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Quand la maison commune brûle, les intérêts généraux doivent primer les intérêts individuels

« Á nda gaɗə vogú ń ndáw giy á ɗé ? á kəda gaɗa. » (N’gèlègədma Mafahay)

 

« Et on dit que la maison a brûlé ? Dit le chien. » (Proverbe Mafa)

 

« And we say that the house burned? Said the dog.» (Mafa Proverb)

 

Moralité : Un être humain qui se respecte place l’intérêt collectif avant l’intérêt individuel, garde l’espoir même en cas de lourdes pertes, et ne se comporte pas comme un animal.

 

Proverbe envoyé par Goulimé Michel

Département des Sciences Biologiques
Université de Ngaoundéré – Cameroun
Professeur des Lycées
Sciences de la Vie et de la Terre, de l’Éducation à l’Environnement, d’Hygiène et de la Biotechnologie (SVTEEHB)

 Invitation : Nous invitons les internautes de tous les pays du monde à nous envoyer les proverbes dans leurs langues maternelles en précisant leur traduction en français ou en anglais et leur signification. Nous nous efforcerons de les commenter à la lumière de la Bible.

Commentaire à la lumière de la Bible

Le monde entier est secoué par des tensions et des crises diverses même si certaines nations en ressentent les soubresauts plus que d’autres.  Or, dans un contexte agité, les populations ne réagissent pas de la même manière. Tandis que certains se battent pour éteindre l’incendie qui menace de décimer la barque commune, d’autres cherchent plutôt à noyer leurs semblables en vue d’en tirer des profits égoïstes. Dans ce dernier cas de figure, l’intérêt individuel annihile tout capital d’altruisme ou de patriotisme au point où l’intérêt supérieur de la nation s’évanouit comme par enchantement.

 

C’est justement ce phénomène qui intéresse le proverbe Mafa mentionné ci-dessus. Michel GOULIME, qui a bien voulu le soumettre à notre analyse, a aussi eu la gentillesse de le situer dans son contexte culturel en ces termes : « Ce proverbe est tiré d’un récit imaginaire Mafa. On raconte qu’un chien en promenade avait appris que la maison de son maître était en feu. Consterné, il prit ses pattes au cou pour l’aider. Arrivé dans la cour de la maison, le chien, sans effort aucun, aperçut immédiatement son plat bien à l’écart et à l’abri de l’incendie qui ravageait la maison de son maître. Quand il vit son plat, il s’exclama : et on dit que la maison brûle, alors que mon plat n’a pas été touché ! Pour ce chien, la vie se résume à l’existence de son plat; tant que son plat existe, il ne manquera pas de quoi manger. »

 

A première vue, l’herméneutique de ce proverbe est aisée. Cependant il faut se garder d’une approche simpliste car, en réalité, ceci est une parole de sagesse à triple référence. S’il est tout à fait logique d’y voir une condamnation de l’égocentrisme à peine voilée sous le manteau de l’ironie, ce qui en constitue de fait la première facette, il faudrait encore se replonger dans l’imaginaire mafa pour déceler la seconde facette de l’adage tant elle semble défier les contours contextuels susmentionnés. En effet, la seconde facette se trouve dans la consolation résultant d’un constat important que fait le chien : il réalise que son plat est à l’abri de l’incendie. Tout n’est donc pas perdu. Il y a de l’espoir. Mais attention, il ne faudrait pas s’arrêter là car ce proverbe insolite oppose un être humain (le maître) à un animal (le chien). Du coup, une étincelle en illumine subtilement une troisième facette dont la nature est philosophique : l’être humain qui ne voit que ses gains personnels dans un contexte où la communauté est en danger n’est pas différent d’un animal. En somme, trois leçons se dégagent de ce proverbe :

  • L’intérêt de la communauté doit l’emporter sur l’intérêt individuel.

  • En cas de perte lourde, il faut garder l’espoir en s’appuyant sur ce qui a été préservé.

  • Un être humain digne de ce nom doit se démarquer de l’animal dont le comportement est purement instinctif.

