Archive for the ‘proverbes’ Category

LA FORCE DU COURAGE

« Nda patsa pats a nda mtsi azbai »

(n’gèlègèdma mafahay)

 

« On ne nettoie pas son lit avant de mourir » (Proverbe mafa)

 

« You do not clean your bed before you die » (Mafa proverb)

 

Moralité : Un être humain ne doit pas renoncer à ses entreprises, quelles que dures qu’elles soient. Il ou elle doit toujours braver toute force adverse jusqu’au bout et n’avoir peur de rien (même pas de la mort).

Source : C’est Monsieur FAISSAM WARDA, du Cameroun, qui nous envoyé ce proverbe que nous sommes heureux de commenter.

 Invitation : Nous invitons les internautes de tous les pays du monde à nous envoyer les proverbes dans leurs langues maternelles en précisant leur traduction en français ou en anglais et leur signification. Nous nous efforcerons de les commenter à la lumière de la Bible.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa (Mafahay) sont un peuple pacifique. Mais, ils ne sont nullement lâches. Ils sont capables de faire courageusement face à l’adversité, aux hostilités, voire aux situations les plus périlleuses. Le proverbe susmentionné ouvre justement une fenêtre sur le courage de l’homme ou de la femme Mafa devant toute situation, même celle qui est particulièrement risquée. Dans la société traditionnelle des Mafahay, cet adage est justement utilisé pour éduquer les enfants en vue de les préparer à mieux affronter les vicissitudes de la vie. Il est aussi cité pour remonter le courage de ceux ou celles qui hésitent à prendre une décision audacieuse mais salutaire.

 

La vie est un mélange de circonstances favorables et défavorables. Elle est aussi comparable à une brousse riche en ressources utiles pour la survie humaine tout en étant également infestées par des germes pathogènes, des plantes toxiques, des insectes vénéneux, des reptiles venimeux, et des animaux dangereux et capables de constituer un mur apparemment infranchissable ou d’ôter la vie à un homme ou à une femme qui se bat pourtant pour la préserver. L’être humain a donc intérêt à s’armer d’une bonne dose de bravoure pour naviguer à contre-courant, surmonter les obstacles, et transformer les entraves en opportunités. Dans de telles circonstances, il convient de prendre des risques mesurés pour soi-même, pour sa famille, pour sa communauté et pour ses semblables sans discrimination aucune.

 

Dieu, qui connait parfaitement les forces et les faiblesses de la condition humaine, ne cesse d’exhorter ses serviteurs et ses servantes à faire preuve de courage. La Bible est riche en versets bibliques portant sur le courage au point où, 365 fois, il est y écrit « Ne craignez point. » Cela veut donc dire que pour chaque nouveau jour que Dieu accorde à ses créatures au cours d’une année de pèlerinage sur cette terre, il a prévu une dose suffisante de courage.

 

Citons trois versets à titre d’exemple. Il est écrit dans Deutéronome 31 :6 (Bible du Semeur) : « Prenez courage, tenez bon ! Ne craignez rien et ne vous laissez pas effrayer par eux, car l’Éternel votre Dieu marche lui-même avec vous, il ne vous délaissera pas et ne vous abandonnera pas. » Ici, Dieu s’adresse au peuple d’Israël par le canal de son serviteur Moïse afin de l’encourager à prendre possession de la terre promise sans être intimidé par les habitants du pays comme ce fut le cas quarante ans auparavant (Cf. Nombres 13), retardant au passage l’accomplissement de la promesse donnée à Abraham et renouvelée à ses descendants. L’assurance de la présence de Dieu aux côtés de son peuple suffit pour le remplir de force et de courage.

 

Le second exemple mérite également l’attention de chacun. Il est écrit dans 1 Chroniques 22 :13 (Bible du Semeur) : « Oui, tu réussiras, si tu veilles à obéir aux ordonnances et aux lois que l’Éternel a prescrites à Moïse pour Israël. Prends courage et tiens bon, ne crains rien et ne te laisse pas effrayer !» Ceci est un extrait du conseil du roi David à Salomon, son fils, dans le contexte de la construction du temple. Ce qui est frappant dans cette recommandation c’est qu’il ne suffit pas d’être courageux. Il faudrait encore que ce courage s’inscrive dans le cadre de l’obéissance à Dieu. Ceci dit, puisque que c’est l’Eternel seul qui a le pouvoir de couronner de succès nos actes de bravoure, il est impérieux de cultiver l’intimité avec lui et d’obéir à ses directives contenues dans la Bible.

