The African academic world cannot bury its head in the sand regarding debates on artificial intelligence. Even intellectuals wary of or categorically opposed to it must understand its true nature and the issues before any rational response. Historically, artificial intelligence has its roots in the first half of the 20th century, a period during which science fiction popularized the concept of an intelligent robot (Anyowa 2017, Crevier 1993, Boden 2018, Nilson 2010, Pickover 2022, Wilson 2022, Wooldridge 2021). However, a more in-depth analysis of the motivations and objectives pursued by artificial intelligence reveals aspects that transcend historical spheres. This article aims precisely at an academic consideration of the genesis of the phenomenon, a sine qua non-condition for laying the foundations for contextual strategies in Africa. Speaking of strategy, it must be noted that it will necessarily be plural due to the African continent’s geographical, linguistic, religious, cultural, and socio-political diversity. Added to this is its youth with its dynamic character and population (projected by certain respectable futurologists as the strongest by 2100).
Strategies will also be contextual because people’s needs vary according to countries, regions, and communities. An approach that is both holistic and pragmatic seems essential. In a systematic and practical approach, this study offers a journey into the past before any reflection on the future. Thus, Africa will need more than just reacting or choosing between several prefabricated approaches. Still, it will chart its path according to its actual needs, priorities, and values that are dear to it after having seriously measured international competition. With this objective in focus, the author begins his communication with the importance and challenges of the subject before defining the key concepts, presenting the methodology, providing a historical overview, and specifying the main motivations and objectives of artificial intelligence, measuring the trajectory of related theories and practices and proposing educational strategies in Africa.
L’univers académique africain ne saurait jouer à la politique d’autruche face aux débats sur l’intelligence artificielle. Même les intellectuels qui s’en méfient ou s’y opposent catégoriquement ont le devoir d’en comprendre la vraie nature et les enjeux avant toute réponse rationnelle. Historiquement, l’intelligence artificielle plonge ses racines dans la première moitié du 20e siècle, période pendant laquelle la science-fiction a vulgarisé le concept de robot intelligent (Anyowa 2017, Crevier 1993, Boden 2018, Nilson 2010, Pickover 2022, Wilson 2022, Wooldridge 2021). Toutefois, une analyse plus approfondie des motivations et des objectifs poursuivis par l’intelligence artificielle révèle des aspects qui transcendent les sphères historiques. Cet article vise justement à une considération académique de la genèse du phénomène, condition sine qua non pour poser véritablement les jalons de stratégies contextuelles en Afrique. Parlant de stratégies, force est de relever qu’elles seront nécessairement plurielles du fait de la diversité géographique, linguistique, religieuse, culturelle et socio-politique du continent africain. A cela s’ajoute sa jeunesse avec son caractère dynamique et sa population (projetée par certains futurologues respectables comme la plus forte à l’horizon 2100). Elles seront également contextuelles car les besoins des populations varient selon les pays, les régions, voire les communautés. Une approche à la fois holistique et pragmatique semble incontournable. Dans une démarche à la fois méthodique et utilitaire, cette étude propose un voyage dans le passé avant toute réflexion sur l’avenir. Ainsi, l’Afrique ne se contentera pas de réagir ou de choisir entre plusieurs approches préfabriquées, mais de tracer sa propre voie en fonction de ses besoins réels, de ses priorités et des valeurs qui lui sont chères, après avoir sérieusement mesuré la compétition internationale. Avec cet objectif en point de mire, l’auteur commence sa communication par l’importance et les enjeux du sujet avant de définir les concepts clés, présenter la méthodologie, faire un survol historique, préciser les principales motivations et objectifs de l’intelligence artificielle, mesurer la trajectoire actuelle des théories et pratiques y relatives et, finalement, de proposer des stratégies éducatives en contexte africain.
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The University Institute for International Development (https://www.iudi.org) is pleased to announce to the public that the books it publishes will now be available on Amazon.com. Other books will be available in the coming days, the Lord willing. Kind regards, Moussa Bongoyok
Picture of an assembly place under a tamarind tree (sam gaba te verzi wuf mburom) taken in Mbardam (Mayo Tsanaga, Far North Cameroon) on Aug 18, 2023, by Moussa Bongoyok (c) Copyright by Moussa Bongoyok
Dear friends and supporters,
Hello!
Several people have contacted us to ask how to register with IUDI and how to support us.