Ces trois leçons s’inscrivent dans la droite ligne des recommandations bibliques. Penchons-nous d’abord sur la première. La Bible encourage justement la considération des intérêts des autres. Aussi est-il écrit dans Philippiens 2:3-4 (Version Louis Segond): « Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.” Ceci rejoint, entre autres, le texte de 1 Corinthiens 10:24 (Version Louis Segond) où il est écrit: « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui.”

 

La seconde leçon nous rappelle un épisode de la vie de David décrite dans 1 Samuel 30 où il semblait avoir tout perdu. La ville de Tsiqlag où il avait trouvé refuge avec ses amis et les membres de leurs familles respectives était complètement brûlée en leur absence. Au départ, ils étaient convaincus d’avoir tout perdu : leurs biens, et surtout leurs épouses et enfants bien-aimés. La détresse était à son summum, à telle enseigne que les amis intimes de David menaçaient de le tuer. C’est dans ce contexte où la crise était à son paroxysme que David a eu la sagesse de réaliser une vérité spirituelle profonde : Dieu est un rempart contre le désespoir. C’est alors qu’il reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel, se lança à la poursuite des assaillants et, le Seigneur aidant, il retrouva tout. Bien plus, Il amassa un butin considérable en guise de bonus. C’est ce genre de disposition intérieure qui permit à David de reprendre courage et de renverser une situation désespérante que la sagesse Mafa conseille face à l’adversité et aux pertes les plus colossales.

 

La troisième et dernière leçon est aussi un écho de ce que Dieu avait déjà révélé dans la Bible. Dès la création, Dieu a voulu clairement distinguer l’être humain de l’animal en le créant à son image (Genèse 1:26). Malgré la chute, il n’a pas perdu l’image de Dieu. A ce propos, le Dictionnaire Biblique Westphal fait bien de relever que

« La chute, d’ailleurs, n’effacera pas entièrement cette image de Dieu en l’homme, qui toujours sera distinct du reste des créatures, y compris les animaux. Seul en effet dans l’univers, l’homme est doué de raison et de conscience, c’est-à-dire capable de s’élever de l’intelligence des faits particuliers qu’il constate à la compréhension des lois générales du monde, et d’éprouver le désir d’un idéal moral, la souffrance de n’y pas parvenir, la repentance, la joie de devenir meilleur ; grâce à cette ressemblance divine, il pourra connaître, aimer et servir son Créateur.»

Il est donc normal que Dieu attende des hommes et des femmes qu’ils ne se comportent pas comme des bêtes privées de raison (Cf. Jude 1 :10). Par ailleurs, le Seigneur réserve un châtiment exemplaire à ceux et celles qui méprisent leur dignité si nous nous en référerons, entre autres textes bibliques, à 2 Pierre 2 :12 (Bible du Semeur) qui déclare : « Mais ces hommes-là agissent comme des animaux dépourvus de raison qui ne suivent que leurs instincts et sont tout juste bons à être capturés et tués, car ils se répandent en injures contre ce qu’ils ne connaissent pas. Aussi périront-ils comme des bêtes. »

 

Malheureusement, l’humanité semble s’enfoncer chaque jour davantage dans une animalité déconcertante au point où d’aucuns en viennent à affirmer avec le compositeur et pianiste français Erik Satie (1866-1925) : « Plus je connais les hommes, plus j’admire les chiens. » Pourtant, tel n’est pas le plan du Dieu Créateur pour la société humaine. Au contraire il a mis en nous la raison, la volonté et les atouts nécessaires pour surmonter nos penchants égocentriques en vue de bâtir des familles, des communautés, et des nations où règnent l’unité dans la diversité, la justice sociale dans la miséricorde, l’amour dans la vérité, la prospérité dans la solidarité, et le vivre ensemble dans le respect mutuel. Évidemment, pour que cet idéal se mue en une dynamique de transformation sociétale positive et concrète, chacun, à son niveau, est appelé à placer l’intérêt collectif avant l’intérêt individuel, à sauvegarder l’espoir quelle que soient la lourdeur des pertes subies et à refuser quotidiennement de se rabaisser au niveau d’une bête féroce pour son semblable.  C’est à ce prix que les concertations, les dialogues, les médiations, et diverses autres initiatives ayant pour but d’éteindre les mille et un feux existentiels qui menacent de détruire nos pays, nos régions, nos communautés, nos églises, ou nos familles, porteront des fruits doux et durables. Que Dieu nous vienne en aide !