 

Le dernier exemple est tiré d’Apocalypse 2 :10 (Bible du Semeur) où le Seigneur dit à l’Église de Smyrne : « N’aie pas peur des souffrances qui t’attendent. Voici, le diable va jeter plusieurs d’entre vous en prison, pour vous tenter, et vous connaîtrez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la vie pour couronne. » Ce verset ne mystifie pas le danger qui guette cette église ; les souffrances, l’emprisonnement, la tentation, la détresse et même la mort, sont au rendez-vous. Envers et contre tout, cette communauté est appelée à être fidèle jusqu’à la mort car la mort n’est pas la fin de l’aventure humaine. Il y aura une vie éternelle après la vie sur cette terre et la couronne de vie est réservée à ceux et celles qui seront fidèles jusqu’à leur dernier souffle pendant le pèlerinage terrestre. En clair, la mort ne doit pas intimider les personnes qui suivent fidèlement le Seigneur. Quant à celles qui n’ont pas l’espérance de croyants, il leur suffit de reconnaître leurs péchés, de les regretter sincèrement, d’implorer le pardon de Dieu, et de confier la direction totale de leur vie au Seigneur Jésus-Christ. Une telle décision leur permettra de passer de la mort à la vie (Jean 5 :24) et placera éternellement leur vie sous la divine protection rendant ainsi impuissant l’ennemi le plus intimidant, notamment la mort (Cf. Romains 8 :38-39 ; Apocalypse 21 :4). 

 

Le contexte difficile de Smyrne est illustratif du fait que celui ou celle qui fait preuve de courage n’est pas une personne illuminée, insensée et inconsciente des risques qu’elle court. Loin s’en faut ; elle est pleinement lucide.  Mais l’idéal pour lequel elle lutte ou la noblesse de l’objectif à atteindre sont tels qu’elle embrasse consciemment le risque encouru et la peur qui l’enveloppe. On comprend alors l’esprit qui a poussé Nelson Mandela à écrire : « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur. » Ajoutons humblement à la lumineuse pensée de ce grand homme que cette capacité n’est véritablement solide que quand elle trouve ses racines en Dieu. Cela est primordial pour purifier nos motivations humaines et encadrer nos actions afin que nos actes de bravoure soient empreints d’amour sincère pour nos semblables et, de ce fait, glorifient le Maître de l’Univers. Cette aptitude à puiser la force à la divine source nécessite de notre part une entière obéissance au Seigneur dans tous les domaines de notre vie privée ou publique ainsi qu’une ferme volonté de sacrifier tout ce qui peut nous empêcher d’atteindre l’objectif visé, y compris la peur de perdre notre vie. C’est à ce prix que se multiplieront les victoires éclatantes pour notre plus grand bonheur et celui de nos prochains sans distinction raciale, ethnique, religieuse ou politique.

                                                                                   Pr. Moussa Bongoyok

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2019.

 

La souffrance précède le bonheur

“Mògò tè hèra sòrò ni i ma nyani.”  (proverbe bambara)

“On ne connaît pas le bonheur sans avoir éprouvé la souffrance.” (proverbe bambara)

“We do not know happiness without experiencing suffering.” (Bambara proverb)

Signification: Le bonheur ne s’obtient pas dans la facilité, il faut souffrir d’abord.

Source: http://voyageforum.com/discussion/proverbes-bambara-4-d5038788/ 3/26/16

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Chaque année, la communauté chrétienne célèbre la reine des fêtes : Pâques. Paradoxalement, elle passe presque inaperçue. Pourtant, la naissance et la mort expiatoire de notre Seigneur Jésus Christ n’auraient aucun sens sans sa résurrection corporelle. Pâques est donc une occasion pour nous de célébrer la vie, la victoire sur la mort, la confirmation de l’œuvre de la rédemption et l’espérance de la vie éternelle. Mais Pâques est aussi une occasion de réfléchir sur la souffrance qui précède le bonheur car, comme le dit si bien la sagesse bambara, « on ne connaît pas le bonheur sans avoir éprouvé la souffrance.” En clair, derrière tout bonheur se cache la souffrance.

Le bonheur que nous célébrons en cette période festive a été arraché au bout d’une souffrance indescriptible et d’une mort brutale (Voir Esaïe 53 ; Matthieu 26 ; Marc 15 ; Luc 23 ; Jean 19). La Parole est devenue chair. Dieu a embrassé les dures conditions de la vie humaine après la chute. Le Seigneur Jésus Christ a bravé la soif, la faim, la fatigue, la haine, l’adversité, le rejet, la tentation, les moqueries, les fausses accusations, la douleur morale, la douleur physique et la mort atroce par crucifixion sans avoir été coupable. Mais, il a volontairement accepté de payer ce prix inestimable pour le bonheur de quiconque croit en lui et lui confie la direction totale de sa vie.

