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Poème en hommage au Professeur Isaac ZOKOUE

Tienou Zoukoue et alFaut-il que ta plume se casse

Au moment où les sectes passent

Et les faux docteurs terrassent

Des âmes faibles et lasses

Dans un contexte tenace

Où des dangers menacent

Tant le fond que la surface ?

 

Faut-il que ta voix se taise

Au moment où la RCA est dans la braise ;

Toi qui fis de la paix ta principale thèse

Et œuvras pour que ton pays soit à l’aise 

En dépit de la danse des punaises

Qui des centrafricains aggravent le malaise

Alors qu’ils languissent après un dièse?

 

Faut-il que ta présence

Nous prive de sa plaisance

Au moment où la nuisance

Avec la force de sa brisance

Vole à l’Eglise sa luisance

Et étale ses insuffisances

Sur le marché de la complaisance ?

 

Tu étais pour nous un père ;

Garant d’une théologie prospère

Dans un monde plein de vipères,

De loups religieux et de leurs compères.

Ils détournent les saints du bon repère

Et dévorent les conseillères et les conseillers

qui couronnent les collines de prières.

 

Tu étais pour nous un appui.

Tu étais pour nous un puits,

Une source d’eau sous le soleil qui cuit,

Une source de courage dans la nuit,

Une tranche du futur dans l’aujourd’hui,

Un abri amical sous la pluie,

Un modèle, une fierté, un parapluie.

 

Ton départ, ô Professeur Zokoué,

Nous prive d’un théologien surdoué !

Le monde évangélique est secoué.

Avec quelle main allons-nous jouer

Quand le rythme nous a déjoué ?

C’est avec un concert de voix enrouées

Que nous pleurons de l’Algérie au Zimbabwe.

 

Eternel, Toi qui nous as donné notre aîné

Et l’a repris dans la céleste trainée,

Donne à nos âmes gangrenées

La force d’être entraînées

Dans une louange que ne peuvent freiner

Ni la douleur, ni le cœur peiné ;

Car notre espérance est toujours oxygénée.

  

Moussa Bongoyok

Suite au décès de l’un de ses meilleurs encadreurs spirituels, le Professeur Isaac ZOKOUE (17 Septembre 1944 – 12 Septembre 2014).

Le Professeur ZOKOUE a été promu en gloire le Vendredi 12 Septembre (précisément dans la nuit du 11 au 12 Septembre) 2014 à Bangui (RCA). Il est mort des suites d’une longue maladie. Prions pour sa femme Odette et leurs enfants.

 © Copyright, 2014 by Moussa Bongoyok.

 

Prof. Isaac Zokoue

L’ART DE SURMONTER LES OBSTACLES

“Ndingema nasemthini nokuba kusesibondeni.” Proverbe Xhosa.

“Je voudrais grimper à un arbre, même s’il n’avait pas les branches” (Proverbe Xhosa)

“I would climb a tree even if it had no branches.” (Xhosa Proverb)

Signification: Soyons prêts à accomplir même les tâches les plus difficiles.

Source: http://www.bioculturaldiversity.co.za/articles/Izaci%20namaqhalo%20esiXhosa%20Xhosa%20idioms%20and%20proverbs%20referring%20to%20plants.pdf

 

Parallélisme biblique

Depuis le jeudi 5 décembre 2013, l’ancien Président Nelson Mandela n’est plus de ce monde.  L’univers entier rend hommage à l’incomparable champion de la lutte contre l’apartheid, l’injustice et la  haine.  Les messages fusent de toute part pour saluer une figure historique, un incontestable  promoteur de la liberté, un père de la nation, un modèle d’humilité, de pardon, d’intégrité et de courage, pour ne citer que cela. Tout ceci est bon. Mais je propose que nous considérions aussi la vie de Madiba sous un autre angle, d’où le choix du proverbe susmentionné qui est tiré de son héritage culturel. En bon Xhosa, Madiba connaissait certainement ce proverbe qui traduit la détermination à surmonter les difficultés. En effet, il est plus facile de grimper à  un arbre qui a des branches qu’à  celui qui en est dépourvu.