 

Pr Moussa Bongoyok

(Copyright by Moussa Bongoyok, 2019)

NATURE HUMAINE, MENACES, ET SAGESSE

“Kokoya a ya kra na a ndena a kda azbai.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Le bébé léopard ne devient pas un chien.” (proverbe mafa)

« A baby panther does not become a dog. » (Mafa proverb)

Source: Nous remercions Monsieur Azakaha Zacharie qui a bien voulu nous envoyer ce proverbe que nous avons commenté avec plaisir.

Moralité: Il faut savoir tirer les conséquences logiques des observations pertinentes. Telle mère, telle fille. Tel père, tel fils.

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Mafa vivent principalement dans des zones montagneuses où, autrefois, la vie quotidienne était hantée par un fauve redoutable : le léopard (appelé aussi panthère). Il s’attaquait principalement au petit bétail occasionnant ainsi des pertes énormes dans un système économique on ne peut plus fragile. Pire, il n’épargnait pas les êtres humains. Il arrachait brutalement des bébés pendant que leurs parents cultivaient au champ. Même les adultes n’échappaient pas à ses attaques au point où le léopard est devenu l’animal le plus redouté en pays mafa et était classé au même niveau que la variole. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour prouver leur bonne foi à leurs prochains, les mafa juraient  « kokoya a gidber » (le léopard et la variole), sous-entendu « si je mens que le léopard me dévore et que la variole me tue ».

Perçu sous cet angle, il est aisé de comprendre le contraste entre le léopard et le chien. En clair, la nature du léopard est bien distincte de celle d’un chien, ce dernier étant un animal domestique qui rend généralement de multiples services à l’être humain. A travers ce proverbe le Mafa va au-delà du « tel père, tel fils » français et appelle à la prudence dans la mesure où, aussi inoffensif que le bébé panthère peut paraître, il finit – en grandissant – par agir conformément à sa nature destructrice. Ce proverbe invite aussi les jeunes à bien observer les parents de leurs futurs conjoints ou conjointes avant de se lancer dans les liens de mariage car les enfants reflètent souvent les traits de caractère de leurs parents. Bien entendu, des exceptions existent. Il est possible qu’un garçon ou qu’une fille, du fait d’une vraie conversion, mène une vie excellente qui reflète sa nouvelle nature spirituelle et tranche nettement avec celle de ses parents. Enfin, ce proverbe invite indirectement les enfants à rester fidèles aux bonnes valeurs transmises par les parents car si le bébé panthère ne devient pas un chien, ce n’est pas au bébé d’un chien ou d’une vache de devenir une panthère.

Puisque notre proverbe porte sur le léopard, force est de relever que la Bible parle aussi de cet animal, voire du fait qu’il ne peut pas changer de nature. En effet, il est écrit dans Jérémie 3 :23 : « Un Ethiopien peut-il changer la couleur de sa peau, un léopard les taches de son pelage? De même, comment pourriez-vous vous mettre à bien agir, vous qui avez pris l’habitude de commettre le mal?” Ici, le prophète Jérémie parle dans un contexte de jugement contre les habitants de Juda à cause de la multitude de leurs péchés. Ils se sont tellement enfoncés dans le mal que leur condition est comparable aux taches du pelage du léopard. En d’autres termes, leur mauvaise habitude est devenue une seconde nature. Seul un miracle opéré par le Seigneur lui-même, peut transformer leurs cœurs et les ramener sur le droit chemin.