Oui, sans la souffrance endurée par le Seigneur par amour pour une humanité pécheresse et perdue, le chemin du bonheur ne s’ouvrirait pas devant nous. Pâques devrait donc être avant tout une célébration de l’amour de Dieu. C’est une occasion, plus que jamais, de lui exprimer notre reconnaissance pour son amour manifesté par le don, la mort et la résurrection du Christ Jésus. Et, en retour, que pouvons-nous donner au Créateur de l’univers et de tout ce qu’il renferme ? A priori rien, car tout lui appartient y compris la vie de chaque être humain. Voilà pourquoi, la meilleure façon de lui exprimer notre profonde gratitude est de lui restaurer la direction de notre vie et d’être des ambassadeurs de son amour. Aimons-nous les uns les autres comme il nous a aimé. Aimons même nos ennemis comme le Seigneur nous le recommande (Mt 5 :43-48). Un tel amour ne se fait pas sans douleur mais, comme Michel Houellebecq l’a si bien relevé « Il faut accepter l’amour avec tout son cortège de souffrances, parce que l’amour ne vient pas sans souffrance, et c’est par là qu’il est grand ! ».  

Au-delà de la joie du Seigneur qui nous anime en cette fête de Pâques n’oublions jamais la souffrance incomparable du Seigneur par amour pour nous. Soyons reconnaissants en paroles et en actes. Ne quittons jamais le sentier de l’amour qui sait braver les multiples facettes de la souffrance pour le plus grand bonheur de nos prochains et pour la gloire du Roi des rois.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2016

 

BAS LES MASQUES!

« Pats n’keɗ ngwoz a gi kayah » (n’gèlègedma mafahai)

« Un soleil qui a tue la femme dans le champ d’aubergine. » (proverbe mafa)

[Littéralement: « Un soleil qui tue la femme dans la case d’aubergine. »]

« A aun that kills the woman in the eggplant farm. » (Mafa proverb)

Signification: C’est un fait invraisemblable. C’est assez proche de la vérité mais complètement faux.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

           Cette expression proverbiale plonge ses racines dans l’histoire lointaine d’un effort infructueux de masquer un crime passionnel. Tout est parti d’une violence conjugale qui a très mal tourné. Elle s’est soldée par la mort d’une femme des suites de coups que lui infligea son mari. Ce dernier, au lieu de reconnaître son forfait, se hâta plutôt de jeter le corps dans le champ d’aubergine – qui est l’un des domaines privés des femmes en pays mafa – et de clamer haut et fort son innocence tout en prenant le soin de préciser que c’est le soleil qui a tué sa femme pendant qu’elle cultivait. Malheureusement pour lui, les voisins ne tardèrent pas à découvrir la supercherie car, s’il est vrai que l’ardeur du soleil est redoutable en pleine saison sèche (surtout dans la période qui correspond à la fin de la saison sèche et que les Mafa appellent begdza), la température est plutôt clémente en saison pluvieuse. Ce mari fut donc condamné pour crime doublé de mensonge. Et c’est à partir de ce jour que les Mafa utilisent l’expression « le soleil qui a tué la femme dans le champ d’aubergine» pour designer, avec une bonne dose d’ironie, un fait invraisemblable. Elle est plus fréquemment utilisée quand le soleil est particulièrement brûlant.

            Cette parole de sagesse mafa nous rappelle une réalité dont la Bible parle abondamment : la tendance qu’a l’être humain à reconnaître difficilement ses fautes, voire à les rejeter sur les autres. Tout a commencé dans le jardin d’Eden où Adam, confronté par le Dieu Créateur immédiatement après la chute, pointa un doigt accusateur vers Eve. Eve, sans hésiter, accusa plutôt le serpent. Pourtant, chacun d’entre eux avait péché et le jugement divin frappa les trois (cf. Genèse 3).

            Au lieu de tirer des leçons de ce qui est arrivé à nos ancêtres, nous continuons malheureusement à nous livrer au même jeu avec une intensification effroyable. Par conséquent, le même virus moral fait d’énormes ravages dans nos sociétés humaines. Pourtant, tôt ou tard la vérité finira par éclater. Et, même si personne ne parvenait à découvrir la réalité ici bas, que ferons-nous devant le Seigneur qui connaît parfaitement le cœur humain et ses multiples masques ?

           Au lieu de tomber dans le piège du mensonge, du reniement, de fausses accusations, et de la supercherie sous ses multiples facettes, il vaut mieux avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître sa faute ou sa part de responsabilité. La voie de la paix intérieure, du pardon et de la réconciliation avec Dieu et avec les prochains passe par là.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

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