« Vivre la Bonne Nouvelle dans un contexte africain » by Moussa Bongoyok
English Abstract
The article “Living the Good News in an African Context” demonstrates that being a Gospel Ambassador in a profoundly wounded Africa is challenging. The diversity of this continent and the multiplicity of evils that undermine it can add to the complexity of the task. Yet it is precisely in a dark and sad context that the light of the Gospel is much needed. For this reason, it is advisable to implore divine wisdom to translate the Gospel into daily life’s thoughts, looks, gestures, and actions to the extent that each child of God is an actual agent of holistic transformation. The goal is to equip each follower of Christ in such a way that he or she can bring people out of misery, both literally and figuratively. The ultimate goal is to deepen people’s joy in their respective contexts within spiritual reconciliation with God and to encourage the framework of sincere actions motivated by genuine love to meet their felt needs. To walk in the footsteps of Christ and the apostles is to help fellow humans to understand better and transcend their suffering, which unfortunately penetrates all spheres of social life and touches the human being in his body, mind, and soul. To achieve this, it is vital to rely first and foremost on God but also to do everything possible to identify better the root causes of the problems that the specific context encounters, to devise a consistent strategy to overcome them, to put appropriate and transferable resources at the disposal of all the faithful in a format and language that they can easily understand, to ensure good coordination of activities and to make systematic evaluations, all in a spirit of humility by walking in the footsteps of the Lord Jesus.
Introduction
L’Afrique est l’incarnation même du paradoxe. Incroyablement riche en ressources naturelles, elle n’en demeure pas moins le continent le plus pauvre de la planète. La pauvreté et ses multiples corollaires font des ravages à telle enseigne que, dans de nombreuses familles africaines, les moments de joie ne ressemblent qu’à de minuscules îlots dans un océan de misère.
Pourtant, c’est en Afrique, et surtout dans la région subsaharienne, que le christianisme croît à un rythme particulièrement accéléré. Nous en voulons pour preuve le fait que le taux du christianisme soit passé de 9,1% de la population africaine en 1900 avec 7,5 millions de chrétiens (Mandryk et Johnstone, 2010) à 47.9 % en juillet 2017(Joshua Project) avec 595,1 millions d’âmes qui professent la foi chrétienne soit un taux de croissance de 426,3 %. L’on ne saurait donc nier le fait que la foi chrétienne se porte bien en terre africaine. Or, le christianisme est indissociable de l’Évangile ou Bonne Nouvelle. Du coup, une question s’impose aux chrétiens qui vivent en Afrique : comment vivre la Bonne Nouvelle dans un contexte ployant sous le poids de mauvaises nouvelles qui semblent s’aggraver au fil des années voire des mois, des semaines et des jours ? Comment faire éclater des cris de joie au propre et au figuré quand la raison impose plutôt un lourd et douloureux silence à défaut de pleurs tant la misère du continent africain est grande ? C’est à ces interrogations que tente de répondre ce modeste article.
Mais, avant d’aborder le cœur du sujet, il convient de présenter un peu plus amplement le contexte africain, de définir l’Évangile tel que la Bible le définit tout en soulignant pourquoi il est véritablement une bonne nouvelle en contexte africain. Enfin, nous en dégagerons les implications pratiques qui s’imposent sur ce contient afin que ce concept se traduise dans les réalités quotidiennes de la vie chrétienne.
En Afrique, la joie et la souffrance semblent être des jumeaux qui vibrent constamment et presque harmonieusement au rythme du tam-tam invisible de l’existence. La grande majorité de groupes ethniques chante et danse quand tout va bien et fait la même chose quand tout va mal. Une simple observation des scènes de réjouissances populaires quand une équipe locale ou nationale remporte une coupe de football et des rites funéraires chez les peuples qui conservent jalousement leurs valeurs traditionnelles suffit pour s’en rendre à l’évidence.
L’Afrique : un continent de joie et de souffrance
En réalité, la joie n’est pas absente du continent africain.
Sujets de joie
L’Afrique est riche en ressources minières. Quelques pays, sans être parfaits, ont eu la sagesse de poser des bases solides de la justice sociale – véritable socle de la paix. Tout en combattant la corruption, ce véritable cancer socio-économique, ils ont pu créer un cadre favorable au travail, aux investissements et à la nette amélioration des conditions de vie de leurs populations. Ceci n’est pas sans réjouir de nombreuses personnes qui retrouvent un sourire soutenu par l’espoir, même si les pays qui se distinguent sont encore peu nombreux au point où les intellectuels n’hésitent pas à parler de miracle.
Mais, en dehors des ressources dont regorgent son sol et son sous-sol, l’Afrique est aussi riche en ressources humaines tant qualitativement que quantitativement. De nombreux cadres africains, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, se sont imposés dans toutes les sphères de la société. De nombreux Africains ont fait et font encore leurs preuves à l’échelon de l’Organisation des Nations Unies, de grandes organisations internationales ou des multinationales. De plus en plus nombreux sont les érudits africains qui enseignent dans de prestigieuses universités à travers le monde, s’imposent par la qualité de leurs recherches et publications, et se distinguent dans leurs professions. Certains hommes et femmes d’affaires ont réussi à se hisser dans le cercle restreint des plus riches de la planète. Les innovations, les inventions, et les mouvements de transformation se multiplient ces dernières années envers et contre tout. Des dirigeants politiques africains ont apporté des contributions sages et significatives ayant abouti à la paix dans des zones dangereusement menacées par la déchirure, la guerre ou le désordre. Plusieurs d’entre eux ont fourni des efforts pour renforcer les institutions et redresser la gestion des ressources de leurs pays. Les écoles primaires, les écoles secondaires, les universités, les grandes écoles, les routes bitumées, les autoroutes, les barrages, la couverture des zones les plus reculées par internet, les stades de football, les complexes sportifs, les hôpitaux, et des investissements semblables se sont multipliés sur le continent au cours des dix dernières années. Même si l’Afrique a encore du chemin à parcourir, il convient de saluer les efforts déployés par ces leaders visionnaires et pragmatiques. Se borner à peindre tout en noir serait aller à contre-courant du proverbe africain qui dit : « Même si le lièvre est ton ennemi, il faut admettre qu’il court plus vite que toi. » Par ailleurs, le monde de la musique et du sport serait lamentable sans l’apport des Africains.
L’Afrique est également marquée par la diversité religieuse. Les quatre plus anciens groupes religieux du continent sont respectivement les religions africaines, le judaïsme (même s’il est moins répandu en ce moment) le christianisme, et l’islam. L’hindouisme et le bouddhisme font aussi des percées ces vingt dernières années du fait du dynamisme des Indiens et des Chinois qui sont de plus en plus présents dans la réalisation des grands travaux, dans l’import-export et même le petit commerce. Par le truchement de nouvelles technologies de la communication, force est de relever qu’aujourd’hui l’Afrique est exposée à toutes les religions du monde. Ceci n’est pas sans entraîner des situations fâcheuses ; mais, en dépit des sursauts fondamentalistes qui sèment la terreur et la violence, l’Afrique reste largement un continent de tolérance religieuse. En Afrique subsaharienne principalement, mais aussi de plus en plus au nord du continent, il n’est pas rare de trouver des adeptes de religions différentes au sein d’une même famille sans que cela occasionne des carambolages dévastateurs des liens familiaux et sociaux. C’est aussi là une richesse, car la vie ne saurait être harmonieuse au sein d’une nation sans l’apport des dirigeants religieux ou des valeurs de paix et d’amour que leurs religions prêchent. Malgré toutes les imperfections qui résultent de l’éloignement parfois subtil de la source de la vraie paix qui se trouve en Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, même les religions non chrétiennes sont porteuses de valeurs positives. Par exemple, pendant la période de jeûne du mois de ramadan, le taux de criminalité baisse nettement du fait de la concentration sur une observation fervente des principes religieux tels que peints dans le Coran et la tradition musulmane. Le même fait est observable quand un individu ou un groupe embrasse la foi chrétienne et met en pratique les valeurs bibliques par obéissance au Seigneur Jésus-Christ surtout dans les milieux évangéliques. En effet, Dieu a choisi de se révéler par sa Parole qui est devenue chair, Jésus-Christ le Messie et le Prince de la paix. Le changement spirituel qui découle de l’acceptation du Christ comme Sauveur et Seigneur entraîne alors progressivement – et parfois instantanément – la paix dans le foyer, la transformation, l’abandon de pratiques nuisibles et illégales, et l’engagement à mener une vie respectueuse des valeurs d’amour, de paix, de vérité, et de justice sociale. Low cite des exemples concrets de transformations radicales et positives des communautés entières du fait de l’acceptation de la foi chrétienne et de l’obéissance au Seigneur (2016, 1-9). Dans ces deux cas, une dimension plus bénéfique de la religion en général, et du christianisme en particulier, relève du domaine éthique qui est un véritable ferment de la reconstruction (Kä Mana, 1993). Du côté purement ecclésial, l’Afrique est en droit d’exulter dans la mesure où, nonobstant les effets néfastes de l’intégrisme religieux d’inspiration salafiste caractérisé par la violence et l’intolérance, les églises croissent rapidement tant en quantité qu’en qualité des disciples du Christ sur le continent. Même par-delà les mers, les communautés chrétiennes africaines sont parmi les plus dynamiques en Occident et dans certaines localités du Proche-Orient. Par exemple, la plus grande église du Royaume-Uni est une église constituée essentiellement d’Africains et dirigée par un Africain d’origine nigériane (converti de l’islam) notamment Matthew Ashimolowo, pasteur de Kingsway International Christian Centre, une église de Londres. Cette église n’est d’ailleurs pas la seule, tant la diaspora africaine hisse très haut le drapeau de la foi chrétienne sur tous les continents tout en restant attachée à la philosophie et aux pratiques religieuses des Églises en Afrique (Adogame, 2013). En outre, nombreux sont les prêtres, pasteurs et missionnaires africains qui dirigent des églises locales, des dénominations, des séminaires théologiques, des ministères d’évangélisation ou d’implantation d’églises, et des organisations paraecclésiastiques à travers le monde. L’Afrique a de quoi être fière de ses filles et de ses fils.
L’Afrique a aussi la particularité d’avoir une population essentiellement jeune, ce qui lui permet de se positionner comme un continent incontournable sur la scène internationale d’ici à l’an 2100. En effet, si Dieu permet que l’Afrique croisse à un rythme normal, les projections de Pew Research Center (2019) prévoient qu’en 2100, l’Afrique, forte de 3,57 milliards d’habitants, sera le continent le plus peuplé du monde. Des pays comme le Nigéria, l’Éthiopie, l’Égypte et la République Démocratique du Congo, seront parmi les dix pays les plus peuplés du monde en ce temps-là.
La subsistance de l’esprit de solidarité africaine en dépit des multiples assauts de l’individualisme (porté par des vents étrangers) mérite d’être saluée. Au lieu que chacun se replie sur soi-même dans un contexte où les ressources se raréfient à un rythme inquiétant au moment où, paradoxalement, la vie devient de plus en plus chère, les Africaines et les Africains trouvent toujours le moyen de venir en aide aux parents, aux frères et sœurs et même aux parents éloignés, aux amis et aux autres membres de la communauté qui n’auraient pas ému les Occidentaux. Même quand ils sont très loin du terroir, la solidarité est si confortablement ancrée dans les mœurs des Africains que rien ne brise leur élan de générosité. Sur ce point, un rapport du Fonds international de développement agricole qui porte sur les transferts d’argent des expatriés vers leurs pays d’origine de 2007 à 2016 est particulièrement révélateur. Il indique que la diaspora africaine envoie 36% d’argent en plus vers leur continent d’origine qu’il y a dix ans avec une enveloppe qui pèse 60,5 milliards de dollars en 2016 contre 44,3 milliards de dollars en 2007 (Rodier, 2017). Au-delà du flux financier, il faudrait voir un élément plus riche et profond : le sens de la communauté. Or, pour emprunter les termes de Zikpi, « Nous voulons signifier que le sens de la communauté qui est assez fort en Afrique noire peut constituer une pierre d’attente pour promouvoir dans l’Église une pastorale de soutien et d’accompagnement des souffrants et de tous ceux qui sont affligés par le mal. » (2014, 69).
Il convient de préserver de ce qui reste des mœurs et de la morale malgré les vagues violentes de la mondialisation et des nouvelles technologies de l’information qui s’infiltrent jusque dans les endroits les plus reculés. De nos jours, il n’est pas rare de voir de grandes mères aller au champ avec une houe identique à celle qu’utilisaient des ancêtres depuis la nuit des temps tout en attachant solidement des téléphones intelligents au bout des pagnes afin de pouvoir non seulement écouter, mais aussi et surtout voir leurs filles, fils et petits-fils que les vents de l’exode rural ou de la lutte pour la survie poussèrent volontairement ou involontairement sous d’autres cieux à cause de la mauvaise gouvernance et de décisions politiques peu réfléchies.
Parlant justement de la politique, même si les évangéliques traînent encore les pas, les églises participent de plus en plus aux débats qui touchent de près la gestion des collectivités locales, régionales et même de la nation (Djéréké, 2014, 145-153). Les chrétiens qui occupent de hautes responsabilités administratives et politiques sont de plus en plus nombreux et plusieurs parmi eux marquent la différence sur la scène nationale et internationale, en menant une vie intègre, en refusant la corruption et la fausseté, en servant efficacement leurs populations, et en gérant fidèlement les ressources qui leur sont confiées. Ces dirigeants vertueux prouvent qu’il est bien possible d’être administrateur civil ou politicien et fidèle au Seigneur à l’instar de Joseph qui était l’équivalent d’un Premier Ministre en Égypte, de Déborah qui était juge en Israël, ou de Daniel qui a battu le record de longévité dans la plus haute administration.
L’esprit de créativité, le dynamisme, la flexibilité, la facilité d’adaptation à des situations sociopolitiques qui auraient pu déclencher une révolution dans d’autres régions du monde, le respect des aînés et des personnes âgées, les progrès enregistrés dans le domaine de la santé ou de l’enseignement viennent s’ajouter à ces sujets de réjouissance. La liste est loin d’être exhaustive. Toutefois, elle reste à parfaire, car ces aspects encourageants ne sauraient occulter la montagne de douleur qui domine le paysage socio-économique africain et poignarde les populations africaines jusque dans la profondeur de leurs âmes.
Sujets de graves préoccupations
Le premier trait caractéristique du continent africain semble être la pauvreté. La paupérisation croissante et handicapante du continent semble transformer des pays entiers en une confrérie d’éternels assistés. Le pire c’est que les efforts de développement semblent être engloutis par des personnes ou des groupes véreux qui se dessinent telle une version contemporaine et cauchemardesque des vaches maigres du rêve de pharaon (cf. Genèse 41) tandis que les “Joseph” semblent avoir fui en catimini. Même les projets de développement les plus prometteurs semblent rapidement rejoindre ce qu’Owono appelle « un vieux cimetière d’anciens plans de développement » qui est en fait synonyme du continent dans la pensée de cet auteur (2011,14).
Comme le malheur ne vient jamais seul, l’un des rouleaux compresseurs qui écrasent les moins nantis à une vitesse vertigineuse avec des ravages de proportions incommensurables est la corruption. Dans certains pays, elle a atteint un niveau si gravissime que même celles et ceux qui sont censés prêcher la bonne moralité ou dire le droit sacrifient leurs âmes sur l’autel du conformisme tellement elles/ils sont convaincus que rien ne peut plus arrêter la progression de l’un des plus grands monstres du 21e siècle. C’est alors que l’on est en droit de demander : où sont les Joseph, les Daniel, les Hananiah, les Azariah, les Michael, les Mardochée, les Esther, les Déborah, les Marie, les Pierre ou les Paul de notre temps, pour nous limiter à ceux-là ? L’histoire dira ce que le silence complice de celles et ceux qui sont censés être la voix des sans-voix et les défenseurs des faibles aura causé à un continent déjà affaibli par de nombreuses injustices subies au fil de son histoire. Quand pour un concours lancé en vue du recrutement de 9.000 personnes à la fonction publique les organisateurs sont pris d’assaut par un million de candidats comme ce fut le cas tout dernièrement dans un pays d’Afrique de l’Ouest, l’on comprend pourquoi, en désespoir de cause, de vaillants fils et filles décident de faire un saut dans le vide en traversant le désert du Sahara et la Méditerranée vers un hypothétique El Dorado européen. Malheureusement, Dieu seul connaît le nombre de ceux d’entre eux qui sont morts de soif dans le désert du Ténéré ou qui ont été engloutis par le cimetière liquide de la Méditerranée à l’insu de leurs amis ou des membres de leurs familles qui se sont parfois cotisés pour qu’au moins l’un des leurs s’échappe du bateau qui coule lentement et dangereusement. D’autres se sont jetés avec armes et bagages dans la gueule d’un autre monstre que représentent les groupes terroristes et ont perdu ce qu’ils ont de plus cher, leur propre vie. Les plus chanceux s’en sont tirés avec quelques blessures, des humiliations, et des traumatismes. D’autres croupissent encore dans des prisons s’ils ne sont tout simplement pas pris en otage ou réduits à une nouvelle forme d’esclavage que très peu de journalistes ont le courage de décrire, tellement on se croirait à une époque révolue.