Voilà qui devrait attirer notre attention à l’heure où des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’Etat Islamique sèment la terreur dans de nombreuses régions et pays du monde. Nous devons agir vite de peur que le mal ne s’enracine avec des effets très dévastateurs qui ne tarderont pas à éclabousser les pays qui ne se sentent pas concernés pour l’instant. Nous devons agir vite de peur que nos enfants ne soient endoctrinés au point de se retourner contre nous, scellant de ce fait une mutation effroyable. Oui, nous devons agir vite mais sagement car il est facile de gaspiller de l’énergie inutilement en luttant contre les symptômes d’un phénomène si l’on ne prend pas la peine d’en examiner les causes profondes tout en évitant de se faire piéger par de faux alliés susceptibles de brouiller les vraies pistes. Les mesures d’urgence sont normales mais il convient de se mettre résolument au travail pour attaquer le mal à la racine avec méthode, courage, prudence, discernement sans négliger la prière car – au-delà de nos efforts – Dieu seul peut changer la nature humaine et nous accorder la sagesse nécessaire pour trouver des solutions efficaces.

 

 

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

Faire ce qui est bien sans se lasser

“Uwakwensho bushiko, bamutasha ilyo bwaca.” (Zambian proverb)

“Celui qui vous accompagne pendant la nuit est remercié à l’aube” (Proverbe zambien)

“He who escorts you at night is thanked at dawn” (Zambian proverb)

Signification: Le soutien qu’on apporte à quelqu’un n’est souvent apprécié qu’à la fin.

Source : Nyambe Sumbwa Zambian Proverbs (Lusaka : ZPC Publications, 1993) p. 5.

 

Parallélisme biblique

La récente victoire de l’équipe zambienne à la coupe d’Afrique des nations fait braquer les regards sur la Zambie. Ce pays d’Afrique australe regorge de talents très remarquables. Il dispose également de nombreuses ressources sous exploitées. Nous nous intéressons ici aux proverbes.  Celui qui retient notre attention en ce moment porte sur un aspect important de la vie : il faut beaucoup de volonté et de persévérance pour aider ses semblables.

Très souvent, l’aide que l’on voudrait apporter aux autres ou le bien que l’on voudrait faire n’est pas applaudi au début. Au contraire, il semble y avoir de la résistance, de l’incompréhension ou des appréhensions. Cela peut facilement décourager le bienfaiteur ou la bienfaitrice si au départ la motivation n’est pas sincère, noble, et désintéressée.  Pour vaincre le découragement, la sagesse zambienne nous invite à considérer plutôt le résultat final de notre action, car très souvent, c’est à la fin que les gens remarquent le bien-fondé du soutien apporté, l’utilité de l’aide ou du travail abattu.

Dans ce domaine, le Seigneur Jésus Christ nous laisse un excellent exemple. La lecture des quatre évangiles nous livre d’amples détails sur les difficultés, les moqueries et l’opposition dont il a fait face. Pourtant, il est venu sur terre dans le but de sauver une humanité perdue et sans espoir. Ce n’est pourtant qu’après sa mort et sa résurrection que les yeux de nombreuses personnes se sont ouverts, entrainant de ce fait leur conversion et leur gratitude. Aujourd’hui, la communauté chrétienne, à travers le monde, loue le Seigneur pour le salut et pour ses nombreux bienfaits.

Justement, dans cet élan de gratitude, engageons-nous à l’honorer en marchant sur ses traces, en nous mettant sincèrement au service de nos prochains, et en faisant ce qui est juste à la lumière de la Bible.  Bravons les murs d’ingratitude, de préjugés, et de railleries.  Comme le dit si bien la Bible dans Galates 6 :9 « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. (La Bible du Semeur). Le dernier verset du quinzième chapitre de la première épître de Paul aux Corinthiens abonde dans le même sens. Sachons donc persévérer dans de bonnes œuvres.

 

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

PRENDS COURAGE

Ɛjuri nkɛ cháy, ńchay ntaŋ? (Kenyaŋ proverb South West Cameroon)

« Si je n’ai pas peur quand la nuit est noire, pourquoi aurais-je peur quand la lune brille ? » (Proverbe kenyaŋ, Sud-Ouest du Cameroun)

“If I do not fear when the night is dark, should I fear when the moon is shining? (Kenyaŋ proverb, South West Cameroon)

Signification: Je suis dans ma maison, je n’ai pas peur. La peur cède la place au courage quand on a un appui.