Registrations are made online by completing the form available at the following link:
Mr. Coco Bertin MOWA WANDJIE has distinguished himself through humanitarian and philanthropic contributions to Cameroonian society and beyond. For this reason, three institutions agreed to offer him a degree of Doctor of Humane Letters (Litterarum humanarum doctor) and leadership awards, namely Higher Purpose FCM, Institut Universitaire de Développement International (IUDI) and Promise Christian University. The institutions involved have organized a buffet dinner on Friday, September 15, 2023, at 6:30 PM and a graduation ceremony on Saturday, September 16, at 10 AM. The venue of both events is Marriot Courtyard Hotel 14634 Baldwin Park Town Center, Baldwin Park, CA 91706 (USA).
Those who want to pay for their trip and sojourn to honor him can contact us, and we will issue them the necessary invitation letter. Please write to Prof. Moussa Bongoyok at iudienvoyage[at]gmail.com (please replace [at] with @) or through the response link below.
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M. Coco Bertin MOWA WANDJIE s’est distingué par ses contributions humanitaires et philanthropiques à la société camerounaise et au-delà. Pour cette raison, trois institutions ont accepté de lui offrir un diplôme de Docteur en Lettres Humaines (Litterarum humanarum doctor) et des prix de leadership, à savoir le Higher Purpose FCM, l’Institut Universitaire de Développement International (IUDI) et Promise Christian University. Les institutions impliquées ont organisé un dîner buffetle vendredi 15 septembre 2023 à 18h30 et une cérémonie de remise des diplômes le samedi 16 septembre à 10h. Le lieu des deux événements est le Marriot Courtyard Hotel 14634 Baldwin Park Town Center, Baldwin Park, CA 91706 (États-Unis).
Ceux qui souhaitent payer leur voyage et séjourner pour l’honorer peuvent nous contacter et nous leur enverrons la lettre d’invitation nécessaire. Veuillez écrire au professeur Moussa Bongoyok à iudienvoyage[at]gmail.com (veuillez remplacer [at] par @) ou via le lien de réponse ci-dessous.
Tout au long de son histoire, le peuple Mafa a navigué maintes eaux troubles du fleuve existentiel. Mais, de toutes les adversités rencontrées, la famine se dessine nettement comme la plus redoutable. Les causes de ce fléau sont diverses (Cf. Seignobos « Aliments de famine » in Seignobos et Iyébi-Mandjeck (2000 :111). La famine est parfois d’origine humaine. À plusieurs reprises, les Mafa ont fait face à des envahisseurs qui se sont directement attaqués à leurs récoltes ou les ont forcé à abandonner les travaux champêtres à des moments critiques. En se réfugiant stratégiquement dans les zones montagneuses et en modifiant conséquemment ses techniques agricoles, le peuple Mafa a réussi à minimiser de tels risques. Laborieux et résilient, il s’est forgé une économie de résistance. La pathologie végétale fit des ravages, mais son impact fut largement réduit grâce à l’alternance biennale entre le daw-daw-á-geɗ (sorgho) et le ntəmas (mil à chandelle connu aussi sous divers noms, dont « petit mil », « mil perle » ou « mil pénicillaire »).
Toutefois, l’ingéniosité et la résilience des Mafa ne suffisaient pas pour affronter les géants que représentaient les invasions des criquets, les dévastations des chenilles ou les aléas climatiques du fait de l’irrégularité des pluies. En outre, les premiers mois de la saison pluvieuse sont souvent les plus durs, car ils correspondent à l’épuisement des réserves de mil, toute l’alimentation reposant sur une récolte annuelle. Dans un tel contexte, il est fort compréhensible qu’une explosion de joie accompagne le zovaɗ, la saison des prémices, plus précisément la maturité du mil.
Certaines sources écrivent le terme « zovaɗ » autrement. Elles le transcrivent « závaɗ ». Le Lexique Mafa a opté pour cette dernière forme (Barreteau et LeBléis, 1990 :394). Cependant, la première formulation, qui est aussi celle retenue par Müller-Kosak (2003 :369), est plus proche de la prononciation originelle. Il reste maintenant à préciser le mois exact pendant lequel il est célébré. Martin (1970 :19) le place au mois denovembre. Mais, en réalité, il est difficile d’être dogmatique là-dessus, car ce n’est pas tant le mois qui guide le zovaɗ mais la maturité du mil. C’est ainsi que certaines années, la célébration peut se faire un mois plus tôt. C’est peut-être ce qui a conduit Lavergne à procéder prudemment en plaçant les mois de məsəla(octobre), heɗek ɗiya (novembre) et heɗek mənda (décembre)sous lacoupole de zovaɗ (1990 :70).