Le banditisme gagne du terrain sous diverses formes. Les sectes pernicieuses n’hésitent pas à agir en véritables coupeurs de route en costumes évangéliques. Elles se servent de la religion sans vergogne pour s’enrichir au prix d’une fausse spiritualité, de la trahison, de la division, et même de la criminalité et des assassinats directs ou indirects. Certains faux serviteurs et servantes du Seigneur pêchent en eaux troubles en jouant la carte du tribalisme ou du régionalisme, donnant ainsi la fausse impression qu’ils luttent pour la justice au sein des communautés ecclésiales alors qu’en réalité ils constituent une bande de loups ravisseurs. En fait, ils sont animés par le même esprit que des fonctionnaires ou des employés qui pillent les caisses de l’État ou des entreprises privées sans vergogne en se disant que de toute façon « la chèvre broute là où elle est attachée ». Nous encourageons la revalorisation des langues africaines tout en condamnant avec la dernière énergie le racisme, le tribalisme et le népotisme. Par ailleurs, il convient d’éviter de propulser dans le leadership de l’église une femme ou un homme qui n’a pas les qualifications spirituelles et morales nécessaires juste pour qu’il y ait un changement. Pire, il serait très déplorable de faire usage de fraude ou de monnayer l’élection à un poste de responsabilité au sein d’une église ou d’une œuvre chrétienne en battant la campagne comme les politiciens ou en achetant les consciences avec des billets de banque, de dons matériels ou de promesses fallacieuses en échange du vote. Les assemblées générales et les conseils d’administration des diverses dénominations et œuvres chrétiennes ont l’impérieux devoir de redoubler de vigilance dans les domaines susmentionnés et de sanctionner les coupables sous peine de tomber sous le coup de la mondanité à l’heure où l’Église semble être l’un des derniers espoirs d’une société en perte de vitesse.
D’autres groupes soi-disant chrétiens font miroiter un faux évangile de prospérité qui promet monts et merveilles sur tous plans et qui n’est en réalité qu’une duperie masquée, aggravant au passage la misère des populations déjà réduites à leur plus simple expression. Et, pour combattre les excès de la théologie de la prospérité, certains leaders n’ont pas trouvé mieux à faire que de ressusciter les vieux démons de la théologie de la pauvreté oubliant que c’est même l’une des racines des maux qui ont freiné le développement de nos communautés. L’Afrique n’a besoin ni de la théologie de la prospérité ni de celle de la pauvreté, mais de la Bonne Nouvelle équilibrée. Christ a parlé des bénédictions sans nier les persécutions, les tribulations et la souffrance même sur la voie de la fidélité. C’est aussi cette Bonne Nouvelle raisonnable qui a fait dire à Paul : « Je sais vivre dans l’humiliation et dans l’abondance. En tout et pour tout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette… » (Philippiens 4 :12).
Il serait irresponsable de passer sous silence cet autre grand frein au développement du continent : l’occultisme sous de diverses facettes. Beaucoup d’investisseurs ont préféré cacher leurs ressources et vivre comme de faux pauvres pour la simple raison qu’ils craignent de mettre rapidement un terme à leur vie ou d’exposer les membres de leurs familles en faisant de grandes réalisations, en créant de grandes entreprises ou en construisant de beaux bâtiments. Certains leaders du secteur privé et public se sont retrouvés dans des sectes pernicieuses et des sociétés secrètes par calcul politique, par cupiditéoupar peur des répercussions cosmiques et de malheurs qui pourraient se déferler contre eux par le truchement de sorcellerie ou de la magie, aggravant ainsi leur situation. Pourtant, Dieu seul peut véritablement bénir et protéger, car Il est l’unique source de la vie et c’est Lui seul qui est véritablement bon et Tout Puissant. Heureux sont les personnes qui se confient en Dieu, et malheur à ceux et celles qui s’appuient sur le diable, sur les puissances ténébreuses ou même sur leurs semblables (Psaume 23 :1-6, 33 :12, 40 :4, 84 :5, Esaïe 40 :31 ; Jérémie 17 :7 ; 1 Timothée 4 :10, 6 :17 ; 2 Corinthiens 1 :10-11).
La participation des femmes à l’épanouissement des communautés chrétiennes et au développement de la nation est en nette progression, mais il faut avouer qu’elle est encore très timide dans de nombreuses communautés. Pourtant femmes et hommes ont la même valeur aux yeux de Dieu. En Christ, il n’y a plus ni homme ni femme (Galates 3 :30). Par ailleurs, le prophète Joël a écrit, sous l’inspiration divine : « Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, dans ces jours-là, je répandrai mon esprit. » (Joel 2:28-29). Dans le même ordre d’idées, les dons spirituels sont accordés aux hommes comme aux femmes. Tant dans l’Ancien que le Nouveau Testament, les femmes ont fait des merveilles sous la direction divine et pour sa divine gloire, contribuant ainsi de manière très significative à l’édification spirituelle du peuple de Dieu et à l’amélioration des conditions de vie de la société tout entière. Sans sombrer dans certaines dérives du féminisme, les sœurs en Christ méritent d’être formées, encadrées et encouragées à exceller dans le ministère que leur confie le Maître de la Moisson. La transformation des églises locales, la redynamisation des œuvres chrétiennes et le développement du continent africain ne feront pas sans les femmes.
Le phénomène de castes est une autre montagne sur la voie du progrès spirituel et socio-économique. Dieu ne fait point acception de personnes (Actes 10:34-35). En outre, personne n’a choisi de naître dans telle ou telle caste, dans tel ou tel clan ou groupe social. Se considérer comme étant supérieur ou inférieur à une autre personne à cause de sa caste, de son teint, ou de son groupe ethnique serait tout simplement illogique et insensé. Christ est venu faire tomber les barrières de ce genre dans l’esprit de Galates 3:28. Aussi est-il impératif de faire disparaître les murs qui nous emprisonnent dans un passé révolu pour celles et ceux qui appartiennent au corps du Christ. Ainsi le clivage forgerons/non forgerons, par exemple, n’a aucun fondement biblique. Tous les chrétiens appartiennent à une seule caste, celle du lion de la tribu de Juda, du Messie, du Rédempteur (Romains 12 :4-5, 1 Corinthiens 12 :25 ; Éphésiens 2 :19-22).
L’espace imparti est insuffisant pour parler amplement du néocolonialisme qui se porte à merveille sur le continent, du surpeuplement en milieux urbains (alors que les campagnes se vident), de la pollution, des engrais chimiques et des pesticides qui tuent l’Afrique à petit feu, de l’exploitation de l’homme par l’homme, du pillage systématique des ressources du terroir avec la participation active de la communauté internationale et la complicité de plusieurs dirigeants locaux. L’injustice sévit sous diverses formes. L’enrôlement des enfants dans des guerres fratricides, la prostitution, la feymania, le banditisme, la tricherie, la haine, la violence physique ou verbale, la persécution religieuse ou politique, le mauvais traitement des enfants ou des femmes, l’humiliation, l’irresponsabilité, de la paresse, l’alcoolisme, la drogue, les décisions et pratiques qui nuisent gravement à la santé, les violations des droits de l’homme, les atteintes à la sécurité des biens et des personnes, la dépravation des mœurs envahissant agressivement même les localités qui ont su préserver une certaine pudeur jusqu’ici, les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les détenus, le syncrétisme religieux, et une pléiade d’autres maux semblables ont rendu l’Afrique malade, voire gravement souffreteuse. Et le pire c’est qu’elle a tellement pleuré qu’elle n’a plus de larmes…
Cette section, loin d’être exhaustive, donne un aperçu général des joies et des peines de l’Afrique. Cela permet de mieux mesurer le chemin parcouru par les ambassadrices et ambassadeurs du Christ dans le passé, d’appréhender de façon équilibrée ce qui se fait dans le présent, et de mesurer le chemin à parcourir sans passion maladive. Cependant, avant de songer même à s’engager sur la voie qui semble se dessiner, une question s’impose : à la lumière de ce qui précède, en quoi l’Évangile est-il une bonne nouvelle pour l’Afrique ?
En quoi l’Évangile est-il une Bonne Nouvelle en contexte africain ?
Le vocable « évangile » découle du terme grec euangelion qui signifie bonne nouvelle. Ce terme était utilisé dans la société grecque antique pour saluer la naissance d’un bébé, une victoire militaire et toute autre nouvelle joyeuse. Les auteurs du Nouveau Testament, sous l’inspiration du Saint-Esprit, ont emprunté ce terme tout en lui donnant un contenu et une orientation spirituelle. Ainsi, l’Évangile (avec une majuscule) désigne la Bonne Nouvelle de la venue, de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus-Christ en vue de sauver gratuitement quiconque regrette sincèrement ses péchés et place en lui toute sa confiance pour son salut. Les livres qui relatent la vie et les œuvres du Seigneur Jésus-Christ de sa venue dans ce monde jusqu’à son retour au ciel après avoir brillamment accompli sa mission sur terre s’appellent les évangiles (avec une minuscule). L’Évangile est donc par définition même une bonne nouvelle pour toute l’humanité comme le souligne si bien Blandenier : « L’Évangile n’est pas un produit occidental, il est le don de Dieu à l’humanité par son Fils né d’une femme au sein d’un petit peuple d’Orient que Dieu a mis à part, au carrefour des continents, en vue du salut du monde (2003,584). » Seulement, ce salut est-il essentiellement une réalité bienfaisante qui se conjugue au futur et se limite au fait que l’âme humaine va échapper au châtiment éternel afin de jouir du bonheur éternel dans un paradis lointain et céleste où il n’y aura ni deuil, ni cri, ni douleur selon ce qui est écrit en Apocalypse 21 :4 ?
Il semble qu’une relecture attentive de Luc 4 :16-2 place l’Évangile sous un angle plus vaste. En fait, dès le début de son ministère, le Seigneur a bien voulu attirer l’attention de l’humanité sur le fait que la Bonne Nouvelle ne saurait être réduite à la dimension spirituelle. Elle est holistique en ce sens qu’elle touche l’être humain dans toutes ses dimensions physiques, morales, intellectuelles et spirituelles. En clair, Dieu ne se préoccupe pas seulement du salut de l’âme. Il se préoccupe aussi de la santé physique et du bien-être du corps qu’il a créé. Il tient également à l’épanouissement intellectuel de celles et ceux que Dieu a bien voulu créer à son image. Ainsi, l’Évangile est véritablement une bonne nouvelle pour l’Afrique et pour le monde entier. Loin d’être un « opium du peuple », pour faire allusion à la manière dont Karl Max et ses disciples ont perçu la religion, l’Évangile -quoique s’inscrivant par sa nature même dans une sphère religieuse – est plutôt une chance, voire une bénédiction pluridimensionnelle pour l’humanité. En effet, il est susceptible d’impacter positivement toutes les sphères de la société notamment la famille, l’éducation, le business, le gouvernement, les médias, la religion, la santé, la sécurité, et même les loisirs. Dans cette optique, force est de relever que l’histoire de l’Église et celle des Missions regorgent d’exemples d’hommes et de femmes qui, inspirés par l’Évangile, ont servi les personnes marginalisées, construit des écoles, édifié des hôpitaux ou des centres de santé, traduit la Bible dans les langues africaines pour les rendre plus accessibles tout en favorisant la préservation des langues autochtones par la même occasion, sensibilisé les fidèles à prendre activement part au développement économique et sociopolitique de leurs pays et de leurs régions, mis sur pied des structures favorisant la justice sociale, dénoncé les déviations des dirigeants (tout en faisant des propositions concrètes en vue de les aider à mieux réussir leurs lourdes et nobles responsabilités), introduit des idées ou des outils qui ont favorisé l’autosuffisance de certaines populations, milité en faveur de l’épanouissement de la femme, contribué efficacement à la protection des enfants ainsi que de l’environnement dans lequel ils vivent… Les exemples sont légion.
Comment pourrait-il en être autrement quand, au cœur même de la Bible se trouve l’amour pour Dieu et pour le prochain. C’est là d’ailleurs la formule la plus idéale pour poser les bases d’une société saine et productive (Light, 2012 :257-258). Pour abonder dans le même sens, mais en soulignant un aspect important, cet amour – tel que décliné dans Matthieu 22 :37 et 1 Corinthiens 13 – n’est pas seulement un amour qui tient de beaux discours; il pose aussi des actes concrets. Or, l’Afrique a plus que jamais besoin de paroles d’encouragement, mais aussi des œuvresqui répondent à ses besoins les plus profonds.
Pourtant, de nos jours le tableau combien aguichant et débordant d’amour, de justice sociale et de miséricorde que peint la Bible semble s’être subitement assombri. La situation est si préoccupante que plusieurs intellectuels africains, à l’instar d’Achile Mbembe dans Afriques indociles : christianisme, pouvoir et État en Afrique postcoloniale (1988), jettent un regard peu flatteur sur l’apport de la foi chrétienne dans une Afrique postcoloniale en quête de panacée, tant ses maux sont pluriels et gravissimes. Pourquoi un Évangile si flatteur et édifiant au plan purement théorique ou théologique semble-t-il peiner à apporter à l’Afrique le soulagement qu’il appelle de toute l’énergie qui reste encore dans ses veines ? Pourtant, de nombreuses personnes qui sont aux affaires et font souffrir leurs contemporains sont parfois des chrétiens ou même des responsables des services paroissiaux comme l’observe Bira (2015, 40-48). Un malheureux hiatus s’est donc installé entre les convictions chrétiennes et la vie quotidienne. Qu’est-ce qu’il faut faire concrètement pour que la Bonne Nouvelle façonne la vie quotidienne des chrétiens au niveau personnel, ecclésial, politique, et socio-économique en contexte africain ?
Comment vivre la Bonne Nouvelle en dépit des circonstances aussi fâcheuses que dévastatrices ?
Comme nous l’avons relevé plus haut, l’Afrique est immense, plurielle et complexe. Un pays comme le Cameroun comporte à lui seul 260 groupes ethniques. Comment trouver une recette qui s’applique à l’ensemble du pays dans le respect des principes bibliques tout en prenant en compte les réalités propres à chaque contexte linguistique et culturel ? Or l’Afrique, forte de presque une soixantaine d’États et de territoires, est encore plus alambiquée. Ici, la raison impose de se limiter à des orientations stratégiques qui poseront les jalons d’un programme concret et pratique que chaque groupe de chrétiens doit développer pour son contexte immédiat afin que l’Évangile soit véritablement une bonne nouvelle pour les Fulbe nomades comme pour ceux qui se sont sédentarisés, pour les Zulu de l’Afrique Australe comme pour les Arabes d’Afrique du Nord, pour les habitants des villages les plus reculés et dépourvus d’eau courante ou d’électricité comme pour ceux qui habitent dans des villes qui tutoient les cités occidentales, pour les prisonniers ou les démunis comme pour les leaders de nos nations, pour les femmes comme pour les enfants, pour faibles dans la foi comme pour les forts, pour les jeunes comme pour les personnes de troisième âge, pour les analphabètes comme pour les érudits, pour les personnes physiquement ou mentalement défiées comme pour celles qui jouissent de toutes leurs facultés physiques et mentales, pour les pauvres comme pour riches, pour ceux qui pleurent comme pour ceux qui rient, pour ceux qui ont échoué comme pour ceux qui ont réussi, pour ceux qui sont en zone de conflit ou de terrorisme comme pour ceux qui jouissent de la paix, pour ceux qui sont opprimés comme pour les dirigeants, pour les non-chrétiens comme pour les chrétiens, pour les fidèles comme pour leurs bergers spirituels, pour les petites comme pour les grandes communautés, pour les désœuvrés comme pour les hauts fonctionnaires ou les chefs d’entreprise, bref pour tous les êtres humains sans distinction aucune. Cela constitue un programme, voire un style de vie qui concerne le vécu quotidien de l’ensemble des communautés et des groupes chrétiens comme l’a si bien perçu le pape Jean-Paul II dans sa lettre apostolique (2001, 294).
Pour y arriver, nous proposons une stratégie qui se décline en six articulations sous l’acronyme PRECHE :
Prière
Recherche
Équipement
Coordination
Humilité
Évaluation
Prière
Il est écrit dans Jacques 3:17: « La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. »C’est donc en Dieu que les croyants trouvent la sagesse et la force nécessaires pour vivre la Bonne Nouvelle d’une manière motivée par l’amour sincère pour Dieu et pour les prochains. Ainsi, les chrétiens seront capables de mener une vie fidèle à la saine doctrine et véritablement engagée sur la voie de l’amélioration de la condition de vie de leurs concitoyens, quelles que soient leurs convictions religieuses. Il convient donc d’implorer sans cesse la faveur de Dieu, sa direction, et sa stratégie, pour le contexte spécifique où chaque communauté chrétienne vit. La prière vient avant et par-dessus tout. Mais faut-il pour autant se limiter à cela ?