Parallélisme biblique

Les Kenyaŋ vivent dans le sud-ouest du Cameroun. Or, cette région est réputée pour ses abondantes pluies, ses hautes montagnes et ses épais brouillards. Parfois, même en plein jour, la visibilité est pratiquement nulle à certains endroits. Nous en avons fait l’expérience lors d’un séjour à Buea. Dans ce contexte, on peut donc imaginer ce qui peut se passer dans la nuit. Les ténèbres sont d’une opacité déconcertante sauf quand la lune brave les nuages et envoie ses faisceaux de lumière. On comprend alors que les Kenyaŋ puissent affirmer : « Si je n’ai pas peur quand la nuit est noire, pourquoi aurais-je peur quand la lune brille ? »

Les  Kenyaŋ citent souvent ce proverbe pour affirmer qu’ils se sentent en sécurité dans la maison. Le courage affiché repose en fait sur un appui solide: la sécurité de la maison, la maîtrise du terrain, l’assurance du secours des membres de la famille et du voisinage en cas d’agression. Cela nous rappelle un proverbe fulbe qui dit : «  Si un enfant que tu effraies en brousse ne prend pas la fuite, c’est que son père est caché dans les buissons.» Force est de constater que dans les deux cas, le courage s’appuie sur une assurance.

Voilà un principe qu’on trouve dans de nombreux textes bibliques. Quand Josué s’apprêtait à conquérir la terre promise, Dieu lui avait dit : « Je t’ai donné cet ordre: Prends courage et tiens bon, ne crains rien et ne te laisse pas effrayer, car moi, l’Eternel ton Dieu, je serai avec toi pour tout ce que tu entreprendras. » (Josué 1 :9, La Bible du Semeur). Josué pouvait donc diriger les combats sans peur car l’Eternel était à ses côtés.

En effet, la présence divine est une grande source d’encouragement. Dieu est capable de secourir en cas de détresse et nul ne peut braver sa divine puissance. Esaïe 41 :10 où il est écrit : « Ne sois pas effrayé,  car je suis avec toi;  ne sois pas angoissé, car moi je suis ton Dieu. Je t’affermis, je viens à ton secours, pour sûr, je te soutiens de mon bras droit qui fait justice. » (La Bible du Semeur).  Les versets suivants, tirés parmi tant d’autres,  abondent dans le même sens : Psaume 23 ; 62 :5-8 ; Esaïe 43 :5, Romains 8 :31-39. La peur et le découragement s’effondrent comme un vulgaire château de cartes quand on est persuadé que Dieu est toujours prêt à secourir ceux qui s’appuient sur lui.  C’est cette assurance qui a permis aux trois compagnons de Daniel de défier courageusement le roi et la fournaise ardente en affirmant : « O Nabuchodonosor, il n’est pas nécessaire de te répondre sur ce point. Si nous sommes jetés dans la fournaise où brûle un feu ardent, notre Dieu que nous servons peut nous en délivrer, ainsi que de tes mains, ô roi! Mais même s’il ne le fait pas, sache bien, ô roi, que nous n’adorerons pas tes dieux et que nous ne nous prosternerons pas devant la statue d’or que tu as fait ériger. » (Daniel 3 :16-18, La Bible du Semeur). C’est aussi cette assurance qui a permis à David de reprendre courage quand ses propres compagnons menaçaient de lui ôter la vie à Tsiqlag suite au raid des Amalécites qui avaient brûlé leur campement et emmené captifs tous les membres de leurs familles.  La Bible précise que « …David puisa de nouvelles forces en se confiant en l’Eternel son Dieu. «  (1 Samuel 30 :6, La Bible du Semeur). Ces exemples méritent d’être suivis face aux multiples défis de la vie.

