dans un univers philosophique profond tout en gardant les racines solidement fixées dans la vie pratique. Le proverbe Kongo que voici en est une belle illustration. Chez de nombreux peuples africains, même en plein 21e siècle, les habitations ont des toits de chaume. La paille constitue, dans ce cas-là, la matière première. Elle est savamment sélectionnée, coupée, tissée et arrangée selon les styles architecturaux du contexte. Quoique cela soit rare et ce en dépit de tous les efforts déployés dans le tri, il arrive que l’on retrouve sur le toit des feuilles, de petites brindilles ou de la paille d’une autre espèce.   De même que la paille et les éléments qui s’y assimilent se retrouvent sur le toit de chaume, ceux qui fréquentent des hommes ou des femmes de moralité douteuse connaitront le même sort.

En partant du monde végétal, le Kongo vise en fait la profondeur même du comportement des membres de la société. Il est important de savoir choisir ses amis et ses compagnons car, même si au départ nous ne le réalisons pas, nous finirons par penser, parler et agir comme eux. Et comme le mal reste rarement impuni, nous partagerons inévitablement leurs déboires et leurs châtiments.

Dans la Bible, Lot était en bonne compagnie jusqu’au jour où il a porté son choix sur Sodome et Gomorrhe. Au départ, il pensait qu’il avait fait un choix excellent. Il s’est fié à la vue et la suite de sa vie fut une véritable tragédie (Genèse 19). Samson avait des talents exceptionnels. Il est tombé dans le panneau de mauvaises compagnies et y a perdu sa vue puis sa vie (Juges 16). Le fils prodigue de la parabole a tourné le dos à sa famille pensant trouver son bonheur dans le libertinage en compagnie des gens de mauvaise vie. Mal lui en a pris car s’est retrouvé dans une situation telle que les cochons qu’il gardait étaient mieux nourris que lui. Heureusement, il s’est ressaisi et a rejoint le bercail (Luc 16). La Bible est formelle : Attention, ne vous y trompez pas: Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.” (1 Corinthiens 15 :33).

Soyons sages. Sachons avec qui nous passons le clair de notre temps. Sachant choisir nos meilleurs amis. Ayons l’audace de nous détourner de la voie de ceux qui nous attirent vers le mal et loin du Seigneur. Et, si nous sommes présentement tombés dans ce piège, ayons le courage de nous repentir comme le fils prodigue et de retourner sur la bonne voie. Choisissons plutôt nos meilleurs amis et nos partenaires parmi ceux qui ont une bonne conduite, qui aiment le seigneur et qui sont déterminés à mener une vie d’intégrité aux yeux des êtres humains et de Dieu même s’il faut pour cela nager à contre courant dans un contexte mondial qui est de plus en plus enveloppé par les forces du Malin.

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2016

SECRETS DE LA FAMILLE

« Wurr nikk kud mulamna. » (proverbe massa)

« La sueur coule sur toi [personnellement]. » (proverbe massa)

« Sweat pours on you [personally]. » (Massa proverb)

Moralité: On doit résoudre les problèmes familiaux en famille.

 

[Ce proverbe que nous commentons avec plaisir a été recueilli par le Dr. Emmanuel BECHE, Doyen de la formation en ligne et Secrétaire général de l’Institut Universitaire de Développement Universitaire (IUDI) Website : http://www.iudi.org]

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Massa, en fins observateurs, savent que tous n’abordent pas les problèmes familiaux avec doigté. Si certains savent faire usage de la sagesse et de la discrétion nécessaire pour le traitement des difficultés qui surgissent dans le cadre familial, d’autres enveniment plutôt la situation en étalant sur la place publique des sujets que la pudeur la plus rudimentaire envelopperait de réserve. Or, pour les Massa, les maux qui minent une famille sont comparables à la sueur qui coule sur soi. Il ne sied pas à une personne sage de les exposer en dehors du cadre familial. En d’autres termes, « le linge sale se lave en famille ».