Recherche
Dieu est fidèle. Il agit. Cependant, il tient aussi à ce que celles et ceux qui croient en Lui fassent leur part de responsabilité. Dans plusieurs récits bibliques, nous voyons qu’Il a demandé aux femmes et aux hommes de prendre des initiatives, de mener des actions, et de faire tout ce qui est en leur pouvoir. Par exemple, David a placé sa foi en Dieu, mais il a aussi courageusement affronté le géant Goliath en mettant un caillou soigneusement choisi dans sa fronde et en se plaçant dans une posture favorable pour viser la partie la plus vulnérable du corps de Goliath qui était bien revêtu pour la circonstance. Dieu a honoré sa foi en faisant réussir ce qui semblait un acte suicidaire aux yeux de plusieurs tant en Israël que dans le camp des Philistins. De même, dans l’histoire de la multiplication de l’huile de la veuve, il a fallu que la veuve prenne l’initiative d’aller vers l’homme de Dieu pour exposer sa détresse, et obéisse aux instructions de l’homme de Dieu en rassemblant des cruches vides en très grande quantité, en fermant la porte, et en versant patiemment de l’huile dans chaque cruche, et ce jusqu’à épuisement non pas de l’huile, mais de cruches. Un dernier exemple est celui de la résurrection de Lazare où le Seigneur Jésus a demandé aux êtres humains de faire leur part en roulant la pierre et le déliant une fois miraculeusement sorti du tombeau, mais entre les deux activités, il est intervenu par sa divine puissance en ramenant Lazare à la vie. Ceci démontre à suffisance que les disciples du Christ ne sauraient se contenter de prier comme si tout dépendait de Dieu. Chaque croyant(e) doit faire tout ce que Dieu leur donne la capacité de faire là où Dieu l’a placé(e).
Pour y arriver, la recherche semble être un préalable incontournable pour toute activité contextuelle efficace. Ceci est particulièrement important dans un contexte où la vision traditionnelle du monde façonnée par les religions africaines et les coutumes ancestrales continuent à avoir une forte influence sur la vie des chrétiens en Afrique (Chalk, 2013 :171-180). Ce n’est pas pour rien que Moïse a envoyé douze espions en terre promise pour explorer le pays de long en large et ramener des informations précises (Nombres 13) avant le lancement de la conquête de la Terre Promise. Ce n’est pas non plus par simple routine que Josué a aussi envoyé deux espions à Jéricho avant de conquérir cette ville combien stratégique (Josué 2). Il convient donc de mener des recherches approfondies, avant de concevoir un plan stratégique pour aider les chrétiens d’une église locale, d’une localité, ou d’une zone géographique précise à être des ambassadrices et des ambassadeurs de la Bonne Nouvelle en théorie et en pratique. Ces recherches doivent permettre de mieux comprendre les forces, les faiblesses et les opportunités de l’église dans tous les secteurs de la vie publique et privée d’un contexte spécifique. Elles chercheront à mieux comprendre les groupes ethniques représentés dans cette localité, leur histoire, leur organisation politico-religieuse, leurs valeurs culturelles, leur vision du monde, les mutations en cours en leur sein, leurs aspirations profondes, leurs besoins réels, ce qui a déjà été fait dans ce contexte, l’impact des ministères ou des projets passés, les perspectives, et toute autre information utile pour que l’Évangile soit réellement une bonne nouvelle dans ce milieu. Cela aidera la communauté chrétienne à vivre de manière à pratiquer l’Évangile en paroles et en actes, en privé et en public, à l’église et dans toutes les sphères de la société. La recherche est aussi indispensable pour mieux cerner la logique derrière les conflits ethniques et religieux et les moyens de désamorcer les bombes philosophiques et morales enfouies dans la conscience individuelle et collective (Cf. McCauley, 2017). Mais, pour y arriver, il est aussi indispensable de concevoir un plan stratégique conséquent (SMART) et de produire et de rendre disponibles des outils appropriés.
Équipement
Les recherches et le plan stratégique vont permettre d’élaborer des manuels, des canevas, des ressources audiovisuelles ou des documents profonds, mais présentés dans un style simple et accessible même aux personnes qui n’ont pas un grand niveau intellectuel. À ce titre, la Bible d’Étude Africaine et le Commentaire Biblique Contemporain (Africa Bible Commentary), disponible également dans quelques langues africaines, sont de précieux outils pour l’enracinement de la foi des chrétiens sur le continent. Ces livres contiennent des introductions contextualisées et de nombreux articles qui touchent pratiquement tous les aspects de la vie sur le continent.
Par ailleurs, l’usage des langues africaines est vivement recommandé, même dans les milieux où la population semble s’attacher aux langues étrangères. Chaque fidèle est une actrice ou un acteur important dans la proclamation et l’application de l’Évangile dans la vie quotidienne. Ainsi, chacun a droit aux ressources nécessaires pour lui permettre de vivre la Bonne Nouvelle, quel que soit son niveau intellectuel, sa langue, ou son style d’apprentissage. Ces ressources, pour contribuer efficacement à l’épanouissement intégral de l’être humain tout entier, ne sauraient se limiter aux seules dimensions spirituelles. C’est ici le lieu d’affirmer avec Bayili que les universités chrétiennes ont un grand rôle à jouer dans l’équipement des fidèles en devant « des lieux où l’on apprend à apprendre, à constater, mais surtout des cadres où l’on peut apprendre à comprendre, comprendre ce que l’on apprend, comprendre les autres et soi-même, comprendre son milieu et son destin, de même que le destin de tous les humains. (2014 :168)». Il convient même d’aller plus loin en amenant le savoir universitaire jusque dans les villages tout en respectant celles et ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de frotter les savoirs endogènes aux connaissances occidentales, mais qui ne manquent ni de sagesse ni de savoir-faire. Ils peuvent parfaitement promouvoir un enrichissement mutuel entre intellectuels et personnes sous-scolarisées. Cet exercice permet également de tirer des leçons des ancêtres en vue de mieux préparer l’avenir (Brink, 2016, 251). Tous ces paramètres sont vraiment utiles, mais nécessitent une bonne coordination des actions sur le terrain.
Coordination
Toute entreprise humaine a besoin d’un minimum d’organisation pour réussir. La pratique de la Bonne Nouvelle n’en est pas exemptée. Aussi faudrait-il mettre sur pied une petite équipe de (trois à cinq personnes par exemple) pour veiller à la mise en œuvre effective du plan stratégique, répartir les tâches, coordonner les activités, superviser les équipes déployées sur le terrain et être disponible pour clarifier, orienter, encourager, redresser et servir les sœurs et les frères résolument engagés à vivre la Bonne Nouvelle en dépit des obstacles et des circonstances adverses. Même dans la gestion des aides, la conception des projets de développement et leur réalisation, il est important de prendre en compte les facteurs culturels et religieux en impliquant activement les populations locales (Ilo, 2014 :143-151). Ces populations vont alors s’approprier la vision, participer au succès des projets de développement et investir elles-mêmes leurs ressources, si maigres soient-elles. Cela nécessite, une fois de plus, un leadership dynamique et réellement au service des prochains sans calcul égocentrique ou politique. Mais, même une bonne équipe de leaders peut échouer lamentablement si l’orgueil installe son trône dans les cœurs.
Humilité
Le Seigneur Jésus-Christ lui-même a mené une vie d’humilité (Jean 13 :1-16 ; Matthieu 20 :25-28 ; Philippiens 2). Aucun disciple sérieux ne saurait cultiver une attitude contraire. La Bible déclare: « Car qui est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu?» ? (1 Corinthiens 4 :7). Si personne n’a choisi sa race ou son groupe ethnique, si personne n’a choisi de naître homme ou femme, si nul n’a choisi sa caste ou sa famille biologique, si c’est par pure grâce que chaque être humain a reçu le souffle de vie sans lequel aucune activité n’est possible, si c’est par sa pure grâce qu’on est sauvé, si c’est par pure faveur que chaque croyante ou croyant en Jésus-Christ a reçu au moins un don spirituel, si c’est Dieu qui élève et qui abaisse conformément à sa parole en, alors sur quelle base logique un individu peut se permettre de se croire supérieur ou inférieur à un autre quel que que soit son grade, sa connaissance ou sa fonction ? Par ailleurs, si tous les chrétiens (femmes et hommes) réalisent qu’ils constituent une seule famille en Jésus-Christ et prennent conscience du fait qu’ils amassent tous dans un grenier commun (celui du Père céleste), les luttes intestines et les divisions les unes plus scandaleuses que les autres devraient céder la place à l’amour fraternel et à la collaboration pour la gloire de Dieu et l’amour du prochain. L’humilité est la clé la plus efficace pour prévenir et résoudre les conflits. Il faut cependant avouer que la nature humaine est forcément orgueilleuse, mais qu’en maintenant une communion profonde avec Dieu, en implorant son secours dans la prière et en puisant la force de mener constamment une vie d’humilité en Dieu lui-même, la réussite est assurée. Par contre, opter pour la voie de l’orgueil c’est courir le risque d’avoir une fin désastreuse (Proverbes 16 :18, 29 :23 ; Matthieu 23 :12 ; Luc14 :11 ; 1 Pierre 5 :5-6). Même en cas de succès il est dangereux de s’approprier et de s’attribuer la gloire qui revient à Dieu (Cf. Daniel 4 :28-37 ; Actes 12 :21-23 ; 14 :13-15). Vivre la Bonne Nouvelle nécessite donc beaucoup de précautions d’où l’importance d’une évaluation régulière afin de maximiser les réussites sans sombrer dans le piège de la médiocrité ou de l’orgueil.
Évaluation
Toute œuvre humaine est perfectible, d’où la nécessité d’évaluer régulièrement toutes les activités entreprises. Chaque chrétienne ou chrétien gagnerait à faire une planification des activités spécifiques à mener dès les premières minutes de la journée (ou de la soirée selon les horaires de travail) et une auto-évaluation en fin de journée afin de mieux mesurer ce qui a bien marché, ce qu’il faudrait améliorer, et la stratégie qu’il faudrait mettre sur pied pour maximiser les réussites et minimiser les échecs. De même, une église locale gagnerait à évaluer progressivement toutes les activités de l’assemblée chrétienne dans chaque secteur. Les actions ciblées à l’instar de celles qui sont directement liées à une campagne d’évangélisation systématique comportant des activités intenses en une semaine seront évaluées chaque jour pendant le déroulement des activités et au terme de la période préalablement retenue pour une telle activité.
L’évaluation prendra en compte les aspects logistiques, les méthodes utilisées, le contenu des messages, les résultats obtenus, le fonctionnement des différentes commissions ou équipes constituées dans ce cadre de cette campagne (brigade de prière 24 heures sur 24, la commission de secourisme, l’équipe de restauration, l’équipe de secourisme, l’équipe de supervision, la commission de sécurité, la commission de gestion matérielle et financière, le secrétariat, etc.). Ainsi, il n’est pas nécessaire d’attendre un an dans ce cas précis. Par contre, une église locale évaluera mensuellement (ou parfois une fois par semaine) le service de nettoyage, les groupes de prière, les cellules de prière dans les quartiers, l’école du dimanche, le groupe de femmes, chaque chorale ou mouvement actif au sein de l’église, le service de communication, la jeunesse, le ministère du diacre, le ministère des anciens, le déroulement des cultes (forme et contenu), le déroulement des enseignements ou des études bibliques, le service de communication, les relations avec d’autres églises locales et avec les structures établies au sein de la dénomination par ordre hiérarchique, la gestion des bâtiments et des biens autres ressources matérielles dont l’église dispose, la gestion des finances, le travail du pasteur ou de l’évangéliste ainsi que celui de tout responsable établi par l’église. Elle fera aussi une évaluation globale une fois par semestre ou par an. L’évaluation annuelle au sein d’une église ou d’une œuvre chrétienne se fera de préférence en fin d’année et avant de commencer la nouvelle afin de poser des bases plus solides de progrès. En ce qui concerne particulièrement l’évaluation du ministère pastoral, N’guessan ouvre un précieux outil dans son livre intitulé L’évaluation du ministère pastoral (2017). O’Donovan offre aussi des repères bibliques et pratiques très importants dans deux livres publiés en 1998 et en 2002.
Dans cet exercice d’évaluation, grande est la tentation de commencer par les critiques et les observations négatives. C’est un piège, car cela peut ouvrir la porte au découragement, aux frustrations et aux tensions inutiles. Par contre, celle ou celui qui commence par relever ce qui a réussi ou ce qui a bien marché obtient par là même le passeport moral qui lui permet de parler de ce qu’il faudrait améliorer. Évidemment une évaluation n’est pas bénéfique si l’on ne dégage pas les leçons qui s’imposent, les actions mesurables à mener pour mieux réussir dans l’avenir, le chronogramme des activités précises, les personnes chargées de veiller à l’exécution effective des décisions prises, et la mobilisation des ressources nécessaires pour y parvenir.
Conclusion
Vivre la Bonne Nouvelle dans une Afrique profondément meurtrie n’est pas une tâche facile. La diversité de ce continent et la multiplicité des maux qui le minent peuvent alourdir cette responsabilité. Pourtant c’est justement dans un contexte ténébreux et triste que la lumière de l’Évangile est beaucoup plus nécessaire et fructueuse. Pour cette raison, il convient d’implorer la sagesse divine pour traduire l’Évangile dans les pensées, les regards, les gestes et les actions de la vie quotidienne pour que chaque enfant de Dieu soit un véritable agent de transformation holistique susceptible de sortir les populations de la misère matérielle et spirituelle et d’approfondir la joie des populations dans leurs contextes respectifs. Marcher sur les traces du Christ et des apôtres c’est les aider à mieux cerner et transcender leur souffrance qui pénètre malheureusement toutes les sphères de la vie sociale et touche l’être humain dans son corps, son esprit et son âme. Pour y parvenir, il est important de s’appuyer d’abord et par-dessus tout sur Dieu, mais aussi de faire tout ce qui est possible pour mieux cerner les causes profondes des problèmes que rencontre le contexte spécifique, de concevoir une stratégie conséquente pour les surmonter, de mettre des ressources appropriées et transférables à la disposition de tous les fidèles dans un format et une langue qu’ils peuvent facilement comprendre, de veiller à une bonne coordination des activités et de faire des évaluations systématiques. Tout ceci doit se faire dans un esprit d’humilité en marchant sur les traces du Seigneur Jésus.
Une telle entreprise ne saurait réussir si les chrétiens érigent des murs. La sagesse impose plutôt d’effectuer un travail d’équipe et de bâtir des ponts entre les membres d’une église locale, entre l’église locale et d’autres églises ou œuvres chrétiennes sœurs, entre les dénominations, entre les associations nationales d’églises de différents pays et même entre la communauté chrétienne et la société sans discrimination aucune. Procéder ainsi, sanas tomber dans le piège du syncrétisme religieux, permet d’apprendre les uns des autres et de créer ainsi un cadre favorable aux échanges et aux encouragements mutuels pour que le drapeau de la Bonne Nouvelle flotte haut sur le palais du cœur de chaque disciple du Christ et sur chaque église locale. L’Église d’Afrique n’a pas toujours les moyens suffisants pour accomplir sa vision et ses rêves, mais elle peut maximiser son impact si elle gère rigoureusement les ressources humaines et financières disponibles afin d’atteindre des objectifs bien spécifiques. Le défi est de taille, mais si les chrétiens collaborent tout en puisant leur force en Dieu, ils réussiront. Un proverbe africain dit justement à ce sujet : « Les fourmis sont petites, mais si elles s’unissent, elles peuvent transporter un éléphant. »
Le temps est venu de se lever et de mettre résolument en pratique tout ce que le Seigneur a prescrit dans la foi, la crainte respectueuse de Dieu, l’amour, l’obéissance, la simplicité, la persévérance et la fidélité. C’est alors que l’Évangile sera un vecteur de la joie divine dans une Afrique qui risque de se noyer dans un océan de mauvaises nouvelles. C’est à ce prix que les disciples du Seigneur seront des canaux de bénédictions pour leurs prochains, que les églises locales (voire les associations d’églises) et les œuvres chrétiennes seront redynamisées, et que les populations cibles connaîtront une véritable transformation positive sur tous plans pour le bien-être de tous (sans discrimination aucune) et la gloire du Dieu Créateur de l’univers et de tout ce qu’il renferme.
Références bibliographiques
Adogame, Afe 2013 The African Christian Diaspora : New Currents and Emerging Trends in World Christianity. London: Bloomsbury Academics.
Bayili, Blaise 2014 Urgence-Inculturation: D’une Église en Afrique à une Église d’Afrique. Paris : L’Harmattan.
Bible d’Étude Africaine 2015 Abidjan : CPE.
Bira, Louis 2015 Consacrés africains pour quoi faire ? Redécouvrir la fonction sociale des vœux religieux. Paris : L’Harmattan.
Blandenier, Jacques 2015 L’essor des Missions Protestantes. 2e édition révisée. St-Légier : Editions Emmaüs.
Blok, Matthijs J. C. 2007 « Christianisme en quête d’identité en Afrique » accédé sur http://www.larevuereformee.net le 28 Juin 2017.
Brink, Egbert 2016 Sa parole précède: initiation à la foi réformée. Cotonou : Zola Impression.
Chalk, Jack 2013 Making Disciples in Africa. Cumbria: Langham Global Library.
Ilo, Stan Chu 2014 The Church and Development in Africa. Eugene, OR: Pickwick Publications.
Jean-Paul II 2001 Lettre Apostolique Novo millennio ineunte (06.01.2001), accédé sur https://w2.vatican.va le 6 Juillet 2017.
Light, Vernon E. 2012 Transforming the Church in Africa: A New Contextually-Relevant Discipleship Model.Bloomingtonn, IN : AuthorHouse.
Low, Dexter God’s Mandate for the Transforming your Nation: Touching Heaven, Changing Earth. Lake Mary, FL : A Charisma Media Company.