Le zovaɗ est une véritable fête car il annonce une bonne récolte, gage de victoire sur la faim. C’est précisément ce qui en fait l’une des musiques les plus sonores, athlétiques et joyeuses du peuple Mafa. Le vocable zovaɗ est en fait un mot composé de zo ou zá (montagne)et vaɗ (nuit). Cela révèle indirectement la genèse de cette musique. À l’origine, elle se jouait fort probablement dans la nuit, au clair de lune, et dans les montagnes pour célébrer la joie des prémices. Ainsi, la joie était manifeste, mais de manière quelque peu réservée. En effet, il faudrait attendre les récoltes proprement dites pour que la joie atteigne son point culminant avec, à la clé, le n’gwolala (la fête). Bien entendu, la musique du zovaɗ était aussi la bienvenue de jour, car la période de répit située entre le dernier sarclage et la récolte s’y prête bien.
Contrairement à la fête des prémices dans la tradition juive (Cf. Ex. 23 :14-16, Nom. 28 :26, Ex. 34 :22), le zovaɗ n’a pas une dimension religieuse et n’est rattaché à aucun rite sacrificiel. C’est plutôt la manifestation publique et musicale d’une allégresse communautaire.
L’un des traits distinctifs du zovaɗ estla prédominance du shingelek (flûtes à cornes). Les flûtes traditionnelles du peuple Mafa sont parmi les plus merveilleuses du monde. Elles se jouent en multiple de sept. Chacune d’entre elles a un nom et correspond à une note musicale unique. Ainsi, pour qu’un jeu de flûtes soit valable, il doit comporter les sept flûtes suivantes, dans l’ordre de succession musicale : ndèsh, gwala, zara, vokom, cegem, mbekem et tolom.
Ces noms peuvent varier d’une localité à une autre. C’est ainsi que Fritz (2009 :171), dont la recherche doctorale a porté sur les flûtes mafa, les nomme différemment, de la plus petite à la plus grande : chechega, paleyga, mbegue, maill, gsa, tcegem, et mdegem.
Source: Fritz, 2009 :171.
Nous remarquons que seul le cegem conserve sa place sur ces deux listes. Cependant, le nombre de flûtes est identique.
Gaimatakwan Kr Dujok (2007) présente une classification qui, sans respecter nécessairement l’ordre musical, a le mérite de faire ressortir le contraste entre deux villages précis:
Nous observons que même pour des localités aussi proches que Midré et Mandaka, il n’y a que deux appellations similaires: zara et cegem (tchéguem). L’académie Mafa devrait procéder à un travail d’harmonisation dans l’avenir.
Néanmoins, il est intéressant de retrouver invariablement sept flûtes sur chaque liste. A la base, il y a donc sept flûtistes. En fonction de la disponibilité des joueurs, il y aura 7, 14, 21 ou 28 flûtistes respectant scrupuleusement le rythme ambiant. Quand le nombre de flûtistes atteint un minimum de 14, les notes sont plus enrichies, car les musiciens incorporent automatiquement une note qui joue le rôle de transition entre une flûte et la suivante. Le résultat est une merveille encore sous-exploitée en ethnomusicologie.
Source: Fritz, 2009 :171.
Le moins qu’on puisse dire est qu’il débouche sur une harmonie qui laisse rêveuse la gamme pentatonique du ganzavar (la harpe Mafa) dans laquelle plusieurs spécialistes ont, à tort, tendance à enfermer la riche et dynamique musique mafa.
Notons, en passant, que les Mafa ont une autre flûte solitaire, appelée zlewete, que les jeunes en âge de mariage jouent à l’approche de la saison pluvieuse pour courtiser les filles au moment de la cueillette des légumes. Il s’agit, entre autres, d’une « herbe à sauce » appelée mendjewelqui pousse généreusement en cette saison-là (bəgədza). Rekedai (2023) donne une liste plus exhaustive de ces légumes: « En plus de mendjewel, il y a le metehéɗ, le ngrew, le mokoyom wacak, le malama… »
L’autre trait caractéristique du zovaɗ est sa polyvalence. Il peut se jouer dans un lieu fixe (place du marché ou lieu de rassemblement du village), mais aussi en se déplaçant d’un point à un autre, voire d’une localité à une autre. Voilà pourquoi il est souvent accompagné par le tambour d’aisselle (dezlézléo) quoique le tamtam (ganga) ne soit pas interdit à cette occasion. Les autres instruments de musique moins encombrants comme les castagnettes et les cymbales sont acceptés. Il convient de préciser que le n’gwolala, qui est un prolongement naturel du zovad, suit la même logique, à quelques variantes près.