Il est possible que Madiba aie été inspiré ou du moins encouragé par ce proverbe pour oser se lancer dans ce qui était à l’époque une aventure suicidaire. Le Seigneur seul connait le nombre de personnes qui ont perdu leurs vies en luttant contre l’apartheid. Les dangers étaient à chaque carrefour de sa longue marche vers la victoire. Les difficultés étaient terrifiantes. La souffrance, la terreur et les menaces faisaient  partie du lot quotidien. Parmi ceux qui ne tarissent pas d’éloges aujourd’hui se trouvent des gens qui l’avaient mis sur la liste noire des terroristes et de pires ennemis publics. Il a souffert cruellement dans sa chair. Il a passé 27 ans en prison. Il a échappé plusieurs fois à la mort. Il était incompris tant par ses proches et ses compagnons de combat que par ses ennemis. Mais, envers et contre tout, il a tenu bon.  Le résultat est éclatant mais ne perdons pas de vue les multiples défis qu’il a dû surmonter au cours de sa vie combien riche en péripéties.

N’est-ce pas intéressant de remarquer que le chemin de la réussite et de bénédictions passe souvent par le « désert » dans les Saintes Ecritures? Noé, l’homme de foi, a patiemment traversé le désert de moqueries quand il bâtissait l’arche dans un contexte où ses contemporains ne connaissaient pas la pluie, ni encore moins le déluge.  Abraham a dû patienter de longues années avant d’avoir enfin le fils de la promesse. Joseph a été vendu par ses propres frères et s’est retrouvé esclave sur une terre étrangère mais il est resté fidèle au Seigneur qui a su l’élever en temps opportun au point qu’il a pu aider sa famille (et de nombreux peuples) à échapper à l’extermination sous l’effet d’une famine particulièrement rigoureuse. Moïse a connu son temps de formation à l’université du désert avant d’être choisi pour libérer le peuple d’Israël d’une longue période d’esclavage. Le peuple d’Israël a traversé le désert avant d’entrer dans la terre promise. Avant de devenir le plus illustre roi d’Israël, David a aussi connu son temps de désert  où il était pourchassé par le roi Saül qui voulait lui ôter la vie. Daniel et ses compagnons ont enduré de sérieux tests avant d’être élevés en dignité sur une terre païenne. La reine Esther a risqué sa vie pour le salut de son peuple. Le Seigneur Jésus-Christ a commencé son ministère terrestre par un séjour dans le désert et l’a terminé sur la croix, dans une souffrance indescriptible. Les douze disciples ont souffert. L’apôtre Paul a aussi eu son lot de souffrances et expérimenté la vie du désert. Hébreux 11 nous offre une liste plus longue, quoique non exhaustive, d’hommes et de femmes de foi qui n’ont pas eu peur des difficultés. Ils ont pris des risques par amour pour leurs frères et sœurs – et surtout pour Dieu – et ce parfois au péril de leurs vies. Mais ils recevront tous leurs couronnes des mains du Seigneur à l’heure de la reddition des comptes.