Les sujets de découragement sont légion ici bas. Souvent, ceux qui travaillent le plus ne sont pas les mieux payés ou récompensés. Parfois, on reçoit des reproches au moment même où l’on s’attend à une félicitation. La corruption et les injustices sont telles que les nominations et les promotions sont de plus en plus des injures à la logique. Par ailleurs, les gens sont prompts à critiquer les défaillances mais lents à remercier, à encourager, à relever ce qui est bien fait. L’ingratitude, l’insolence, la jalousie, les déceptions et la méchanceté viennent assombrir davantage le tableau de la vie.  Le découragement frappe permanemment à la porte de nos cœurs. Or, le découragement est très dangereux. Henri Lacordaire est même allé jusqu’à écrire que «  Le découragement est, en toute chose, ce qu’il y a de pire ; c’est la mort de la virilité. » François de la Rochefoucauld dit la même chose mais en d’autres termes : «  Le découragement est la mort morale. »   Ces deux auteurs ont à peine exagéré, compte tenu de la nature paralysante du découragement. Le pire c’est que nul n’est à l’abri de ce mal . De grands hommes de Dieu à l’instar du prophète Elie (1 Rois 19) ont aussi connu le découragement. Il convient donc de s’équiper en vue de mieux l’affronter quand il va tenter de nous terrasser car, dans ce domaine aussi, prévenir vaut mieux que guérir.

Voici quelques conseils pour mieux se préparer à vaincre  le découragement :

1)      Ayons une foi personnelle en Dieu. La religiosité ne suffit pas. La foi des parents ou des amis ne nous aidera pas. La véritable foi est un engagement personnel (Jean 3 :16 ; Jean 3 :36 ; Romains 10 :9 ; 1 Jean 5 :13). Chaque individu doit reconnaitre ses péchés, les regretter sincèrement, demander pardon à Dieu, accepter Jésus Christ comme celui qui est mort à sa place sur la croix du calvaire et ressuscité, et lui confier la direction de sa vie.

2)      Maintenons une bonne communion avec Dieu. Nul ne peut nous offrir un meilleur secours que l’Éternel lui-même. La prière, la lecture régulière de la Bible et la vie de sanctification  nous permettent de  maintenir une vie chrétienne verdoyante même dans un milieu aride (Cf. Psaume 1 :1-6 ; Jean 15 :1-17). Chaque fois qu’une mauvaise pensée traverse notre esprit, prions afin que nous ne tombions pas dans la tentation. Même si l’endroit et les circonstances où nous trouvons ne se prêtent pas à une prière audible, adressons une prière silencieuse au Seigneur. Les prières silencieuses ne sont pas moins efficaces (cf. 1 Samuel 1:9-28). En lisant la Bible, cherchons à mieux connaitre le Dieu en qui nous avons cru. Plus nous connaitrons Dieu, plus nous l’aimerons et approfondirons l’intimité avec lui. L’intimité avec Dieu nous permettra d’affronter les tempêtes de la vie avec foi et courage car l’Esprit Saint nous fortifiera et nous guidera.

3)      Travaillons dans l’esprit de Colossiens 3 :23 où il est écrit : « Quel que soit votre travail, faites-le de tout votre cœur, et cela par égard pour le Seigneur et non par égard pour des hommes. » Avec une telle philosophie de travail, l’énergie ne fera jamais défaut.

4)      Gardons toujours en vue que nous ne sommes que des pèlerins sur cette terre. Contrairement à ce que les faux prophètes de l’évangile de la prospérité prônent, la vie, même chrétienne, n’est pas faite de pétales de roses. Certes, le Seigneur nous donne le salut, la joie, et de nombreuses bénédictions que tout l’argent de ce monde ne saurait acheter ; mais il annonce aussi que nous aurons des tribulations dans le monde (Jean 15 :33). Dans le même ordre d’idées, la Bible dit que tous ceux qui veulent vivre pieusement en Christ seront persécutés (2 Timothée 3 :12). Le Seigneur ne nous promet pas une vie sans tempête, mais il promet d’être avec nous tous les jours (Matthieu 28 :20b), même au cœur de la tempête la plus violente.

5)      Ne perdons jamais de vue que tout ne s’arrête pas ici bas. Un jour, Dieu essuiera toute larme de nos yeux (Apocalypse 21 :4) et récompensera chacune de nos œuvres, même celles qui seraient passées inaperçues aux yeux de nos semblables (Matthieu 25 :31-40 ; Marc 9 :41 ; 1 Cor 15 :58).