Mana, Kä 1993 Théologie africaine pour temps de crise : Christianisme et reconstruction de l’Afrique. Paris : Karthala.
McCauley, John F. 2017 The Logic of Ethnic and Religious Conflict in Africa. Cambridge, UK : University Printing House.
N’guessan, Noël K. 2017 L’évaluation du ministère pastoral. Cumbria, Langham Monographs.
O.Donovan, Wilbur 1998 Pour un christianisme biblique en Afrique. Abidjan : CPE. 2002 Vivre un christianisme biblique en Afrique contemporaine : Abidjan : CPE.
Oyono, Jacques Fulbert 2011 Pauvreté ou paupérisation en Afrique : une étude exegético-éthique de la pauvreté chez les Beti-Fang du Cameroun. Bamberg : University of Bamberg Press, 2011.
Rodier, Justine 2017 « La diaspora africaine envoie 36% d’argent en plus vers le continent qu’il y a dix ans” article publié sur le site www.jeuneafrique.com le 22 Juin 2017 et accédé le 6 Juillet 2017.
Zikpi, Kokouvi Paul 2014 Perspectives Pastorales pour l’Église en Afrique Noire : Réponse de Dieu au mal et à la souffrance. Paris : L’Harmattan.
Revised version of the article previously published by WCIU Journal
Le peuple Mafa : histoire, tendances actuelles et perspectives d’avenir
Le peuple Mafa vit principalement dans deux nations : le Cameroun et le Nigeria. Cependant, ses racines historiques sont riches en rebondissements, balayant les régions de l’ouest, du centre, du nord et de l’est du continent africain selon les frontières administratives actuelles. Cela peut expliquer pourquoi sa diaspora s’intègre facilement dans divers pays et continents.
Ce peuple a victorieusement affronté des obstacles de taille grâce à sa résilience, à sa capacité d’adaptation, à son ingéniosité et à une solide éthique de travail. Fort de ce noble héritage, il a tous les atouts nécessaires pour résoudre l’équation de la tension entre son sens inné de liberté individuelle et sa profonde aspiration à l’unité dans la diversité d’une part, et, d’autre part, celle qui existe entre l’attachement aux valeurs traditionnelles et la soif de nager dans des eaux existentielles marquées par les nouvelles réalités de l’hypermodernité et de la pluralité religieuse. Toutefois, le peuple Mafa ne saurait s’endormir sur ses lauriers. Il devra mettre le cap sur un développement holistique de toutes ses filles et de tous ses fils, quels que soient leurs niveaux d’éducation. Pour y arriver, une planification stratégique rigoureuse, des actions concrètes et des évaluations régulières s’imposent.
Nouvelle date de publication [enrichissement données sur les Mafa du Nigeria]: 31 octobre 2025 (Le livre sera disponible, en français et en anglais, sur amazon.fr et amazon.com)
The Mafa people live mainly in two nations: Cameroon and Nigeria. However, their historical roots are rich in twists and turns, sweeping across the African continent’s western, central, northern, and eastern regions according to current administrative boundaries. This may explain why the Mafa diaspora blends easily in various countries and continents.
The Mafa have victoriously faced significant obstacles thanks to their resilience, ability to adapt, ingenuity, and strong work ethic. With this noble heritage, they have all the necessary assets to resolve the equation of the tension between their innate sense of individual freedom and their deep aspiration for unity in diversity on the one hand and, on the other hand, that which exists between the attachment to traditional values and the thirst to swim in existential waters marked by the new realities of hypermodernity and religious plurality. However, the Mafa populations cannot rest on their laurels. They must set a course for the holistic development of all their daughters and sons, whatever their levels of education. To achieve this goal, rigorous strategic planning, concrete actions, and regular evaluations are required.
New publication date [enrichment of data on the Mafa of Nigeria]: October 31, 2025
(This book will be available in English and French on amazon.fr and amazon.com)
« Qui sème dans les larmes moissonnera avec des cris de joie ! Qui s’en va en pleurant alors qu’il porte sa semence reviendra en poussant des cris de joie, alors qu’il portera ses gerbes. » Psaume 126:5-6
Excellente année de joie et de bénédictions multidimensionnelles!
Shalom à Tous!
Qu’en cette nouvelle année 2024, il plaise au Seigneur de vous accorder la grâce de jouir des fruits de vos travaux, investissements, et sacrifices. Qu’il transforme vos problèmes en solutions, vos obstacles en opportunités, vos ennemis en amis, vos besoins en abondance et vos larmes en cris de joie. Que Dieu vous bénisse selon l’immensité de sa grandeur, et d’une bénédiction irrévocable! Amen.
Moussa et Priscille Bongoyok
« Those who sow with tears will reap with songs of joy. Those who go out weeping, carrying seed to sow, will return with songs of joy, carrying sheaves with them. » Psalm 126:5-6
Happy New Year of Multidimensional Joy and Blessings!
Shalom!
In this new year 2024, may it please the Lord to grant you the grace to enjoy the fruits of your work, investments and sacrifices! May He transform your problems into solutions, your obstacles into opportunities, your enemies into friends, your needs into abundance, and your tears into cries of joy! May God bless you according to the immensity of His greatness and with irrevocable blessing!
Mon épouse Priscille Mbalidam et moi exécutons ce chant au rythme de ganzavar en ce jour de Noël 2023. Même loin du terroir, notre cœur n’oublie pas les montagnes du pays Mafa. Ceci est un vieux chant de Noël dans le cantique en langue mafa (voir texte original ci-dessous). Il invite à aller saluer le Roi des rois, né à Bethléhem. Ce chant a été adapté au rythme de Houdok à l’église évangélique de Soulédé (Mayo-Tsanaga, Extrême-Nord Cameroun) dans les années 1980 par Korié la femme de Neguem Chéné. Elle fut sage-femme au dispensaire protestant de Soulédé.
My wife and I are performing this song to the rhythm of ganzavar this Christmas Day 2023. Even far from the land, our hearts do not forget the mountains of the Mafa country. This is an old Christmas carol in the Mafa language hymnbook (see original text below). It invites us to go and greet the King of kings, born in Bethlehem. This song was adapted to the rhythm of Houdok at the evangelical church of Soulédé (Mayo Tsanaga, Far North of Cameroon) in the 1980 s by Korié, the wife of Neguem Chéné. She was a midwife at the Protestant dispensary in Soulédé.
Le monde est plus que jamais secoué. Les injustices font rage. Les foyers de tensions abondent. Les guerres se multiplient et arrachent brutalement des vies, souvent à la fleur de l’âge. Le terrorisme dévaste. L’économie mondiale se porte mal. La misère s’accentue. Le taux de chômage est très élevé. Les familles se déchirent. La dépression fait des ravages. Les jeunes s’inquiètent et, parfois, paniquent. Et, comme si ce tableau n’était pas déjà suffisamment sombre, même certains leaders religieux sur lesquels de nombreux fidèles comptent pour retrouver leur équilibre semblent chercher leur repère ailleurs qu’en le Dieu Créateur du ciel et de la terre et en sa parole, la Bible. À ce titre, la situation est si préoccupante que, dans son article disponible sur le site du journal La Vie (publié le 22/12/2023 à 17 h 26), Marie Lucille Kubacki n’hésite pas à écrire : « Des secousses sismiques sont enregistrées çà et là dans le catholicisme mondial depuis la publication par le Vatican de Fiducia supplicans, une déclaration ouvrant la possibilité de bénir les couples homosexuels.” Heureusement, des prises de positions courageuses de cardinaux, évêques et prêtres à travers le monde, et surtout en Afrique, sont des signes encourageants et dignes de félicitations. Toutefois, quelques questions demeurent : De quoi sera fait l’avenir ? Quelle autre stratégie déstabilisatrice est en train d’être concoctée en secret? Comment fêter quand les désagréments, les problèmes, et les défis multidimensionnels semblent barrer la voie des réjouissances telles des montagnes infranchissables ? Par quelle alchimie peut-on dénicher une goutte de carburant de joie pour fêter Noël en toute quiétude ?
Il y a de cela un an, l’auteur de cet article avait publié une brève réflexion sur ce thème sous le titre : « Noël : une fête, deux concepts clés ». Les réactions des internautes et leur souhait d’avoir une étude plus approfondie de la Nativité ont motivé cet article qui, loin d’être exhaustif, présente les éléments essentiels de Noël à la lumière de la Bible. Au lieu de l’enfermer dans une date ou une saison de l’année, cette étude propose une appropriation. Mieux encore, elle recommande une application des principes spirituels qui enveloppent cet événement extraordinaire dans la vie ordinaire d’une humanité qui vibre au rythme des joies et peines de la vie quotidienne.
En effet, plus de deux millénaires se sont écoulés depuis la venue du Christ dans ce monde. L’humanité a fait des pas de géant dans le domaine intellectuel, médical, technologique et pratiquement dans tous les secteurs de la vie individuelle et sociale. Un grand fossé existe entre les réalités socioéconomiques du premier siècle et celles du vingt et unième siècle. Les changements s’enchaînent à un rythme de plus en plus vertigineux et, avec l’avènement de l’intelligence artificielle, de plus grandes surprises se profilent à l’horizon avec ses avantages et ses risques. Les injustices font rage à tous les niveaux. L’économie évolue en dents de scie. La paix mondiale est menacée par le terrorisme et les conflits armés. La planète souffre de multiples maux qui affectent directement ou indirectement le corps, l’âme et l’esprit de chaque individu. Devant un tableau si peu reluisant, des interrogations légitimes fusent de toutes parts. Comment se permettre de célébrer une fête comme Noël dans un tel contexte ?
Il convient de rappeler une doctrine biblique fondamentale : si le monde change à une vitesse vertigineuse, Dieu demeure le même. Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Psaume 102 :27-28, Malachie 3:6, Jacques 1:17, Hébreux 1:12, etc.). C’est donc naturellement vers lui qu’il faut se tourner. Heureusement, la Bible regorge de recommandations et de conseils précieux pour surmonter victorieusement les tempêtes et les vagues existentielles sans faire naufrage en matière de foi. Pour rester dans le cadre de Noël, ce papier se limitera aux récits de la nativité et des événements connexes. Ils sont déjà suffisamment denses pour donner des orientations susceptibles de transcender l’adversité sous ses diverses facettes afin de fêter Noël avec amour, joie, paix, et reconnaissance envers le Dieu d’amour. Bien plus, ils renferment des principes si profonds que leur application permettra aux disciples du Seigneur de vivre Noël chaque jour. Les pages qui suivent examineront respectivement la définition du terme « Noël », le bien-fondé de la célébration de Noël, les prophéties de l’Ancien Testament relatives à Noël, et les leçons tirées de la vie de Zacharie, Marie, Élisabeth, Joseph, de l’expérience de la naissance du Christ dans une étable, de l’enthousiasme des bergers, de la patience de Siméon et Anne, de la visite des mages, de l’attitude du roi Hérode, de l’exil égyptien, et de la personne du Christ lui-même.
I. Qu’est-ce que Noël ?
Le terme « Noël » provient du latin natalis (naissance) qui est une forme abrégée de natalis dies (jour de naissance). Avec l’avènement du christianisme, ce vocable fut appliqué à la naissance du Christ et non à celui du Sol Invictus (soleil invaincu). Ce mot a connu plusieurs mutations en français, passant de Naël au XIIe siècle, à Noel (sans tréma), pour prendre absolument sa forme actuelle au XVIIIᵉ siècle.
Noël est donc la fête qui célèbre la naissance du Seigneur Jésus-Christ, Parole de Dieu devenue chair pour le salut de l’humanité. D’ailleurs son nom, Jésus –יֵשׁוּעַ(Yéshûa) en hébreu et Ἰησοῦς (Iêsous) en grec, signifie « Dieu sauve ». Cette fête est aussi appelée Épiphanie (manifestation, apparition, ou venue) sur la base 2 Timothée 1 :10 où il est écrit : « Et maintenant, elle a été révélée par la venue de notre Sauveur Jésus-Christ. Il a brisé la puissance de la mort et, par l’Évangile, a fait resplendir la lumière de la vie et de l’immortalité. » [Toutes les citations bibliques sont tirées de la version Bible du Semeur]. Le terme « Christ » désigne le Messie (l’Oint ou l’Élu).
Définir Noël est un premier pas, mais une plus grande préoccupation porte sur son importance au sein de la chrétienté.
II. Vaut-il la peine de fêter Noël ?
Si la naissance de Jésus de Nazareth est une réalité historique annoncée par les prophètes de l’Ancien Testament, décrite amplement dans le Nouveau Testament et confirmée par des sources savantes non chrétiennes, il n’en est pas ainsi pour la date. En réalité, la date exacte de la naissance du Seigneur n’est pas précisée dans la Bible. Les premiers chrétiens, souvent persécutés, sont restés muets là-dessus. L’on sait cependant qu’ils célébraient la Pâques, la seule fête générale de l’Église dans les trois premiers siècles (Westphal, 1932). Même parmi les historiennes et les historiens qui se sont penchés sur la question, les avis divergent. C’est au quatrième siècle que remonte la première célébration de Noël (Olivier in Elwell, 2001 :238) à la faveur de la conversion de l’empereur Constantin. Le 25 décembre, date retenue pour la circonstance, est donc une convention symbolique et non l’anniversaire du Sauveur du monde. Westphal l’exprime en de termes plus clairs : « À ne pas avoir une date historique, il fallait une date symbolique ; et quel jour de l’année pouvait marquer mieux l’entrée du Sauveur dans le monde que le jour où la lumière triomphait des ténèbres ? » Il convient cependant de préciser immédiatement que cette date ne fait pour autant pas l’unanimité au sein de la chrétienté. Noël est célébré le 6 et 7 janvier dans certaines communautés en Orient, en Égypte, et en Éthiopie. D’autres sources ont avancé les dates du 18 avril, 19 avril, et 20 mai pour la naissance du Christ (Elwell, 2001 :238).
Devant le débat qui entoure Noël, certains chrétiens s’abstiennent de la célébration de cette fête. Même parmi les Réformateurs, il y a eu deux camps : Luther encouragea la célébration de Noël tandis que Zwingli et Calvin s’y opposèrent catégoriquement. Si la majorité de chrétiens célèbre Noël, et si l’art chrétien renferme de nombreuses œuvres bâties autour de cette fête (McGrath & Packer, 2005 :108-109), une minorité importante s’y oppose. Cette dernière est dégoûtée – entre autres raisons – par le fait que cette fête prend dangereusement une connotation beaucoup plus commerciale et païenne que biblique en Occident et dans de nombreux autres pays du monde (Voir Nissenbaum, 1997). Les dérives sont manifestes, certes, et n’ont pas leur place dans une communauté chrétienne soucieuse d’honorer Dieu. Mais, faut-il pour autant « jeter le bébé avec l’eau de bain » ?
Malgré tout, la célébration de Noël est légitime. David Jeremiah (2021) donne 25 raisons de la célébrer dans son livre intitulé Why the Nativity ? : 25 Compelling Reasons We Celebrate the Birth of Jesus (ce livre est aussi disponible aussi en français). La méconnaissance de la date exacte de la naissance du Christ ne diminue pas sa réalité. Plusieurs femmes et hommes ignorent la date exacte de leur naissance, mais vivent pleinement. Par ailleurs, s’il est commun de célébrer les anniversaires des individus et de mille et un événements estimés importants, pourquoi serait-il illogique de réserver un jour dans l’année pour se souvenir de la naissance de celui qui est la vraie source de toutes nos bénédictions terrestres et même du souffle de vie ? La célébration de la naissance du Christ dans un esprit d’adoration et de commémoration, en mettre l’accent sur l’amour de Dieu manifesté à travers la venue de Jésus dans ce monde pour ouvrir à l’humanité la voie du pardon et du salut éternel, a toute sa place. Toutefois, le côté festif, tel un emballage, ne doit nullement remplacer le contenu même du paquet. Pour se soustraire à la pesanteur traditionaliste, matérialiste et païenne décriée par Calvin (Institution IV, 10), il convient donc de redonner au Seigneur Jésus-Christ la place centrale qui lui revient pendant la fête de Noël. C’est alors qu’éclatera la joie pure en ce jour qui a marqué d’un sceau indélébile l’histoire de l’humanité.
Bien entendu, il n’est nullement question d’en faire une prescription non plus. D’ailleurs, le Seigneur trace une voie qui évite tout jugement à l’endroit d’un camp ou de l’autre à travers ces paroles de Colossiens 2 :16-17 ; «Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou à propos d’une fête, d’un nouveau mois ou du sabbat : tout cela n’était que l’ombre des choses à venir, mais la réalité est en Christ. » Toutefois, quelle que soit la décision prise, le même livre biblique précise au 17ᵉ verset du chapitre 3 : « Dans tout ce que vous pouvez dire ou faire, agissez au nom du Seigneur Jésus, en remerciant Dieu le Père par lui. »
Si la Bible n’empêche pas la célébration de Noël, il convient maintenant de se demander comment le faire dans l’esprit de la révélation biblique. Les sections suivantes s’attardent là-dessus.