A examiner de près cette philosophie de la vie, on sera frappé par la logique qui la guide car attirer le discrédit ou la honte sur sa famille c’est l’attirer sur soi-même. Ridiculiser les membres de sa famille, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. Ceci nous rappelle un autre proverbe selon lequel « la querelle entre les membres d’une même famille est comme de l’eau chaude versée sur un toit de chaume. Elle ne brûle pas la maison. ». En d’autres termes, ce serait faire preuve de folie que de mettre le feu au domicile familial où l’on se trouve soi-même. Et, pour éviter cela, les membres d’une même famille n’ont pas d’autre option en dehors de la réconciliation. Faut-il alors sombrer dans un silence complice quand les membres de la famille se conduisent mal ? Faut-il se cacher derrière ce proverbe pour faire souffrir sa famille ? Ce n’est pas non plus ce que le proverbe massa recommande. Il trace plutôt la voie d’une résolution de tout problème le plus discrètement que possible, dans le cercle fermé de la famille. Autant que faire se peut, et ceci quelle que soit la nature du préjudice subi, les membres de la famille doivent contrôler leurs émotions et se retrouver humblement autour d’une même table en vue d’une résolution du problème dans l’amour, la vérité, et la justice. C’est seulement quand tous les efforts déployés au sein de la famille nucléaire [ou élargie si cela s’avère nécessaire] ne produisent pas les résultats escomptés que la famille est appelée à chercher du secours auprès des personnes compétentes mais toujours dans le souci de préserver l’harmonie en son sein.

En ceci, les Massa nous plongent au cœur même de la stratégie de réconciliation et de pardon que trace le Seigneur Jésus-Christ dans Matthieu 18 :15-22. Selon le Seigneur, si ton frère ou ta sœur a péché contre toi, tu dois premièrement aller vers lui ou vers elle. Il n’est pas question d’en parler à d’autres personnes. C’est quand ce frère ou cette sœur refuse d’écouter que d’autres personnes peuvent intervenir encore faudrait-il savoir les choisir dans l’esprit de l’enseignement du Christ.

Si nous entrions dans cette logique au niveau de nos familles spirituelles et biologiques, beaucoup de problèmes entres frères et sœurs, entre parents et enfants ou entre maris et femmes trouveraient plus facilement des solutions tout en occasionnant moins de blessures morales. Les conflits seraient plus faciles à résoudre. La société serait plus stable. La paix règnerait davantage dans nos pays. Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse nécessaire pour, autant que faire se peut, résoudre les problèmes familiaux en famille. Cela honore famille, nous honore nous-même, et glorifie le Seigneur.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015.

BAS LES MASQUES!

« Pats n’keɗ ngwoz a gi kayah » (n’gèlègedma mafahai)

« Un soleil qui a tue la femme dans le champ d’aubergine. » (proverbe mafa)

[Littéralement: « Un soleil qui tue la femme dans la case d’aubergine. »]

« A aun that kills the woman in the eggplant farm. » (Mafa proverb)

Signification: C’est un fait invraisemblable. C’est assez proche de la vérité mais complètement faux.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

           Cette expression proverbiale plonge ses racines dans l’histoire lointaine d’un effort infructueux de masquer un crime passionnel. Tout est parti d’une violence conjugale qui a très mal tourné. Elle s’est soldée par la mort d’une femme des suites de coups que lui infligea son mari. Ce dernier, au lieu de reconnaître son forfait, se hâta plutôt de jeter le corps dans le champ d’aubergine – qui est l’un des domaines privés des femmes en pays mafa – et de clamer haut et fort son innocence tout en prenant le soin de préciser que c’est le soleil qui a tué sa femme pendant qu’elle cultivait. Malheureusement pour lui, les voisins ne tardèrent pas à découvrir la supercherie car, s’il est vrai que l’ardeur du soleil est redoutable en pleine saison sèche (surtout dans la période qui correspond à la fin de la saison sèche et que les Mafa appellent begdza), la température est plutôt clémente en saison pluvieuse. Ce mari fut donc condamné pour crime doublé de mensonge. Et c’est à partir de ce jour que les Mafa utilisent l’expression « le soleil qui a tué la femme dans le champ d’aubergine» pour designer, avec une bonne dose d’ironie, un fait invraisemblable. Elle est plus fréquemment utilisée quand le soleil est particulièrement brûlant.

            Cette parole de sagesse mafa nous rappelle une réalité dont la Bible parle abondamment : la tendance qu’a l’être humain à reconnaître difficilement ses fautes, voire à les rejeter sur les autres. Tout a commencé dans le jardin d’Eden où Adam, confronté par le Dieu Créateur immédiatement après la chute, pointa un doigt accusateur vers Eve. Eve, sans hésiter, accusa plutôt le serpent. Pourtant, chacun d’entre eux avait péché et le jugement divin frappa les trois (cf. Genèse 3).