Bien entendu, nous ne devons nullement prendre des risques inutiles ni idéaliser la souffrance. Cependant,  nous ne saurons non plus nous offrir le luxe d’opter pour le chemin de la facilité quand nous savons qu’au bout du désert se trouve des solutions aux problèmes de l’heure, un allègement de la souffrance de nos semblables, ou une terre promise. Il est vrai que tous ceux et celles qui affrontent les difficultés en faveur de leur peuple ne voient pas nécessairement le fruit de leur travail comme Mandela. Mais cela ne devrait en aucun cas les décourager. Comme le disait l’avocat, journaliste et auteur américain Napoleon Hill, “chaque difficulté porte en elle le germe d’un avantage équivalent ou supérieur.” Il a fallu que Martin Luther King et bien d’autres avant et après lui déblaient le terrain pour qu’on puisse enfin voir Obama à la tête des Etats-Unis. Tôt ou tard, les fruits d’un sacrifice nécessaire seront récoltés et appréciés. Ceci devrait nous encourager. La souffrance ne doit pas être un mur infranchissable pour le chrétien. Il est écrit : «  Mes chers amis, vous avez été plongés dans la fournaise de l’épreuve. N’en soyez pas surpris, comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal. Au contraire, réjouissez-vous, car vous participez aux souffrances du Christ, afin d’être remplis de joie quand il paraîtra dans toute sa gloire. Si l’on vous insulte parce que vous appartenez au Christ, heureux êtes-vous, car l’Esprit glorieux, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Qu’aucun de vous n’ait à endurer une punition parce qu’il aurait tué, volé ou commis quelque autre méfait, ou encore parce qu’il se serait mêlé des affaires d’autrui; mais si c’est comme «chrétien» qu’il souffre, qu’il n’en éprouve aucune honte; qu’il fasse, au contraire, honneur à Dieu en se montrant digne de ce nom (1 Pierre 2:12-16, Bible du Semeur). »

Mandela est parti et nos cœurs sont attristés. Mais ne restons pas à ce stade. La meilleure façon de pleurer et d’honorer Madiba est de passer à l’action. Osons grimper aux arbres sans branches de nos sociétés contemporaines qui ont besoin de nombreux Mandela; et faisons-le résolument par amour pour Dieu et pour nos semblables. Nous réussirons en nous appuyant sur le Seigneur qui nous accordera le courage, la force, la sagesse  et les moyens nécessaires.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

ADIEU TRES CHERE MAMAN, TU ES INOUBLIABLE ! (1940-2011)

Maman TEKODEI

Que la paix et la consolation du Seigneur soit notre partage !

La maman Tekodef Myriam (TEKODEI sur ses pièces d’identité) que nous pleurons aujourd’hui est née vers 1940 à N’dimshè dans le Mayo Tsanaga (Extrême-Nord du Cameroun) du feu Kalda Moroba et de la feue Bodom.  Elle a été rappelée par le Seigneur le jeudi 17 Février 2011 à l’âge de 71 ans. Elle a rendu son dernier souffle à l’Hôpital de Meskine -Maroua – des suites de maladie. Au moment de son départ, maman laisse un veuf, un frère, six enfants, trente un petits fils et douze arrière-petits fils, qui ne l’oublieront jamais.

Je retiendrais toujours son amour spécial pour chacun de ses enfants. Chaque fois qu’il y avait un accident ou une calamité dans l’une des localités où résident ses enfants ou les membres de leurs familles respectives, maman ne dormait plus. Le sommeil ne revenait que lorsqu’elle était rassurée qu’ils étaient tous sains et saufs.

En ce qui me concerne, je n’oublierais jamais ses nuits blanches. En effet, elle veillant sur moi dans l’enfance, tant ma santé était fragile. Quand vint le moment d’aller à l’école, c’est elle qui alla vers mon oncle Hamadou et lui demanda de me faire établir un acte de naissance, pièce importante pour mon inscription à la SIL. C’est encore elle qui s’est battue pour payer les 75 francs de frais d’assurance scolaire alors qu’elle n’a jamais été à l’école et ne pouvait logiquement pas en comprendre l’importance. C’est également elle qui, à plusieurs reprises, m’a encouragé (en paroles et en actes) à persévérer dans les études quand j’étais tenté de jeter l’éponge à cause des privations et des souffrances diverses. C’est elle, et toujours elle, qui me prodigua de sages conseils. Elle me montra l’importance de respecter et d’aimer tout prochain que Dieu place sur mon chemin. Chaque fois que je lui rendais visite, elle me demandait d’aller d’abord saluer les voisins avant de causer avec elle. Le peu de cadeau que je lui apportais était toujours partagé avec les autres. Pour maman, les besoins des autres passent avant les besoins personnels. Maman a profondément marqué ma vie et si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à elle.