III. Sur les traces des prophètes de l’Ancien Testament
La Bible renferme plus de trois cents prophéties se rapportant directement ou indirectement à la venue du Christ dans ce monde. Certaines d’entre elles sont tellement précises qu’elles renforcent la foi en la véracité des Saintes Écritures (Voir Thiessen, 1949 :38-42 pour certains détails importants). Le prophète Michée, au huitième siècle avant Jésus-Christ, indiqua avec précision — au premier verset du 5ᵉ chapitre de son livre — le lieu exact de la naissance du Messie ainsi que son origine divine : « Et toi, Bethléhem Ephrata, la plus petite des villes de Juda, de toi, il sortira pour moi celui qui régnera sur Israël ! Son origine remonte aux temps passés, aux jours anciens. » Ésaïe, dans la même période, déclara, sous l’inspiration divine : «C’est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un signe : Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel (Dieu avec nous). [Esaïe 7 :14] » Toujours poussé par le Saint-Esprit, il a précisé la divine nature de cet enfant dans Esaïe 9 :6-7 : «Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et, il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix. Il étendra sans fin la souveraineté et donnera la paix qui durera toujours au trône de David et à tout son royaume. Sa royauté sera solidement fondée sur le droit et sur la justice, dès à présent et pour l’éternité.La Bible renferme plus de trois cents prophéties se rapportant directement ou indirectement à la venue du Christ dans ce monde. Certaines d’entre elles sont tellement précises qu’elles renforcent la foi en la véracité des Saintes Écritures (Voir Thiessen, 1949 :38-42 pour certains détails importants). Le prophète Michée, au huitième siècle avant Jésus-Christ, indiqua avec précision — au premier verset du 5ᵉ chapitre de son livre — le lieu exact de la naissance du Messie ainsi que son origine divine : « Et toi, Bethléhem Ephrata, la plus petite des villes de Juda, de toi, il sortira pour moi celui qui régnera sur Israël ! Son origine remonte aux temps passés, aux jours anciens. » Ésaïe, dans la même période, déclara, sous l’inspiration divine : «C’est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un signe : Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel (Dieu avec nous). [Esaïe 7 :14] » Toujours poussé par le Saint-Esprit, il a précisé la divine nature de cet enfant dans Esaïe 9 :6-7 : «Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et, il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix. Il étendra sans fin la souveraineté et donnera la paix qui durera toujours au trône de David et à tout son royaume. Sa royauté sera solidement fondée sur le droit et sur la justice, dès à présent et pour l’éternité. Voilà ce que fera le Seigneur des armées célestes dans son ardent amour.La Bible renferme plus de trois cents prophéties se rapportant directement ou indirectement à la venue du Christ dans ce monde. Certaines d’entre elles sont tellement précises qu’elles renforcent la foi en la véracité des Saintes Écritures (Voir Thiessen, 1949 :38-42 pour certains détails importants). Le prophète Michée, au huitième siècle avant Jésus-Christ, indiqua avec précision — au premier verset du 5ᵉ chapitre de son livre — le lieu exact de la naissance du Messie ainsi que son origine divine : « Et toi, Bethléhem Ephrata, la plus petite des villes de Juda, de toi, il sortira pour moi celui qui régnera sur Israël ! Son origine remonte aux temps passés, aux jours anciens. » Ésaïe, dans la même période, déclara, sous l’inspiration divine : «C’est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un signe : Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel (Dieu avec nous). [Esaïe 7 :14] » Toujours poussé par le Saint-Esprit, il a précisé la divine nature de cet enfant dans Esaïe 9 :6-7 : «Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et, il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix. Il étendra sans fin la souveraineté et donnera la paix qui durera toujours au trône de David et à tout son royaume. Sa royauté sera solidement fondée sur le droit et sur la justice, dès à présent et pour l’éternité. Voilà ce que fera le Seigneur des armées célestes dans son ardent amour.»
Voilà ce que fera le Seigneur des armées célestes dans son ardent amour.
Plusieurs siècles avant l’incarnation du Christ, ces prophètes ont annoncé sa venue avec force détails. Comment concevoir longtemps à l’avance un tel miracle et l’annoncer avec conviction sans une confiance absolue en Celui qui est la source de cette nouvelle ? C’est là que réside justement la première clé de l’art d’accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire : la foi en Dieu. La foi est, selon Hébreux 11 :1, « une façon de posséder ce qu’on espère, c’est un moyen d’être sûr des réalités qu’on ne voit pas. » La foi est nécessaire pour naître de nouveau. Elle est aussi indispensable pour mener une vie chrétienne victorieuse. Mais, est-ce facile de la maintenir quand les évidences semblent déstabiliser ?
IV. Sur les traces de Zacharie
Zacharie en a fait l’expérience dans Luc 1 :8-25 et 57-66. Serviteur de Dieu, désigné par le sort parmi les prêtres de sa classe sacerdotale pour brûler l’encens dans le saint des saints, il reçut la visite d’un ange du Seigneur qui lui annonça la naissance d’un fils qu’il nommera Jean. L’ange prit le soin de préciser que la mère de cet enfant sera sa femme Élisabeth qui était, comme lui, très avancée en âge. Quoique religieux, son intelligence humaine entra en jeu et l’amena à exprimer ouvertement son doute. Dieu, dans sa grâce, ne retira pas sa promesse. Cependant, il devint muet jusqu’à la naissance effective de Jean-Baptiste, le précurseur direct du Messie. La moralité de ce récit, c’est qu’il est possible de fléchir dans sa foi et d’être châtié à juste titre, sans pour autant être entièrement rejeté. Dans la marche chrétienne, il est possible de tomber et de se relever. L’apôtre Pierre en a fait l’expérience, lui qui a renié le Seigneur trois fois de suite malgré les avertissements reçus (Matthieu 26 : 58, 69-75 ; Marc 14 : 54, 66-72 ; Luc 22 : 54 : 62 ; Jean 18 : 15-18, 25-27), mais il se repentit et fut restauré (Jean 21 :15-25). La preuve en est que le Seigneur n’a pas choisi un autre canal que Pierre, le jour de Pentecôte, pour poser les fondements de la première église chrétienne (Actes 2). Il y a donc de l’espoir pour celles et ceux qui ont perdu quelques batailles de la foi, ils peuvent gagner la guerre spirituelle. Ils sont capables de se ressaisir en vue d’accueillir l’extraordinaire dans leur cheminement ordinaire. Ceci est valable pour les hommes comme pour les femmes, pour les personnes âgées comme pour les jeunes.
V. Sur les traces de Marie
Marie illustre parfaitement le fait que Dieu ne minimise aucun âge et s’intéresse aux femmes autant qu’aux hommes. Jeune fille vierge, elle reçut la visite de l’ange Gabriel dans Luc 1 :26-38. Comme Zacharie, elle fut surprise par l’annonce. Seulement, contrairement à lui, elle ne douta pas, mais elle chercha simplement à comprendre comment une vierge peut concevoir un enfant sans contact physique avec un homme. C’est la raison pour laquelle, l’ange ne lui fit pas de reproche (Walvoord et Zuck, 1983 : 205). L’attitude de Marie est riche en leçons pour accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire : elle était alerte, disponible, disposée à obéir, même si cela pouvait l’exposer au risque d’être ridiculisée, voire brutalisée. Face aux aspects qu’on ne comprend pas, il est donc possible d’éviter de sombrer dans le doute en exprimant directement au Seigneur son besoin de les comprendre.
Si Marie, malgré son jeune âge, a facilement accepté l’impensable, Dieu l’a cependant mise en contact avec une femme plus mûre pour la fortifier davantage dans sa foi.
VI. Sur les traces d’Élisabeth
Entre-temps, Dieu avait justement fait une œuvre merveilleuse dans la vie d’Élisabeth. Pour elle, sa grossesse était incontestablement un signe. Évidemment, Zacharie était devenu muet pour un temps, mais il lui a certainement communiqué par écrit son expérience dans le temple. Cela ne diminue en rien la spiritualité profonde d’Élisabeth perceptible à travers ce qu’elle disait intérieurement à la lumière de Luc 1 :24-25 où on lit : « Quelque temps après, sa femme Élisabeth devint enceinte et, pendant cinq mois, elle se tint cachée. Elle se disait : c’est l’œuvre du Seigneur en ma faveur: il a décidé d’effacer ce qui faisait ma honte aux yeux de tous ! » La beauté de sa vie spirituelle est encore plus éclatante dans Luc 1 :39-56 où elle discerna à travers le remuement du bébé en elle (à la suite des salutations de Marie et à l’action du Saint-Esprit) que Marie — dont la grossesse devait être imperceptible à ce point — était enceinte et enfanterait le Messie. Elle félicita Marie d’avoir cru à l’accomplissement de l’annonce du Seigneur. Marie répondit par un cantique dont la magnificence mérite une attention spéciale.
Deux lois spirituelles apparaissent explicitement dans cet épisode. Tout d’abord, pour vivre l’extraordinaire dans l’ordinaire, l’être humain a besoin de l’aide du Saint-Esprit. Ensuite, cette expérience n’exclut pas la responsabilité humaine. Élisabeth était disponible, attentive, prête à s’humilier devant une parente nettement plus jeune et à l’encourager. Si chaque disciple du Seigneur était prompt à obéir au Seigneur et à encourager ses condisciples, la marche chrétienne serait nettement plus fructueuse en dépit des circonstances adverses.
Marie, encouragée par Élisabeth auprès de laquelle elle a séjourné pendant environ trois mois, a vécu la conception virginale sans secousse. Qu’en était-il pour Joseph, son fiancé ?
VII. Sur les traces de Joseph
À l’époque, les fiançailles avaient presque le même poids que le mariage, excepté l’intimité conjugale qui n’est pas au rendez-vous pendant cette période préparatoire. Joseph, un homme pieux (Matthieu 2 :19) eut le choc de sa vie en constatant que Marie était enceinte. Était-ce vraiment un miracle ? Au départ, Joseph refusa cette hypothèse. Pour lui, comme un tel miracle ne s’est jamais produit dans l’histoire de l’humanité, il est fort possible que Marie l’ait trompé avec un autre homme. Toutefois, malgré sa déception, il était si noble de caractère qu’il ne songea pas à l’humilier ni à la livrer à la vindicte populaire. Il opta pour une rupture secrète (Matthieu 2 :19). C’est alors qu’intervint un ange du Seigneur dans son rêve. Il dit à Joseph de ne pas craindre de prendre Marie pour femme, confirmant au passage la conception par la puissance du Saint-Esprit, et indiquant le nom et le rôle de l’enfant qui devait naître (Matthieu 2 :20-23). Joseph obéit et joua pleinement son rôle de père adoptif.
Il avait une bonne disposition intérieure. Sa relation avec Dieu avait un impact positif sur ses relations humaines. Combien de croyants affirment haut et fort leur piété profonde, mais entretiennent des relations exécrables avec leurs prochains ? Qu’en est-il des soupçons, de fausses accusations, des jugements hâtifs sans prendre le soin d’observer, d’analyser, de demander des éclaircissements à la victime ou de chercher la face du Seigneur ? Au lieu d’être des sources d’encouragement comme Élisabeth, plusieurs sont plutôt des agents de destruction de leurs frères et sœurs dans la foi. Joseph avait un esprit différent. Dieu l’aida à ne pas tomber dans ce piège. Spirituellement alerte, il discerna la volonté de Dieu, même au travers d’un rêve. Obéissant, il annula son plan et accepta d’obéir au Seigneur en prenant Marie pour femme. Cela comportait des risques, car ses contemporains pouvaient l’accuser d’avoir été impatient au point de connaître sa fiancée avant le mariage. Mais, il préféra l’obéissance au Seigneur aux applaudissements des êtres humains. Accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire, c’est aussi avoir le courage de nager à contre-courant comme Josué et Caleb dans Nombres 14. Serait-il facile de le faire, surtout quand des intérêts financiers et le confort sont en jeu ?
VIII. Sur les traces de l’étable
Le recensement ordonné par l’Empereur Auguste (Luc 2 :1-3) draina une foule à Bethléhem. Dieu ne fait pas d’erreur. Il porta son choix sur un couple de Nazareth, au nord, alors que le Messie devait naître à Bethléhem, au sud, selon la prophétie de Michée 5 :1. La logistique humaine aurait préféré un couple de Bethléhem. Mais, les pensées et les voies de Dieu ne sont pas nécessairement celles de ses créatures (Voir Ésaïe 55 :8-9). Il créa une circonstance qui permit à Jésus de Nazareth de naître dans la cité du roi David. Une fois encore, la foi invite à faire confiance au Seigneur même si, humainement parlant, les indicateurs semblent être défavorables.
Joseph amena donc Marie à Bethléhem alors qu’elle était à terme. Il chercha à dénicher une place rare à l’hôtellerie. Cependant, il avait deux désavantages : une femme qui devait accoucher d’un moment à l’autre et un porte-monnaie plat. Qu’est-ce qui indique que Joseph était pauvre? Au moment de présenter le bébé au temple, il ne pouvait qu’apporter une paire de tourterelles, ce qui était l’offrande réservée à ceux qui ne pouvaient pas s’offrir un agneau (Lévitiques 12 :8). L’agneau de Dieu est né dans une étable, quel tableau en parfaite harmonie avec l’économie du salut ! Le Roi des rois eut pour berceau une mangeoire. Quelle belle leçon d’humilité quand on sait que de nombreux problèmes socio-économiques et politiques tirent leurs sources de l’orgueil humain ! Si seulement les fille et fils d’Adam étaient prompts à s’abaisser pour chercher le bien-être du prochain ou préserver la paix, le monde connaîtrait moins de conflits évitables et de guerres. Le chemin d’une vie qui sait accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire traverse la case d’humilité qui, du reste, n’enlève rien à la grandeur de la personne qui s’abaisse volontairement. La réaction des bergers le confirme.
IX. Sur les traces des bergers
Les bergers du temps de Jésus étaient marginalisés. D’ailleurs, même en ce 21ᵉ siècle, la perception des bergers demeure peu reluisante dans certaines régions du monde. C’est pourtant à eux et non aux hauts dignitaires de la cour royale ou même aux dirigeants religieux que Dieu réserva la primeur de la naissance du Messie. L’ange dépêché pour l’annonce de la bonne nouvelle précisa dans Luc 2 :11-12 : « Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David ; c’est lui le Messie, le Seigneur. Voici à quoi vous le reconnaîtrez : vous trouverez un nouveau-né dans ses langes, couché dans une mangeoire. » Toutefois, le cadre modeste dans lequel le Sauveur naquit et le lieu impensable où il fut couché ne diminuèrent pas sa gloire aux yeux des bergers, surtout qu’un concert angélique suivît l’annonce (Luc 2 :13-14). Ils se rendirent immédiatement à Bethléhem, virent le bébé, et s’en retournèrent le cœur débordant de louange.
Aux yeux de Dieu, chaque individu est important. La classe sociale, la caste, l’appartenance tribale ou clanique, le faible poids économique ou la modeste position sociale ne constituent en rien une barrière susceptible d’empêcher l’accueil de l’extraordinaire dans l’ordinaire. Au lieu d’être paralysé par les jugements négatifs et les mauvais traitements humains, il vaut mieux se tourner vers Dieu, la source de la bonne nouvelle, même s’il faut attendre longtemps avant de voir le fruit de sa confiance en le Créateur, comme ce fut le cas pour Siméon et Anne.
X. Sur les traces de Siméon et Anne
En effet, si les bergers pouvaient immédiatement vérifier l’authenticité de la bonne nouvelle annoncée, ce ne fut pas le cas pour Siméon (Voir Luc 25-35). Quoique juste et pieux, il a attendu longtemps avant de voir le Messie. Il ne regardait pas la montre ou le calendrier. Il ne comptait pas les années qui venaient et passaient, ni son âge qui cheminait à grande vitesse vers la fin du pèlerinage terrestre. Il avait une foi inamovible en Dieu, car « L’Esprit saint lui avait révélé qu’il ne mourait pas avant d’avoir vu le Messie, l’Envoyé du Seigneur (Luc 2 :26) ». Le jour indiqué, le Saint-Esprit le conduisit à aller dans le temple et il obéit. Le résultat est éloquent. Non seulement il fut pleinement satisfait, mais il glorifia Dieu publiquement, confirma la mission du Messie, et édifia Joseph et Marie. Il laissa un message spécial à Marie au sujet du bébé, la préparant indirectement à affronter la fin brutale de la mission terrestre du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
Comme Siméon, la prophétesse Anne attendit longtemps avant de savourer le fruit de sa foi (Luc 2 :36-38). L’attente n’est pas synonyme de passivité. Anne servait activement le Seigneur à travers le ministère de jeûne et de prière. Dieu seul sait que le monde et l’église ont besoin d’un plus grand nombre de personnes qui prennent l’intercession au sérieux et s’y investissent. Un proverbe africain dit : « Si la marmite bout, c’est parce qu’il y a le feu en bas. » Le faible niveau spirituel des églises locales et leur impact négligeable sur la société sont peut-être des signes qu’il faudrait attiser davantage le feu de la prière sous la marmite ecclésiale. Les premiers apôtres l’ont compris au point de donner la priorité à deux activités : la prière d’abord et l’enseignement ensuite (Actes 6 :4).
S’il faut souligner une leçon principale de la vie de Siméon et Anne, c’est la patience. Dieu est patient (2 Pierre 3 :9) et l’un des fruits du Saint-Esprit est la patience (Galates 5 :22). Pour accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire, il faut savoir patienter, avoir une foi persévérante. Les mages en savent quelque chose.