La danse elle-même est spontanée. Toutefois, le mouvement dominant est celui du bas vers le haut. En outre, contrairement au houdok traditionnel, le milieu du cercle est réservé aux hommes. Les femmes dansent en périphérie tandis que pour le Houdok, c’est l’inverse. La raison est pratique. Rekedai (2023) la précise en ces termes: « Les hommes entourent les filles à la conquête desquelles ils partent en brandissant sur leur tête leur bâton de danse et autres gadgets préparés pour la circonstance. » À cela il faudrait aussi associer une raison sécuritaire car le houdok se danse à la fin de la saison sèche et exclusivement la nuit, au clair de lune. Or, à cette période de l’année, le paysage est dénudé et les villages sont plus vulnérables aux attaques.
Par ailleurs, le houdok n’a qu’une mélodie consacrée, mais le zovaɗ en a plusieurs. La plus célèbre d’entre elles brille d’ailleurs par sa nature hautement poétique :
N’wele,
N’wele,
N’wele a kotaɓal Galdala.
N’wele a Magangaɓ Mazaya.
Ta bazlanə tsagi vazak a dem ga.
Ta ndedayə dema’a a mbelawa.
Cette chanson traduit l’immensité de la richesse et du bonheur (car n’wele renferme le concept de la richesse et du bonheur) en pays Mafa. Cette richesse couplée de bonheur est si répandue qu’elle va de Galdala vers Moskota, à Mazaya du coté de Roua. Dans un tel contexte, il est impensable qu’une fille soit maltraitée au point qu’on porte atteinte à sa pudeur et à sa dignité. En d’autres termes, la joie, le partage, le respect mutuel, et la justice sociale doivent régner à tous les niveaux.
Ci-dessous une autre sonorité du zovaɗ en version audio.
Credit: Yves le Bléis
L’artiste est Matasay Laye (Soulédé), de regretté mémoire. D’autres artistes, moins connus, laissèrent aussi un bel héritage musical à leur peuple. Les enregistrements suivants sont édifiants. Ils proviennent respectivement des villages Gouzda, Shugule, Mandaka et Koza.
C’est Yves le Bléis qui enregistra ces chants dans les années 1970. Il les met gracieusement à la disposition du peuple Mafa et de ses sympathisants.
Les contenus des autres chants du zovaɗ sont variés, mais centrés sur la joie de vivre, les excellentes relations humaines, la fierté, la bénédiction, et l’amour entre filles et garçons. Justement, pour ce qui concerne la dimension affective, un fait important mérite d’être relevé. Si la coutume Mafa donne la primeur de la déclaration d’amour au garçon, elle laisse une porte ouverte à la fille quoique de manière plus discrète. Dans ce domaine, le zovaɗ est une aubaine pour les jeunes filles car, comme le relève Tanagued (2023), elles offrent « du mil frais déjà retiré de l’épi et des arachides décortiquées » aux hommes pour lesquels elles manifestent un sentiment particulier. D’ailleurs, elles le font avec art et sourire. À cette occasion, traditionnellement, elles prennent le soin de placer ces cadeaux dans un petit récipient appelé gwa qu’elles fabriquent elles-mêmes. Il est tressé à base de la partie supérieure des tiges de mil avec tout le tact et l’application dont les vaillantes filles Mafa sont capables.
La saison du zovaɗ est donc propice pour les fiançailles et le mariage. C’est aussi une occasion en or pour les musiciens en herbe. C’est pendant cette période – parfois légèrement avant- que les enfants s’exercent au jeu de flûtes en façonnant des instruments à base d’argile ou de branches d’annona senegalensis (gonokwad) ou encore de jatropha (magalay ou gwazlavay). À l’occasion, ils esquissent des pas de danse, à la manière des jeunes et des adultes et arborent parfois fièrement des chapeaux de paille qu’ils ont fabriqués eux-mêmes. Décidément, la joie du zovaɗ est positivement contagieuse.