            Au lieu de tirer des leçons de ce qui est arrivé à nos ancêtres, nous continuons malheureusement à nous livrer au même jeu avec une intensification effroyable. Par conséquent, le même virus moral fait d’énormes ravages dans nos sociétés humaines. Pourtant, tôt ou tard la vérité finira par éclater. Et, même si personne ne parvenait à découvrir la réalité ici bas, que ferons-nous devant le Seigneur qui connaît parfaitement le cœur humain et ses multiples masques ?

           Au lieu de tomber dans le piège du mensonge, du reniement, de fausses accusations, et de la supercherie sous ses multiples facettes, il vaut mieux avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître sa faute ou sa part de responsabilité. La voie de la paix intérieure, du pardon et de la réconciliation avec Dieu et avec les prochains passe par là.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

NATURE HUMAINE, MENACES, ET SAGESSE

“Kokoya a ya kra na a ndena a kda azbai.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Le bébé léopard ne devient pas un chien.” (proverbe mafa)

« A baby panther does not become a dog. » (Mafa proverb)

Source: Nous remercions Monsieur Azakaha Zacharie qui a bien voulu nous envoyer ce proverbe que nous avons commenté avec plaisir.

Moralité: Il faut savoir tirer les conséquences logiques des observations pertinentes. Telle mère, telle fille. Tel père, tel fils.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa vivent principalement dans des zones montagneuses où, autrefois, la vie quotidienne était hantée par un fauve redoutable : le léopard (appelé aussi panthère). Il s’attaquait principalement au petit bétail occasionnant ainsi des pertes énormes dans un système économique on ne peut plus fragile. Pire, il n’épargnait pas les êtres humains. Il arrachait brutalement des bébés pendant que leurs parents cultivaient au champ. Même les adultes n’échappaient pas à ses attaques au point où le léopard est devenu l’animal le plus redouté en pays mafa et était classé au même niveau que la variole. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour prouver leur bonne foi à leurs prochains, les mafa juraient  « kokoya a gidber » (le léopard et la variole), sous-entendu « si je mens que le léopard me dévore et que la variole me tue ».

Perçu sous cet angle, il est aisé de comprendre le contraste entre le léopard et le chien. En clair, la nature du léopard est bien distincte de celle d’un chien, ce dernier étant un animal domestique qui rend généralement de multiples services à l’être humain. A travers ce proverbe le Mafa va au-delà du « tel père, tel fils » français et appelle à la prudence dans la mesure où, aussi inoffensif que le bébé panthère peut paraître, il finit – en grandissant – par agir conformément à sa nature destructrice. Ce proverbe invite aussi les jeunes à bien observer les parents de leurs futurs conjoints ou conjointes avant de se lancer dans les liens de mariage car les enfants reflètent souvent les traits de caractère de leurs parents. Bien entendu, des exceptions existent. Il est possible qu’un garçon ou qu’une fille, du fait d’une vraie conversion, mène une vie excellente qui reflète sa nouvelle nature spirituelle et tranche nettement avec celle de ses parents. Enfin, ce proverbe invite indirectement les enfants à rester fidèles aux bonnes valeurs transmises par les parents car si le bébé panthère ne devient pas un chien, ce n’est pas au bébé d’un chien ou d’une vache de devenir une panthère.

Puisque notre proverbe porte sur le léopard, force est de relever que la Bible parle aussi de cet animal, voire du fait qu’il ne peut pas changer de nature. En effet, il est écrit dans Jérémie 3 :23 : « Un Ethiopien peut-il changer la couleur de sa peau, un léopard les taches de son pelage? De même, comment pourriez-vous vous mettre à bien agir, vous qui avez pris l’habitude de commettre le mal?” Ici, le prophète Jérémie parle dans un contexte de jugement contre les habitants de Juda à cause de la multitude de leurs péchés. Ils se sont tellement enfoncés dans le mal que leur condition est comparable aux taches du pelage du léopard. En d’autres termes, leur mauvaise habitude est devenue une seconde nature. Seul un miracle opéré par le Seigneur lui-même, peut transformer leurs cœurs et les ramener sur le droit chemin.