XI. Sur les traces des mages
Avant de percevoir l’étoile, les mages ont dû scruter le ciel pendant plusieurs années. Ils ont fait preuve de persévérance. En se basant certainement sur les trois cadeaux, la tradition dit que les mages étaient trois et leur attribue divers noms, parmi lesquels les plus célèbres sont Gaspard, Melchior et Balthazar. Mais, force est de relever que la Bible n’indique ni leur nombre ni encore moins leurs noms. L’on sait simplement qu’ils étaient plusieurs et venaient de l’Orient (Matthieu 2 :1-2), probablement de Babylone ou de Perse (actuels Iran et Irak). De nombreux érudits pensent qu’ils ne sont pas arrivés immédiatement après la naissance de Jésus. Tony Evans relève, par exemple, qu’ils étaient dans une maison (Matthieu 2 :11) et non dans l’étable d’une part, et d’autre part, Hérode a ordonné que l’on tue les bébés de deux ans et en dessous (Matthieu 2 :16), ce qui indique qu’il s’est passé un laps de temps entre sa naissance et l’arrivée des mages (Evans, 2019 :866). C’est ce que souligne Archer en écrivant que l’étoile serait apparue au moment de la naissance de Jésus, et les mages (qui n’étaient pas des magiciens, mais des savants) ont mis plus d’un an avant d’atteindre Jérusalem (Archer, 1982 :317).
L’on peut imaginer leur joie et leur endurance quand ils apercevaient l’étoile, mais l’étoile disparut. Ils ne se découragèrent pas pour autant, mais interrogèrent le roi Hérode sur le lieu de naissance du Messie. Il fit venir les personnes indiquées, notamment les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi. Ils avaient l’information juste : Bethléhem en Judée (Matthieu 2 :1-6).
Il est triste de constater qu’on peut avoir une tête remplie de connaissances justes et passer à deux doigts du salut faute d’une bonne disposition intérieure. Les intellectuels de l’époque n’ont pas cherché à cheminer avec les mages pour voir le Messie. Peut-être avaient-ils peur du roi Hérode ? Toujours est-il que les mages continuèrent leur route. Pour les orienter avec précision vers l’enfant, Dieu permit la réapparition de l’étoile, ce qui les remplit de joie, car ils pouvaient alors retrouver avec exactitude la demeure de l’Enfant Jésus (Matthieu 2 :9). Ils le virent, l’adorèrent et lui offrirent des cadeaux très significatifs : l’or indique sa royauté, l’encens sa divinité et la myrrhe sa mort expiatoire. L’or a certainement permis au jeune couple de financer l’exil et le séjour en Égypte, sur le continent africain.
Un détail important mérite l’attention de tous : divinement avertis par un rêve, les mages ne repartirent pas par le même chemin. Ceci illustre parfaitement la réalité du changement qui s’opère lorsqu’on rencontre Jésus : l’on ne peut plus continuer à vivre comme auparavant. La rencontre entre la femme Samaritaine et Jésus a entraîné une transformation dans la vie de cette femme et celle de sa communauté (Jean 4 :1-45). Quand le chemin de Zachée et celui du Seigneur se croisèrent, un grand changement s’opéra dans la vie de ce publicain (Luc 19 :1-10) Quand l’apôtre Paul rencontra Jésus sur le chemin de Damas, sa vie fut radicalement transformée (Actes 9 :1-30). L’on pourrait multiplier les exemples bibliques de transformations, tantôt dramatiques, tantôt subtils, mais réels. Si aucun changement ne se produit dans la vie d’une personne qui clame pourtant haut et fort sa foi en Christ, il y a anomalie.
Les mages enseignent l’importance du savoir, de la persévérance, de la référence à la révélation biblique, d’une bonne disposition intérieure, de l’investissement financier et matériel dans l’œuvre du Seigneur, et la nécessité de placer l’obéissance à Dieu au-dessus de l’obéissance aux hommes. C’est à ce prix qu’ils ont accueilli l’extraordinaire dans leur vie ordinaire. En cela, ils ont marché sur les traces de Pierre et Jean dans Actes 5 :29. Dieu ordonne la soumission aux autorités (Romains 13 :1 et 1 Pierre 2 :13). Mais si l’autorité contredit un commandement divin ou une orientation biblique claire, il vaut mieux se soumettre à l’autorité divine. C’est ce qu’ont fait les mages. En rentrant par un autre chemin, ils ont suivi les directives de Dieu et dédaigné l’injonction du roi Hérode de repartir vers lui. Quel était, en réalité, le plan du roi Hérode ?
XII. Sur les traces du Roi Hérode
Contrairement aux personnages mentionnés jusqu’ici, Hérode s’illustre comme un contre-exemple. En réalité, il n’était pas qualifié pour être roi des Juifs. Il n’était pas de race juive, ni de la lignée royale. Il était plutôt descendant d’Ésaü, donc Édomite (Walvoord et Zuck, 1983 :22.) La nouvelle de la naissance d’un roi des Juifs, légitime cette fois-ci, le troubla profondément, lui qui s’attendait à jouir pleinement des avantages et des honneurs liés à sa majestueuse position. Il espérait de tout cœur que ses descendants perpétueraient son règne. La Bible ajoute que tout Jérusalem fut troublé avec lui (Matthieu 2 :3). La crainte des jérusalémites était justifiée, car Hérode était connu pour sa violence envers toute personne qui menaçait son trône, même au sein de sa propre famille. La suite du texte le confirme d’ailleurs en décrivant la grande désolation suite au massacre de bébés innocents (Matthieu 2 :16-18).
L’attitude du roi Hérode démontre le danger de l’orgueil, de l’attachement à la gloire de ce monde et de la soif du pouvoir. Le salut est à la portée de tous, sans exception aucune, mais il n’est pas accordé automatiquement ni unilatéralement (Geisler, 2011 :814). Il doit être reçu par la foi. Or, Hérode était tellement imbu d’orgueil qu’il ne voulait pas recevoir humblement le Sauveur du monde. Pour accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire, il est important d’apprendre à céder le trône de sa vie à Dieu. Refuser l’autorité divine, c’est se faire du mal, car nul rebelle ne peut se mesurer à sa divine seigneurie ni se soustraire à son jugement. Justement, Hérode ne réussit pas à freiner le Messie dans sa mission salvifique.
XIII. Sur les traces de l’exil égyptien
C’est certain, Hérode avait un plan malveillant. Malgré le masque qu’il porta en public en déclarant son intention d’adorer l’enfant, son but réel était de le repérer avec exactitude afin de l’éliminer physiquement. Dieu, qui connaît les profondeurs du cœur, a immédiatement dépêché un ange auprès de Joseph pour lui intimer un ordre urgent et clair : « Lève-toi, emmène l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Tu y resteras jusqu’à ce que je te dise de revenir, car Hérode fera rechercher l’enfant pour le tuer (Matthieu 2 :13b) ». Une personne d’autre à la place de Joseph pouvait douter de l’authenticité de cet ordre, surtout que l’enfant était encore fragile. Par ailleurs, l’Égypte est une terre païenne qui a maintenu le peuple de Dieu en esclavage pendant quatre siècles. Enfin, une fuite paraît être en contradiction avec les miracles qui ont accompagné la naissance du Sauveur du monde. Le Seigneur qui a opéré tant de miracles dans la vie du Messie, ne pouvait-il pas le protéger miraculeusement à Bethléhem ? Dieu avait un autre plan. D’ailleurs, même la fuite en Égypte avait déjà été prophétisée dans Osée 11 :1 plusieurs siècles à l’avance (8ᵉ siècle avant Jésus-Christ).
Joseph avait suffisamment vu Dieu à l’œuvre dans sa vie qu’il n’hésita pas un seul instant à obéir. Il se mit en route pour l’Égypte. Il fit de même quand ce fut le temps de revenir en Israël. Toutefois, quand il apprit qu’« Archélaüs était devenu roi de Judée à la place de son père Hérode (Matthieu 2 :22) », il préféra s’établir à Nazareth plutôt qu’à Bethléhem. Il comprit parfaitement que la protection miraculeuse de Dieu n’exclut pas les précautions humaines pour se prémunir contre des catastrophes que l’on peut éviter. Accueillir l’extraordinaire dans l’ordinaire, c’est aussi faire preuve de réalisme, de prudence, et de diligence sous la direction divine.
Joseph obéit donc sans tarder. Heureusement, car Hérode ne tarda pas à mettre en exécution son plan machiavélique. Dieu dans son amour et sa sagesse infinie a tout prévu. Le meilleur cadeau de Noël, le Christ Jésus, ne pouvait pas être ainsi détruit par le roi Hérode sous le regard vigilant de Celui qui « ne sommeille ni ne dort » (Psaume 121 :4).
XIV. Sur les traces du Seigneur Jésus-Christ lui-même
Comment évoquer toutes les personnes susmentionnées et oublier celui qui est au centre même de la Nativité, le Seigneur Jésus-Christ, la Parole faite chair par le miracle de l’incarnation ? C’est lui la source de la vraie joie. C’est le Messie attendu, le Sauveur de l’humanité et le Seigneur. Il est, selon Blocher et Blandenier, « le premier et le seul Missionnaire » (2011 :13). Carson semble abonder dans le même sens — sans faire de Jésus le seul missionnaire — quand il relève que toute facette de la Christologie biblique peut être rattachée à la mission (2000 :19). Le Seigneur Jésus tend sa main salvatrice aux pauvres et aux riches, aux intellectuels et aux analphabètes. Il est écrit dans Jean 14 :6 « Le chemin, répondit Jésus, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. » Il a aussi dit dans Jean 17 :3 : « Or, la vie éternelle consiste à te connaître, toi, le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ. » Le Messie a déjà accompli sa mission terrestre depuis plus de deux millénaires, mais il est avec ses enfants chaque jour selon sa promesse en Matthieu 28 :20. Tant qu’il est au cœur de la vie des fidèles, leur joie demeure intacte. Comme le dit un chœur, « La joie est le drapeau sur le palais de mon cœur, car le Roi est en résidence là. » S’il est aisé de chanter ces paroles, au regard des multiples défis signalés dans l’introduction, les vivre est plus difficile. Heureusement, il est possible d’expérimenter la joie de Noël chaque jour, même dans un monde mouvementé et troublé. Mais, cela demande deux qualités essentielles : la foi et le travail.
La foi d’abord, car sans Dieu l’être humain ne peut rien faire de bon. C’est peut-être à cette réalité que l’ange fait référence dans sa déclaration à Marie en Luc 1 :37 : « Car rien n’est impossible à Dieu. » En d’autres termes, Dieu est celui qui peut réaliser ce que les efforts humains ne peuvent accomplir. Paul l’a compris, lui qui déclara dans Philippiens 4 :13 : « Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie.” Le Seigneur Jésus-Christ a dit dans Jean 15 :5 : « Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. » L’apôtre Paul a appliqué ce principe dans sa vie. Voilà pourquoi sa joie pouvait transcender les injustices, les coups de fouets, les blessures, les chaînes et les murs de la prison pour le conduire à chanter les louanges du Seigneur au milieu de la nuit, à telle enseigne le Dieu Tout Puissant est intervenu à coups de tremblement de terre pour précipiter sa libération et celui de compagnon d’infortune Silas (Voir Actes 16 :19-40). Si Paul pouvait dire à plusieurs reprises « réjouissez-vous » (Romains 12 :12, Philippiens 3 :1 et 4:4, 2 Corinthiens 6 :10, 1 Thessaloniciens 5 :16), c’est justement parce qu’il vivait constamment cette joie. Force est de relever que le secret de la joie qui transcende les circonstances adverses et les souffrances humaines se trouve dans l’expression « dans le Seigneur ». Heureux celles et ceux qui savent plonger leurs racines dans le Seigneur en maintenant une communion intime avec lui. Leur joie sera toujours verdoyante malgré la sécheresse socioéconomique ou spirituelle. Chaque jour sera un véritable Noël pour eux.
Dieu est donc la source de toute réussite dans la vie spirituelle, d’où l’importance de placer toute sa confiance en lui et de se laisser inspirer, nourrir, guider et fortifier par sa divine personne. Cependant, les disciples du Seigneur ne doivent pas négliger leur part de responsabilité. Étudier la Bible, prier, participer au culte, aux enseignements ou aux réunions d’étude biblique, fuir les sources de sa tentation, se repentir quand on a failli, investir dans l’œuvre du Seigneur, obéir aux ordres clairs du Seigneur, aimer les prochains et principalement les frères et sœurs dans la foi, sont autant d’activités que le Seigneur attend de ses enfants.
XV. Le message central de Noël
Le texte de Luc 2 :13-14 semble renfermer le message central de Noël : “Et tout à coup apparut, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu : gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et, paix sur la terre aux hommes qu’il aime.” (BDS) Ces paroles font suite à la naissance du Seigneur Jésus-Christ et à son annonce solennelle aux bergers qui gardaient leurs troupeaux dans les parages de Bethléem. C’était dans la nuit. Le moment ne pouvait pas être mieux choisi pour annoncer la naissance de la Lumière du monde. Mais, le symbole ne s’arrête pas là, car le choix des bergers semble hautement déconcertant. En effet, les bergers n’avaient pas bonne presse à cette époque-là. Ils étaient perçus comme des personnes sales, malhonnêtes et peu fiables. Ils étaient donc en marge de la société. Mais, curieusement, c’est sur eux et non sur les autorités politiques, les religieux ou les hommes et les femmes d’affaires que le choix de Dieu se porte pour avoir la primeur de cette annonce aussi extraordinaire qu’exceptionnelle. Mais, quel est le sens profond de cette démarche divine ?
La clé herméneutique semble se trouver dans les deux concepts clés de la louange angélique : la gloire et la paix. Quoique le texte original soit en grec, les termes dóxa (gloire) et eirênê (paix) renvoient naturellement à des réalités hébraïques du fait que les premiers auditeurs étaient juifs. Ainsi, la gloire traduit simultanément la beauté externe et l’excellence de la nature divine. Elle reflète aussi le mot hébreu kavod qui signifie « gloire, honneur, respect, distinction et importance». Ainsi, au-delà de la dimension esthétique, la majesté divine est si immense qu’elle pèse d’un poids terrifiant. Finalement, les normes et conventions humaines s’écroulent comme des châteaux de cartes devant la gloire divine, ce qui donne aux bergers la même valeur aux yeux de Dieu que n’importe quel autre individu dans la société. Le raisonnement est simple : si les personnes marginalisées par leurs semblables sont valorisées par Dieu lui-même, nul n’est dorénavant exclu. Noël est manifestement une bonne nouvelle pour tous, sans discrimination aucune. Qu’en est-il du second concept?
Là aussi, il serait aberrant de voir en la paix mentionnée dans ce texte la notion d’absence de guerre et de conflit que confère le sens étymologique de ce terme en grec. Il faudrait plutôt comprendre ce mot dans son contexte culturel et religieux. Ainsi, le vocable « paix » renvoie plutôt au terme hébreu shalom. Il exprime l’idée d’une harmonie dans toutes les dimensions de la condition humaine. C’est l’harmonie avec Dieu (y compris le salut éternel), avec soi-même, avec ses semblables, avec ses activités, et avec son environnement. Bref, c’est un bien-être holistique. À Noël, Dieu annonce à l’humanité la solution au déséquilibre pluridimensionnel causé par la chute dans le jardin d’Éden. À travers le Christ, Dieu ne s’intéresse pas seulement au salut de son âme, mais également à son épanouissement physique, psychologique, social, économique, environnemental, et à sa santé intégrale. C’est d’ailleurs sous ce paradigme totalitaire que le Seigneur Jésus plaça son ministère à travers la lecture du passage du livre d’Ésaïe qui s’y rapporte avec force détails (voir Luc 4 :16-19 et Ésaïe 61 :1-2 [ancienne version grecque]. Ainsi, les bergers sont devenus agents de transformation totale. Ils ont promptement assumé cette responsabilité, en propageant la bonne nouvelle dans leur environnement immédiat (voir Luc 2:16-20). L’on comprend alors que si des citoyens mis au ban de la société peuvent être des catalyseurs d’une paix holistique sous la nouvelle économie du salut, celles et ceux qui ont une position sociale plus honorable peuvent le faire davantage.
Ce message combien profond a donc une portée plus vaste que ne le laisse transparaître une lecture superficielle du texte ! Le fait qu’il soit mis par écrit, conservé, traduit en de multiples langues et à la portée du public contemporain nous interpelle tous. Fêter Noël, dans l’esprit du récit biblique, c’est surpasser les dimensions superficielles, matérielles, commerciales, voire mondaines, pour vivre les valeurs qu’elle renferme. Comme l’a si bien dit l’ancien Président américain John Calvin Coolidge (1872-1933) “Noël n’est pas un jour ni une saison, c’est un état d’esprit.” Si, au-delà du caractère festif et temporel, chaque être humain pouvait puiser dans la profondeur de sa relation avec le Dieu Créateur de l’univers et de tout ce qu’il renferme pour être un instrument de paix dans toutes ses dimensions, le monde serait meilleur. Qu’il plaise au Seigneur de nous accorder le courage, la sagesse, la force et la persévérance nécessaires pour être des ambassadeurs et des ambassadrices du shalom, en parole et en actes, sur une terre largement en proie aux forces négatives et à la violence sous ses multiples formes !