Et que faire quand on est déjà tombé dans le filet du découragement ? Nous conseillons trois actions (PPC):

  • Prier : Dieu promet  son secours à ceux qui l’invoquent (Psaume 50 :15 ; Philippiens 4:6-7 ; 1 Pierre 5 :7). La prière est très importante en tout temps, et elle ne doit en aucun cas être négligée pendant les moments de découragement. Au contraire, il faudrait redoubler d’ardeur dans la prière en cette période. Ce n’est pas le temps de fuir le Seigneur. C’est plutôt le temps de s’accrocher à lui.
  • Partager : En se confiant à un ou plusieurs frères et sœurs discrets et mûrs dans la foi l’on ouvre la porte d’un soutien moral et spirituel précieux. Souvent, on se fait plus de mal en s’enfermant sur soi-même. Un mot d’encouragement, un geste de compassion, un signe d’amour sincère, peuvent faire beaucoup de bien à celui ou à celle qui est découragé(e).Nous comprenons alors pourquoi la Bible dit:  » C’est pourquoi encouragez-vous les uns les autres et aidez-vous mutuellement à grandir dans la foi, comme vous le faites déjà. » (1 Thessaloniciens 5:11, La Bible du Semeur).Dieu veut que ses enfants s’encouragent mutuellement.
  • Compter : L’une des stratégies efficaces  de l’Ennemi est d’amplifier les difficultés que nous traversons et de nous faire oublier tout ce que Dieu a déjà fait pour nous ou pour d’autres frères et sœurs qui ont traversé des circonstances semblables. Nous trouvons un cas typique dans Nombres 13:27-14:25.  Au lieu de tomber dans ce piège, il est  sage de compter les bienfaits de Dieu, de se rappeler de ses interventions passées, et de lui faire confiance pour l’avenir.

Terminons  sur une note poétique. Le  poète brésilien Adémar de Barros décrit une scène qui est de nature à redonner courage à ceux et celles qui traversent la sombre vallée du découragement et qui se sentent abandonnés à leur triste sort par le Seigneur en qui ils ont placé leur confiance :

Les traces dans le sable !

Une nuit, un homme fit un rêve.

Il rêva qu’il marchait au bord de la mer en compagnie du Seigneur.

Sur le fond du ciel, il voyait se dérouler les scènes de sa vie.

Il remarquait, dans chaque scène, deux traces parallèles de pas dans le sable.

L’une était la sienne; l’autre celle du Seigneur.

À la dernière scène, il se retourna pour voir ces empreintes sur la grève.

Il s’aperçut alors qu’à divers moments de sa vie,

il n’y avait qu’une trace de pas.

Et que ces moments de marche solitaire correspondaient

aux heures les plus tristes et les plus sombres de sa vie.

Intrigué, il dit à son compagnon: « Seigneur, tu m’as assuré de toujours

marcher à mes côtés si j’acceptais de me joindre à Toi.

Mais je m’aperçois qu’aux périodes les plus dures de ma vie,

il n’y a plus qu’une empreinte dans le sable.

Pourquoi m’as-tu abandonné au moment où j’avais le plus besoin de Toi ? »

Le Seigneur se tourne alors vers lui et lui répond:

« Mon enfant, mon très cher enfant, tu sais que Je t’aime

et que je ne saurais t’abandonner.

Il faut que tu comprennes ceci: si tu ne vois qu’une trace de pas

aux moments les plus difficiles de ton existence,

c’est qu’alors, tout simplement,

Je te portais dans mes bras… »

Adémar de Barros

(Source de ce poème: http://www.naute.com/temoignages/traces.phtml)


© Copyright Moussa Bongoyok, 2010.

HUMILITE COMME AUTOROUTE DE LA SAGESSE

« Ta kda ndo n’rezla’a man a tètèkè maya azbai. » (n’gelègdma mafahai).


« On ne tue pas l’ignorant qui mendie la sagesse. » (Proverbe mafa).


« Nobody kills an ignorant who begs for wisdom. »  (Mafa proverb).

Sens: Au lieu de prétendre qu’on connait quelque chose et de demeurer dans l’ignorance, il vaut mieux être assez humble pour se renseigner ou s’instruire.

P.S: For detailed explanation of this proverb in English please visit:

http://www.afriprov.org/index.php/african-proverb-of-the-month/42-2009proverbofthemonth/467-august2009proverbofthemonth.html

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