Voilà qui devrait attirer notre attention à l’heure où des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’Etat Islamique sèment la terreur dans de nombreuses régions et pays du monde. Nous devons agir vite de peur que le mal ne s’enracine avec des effets très dévastateurs qui ne tarderont pas à éclabousser les pays qui ne se sentent pas concernés pour l’instant. Nous devons agir vite de peur que nos enfants ne soient endoctrinés au point de se retourner contre nous, scellant de ce fait une mutation effroyable. Oui, nous devons agir vite mais sagement car il est facile de gaspiller de l’énergie inutilement en luttant contre les symptômes d’un phénomène si l’on ne prend pas la peine d’en examiner les causes profondes tout en évitant de se faire piéger par de faux alliés susceptibles de brouiller les vraies pistes. Les mesures d’urgence sont normales mais il convient de se mettre résolument au travail pour attaquer le mal à la racine avec méthode, courage, prudence, discernement sans négliger la prière car – au-delà de nos efforts – Dieu seul peut changer la nature humaine et nous accorder la sagesse nécessaire pour trouver des solutions efficaces.

 

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

CRITIQUER AVEC SAGESSE

“Bourou wang nedj nafigna yo.” (Proverbe Klenga/Tchad)

 « L’âne ne se moque pas des oreilles de ses semblables. » (proverbe Klenga/Tchad)

 «  A donkey does not mock the ears of fellow donkeys. » (Klenga proverb/Chad)

 Signification: Observe-toi avant de critiquer les autres.

 Proverbe recueilli par le Dr. Emmanuel BECHE pour le compte de UFDI/IUDI

Commentaire à la lumière de la Bible

L’âne est connu pour sa souffrance, sa sottise et son entêtement. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, il a même été surnommé « ministre de transport », tellement il est difficile de l’amener à dégager la chaussée une fois qu’il s’y est confortablement installé. Perçu sous ces angles, il est difficile d’imaginer que cet animal peut aussi avoir des qualités. Mais c’est sans compter avec l’ingéniosité des Klenga du Tchad qui le revêtent du merveilleux costume de la sagesse en ce sens que l’âne a beau être ce qu’il est, il ne se moque jamais des oreilles de ses semblables pour des raisons bien évidentes : ses oreilles sont aussi longues. En d’autres termes, se moquer de ses semblables alors que l’on est confronté aux mêmes défaillances, c’est s’écarter de la voie de la sagesse.

Le proverbe Klenga reflète bien ce que le Seigneur a dit dans Matthieu 7 :1-5 (Bible du Semeur) : « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres. Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien? Comment oses-tu dire à ton frère: «Laisse-moi enlever cette sciure de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans le tien»? Hypocrite! Commence donc par retirer la poutre de ton œil, alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère.”

Le Seigneur connait parfaitement le caractère humain. Il sait combien il est plus facile de voir les défauts des autres, si moindres soient-ils, que de prendre conscience de ses propres défaillances parfois plus énormes. Critiquer est ce qu’il y a de plus facile au monde. En cela, le comédien Philippe Néricault avait raison de dire en 1732: “ La critique est aisée mais l’art est difficile.” Force est de constater que quelques secondes suffisent pour démolir ce qui a été construit pendant de nombreuses années. Pointer un doigt accusateur sur les prochains se fait avec une aisance étonnante. Mais, ne faudrait-il pas d’abord s’auto-examiner avant de critiquer?

Ceci dit, toute critique n’est pas forcément illégitime ni négative. Nos entreprises humaines sont loin de refléter la perfection divine. Pour cette raison, nous avons besoin de jeter un regard critique sur nos œuvres afin de les améliorer. Nous avons donc intérêt à accepter les critiques constructives surtout quand elles partent d’une âme qui sait reconnaitre ses propres manquements et viser, non pas à démolir ses semblables mais à contribuer à leur épanouissement.

En somme, critiquer n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais, avant de formuler des critiques, examinons-nous nous-mêmes et rassurons-nous que nos critiques soient constructives et empreintes d’humilité. En agissant ainsi, nous contribuerons mieux à l’édification d’une société qui va de progrès en progrès tout en conservant la dignité et les valeurs humaines.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

L’AMI(E) AIME EN TOUT TEMPS

“Gido kam wartata ganyo.” (balndol Fulbe)

“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” (Proverbe Fulbe)

“A friend does not become an enemy.” (Fulbe proverb)

 

Moralité: Les vrais amis sont constants dans leur amitié. Ils/elles demeurent amis (es) dans les bons et les mauvais jours.

 

Commentaire à la lumière de la Bible 

L’histoire de l’humanité est truffée de trahisons. Il n’est pas rare de voir des soi-disant amis ou amies s’entredéchirer et développer une inimitié  fort surprenante. Pourtant, les Fulbe affirment haut et fort qu’“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” Est-ce que les Fulbe, connus pour leur sagesse légendaire, sont devenus subitement aveugles à la réalité existentielle ? Sinon, auraient-ils délibérément opté pour la politique d’autruche ? Si tel n’est pas le cas, comment expliquer une affirmation si paradoxale?