Conclusion
En somme, la bonne nouvelle de Noël repose sur le salut en Jésus-Christ. L’humanité en a besoin. Le Seigneur veut que ses disciples l’annoncent partout, car c’est le fondement même du vrai bonheur. Pour vivre pleinement la joie du salut, il faut cependant faire preuve de foi et d’obéissance, conformément aux paroles du vieux cantique « Crois et obéis, car il n’y a pas une autre voie pour être heureux en Jésus que de croire et obéir ». Une personne inconnue a dit : «La femme la plus heureuse ou l’homme le plus heureux, c’est celle ou celui qui vit chaque jour comme si Christ était mort hier, comme s’il était ressuscité ce matin et comme s’il revenait ce soir. »
Vivre comme si Christ était mort hier, c’est se rappeler que Jésus est venu dans ce monde comme « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1 :29) ; voilà pourquoi il a choisi de naître dans une étable et non un palais royal. C’est se souvenir que ce sont les désobéissances humaines qui l’ont amené sur la croix du calvaire où il est mort d’une mort atroce, lui qui n’a jamais péché. L’on ne peut pas méditer sincèrement sur la crucifixion de Jésus et lui manquer de respect ou de reconnaissance.
Vivre comme s’il était ressuscité ce matin, c’est expérimenter la joie débordante de Marie de Magdala et d’autres femmes qui ont été les premières à constater que Christ est sorti victorieux du tombeau. C’est revivre l’allégresse des disciples qui ont rencontré le Christ ressuscité à plusieurs reprises. Il est donc aisé de comprendre qu’aucune persécution ne pouvait les empêcher de témoigner de ce qu’ils avaient vu et entendu, de la véracité de la mort et de la résurrection du Christ. Quiconque en est convaincu saurait vivre comme des personnes dénuées d’espérance (Voir Corinthiens 15).
Vivre comme si le Christ revenait ce soir, c’est prendre conscience que si la première venue du Christ prophétisée plusieurs siècles à l’avance a bel et bien eu lieu, la seconde, également annoncée dans la Bible, aura lieu avec certitude. Cependant, le Seigneur ne reviendra plus comme l’humble bébé qui naquit dans un lieu insalubre de Bethléhem. Il reviendra dans toute sa gloire pour juger les vivants et les morts (2 Tim 4 :1). Cette venue se passera à l’improviste (1 Thessaloniciens 5 :2, 2 Pierre 3 :10, Apocalypse 16 :15). En ces temps de la fin, chaque jour de l’existence humaine peut être le dernier. Une personne sage saura se préparer à rencontrer le Seigneur à tout moment en prenant toutes les dispositions nécessaires dans le domaine de la vie de foi et de sanctification. La joie de retrouver celui qui l’a tant aimé au point de naître et de vivre dans des conditions infrahumaines, de mourir à sa place sur la croix du calvaire et de ressusciter pour assurer son salut éternel dans un bonheur parfait, devrait donner à chaque enfant de Dieu de la force dans la préparation. L’idée de voir ce Sauveur bien-aimé face à face et de passer l’éternité dans sa sainte présence ne suffit-elle pas pour faire raviver la flamme de l’allégresse dans le cœur de chaque fidèle ?
Moussa Bongoyok
Professeur des Études interculturelles et de développement International.
Références citées
Archer, Gleason L. (1982) Encyclopedia of Bible Difficulties. Grand Rapids, MI : Zondervan.
Blocher, Jacques A. & Blandenier, Jacques (2011) L’Evangélisation du Monde. Nogent-sur-Marne : Editions de l’Insitut Biblique.
Calvin, Jean (2013 Institution de la religion chrétienne : Texte abrégé en français moderne. Charols : Excelsis.
Evans, Tony (2019) The Tony Evans Bible Commentary. Nashville, TN : Holman.
Carson, Donald A. (2000) « Christology » in Moreau, Scott A. Evangelical Dictionary of World Missions. Grand Rapids, MI : Baker Books.
Geisler, Norman L. (2011) Systematic Theology. Minneapolis, MN : Bethany House.
Jeremiah, David (2022) Why the Nativity?: 25 Compelling Reasons We Celebrate the Birth of Jesus. Carol Stream, IL : Tyndale Momentum.
McGrath, Alister E. & Packer, James I. Zondervan, eds. (2005) Handbook of Christian Beliefs. Grand Rapids, MI : Zondervan.
Olivier, Guy O. (2001) « Christmas » in Elwell, Walter A., ed. Evangelical Dictionary of Theology. Grand Rapids, MI : Baker Academic.
Thiessen, Henry C. (1949) Introductory Lectures in Systematic Theology. Grand rapids, MI : Eerdmans.
Walvoord, John F. & Zuck, Roy B. (1983) The Knowledge Bible Commentary : New Testament. Colorado Springs, CO : David C. Cook.
Westphal, Alexander (1931) Dictionnaire Encyclopédique de la Bible. Paris : Je Sers.
Living Christmas every day: the art of welcoming the extraordinary into the ordinary
The world is shaken more than ever. Injustices are raging. Hotbeds of tension abound. Wars are multiplying and brutally snatching lives, often in the prime of life. Terrorism is devastating. The global economy is in bad shape. Misery is deepening. The unemployment rate is very high. Families are torn apart. Depression takes its toll. Young people are worried and, sometimes, panicked. And, as if this picture were not already bleak enough, even some religious leaders on whom many believers rely to regain their equilibrium seem to be looking elsewhere than in God, the Creator of heaven and earth, and his word, the Bible. As such, the situation is so worrying that in her article published on the website of the newspaper La Vie (posted on 22/12/2023 at 5:26 p.m.), Marie Lucille Kubacki does not hesitate to write: « Seismic tremors have been recorded here and there in world Catholicism since the publication by the Vatican of Fiducia supplicans, a declaration opening up the possibility of blessing homosexual couples. » Fortunately, courageous stands taken by cardinals, bishops, and priests worldwide, especially in Africa, are encouraging signs. However, a few questions remain: What will the future look like? What other destabilizing strategy is being concocted in secret? How can we celebrate when inconveniences, problems, and multidimensional challenges stand in the way of celebrations like impassable mountains? By what alchemy can we find a drop of fuel of joy to celebrate Christmas in peace?
In the face of these legitimate questions, it is worth recalling a fundamental biblical doctrine once again: if the world changes at a dizzying speed, God does not. He is the same forever (Psalm 102:27-28, Malachi 3:6, James 1:17, Hebrews 1:12, etc.). It is, therefore, naturally to him that we must turn. Fortunately, the Bible is full of valuable counsel and advice for overcoming existential storms and waves victoriously without sinking in matters of faith. To stay within the Christmas setting, this article will be limited to narratives of the nativity and related events. They are already dense enough to provide guidance that can transcend adversity in its various facets to celebrate Christmas with love, joy, peace, and gratitude to the God of love. More than that, they contain such profound principles that their application will enable the Lord’s disciples to experience Christmas daily.
The following pages will examine, respectively, the definition of the term « Christmas, » the appropriateness of the celebration of Christmas, the Old Testament prophecies concerning Christmas, and the lessons learned from the lives of Zechariah, Mary, Elizabeth, Joseph, the experience of Christ’s birth in a stable, the enthusiasm of the shepherds, the patience of Simeon and Anna, of the visit of the Magi, of the attitude of King Herod, of the Egyptian exile, and of the person of Christ himself.
I. What is Christmas?
The term « Christmas » comes from the Latin natalis (birth), which is a shortened form of natalis dies (day of birth). With the advent of Christianity, this term was applied to the birth of Christ and not to that of the Sol Invictus (unconquered sun). This word has undergone several mutations in French, from “Naël” in the twelfth century to “Noel” (without umlaut), to take its current form in the eighteenth century.
Christmas is, therefore, the feast that celebrates the birth of the Lord Jesus Christ, the Word of God made flesh for the salvation of humanity. His name, Jesus –יֵשׁוּעַ(Yeshua) in Hebrew and Ἰησοῦς (Iêsous) in Greek, means « God saves. » This feast is also called Epiphany (manifestation, appearance, or coming) based on 2 Timothy 1:10, where it is written, « And now it has been revealed by the coming of our Savior Jesus Christ. Through the gospel, he broke the power of death and made the light of life and immortality shine. [All Bible quotes are from the Bible version of The Sower) » « Christ » refers to the Messiah (the Anointed or the Elect).
Defining Christmas is essential, but a more significant concern is its importance within Christendom.
II. Is it worth celebrating Christmas?
The birth of Jesus of Nazareth is a historical reality foretold by the prophets of the Old Testament, described at length in the New Testament, and confirmed by non-Christian scholarly sources. This is not the case for the exact date. The precise date of the Lord’s birth is not specified in the Bible. The early Christians, often persecuted, remained silent on this. It is known, however, that they celebrated Easter, the only general feast of the Church in the first three centuries (Westphal, 1932). Even among historians who have studied the issue, opinions differ. The first celebration of Christmas dates to the fourth century (Olivier in Elwell, 2001:238) with the conversion of Emperor Constantine. December 25, the date chosen for the occasion, is, therefore, a symbolic convention and not the birthday of the Savior of the world. Westphal puts it more clearly: « In order not to have a historical date, a symbolic date was necessary; and what day of the year could better mark the Saviour’s entry into the world than when light triumphed over darkness? It should also be mentioned that this date is not unanimously accepted within Christendom. This is how Christmas is celebrated on January 6 and 7 in some East, Egypt, and Ethiopia communities. Other sources have put forward the dates of April 18, April 19, and May 20 for Christ’s birth (Elwell, 2001:238).
Faced with the debate surrounding Christmas, some Christians abstain from celebrating this holiday. Even among the Reformers, there were two camps: Luther encouraged the celebration of Christmas, while Zwingli and Calvin categorically opposed it. While most Christians celebrate Christmas, and Christian art contains many works built around it (McGrath & Packer, 2005: 108-109), a significant minority opposes it. She is disgusted – among other reasons – by the fact that this holiday dangerously takes on a much more commercial and pagan than biblical connotation in the West and in many other countries around the world. The excesses are apparent and have no place in a Christian community concerned with honoring God. But does that mean we should « throw the baby out with the bathwater »?
Even so, the celebration of Christmas is legitimate. David Jeremiah (2021) gives 25 reasons to celebrate it in his book Why the Nativity? 25 Compelling Reasons We Celebrate the Birth of Jesus. Ignorance of Christ’s birth date does not diminish its reality. Many women and men do not know the exact date of their birth but live. On the other hand, if it is expected to celebrate people’s birthdays and a thousand and one events deemed necessary, why would it be illogical to set aside one day in the year to remember the birth of the One who is the trustworthy source of all our earthly blessings and even the breath of life? The celebration of birth in a spirit of adoration and commemoration, emphasizing God’s love manifested through Jesus’ coming into this world to open the way to forgiveness and eternal salvation for humanity, has its place. Thus, the festive side, like packaging, should in no way replace the content of the package itself. While escaping from the traditionalist, materialistic, and pagan heaviness decried by Calvin (Institution IV, 10), it is necessary to restore to the Lord Jesus Christ the central place that belongs to him during the feast of Christmas. It is then that pure joy will burst forth on this day that has left an indelible mark on the history of humanity.
Of course, making it a prescription is impossible, either. The Lord is charting a course that avoids judgment of one side or the other through these words of Colossians 2:16-17; « Let no one, therefore, judge you by eating or drinking, or by a feast, or a new month, or the Sabbath: all these were but a shadow of things to come, but the reality is in Christ. » However, whatever decision is made, the same biblical book states in the 17th verse of chapter 3: « In whatever you may say or do, act in the name of the Lord Jesus, thanking God the Father through him. »
If the Bible does not prevent the celebration of Christmas, it is now appropriate to ask how to do so in a way that respects the spirit of biblical revelation. The following sections focus on this.
III. In the Footsteps of the Old Testament Prophets
The Bible contains more than three hundred prophecies directly or indirectly related to Christ’s coming into this world. Some of them are so specific that they strengthen faith in the truthfulness of the Holy Scriptures (see Thiessen 1949:38-42 for some essential details). The prophet Micah, in the eighth century B.C., in the first verse of the 5th chapter of his book, precisely indicated the exact place of the Messiah’s birth and his divine origin: « And you, Bethlehem Ephrathah, the smallest of the cities of Judah, from you, shall come forth for me the one who shall reign over Israel. Its origin goes back to times gone by, to ancient times. At the same time, Isaiah declared under divine inspiration: « Therefore the Lord himself will give you a sign: Behold, the maiden shall conceive, and she shall bear a son, and her name shall be Immanuel. [Isaiah 7:14] Still moved by the Holy Spirit, he clarified the divine nature of this child in Isaiah 9:6-7: « For unto us a child is born, unto us a son is given. He will exercise royal authority and be called Wonderful, Counselor, Strong God, Father forever, and Prince of Peace. He will endlessly extend sovereignty and give peace that will forever to the throne of David and all his kingdom. His kingship will be firmly founded on right and justice from now on and for eternity. The Lord of heavenly hosts will do this in his ardent love. »
These prophets foretold His coming in great detail many centuries before Christ’s incarnation. How can such a miracle be conceived long in advance and proclaimed with conviction without absolute trust in the One who is the source of this news? This is precisely where the first key to the art of welcoming the extraordinary into the ordinary lies: faith in God. Faith is, according to Hebrews 11:1, « a way of possessing what we hope for; it is a way of being sure of the things we do not see. » Faith is necessary to be born again. It is also necessary for a victorious Christian life. But is it easy to maintain when the evidence seems to distance us from it?
IV. In the Footsteps of Zechariah
Zechariah experienced this in Luke 1:8- 25 and 57-66. A servant of God, chosen by lot from among the priests of his priestly class to burn incense in the holy of holies, he was visited by an angel of the Lord who announced to him the birth of a son whom he was to name John, taking care to specify that his mother would be his wife Elizabeth. This woman was, like him, very advanced in age. Although religious, his human intelligence came into play and led him to express his doubt openly. God, in His grace, did not withdraw His promise. However, he became mute until the actual birth of John the Baptist, the direct forerunner of the Messiah. The moral of this story is that it is possible to falter in one’s faith at some point and be justly punished without being rejected entirely. In the Christian walk, falling and getting back up is possible. This was experienced by the apostle Peter, who denied the Lord three times in a row despite the warnings he received (Matthew 26:58, 69-75; Mark 14:54, 66–72; Luke 22:54:62; John 18:15-18, 25-27), but he repented and was restored (John 21:15-25). The proof is that the Lord chose no channel other than Peter on the day of Pentecost to lay the foundation of the first Christian church (Acts 2). So there is hope for those who have lost some battles of faith; they can win the spiritual war, and they are able to pull themselves together to welcome the extraordinary into their ordinary journey. This applies to both men and women, the elderly and the young.
V. In the Footsteps of Mary
Mary is a perfect example of God’s ability to minimize any age and is as interested in women as he is in men. As a virgin girl, she was visited by the angel Gabriel in Luke 1:26-38. Like Zechariah, she was surprised by the announcement. Only, unlike him, she did not doubt but sought to understand how a virgin could conceive a child without physical contact with a man. For this reason, the angel did not reproach him (Walvoord and Zuck, 1983: 205). Mary’s attitude is rich in lessons for welcoming the extraordinary into the ordinary: it is necessary to be alert, available, and willing to obey even if it exposes us to the risk of being ridiculed or even brutalized. In the face of aspects that we do not understand, it is also appropriate to express our need to know the Lord instead of falling into doubt.
If Mary readily accepted the unthinkable despite her young age, God put her in contact with a more mature woman to strengthen her faith further.
VI. In the Footsteps of Elizabeth
In the meantime, God had just done an outstanding work in Elizabeth’s life. For her, her pregnancy was unquestionably a sign. Zechariah had become mute but wrote down his experience in the temple. This in no way diminishes Elizabeth’s deep spirituality through what she said inwardly in the light of Luke 1:24-25 where we read: « Some time afterward his wife Elizabeth became pregnant, and for five months she kept herself hidden. She said, « This is the Lord’s work in my favor: he has decided to erase my shame in the eyes of all! » The beauty of her spiritual life is even more vivid in Luke 1:39-56 where she discerned through the stirring of the baby within her (following Mary’s greetings and the action of the Holy Spirit) that Mary—whose pregnancy must have been so invisible—was pregnant and would give birth to the Messiah. She congratulated Mary for believing in the fulfillment of the Lord’s proclamation. Mary replied with a hymn, the magnificence of which deserves special attention.
Two spiritual laws are evident in this episode. First, to experience the extraordinary in the ordinary, human beings need the help of the Holy Spirit. Secondly, this experience does not exclude human responsibility. Elizabeth was available, attentive, and ready to humble herself and encourage her in front of a much younger relative. If every follower of the Lord were quick to obey the Lord and encourage his fellow disciples, the Christian walk would be much more fruitful despite adverse circumstances.
Mary, encouraged by Elizabeth, with whom she stayed for about three months, experienced the virginal conception without a jolt. What about Joseph, her betrothed?
VII. In the Footsteps of Joseph
At the time, engagement carried almost the same weight as marriage, although marital intimacy was not yet present during this preparatory period. Joseph, a godly man (Matthew 2:19), was shocked when he found that Mary was pregnant. Was it a miracle? Initially, Joseph rejected this hypothesis. For him, since such a miracle had never happened in the history of mankind, Mary might have cheated on him with another man. Yet, despite her disappointment, he was so noble in character that he did not think of humiliating or delivering her up to popular retribution. He opted for a secret breakup (Matthew 2:19). It was then that an angel of the Lord intervened in his dream. He told Joseph not to be afraid to take Mary as his wife, confirming the conception by the power of the Holy Ghost in passing and indicating the name and role of the child to be born (Matthew 2:20–23). Joseph obeyed and played his role as an adoptive father to the fullest.