Prof. Moussa Bongoyok
Copyright (c) 2023
Références
Barreteau, D. et Le Bleis, (1990). Y. Lexique Mafa. Paris : ORSTOM.
Fritz, T. (2009) Emotion investigated with music of variable valence – neurophysiology and cultural influence. [Unpublished doctoral dissertation]. University of Potsdam.
Gaimatakwan Kr Dujok, A. (2007. Chant et histoire chez les Mafa du Mayo-Tsanaga. XIXè-XXè siècle. [Unpublished Master thesis]. Université de Ngaoundéré.
Lavergne, G. (1990. Les Matakam – Nord Cameroun. Paris.
Martin, J.-Y. (1970). Les Matakam du Cameroun. Paris : ORSTOM.
Müller-Kosak, G. (2003). The Way of the Beer. London : Mandaras Publishing.
A new year deserves celebration because it presents a fresh existential page with a backdrop of a message of hope. At the mention of a blank page, our thoughts fly to the Private Protestant Primary School of Soulédé in the Mayo Tsanaga division, Far North Cameroon. In that school, we discovered the inkwell, the blotting paper, and the old fashion fountain pen for the first time in March 1977. We were then in third grade. We came from Mokolo following our father’s transfer as a pioneer of the Soulédé agricultural post. Before this unforgettable experience, we only used chalk, pencil, and ballpoint pen to write. The first encounter with the fountain pen was a real obstacle course. The hardest part was to draw enough ink from the inkwell to soak the nib’s tip immersed in the indelible liquid without dirtying the page of the notebook. And, when by mistake, there was an extra drop of ink that stained the sheet; it was immediately necessary to use the paper blotter to limit the damage. The first few weeks were not easy. Fortunately, we had an exceptionally kind and patient teacher: Mr. KOENE Oumarou Joseph. In this context, we welcomed a new notebook page with thrilling joy each time we turned an old one with one or more stains. It was a golden opportunity to do better than on the previous page.
The example above illustrates the alternation of existential seasons in the life of a human being. If some years are delightful, others are less so; and none is perfect. Looking back on the past year, each person will find cause for joy, satisfaction, and praise. But she will also realize that other events were difficult, dark, regrettable, and painful. Therefore, should one sink into lamentations and discouragement, especially when comparing oneself to others who seem to have been more successful in life? It would be the worst mistake. Time spent, whether happy or unhappy, will never return. Hence, it is not wise to cling to it at the risk of blackening the new page of the notebook of life that the new year offers before even starting it. It is better to draw the necessary lessons and use them to go from progress to progress. Because as the Guinean mathematician Mouctar KEITA so aptly noted, “Every day is an opportunity to improve by correcting your imperfections.” This statement also applies to the New Year.
Whatever the previous year’s pains, losses, and failures, it is advisable to take life with philosophy. The Latin saying goes: “Dum spiro spero” (while I breathe, I hope). A failure can be the foundation of a resounding success in the future if one carefully examines the root causes and draws from it the necessary instructions to correct course where necessary. The fact that an investment does not yet bear the expected fruits should never lead to depression because when one is closer to the goal, discouragement knocks with more vivacity on the soul’s door. A bad harvest in the Sahelian zone has consequences that last at least a year, but the peasants do not give up fieldwork for this because they realize that the next season can be plentiful.
Along the same lines, the loss of a loved one should make the grieving person recognize that no matter how much their tears and lamentations, the missing person will never return to them again. When faced with this harsh reality, wisdom dictates to rise from mourning and joyfully serve those still alive, as King David once did (2 Samuel 12:13-22). It is, paradoxically, the best way to honor the dead. Moreover, disappointment should in no way lead to a negative view of all others because human beings are not the same on the one hand. On the other hand, faulty people can repent and change their behavior. The best wealth of a human being is life. We can hope, triumph, improve, and succeed as long as we live. The words of Romans 12:12 seem to be an excellent summary of this brief reflection: “Rejoice in hope. Be patient in affliction. Persevere in prayer. »
Happy new year under the benevolent gaze of the divine Master of life and time because there is hope!