Les Fulbe sont bel et bien au parfum des trahisons, des coups bas, des effets dévastateurs de l’égoïsme humain qui, tel un feu de brousse en zone sahélienne, dévore tout sur son passage. Les Fulbe savent pertinemment qu’une amitié peut être fausse, trompeuse ou piégée. Les Fulbe n’ignorent pas que des calculs mesquins peuvent être astucieusement emballés dans des paquets peints aux couleurs de l’amitié.  Les Fulbe veulent tout simplement dire qu’une amitié qui peut d’un moment à l’autre se transformer en inimitié n’est est véritablement pas une. Un(e) vrai(e) ami(e) demeure fidèle à la personne qu’il/elle aime, quelles que soient les circonstances de la vie. L’amitié véritable a des racines si profondes qu’elle demeure verdoyante même en plein désert de la pauvreté, du déshonneur, des médisances, des calomnies, des rivalités, des maladies,  des dangers mortels, et d’autres circonstances adverses.

En ceci, les Fulbe rejoignent la Bible où il est écrit : « L’ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère (Proverbes 17:17 LSG).”  C’est ce genre d’amitié que Ruth avait pour sa belle mère Naomi (Ruth 1:16). Elle est restée fidèle et gentille envers sa belle-mère même quand son mari ne vivait plus. C’est aussi ce genre d’amitié que David avait pour Jonathan (1 Samuel 18 :3). Il a fait du bien à la famille de Jonathan même après la mort de ce dernier (2 Samuel 9 :1). Cependant, le plus grand modèle d’amitié demeure celui de notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il a donné sa vie pour ses amis (Jean 15 :13-14).

Le monde serait nettement meilleur, si tous ceux qui se disent amis étaient sincères dans leurs relations amicales. Mais, quelle est la meilleure preuve de l’authenticité de notre amitié si ce n’est pas la fidélité ? A propos, Julio Iglesias disait,  « L’amitié c’est la fidélité, et si on me demandait  qu’est-ce que la fidélité? Je répondrais c’est amitié! » C’est vrai ; une amitié ne vaut rien si elle n’est pas fidèle. Soyons de vrais amis. Prouvons-le en ne devenant jamais des ennemis de ceux que nous présentons comme étant nos amis. Soyons réalistes ; des problèmes peuvent surgir, même dans une relation amicale. Mais, étant donné que l’inimitié n’est pas une option dans un contexte si noble, ils doivent être rapidement résolus afin que l’amitié continue à briller dans toute sa splendeur.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

DIEU EST LE DEFENSEUR DES OPPRIMES

“Dua la kuku halimpati mwewe”

“A chicken’s prayer doesn’t affect a hawk”

“La prière d’un poulet n’affecte pas un faucon”

(proverbe Swahili, Kenya)

 

Signification: “Ce dicton est normalement utilisé pour se référer à l’impuissance des opprimés face à leurs oppresseurs. Si les prières des victimes avaient un effet quelconque sur leurs agresseurs, alors certainement l’oppression finirait. Mais cela ne semble pas être le cas.”

 

Sourcehttp://www.glcom.com/hassan/kanga.html (proverbes recueillis par Hassan O. Ali)

 

Parallélisme biblique

Quoique je sois né en ville, j’ai passé une bonne partie de mon enfance en campagne. Je garde de très bons souvenirs de la simplicité et de la beauté de la vie en zone rurale. Mais, si la vie au village était généralement belle, elle était cependant loin d’être tapissée de pétales de roses. Un jour, à la fin des années 1970, alors que je savourais l’air pur et parfumé des hauteurs du village de Soulédé (Extrême-Nord, Cameroun), je me souviendrais toujours du traumatisme qui a déchiré mon cœur d’enfant lorsque pour la première fois un épervier est venu arracher brutalement un poussin qui était dans la cour de notre maison et juste à côté de moi. Ni les efforts de la mère poule, ni mes gesticulations, ni les cris stridents des voisins, n’ont pu sauver la malheureuse victime. C’était si brusque et si violent que cela est resté gravé dans mon esprit.