He had a good inner disposition. Her relationship with God had a positive impact on her human relationships. How many believers loudly profess their deep piety but have terrible relations with their neighbors? What about suspicions, false accusations, and hasty judgments without taking the care to observe, analyze, ask the victim for clarification, or seek the face of the Lord? Instead of being sources of encouragement like Elizabeth, many are instead agents of destruction of their brothers and sisters in the faith. Joseph had a different mind. God helped him not to fall into this trap. Spiritually alert, he discerned God’s will, even though it was a dream. Obediently, he cancels his plan and agrees to obey the Lord by taking Mary as his wife. This came with risks, as his contemporaries could accuse him of being so impatient that he knew his fiancée before the wedding. But he preferred obedience to the Lord to the applause of human beings. To welcome the ordinary into the extraordinary is to have the courage to swim against the current like Joshua and Caleb in Numbers 14. Is it easy to do this, especially when financial interests and comfort are at stake?
VIII. In the footsteps of the stable
The census ordered by Emperor Augustus (Luke 2:1-3) drew a crowd to Bethlehem. God doesn’t make mistakes. He chose a couple from Nazareth to the north, while the Messiah was to be born in Bethlehem to the south, according to the prophecy of Micah 5:1. Human logistics would have preferred a couple from Bethlehem. But God’s thoughts and ways are not necessarily those of His creatures (cf. Isaiah 55:8-9). He created a circumstance that allowed Jesus of Nazareth to be born in King David. Once again, faith invites us to trust in the Lord even if, humanly speaking, the indicators seem to be unfavorable.
So Joseph brought Mary to Bethlehem when she was at full term. He would compete for a rare place in the hotel business with two disadvantages: a woman who had to give birth at any moment and a flat purse. What indicates that Joseph was poor? When it came time to present the baby to the temple, he could only bring a pair of turtledoves, which was the offering reserved for those who could not afford a lamb (Leviticus 12:8). The Lamb of God was born in a stable, what a picture in perfect harmony with the economy of salvation! The King of kings had a manger for his cradle. What a great lesson in humility when we know that many socio-economic and political problems are rooted in human pride! If only the daughters and sons of Adam were quick to stoop to seek the welfare of others or to preserve peace, the world would experience fewer avoidable conflicts and wars. The path of a life that knows how to welcome the extraordinary in the ordinary passes through the box of humility, which does not detract from the greatness of the person who voluntarily humbles himself. The reaction of the shepherds confirms this.
IX. In the Footsteps of the Shepherds
The shepherds of Jesus’ day were marginalized. Unfortunately, even in the 21st century, the perception of shepherds remains bleak in some parts of the world. Yet it was to them, and not to the royal court’s high dignitaries or even religious leaders, that God reserved the first of the birth of the Messiah. The angel sent to preach the good news said in Luke 2:11-12: « A Savior is born to you this day in the city of David; he is the Messiah, the Lord. And this is what you will know him by finding a newborn baby in his swaddling clothes and lying in a manger. However, the modest setting in which the Savior was born, and the unthinkable place in which He lay did not diminish His glory in the eyes of the shepherds, although an angelic concert followed the announcement (Luke 2:13–14). They immediately went to Bethlehem, saw the baby, and returned with hearts overflowing with praise.
In God’s eyes, every individual is essential. Social class, caste, tribal or clan affiliation, low economic weight, or modest social position are in no way a barrier that could prevent the acceptance of the extraordinary into the ordinary. Instead of being handicapped by negative judgments and human mistreatment, it is better to turn to God, the source of the good news, even if it takes a long time to see the fruit of one’s trust in the Creator, as was the case with Simeon and Anna.
X. In the Footsteps of Simeon and Anna
While the shepherds could immediately verify the authenticity of the good news announced, this was not the case for Simeon (cf. Luke 25-35). Although righteous and pious, he waited long to see the Messiah. He wasn’t looking at the watch or the calendar. He did not count the years that came and passed, nor his age, which was moving at great speed towards the end of the earthly pilgrimage. He had unwavering faith in God, for « the Holy Spirit had revealed to him that he would not die until he had seen the Messiah, the messenger of the Lord » (Luke 2:26). On the appointed day, the Holy Ghost urged him to go to the temple, and he obeyed. The result speaks for itself. Not only was he delighted, but he also glorified God publicly, confirmed the mission of the Messiah, and edified Joseph and Mary. He left a special message for Mary about the baby, indirectly preparing her to face the brutal end of the earthly mission of the Lord and Savior Jesus Christ.
Like Simeon, the prophetess Anna waited a long time before enjoying the fruit of her faith (Luke 2:36-38). Waiting is not synonymous with passivity. Anne actively served the Lord through the ministry of fasting and prayer. God only knows that the world and the church need more people who take intercession seriously and invest in it. An African proverb says, « If the pot boils, it’s because there’s a fire at the bottom. » The low spiritual level of the local churches and their negligible impact on society are perhaps signs that the fire of prayer should be further fanned under the ecclesial cauldron. The early apostles understood this to the point of giving priority to two activities: prayer first and teaching second (Acts 6:4).
If there is one central lesson in Simeon and Anna’s life, it is patience. God is patient (2 Peter 3:9), and one of the fruits of the Holy Spirit is patience (Galatians 5:22). To welcome the extraordinary into the ordinary, we must know how to be patient and have persevering faith. The Magi know a thing or two about that.
XI. In the Footsteps of the Magi
Before perceiving the star, the Magi had to scan the sky for several years. They persevered. Probably based on the three gifts, tradition says that the Magi were three. She gave them various names, the most famous of which were Gaspard, Melchior, and Balthazar. However, it must be noted that the Bible does not indicate their number, let alone their names. All we know is that several of them came from the East (Matthew 2:1-2), probably from Babylon or Persia (present-day Iran and Iraq). Many scholars believe that they did not arrive immediately after Jesus’ birth. Tony Evans notes, for example, that they were in a house (Matthew 2:11) and not in the stable on the one hand. On the other hand, Herod ordered those babies two years old and younger be killed (Matthew 2:16), indicating that time passed between his birth and the arrival of the Magi (Evans, 2019:866). Archer emphasizes this when he writes that the star appeared at the time of Jesus’ birth, and the Magi (who were not magicians but scholars) took more than a year to reach Jerusalem (Archer, 1982:317).
One can imagine their joy and endurance when they see the star, but at some point, it disappears. They were not discouraged but questioned King Herod about the birthplace of the Messiah. He summoned the appointed persons, including the chief priests and law scholars. They had the right information: Bethlehem in Judea (Matthew 2:1-6).
It is sad to see that one can have a head full of right knowledge and come close to salvation for lack of a good inner disposition. The intellectuals of the time did not seek to walk with the Magi to see the Messiah. Maybe they were afraid of King Herod? Still, the mages continued on their way. To orient them accurately toward the child, God allowed the star to reappear, which filled them with joy, for they could then accurately find the home of the Child Jesus (Matthew 2:9). They saw him, worshipped him, and gave him very significant gifts: gold indicates his kingship, frankincense his divinity, and myrrh his atoning death. The gold certainly allowed the young couple to finance their exile and stay in Egypt, on the African continent.
An important detail deserves everyone’s attention: divinely warned by a dream, the Magi did not set out again by the same path. This perfectly illustrates the reality of the change that takes place when we encounter Jesus: we can no longer continue to live as before. The encounter between the Samaritan woman and Jesus brought about a transformation in her life and that of her community (John 4:1-45). When Zacchaeus’ path and the Lord’s path crossed, a great change took place in the life of this tax collector (Luke 19:1-10). His life was radically transformed when the apostle Paul met Jesus on the road to Damascus (Acts 9:1-30). One could multiply biblical examples, sometimes dramatic, sometimes subtle, but natural. If no change occurs in the life of a person who nevertheless proclaims his or her faith in Christ loud and clear, there is an anomaly.
The Magi teach the importance of knowledge, perseverance, reference to biblical revelation, an excellent interior disposition, financial and material investment in the Lord’s work, and the need to obey God above obedience to men. At this price, they welcomed the extraordinary into their ordinary lives. In this, they followed in the footsteps of Peter and John in Acts 5:29. God commands submission to the authorities (Romans 13:1 and 1 Peter 2:13). But if authority contradicts a divine command or clear biblical guidance, it is better to submit to divine authority. That’s what the Magi did. When they returned by another route, they followed God’s instructions and disdained King Herod’s injunction to return to Him. What was King Herod’s plan?
XII. In the Footsteps of King Herod
Unlike the characters mentioned so far, Herod stands out as a counterexample. He was not qualified to be king of the Jews. He was not Jewish. Instead, he was a descendant of Esau, i.e., Edomite (Walvoord and Zuck, 1983:22. The news of the birth of a king of the Jews, legitimate this time, could not but disturb him deeply since he expected to enjoy the full the advantages and honors of his majestic position. He also hoped that his descendants would continue his reign. The Bible adds that all Jerusalem was troubled with him (Matthew 2:3). Their fear was justified when you consider that Herod was known for his violence towards anyone who threatened his throne, even within his own family. The rest of the text confirms this by describing the great desolation following the slaughter of innocent babies (Matthew 2:16-18).
King Herod’s attitude demonstrates the danger of pride, attachment to the glory of this world, and lust for power. Salvation is within everyone’s reach, without exception, but it is not granted automatically or unilaterally but must be received by faith (Geisler, 2011:814). Now Herod was so proud that he would not humbly receive the Savior of the world. To welcome the extraordinary into the ordinary, it is crucial to learn to surrender the throne of one’s life to God. To deny divine authority is to injure oneself, for no rebel can measure himself against his divine lordship or evade his judgment. Herod failed to stop the Messiah in his salvific mission.
XIII. In the Footsteps of the Egyptian Exile
Herod had a malicious plan. Despite wearing a mask in public when declaring his intention to worship the child, his real goal was to locate him accurately to eliminate him physically. God, who knows the depths of the heart, immediately sent an angel to Joseph with an urgent and clear command: « Arise, take the child and his mother, and flee to Egypt. You shall remain there until I tell you to come back, for Herod will send for the child to kill him (Matthew 2:13b). » Someone else in Joseph’s place might have doubted the authenticity of this order, especially since the child was still fragile. On the other hand, Egypt is a pagan land that has kept God’s people in bondage for four centuries. Finally, a flight seems to contradict the miracles accompanying the birth of the world’s Savior. Could not the Lord, who worked so many miracles in the life of the Messiah, have protected him miraculously? God had another plan. Even the flight into Egypt had already been mentioned in Hosea 11:1 several centuries earlier (8th century B.C.).
Joseph had seen enough of God at work that he did not hesitate for a moment. He set out for Egypt. He did the same when it was time to return to Israel. When he learned that « Archelaus had become king of Judea in place of his father Herod » (Matthew 2:22), he preferred to settle in Nazareth rather than in Bethlehem. He understood perfectly well that God’s miraculous protection does not exclude human precautions to guard against avoidable disasters. To welcome the extraordinary into the ordinary is to demonstrate realism, prudence, and diligence under divine guidance. Joseph obeyed without delay. Fortunately, Herod was quick to put his Machiavellian plan into action. God, in His love and infinite wisdom, has foreseen everything. The best Christmas present in the world could not be stolen under the watchful eye of the One who » shall neither slumber nor sleep » (Psalm 121:4).
XIV. In the Footsteps of the Lord Jesus Christ Himself
How can we evoke all the above-mentioned persons and forget the one who is at the very center of the Nativity, the Lord Jesus Christ, the Word made flesh by the miracle of the incarnation? He is the source of true joy. He is the awaited Messiah, the Savior of mankind, and the Lord. He is also, to borrow the words of Blocher and Blandenier, « the first and only Missionary » (2011: 13). Carson seems to concur – without making Jesus the only missionary – when he points out that every facet of biblical Christology can be traced back to mission (2000:19). He has stretched out. Still, he stretches out his arms to the poor and the rich, the intellectuals and the illiterate. It is written in John 14:6, « The way, » Jesus answered, « is I because I am the truth and the life. No one goes to the father without going through me. He also said in John 17:3, « Now eternal life consists in knowing you, the one true God, and Jesus Christ, whom you have sent. » The Messiah has already fulfilled his earthly mission for more than two millennia, but he is with his children every day according to his promise in Matthew 28:20. As long as it is at the heart of the lives of the faithful, their joy remains intact. One chorus says, « Joy is the flag on the palace of my heart, for the King is in residence there. »
While it is easy to sing these words, living them is more complicated, given the multiple challenges mentioned in the introduction. Fortunately, it is possible to experience the joy of Christmas every day, even in a hectic and troubled world. But this requires two essential qualities: faith and hard work. First, faith because human beings cannot do anything good without God. Perhaps it is this reality that the angel is referring to in his statement to Mary in Luke 1:37: « For nothing is impossible with God. » In other words, God is the one who can make possible what human efforts cannot accomplish. Paul understood this when he said in Philippians 4:13, « I can do all things because of Him who strengthens me. » The Lord Jesus Christ said in John 15:5, « I am the vine of the vine; you are the branches of it. He who abides in me and in whom I abide will bear fruit abundantly, for without me, you can do nothing. » The apostle Paul applied this principle in his life. This is why his joy could transcend the injustices, whippings, wounds, chains, and prison walls to move him to sing the praises of the Lord in the middle of the night. Almighty God intervened with an earthquake to precipitate his release and that of his companion in misfortune, Silas (cf. Acts 16:19-40). If Paul could repeatedly say, « Rejoice » (Romans 12:12, Philippians 3:1 and 4:4, 2 Corinthians 6:10, 1 Thessalonians 5:16), it was precisely because he was constantly experiencing this joy. It must be noted that the secret of the joy that transcends adverse circumstances and human suffering is to be found in the expression « in the Lord. » Blessed are those who know how to put down their roots in the Lord by maintaining intimate communion with him. Their joy will always be verdant despite the socio-economic or spiritual drought. Every day will be a real Christmas for them.
God is, therefore, the source of all success in the spiritual life, hence the importance of placing all one’s trust in Him and allowing oneself to be inspired, nourished, guided, and strengthened by His divine Person. However, the Lord’s disciples cannot neglect their share of responsibility. Studying the Bible, praying, participating in worship, teachings, or Bible study meetings, fleeing from the sources of temptation, repenting when one has failed, investing in the Lord’s work, obeying the clear commands of the Lord, loving neighbors and especially brothers and sisters in the faith—are all activities that the Lord expects of His children.
Conclusion
In short, the good news of Christmas is based on salvation in Jesus Christ. The world needs it. The Lord wants his disciples to proclaim it everywhere, for it is the very foundation of true happiness. To live the joy of salvation to the full, however, one must exercise faith and obedience, in accordance with the words of the old hymn, « Believe and obey, for there is no other way to be happy in Jesus than to believe and obey. » Someone said, « The happiest woman or the happiest man is the one who lives every day as if Christ had died yesterday as if he had risen this morning, and as if he were coming again tonight. »
To live as if Christ had died yesterday is to remember that Jesus came into this world as « the Lamb of God that taketh away the sin of the world » (John 1:29). He chose to be born in a stable and not a royal palace. It is to remember that human disobedience brought him to the cross of Calvary, where he died an atrocious death, he who never sinned. One cannot sincerely meditate on Jesus’ crucifixion and disrespect or gratitude for him.
To live as if he had risen this morning is to remember the overflowing joy of Mary Magdalene and other women who were the first to see that Christ emerged victorious from the tomb, it is to relive the joy of the disciples who met the risen Christ many times. It is easy to understand, therefore, that no persecution could prevent them from testifying to what they saw and heard, to the truthfulness of Christ’s death and resurrection. Whoever is convinced of this will know how to live as people without hope (cf. 1 Corinthians 15).
To live as if Christ were returning tonight is to realize that if the first coming of Christ, prophesied centuries in advance, did indeed take place, the second, also foretold in the Bible, will take place with certainty. However, the Lord will not return like the humble baby who was born in an unsanitary place in Bethlehem. He will return in all His glory to judge the living and the dead (2 Tim. 4:1). This coming will happen unexpectedly (1 Thessalonians 5:2, 2 Peter 3:10, Revelation 16:15). In these end times, every day of human existence can be the last. A wise person will know how to prepare to meet the Lord by making all the necessary arrangements in a life of faith and sanctification. The joy of reuniting with the one who loved him so much that he was born and lived in subhuman conditions, of dying in his place on the cross of Calvary, and of rising again to ensure his eternal salvation in perfect happiness should give him strength in preparation. Is not the thought of seeing this beloved Savior face to face and spending eternity in His holy presence sufficient to make the flame of the gladness of every child of God shine brighter?
While waiting for the Second Coming of Christ, the community has a missionary task. In the same way that Jesus was sent into this world for the salvation of mankind, He sends His disciples (John 20:21). May the Lord fill us with His Holy Spirit this Christmas season and all the days of our lives, that we may be faithful witnesses and channels of blessing! MERRY CHRISTMAS TO ALL!
Moussa Bongoyok
Professor of Intercultural and International Development Studies.
References Cited
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