A l’instar du patriarche Jacob (Genèse 47 :9), notre maman a connu une vie pleine de souffrances et de douleur. Ce qui m’a fait le plus pleurer c’est le fait qu’au moment où je concevais un projet spécial pour elle afin de lui exprimer ma gratitude d’une manière toute spéciale et de réjouir son cœur, il a plu au Seigneur de la rappeler subitement. C’est comme si elle me disait en mourant en ce moment précis : « Mon fils, n’as-tu pas encore compris ma philosophie de la vie ? Ne pense pas à moi, pense plutôt aux autres mamans et à leurs enfants car elles sont aussi tes mamans ». Je m’efforcerais d’honorer cette voix dans la mesure de la grâce que le Seigneur m’accordera. En attendant, je ne puis que m’incliner humblement devant la volonté divine et dire comme Job « …Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job 1 :21). Ma consolation se trouve dans le fait qu’elle est enfin dans les bras de celui qui essuie toutes les larmes humaines et qui saura la récompenser. J’ai eu le privilège de lui prêcher l’Évangile et de l’amener au Seigneur quand j’étais en classe de terminale au lycée de Mokolo. Je crois du fond de mon cœur que je reverrais maman auprès du Seigneur.

Aux membres de la famille, aux frères et sœurs en Christ et à tous les amis et sympathisants, je voudrais dire : Ne pleurez plus.  Notre maman se repose auprès de son Seigneur. Si vous l’aimez vraiment je vous prie de bien vouloir confier la direction totale de votre vie au Seigneur Jésus-Christ et de lui obéir fidèlement, car lui seul est la voie qui mène à la vie éternelle (Jean 14 :6). Soyez unis, solidaires et aimez tous vos prochains sans considération raciale, ethnique ou confessionnelle à l’exemple de notre mère qui a été promue en gloire.

A chacun je voudrais, au nom de la famille élargie, exprimer notre profonde gratitude pour la peine que vous avez prise de braver la distance, les conditions de la vie en campagne, et les difficultés de parcours pour nous assister en ces circonstances combien douloureuses. J’aurais voulu être personnellement à vos côtés, serrer la main de chacun et exprimer ma gratitude à vive voix. Hélas, je ne puis effectuer le déplacement en ce moment pour des raisons indépendantes de ma volonté. C’est pour cette raison que je me fais représenter par le Président de l’UEEC, le Rev. Hamadina Salomon. Mon épouse Priscille et moi comptons voyager plus tard si le Seigneur le permet. En attendant, je vous suis très reconnaissant et prie que le Seigneur vous bénisse richement en retour.

Paix, espérance et consolation en notre Seigneur Jésus-Christ !

Moussa Bongoyok, PhD

17 février 2011

 

Poème: Si je t’oublie maman…

Si je t’oublie, ô ! maman,

Que ma main droite m’oublie !

Ton amour brave le temps

Ta bonté est établie.

Maman, ma chère maman,

Tes yeux ont versé des larmes,

Ton cœur fut blessé souvent,

Mais il a gardé son charme.

Tu m’as porté en ton sein.

Ma santé était fragile,

Mais jamais tu ne t’es plaint.

Tu as agi en vigile.

Tu n’as pas appris à lire,

Tu n’as jamais su écrire,

Mais si j’ai étudié,

C’est grâce à ton radier.

Tu as bravé la souffrance,

Pour faire de moi un homme.

Sans ton amour, mon enfance

N’aurait pas connu d’arôme.

Seigneur, bénis ma maman

Du haut de ton firmament !

Entoure-la de ta grâce,

Fais briller sur elle ta face.

Si je t’oublie, ô ! maman,

Que mon bras aille au vent !

Je pense à toi maman  

Car ton amour est vivant.

CEFCA, Abidjan

13 Mai 2000 20h15 (poème écrit près de 11 ans avant la promotion en gloire de notre mère).

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