Une nouvelle année mérite d’être célébrée, car elle présente une fraîche page existentielle avec en toile de fond un message d’espérance. Justement, en parlant de page vierge, nos pensées s’envolent vers l’École Primaire Privée Protestante de Soulédé dans le département du Mayo Tsanaga, Extrême-Nord du Cameroun. En mars 1977, nous y découvrions pour la première fois l’encrier, le buvard et la plume. Nous étions alors au cours élémentaire, première année. Nous venions de Mokolo à la suite de l’affectation de notre père comme pionnier du poste agricole de Soulédé. Avant cette expérience inoubliable, nous n’utilisions exclusivement que la craie, le crayon et le stylo à bille pour écrire. La première rencontre avec la plume fut un vrai parcours du combattant. Le plus dur était de puiser assez d’encre dans l’encrier pour imbiber la pointe de la plume immergée à cet effet dans le liquide indélébile, sans salir la page du cahier. Et, quand par erreur, il y avait une goutte d’encre de trop qui tachait la feuille, il fallait immédiatement faire recours au buvard pour limiter les dégâts. Les premières semaines ne furent manifestement pas faciles. Heureusement que nous avions un enseignant particulièrement aimable et patient : Monsieur KOENE Oumarou Joseph. Dans ce contexte, chaque fois que nous tournions une page avec une ou plusieurs salissures, nous accueillions la nouvelle avec une joie palpitante. C’était une occasion en or pour faire mieux qu’à la page précédente.
L’exemple ci-dessus illustre à merveille l’alternance des saisons existentielles dans la vie d’un être humain. Si certaines années sont particulièrement heureuses, d’autres le sont moins ; et aucune n’est parfaite. En jetant un regard rétrospectif sur l’année qui s’achève, chaque personne trouvera certainement des sujets de joie, de satisfaction et de louange. Mais elle relèvera aussi assurément des pages difficiles, sombres, regrettables, voire douloureuses. Faut-il pour autant sombrer dans les lamentations et le découragement, surtout quand on se compare aux autres qui semblent avoir mieux réussi dans la vie ? Ce serait la pire erreur. Le temps passé, qu’il soit joyeux ou malheureux, ne reviendra plus jamais. Il n’est donc pas sage de s’y agripper au risque de noircir la nouvelle page du cahier de la vie qu’offre la nouvelle année avant même de la commencer. Il vaut mieux en tirer les leçons qui s’imposent et les utiliser pour aller de progrès en progrès. Car, comme l’a si bien relevé le mathématicien guinéen Mouctar KEITA, « Chaque jour est une occasion de s’améliorer en corrigeant ses imperfections. » Cela s’applique aussi au Nouvel An.
Quelles que soient les peines, les pertes, et les défaillances de l’année antérieure, il convient de prendre la vie avec philosophie. Le dicton latin dit : « Dum spiro spero » (tant que je respire, j’espère). Un échec peut être la fondation d’une éclatante réussite dans l’avenir si l’on en examine attentivement les causes profondes et en tire les instructions nécessaires pour rectifier le tir là où cela s’impose. Le fait qu’un investissement ne porte pas encore les fruits escomptés ne doit jamais faire basculer dans la dépression, car, souvent, c’est quand on est plus proche du but que le découragement frappe avec plus de vivacité sur la porte de l’âme. Une mauvaise récolte en zone sahélienne a des conséquences qui durent au moins un an, mais les paysans n’abandonnent pas les travaux champêtres pour cela, car ils réalisent que la prochaine saison peut être plantureuse. Dans le même ordre d’idées, la perte d’un être cher devrait amener la personne éplorée à réaliser que, quelles que soient ses larmes et ses lamentations, la personne disparue ne reviendra plus jamais vers elle. Face à cette dure réalité, la sagesse dicte à cette dernière de se relever enfin du deuil pour se mettre joyeusement au service de celles et ceux qui sont encore vivants comme le fit jadis le roi David (2 Samuel 12 :13-22). C’est, paradoxalement, la meilleure manière d’honorer les morts. Par ailleurs, une déception ne doit nullement entraîner une vision négative de l’ensemble des prochains, car tous les êtres humains ne sont pas les mêmes d’une part, et d’autre part, une personne fautive peut se repentir et changer de comportement. La meilleure richesse d’un être humain c’est la vie. Tant qu’on vit, on peut espérer, triompher, s’améliorer, et réussir. Les paroles de Romains 12 :12 semblent être un excellent résumé de cette brève réflexion : « Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. »
Bonne et heureuse année sous le regard bienveillant du divin Maître de la vie et du temps car il y a de l’espoir !