C’est donc  avec beaucoup d’intérêt que j’examine ce proverbe swahili du Kenya. En effet, un poussin est sans défense face au poids, à l’agilité, à la rapidité, et aux puissantes serres du faucon. Sa tentative de fuite et ses cris – qu’on peut assimiler à des prières dans le contexte de cet adage – ne peuvent apparemment rien changer. Bien entendu, l’image utilisée ici va au-delà de la vulnérabilité des animaux de la basse-cour pour pénétrer dans la profondeur des réalités existentielles. L’histoire de l’humanité est  jalonnée d’oppression tantôt brutale, tantôt  habilement déguisée mais non moins dévastatrice. Face aux individus, aux multinationales ou aux grandes puissances de ce monde, les plus faibles semblent être abandonnés à leur triste sort tels des poussins solidement retenus par les serres d’un faucon. Parfois, pour emprunter les termes d’Alfred de Vigny dans Les destinées et plus précisément dans son poème intitulé « Le mont des oliviers », nos prières semblent être vaines car l’on a l’impression que « le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas».

Pourtant la réalité spirituelle est loin du tableau alarmiste qui nous est peint ici. La Bible dit que Dieu est le père des orphelins, le défenseur des  veuves (Psaume 68 :5). Il rend justice aux opprimés, aux étrangers, aux pauvres et aux faibles (Exode 22 :20-23, Psaume 146 :7-9, Esaïe 3 : 13-26, tout le livre d’Amos, etc.). Il a entendu les cris des Israélites qui ployaient sous le joug de l’oppression en Egypte (Exode 3 :7-10). Même quand ces derniers péchaient et tombaient sous le coup du jugement divin, chaque fois qu’ils criaient  à lui et se repentaient sincèrement, Dieu les délivrait des mains de leurs oppresseurs (voir tout le livre des Juges).  Il est écrit dans Psaume 50 :14-15: “Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, et accomplis tes vœux envers le Très Haut. Et invoque-moi au jour de la détresse; je te délivrerai, et tu me glorifieras (La Bible Segond) .”  C’est Dieu qui brisa les chaînes de Paul et Silas et ébranlé les murs de la prison où ils étaient injustement enfermés ? (Actes 16). C’est encore lui qui a dit dans Philippiens 4 :6-7 : “Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus-Christ (La Bible du Semeur).”

Quelles que soient les circonstances de la vie ou les oppressions physiques, morales, psychologiques, sociales, politiques, économiques, ou spirituelles,  il est bon de savoir que le Dieu qui a libéré les victimes de l’oppression égyptienne est le même. Il y a de l’espoir pour quiconque implore son secours avec humilité et sincérité de cœur.

 

© Copyright  by Moussa Bongoyok, 2014

Réseau de Missiologie Évangélique pour l’Afrique Francophone (REMEAF) – annonce importante

Nous sommes heureux de porter à votre connaissance que le REMEAF a un nouveau groupe sur le net: http://www.chretiensenreseau.com/group/remeaf

Veuillez joindre le groupe.

Par ailleurs, notre prochain colloque aura lieu le 19 Juillet 2014 à Yaoundé au Cameroun si Dieu le permet. Le thème du colloque est : La place et le rôle de l’Afrique dans la mission mondiale. Veuillez vous inscrire auprès du Coordinateur du réseau. Son adresse électronique est email: remeaf[at]gmail.com (veuillez remplacer [at] par @.

Merci.

1) JE VEUX:

a)    Participer au colloque

b)    Présenter un exposé pendant le colloque sur le thème suivant: 

2) REMEAF-FICHE DE RENSEIGNEMENTS

  • (Cette fiche est confidentielle)
    Nom et Prénoms : …………………………………………………………………………………………….
    Age : ……. Situation matrimoniale : ………………………………….…………….…………………
    Pays d’origine : ……………………………………………………………………..…………………………
    Dénomination : …………………………………………………………………………………………………
    Plus haut niveau d’études séculières : ……………………………………………………………………..
    Plus haut niveau d’études missiologiques ou théologiques : …………………………………………….
    Domaine(s) de spécialisation :……………………………………………………………………………….
    Adresse postale : ……………………………………………………………………………………………..
    Téléphone : ………………………. Email : ………………………………………………………………….
    Témoignage de conversion :
    Témoignage de vocation :
    Expériences dans le domaine de la mission:
    Ministère actuel :
    Avez-vous publié des articles ou des livres? Lesquels ? (titre, date et lieu de publication, maison d’édition ou nom de la revue)
    Quelle contribution comptez-vous apporter au REMEAF ?
  • Veuillez indiquer deux personnes de références (nom, prénom et adresse électronique ou numéro de téléphone):
  • a)
  • b)
  • J’accepte la confession de foi de REMEAF et j’adhère à sa vision. Je certifie que ces renseignements sont exacts.
  • Date et signature :
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