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L’ART DE SURMONTER LES OBSTACLES

“Ndingema nasemthini nokuba kusesibondeni.” Proverbe Xhosa.

“Je voudrais grimper à un arbre, même s’il n’avait pas les branches” (Proverbe Xhosa)

“I would climb a tree even if it had no branches.” (Xhosa Proverb)

Signification: Soyons prêts à accomplir même les tâches les plus difficiles.

Source: http://www.bioculturaldiversity.co.za/articles/Izaci%20namaqhalo%20esiXhosa%20Xhosa%20idioms%20and%20proverbs%20referring%20to%20plants.pdf

 

Parallélisme biblique

Depuis le jeudi 5 décembre 2013, l’ancien Président Nelson Mandela n’est plus de ce monde.  L’univers entier rend hommage à l’incomparable champion de la lutte contre l’apartheid, l’injustice et la  haine.  Les messages fusent de toute part pour saluer une figure historique, un incontestable  promoteur de la liberté, un père de la nation, un modèle d’humilité, de pardon, d’intégrité et de courage, pour ne citer que cela. Tout ceci est bon. Mais je propose que nous considérions aussi la vie de Madiba sous un autre angle, d’où le choix du proverbe susmentionné qui est tiré de son héritage culturel. En bon Xhosa, Madiba connaissait certainement ce proverbe qui traduit la détermination à surmonter les difficultés. En effet, il est plus facile de grimper à  un arbre qui a des branches qu’à  celui qui en est dépourvu.

Il est possible que Madiba aie été inspiré ou du moins encouragé par ce proverbe pour oser se lancer dans ce qui était à l’époque une aventure suicidaire. Le Seigneur seul connait le nombre de personnes qui ont perdu leurs vies en luttant contre l’apartheid. Les dangers étaient à chaque carrefour de sa longue marche vers la victoire. Les difficultés étaient terrifiantes. La souffrance, la terreur et les menaces faisaient  partie du lot quotidien. Parmi ceux qui ne tarissent pas d’éloges aujourd’hui se trouvent des gens qui l’avaient mis sur la liste noire des terroristes et de pires ennemis publics. Il a souffert cruellement dans sa chair. Il a passé 27 ans en prison. Il a échappé plusieurs fois à la mort. Il était incompris tant par ses proches et ses compagnons de combat que par ses ennemis. Mais, envers et contre tout, il a tenu bon.  Le résultat est éclatant mais ne perdons pas de vue les multiples défis qu’il a dû surmonter au cours de sa vie combien riche en péripéties.

N’est-ce pas intéressant de remarquer que le chemin de la réussite et de bénédictions passe souvent par le « désert » dans les Saintes Ecritures? Noé, l’homme de foi, a patiemment traversé le désert de moqueries quand il bâtissait l’arche dans un contexte où ses contemporains ne connaissaient pas la pluie, ni encore moins le déluge.  Abraham a dû patienter de longues années avant d’avoir enfin le fils de la promesse. Joseph a été vendu par ses propres frères et s’est retrouvé esclave sur une terre étrangère mais il est resté fidèle au Seigneur qui a su l’élever en temps opportun au point qu’il a pu aider sa famille (et de nombreux peuples) à échapper à l’extermination sous l’effet d’une famine particulièrement rigoureuse. Moïse a connu son temps de formation à l’université du désert avant d’être choisi pour libérer le peuple d’Israël d’une longue période d’esclavage. Le peuple d’Israël a traversé le désert avant d’entrer dans la terre promise. Avant de devenir le plus illustre roi d’Israël, David a aussi connu son temps de désert  où il était pourchassé par le roi Saül qui voulait lui ôter la vie. Daniel et ses compagnons ont enduré de sérieux tests avant d’être élevés en dignité sur une terre païenne. La reine Esther a risqué sa vie pour le salut de son peuple. Le Seigneur Jésus-Christ a commencé son ministère terrestre par un séjour dans le désert et l’a terminé sur la croix, dans une souffrance indescriptible. Les douze disciples ont souffert. L’apôtre Paul a aussi eu son lot de souffrances et expérimenté la vie du désert. Hébreux 11 nous offre une liste plus longue, quoique non exhaustive, d’hommes et de femmes de foi qui n’ont pas eu peur des difficultés. Ils ont pris des risques par amour pour leurs frères et sœurs – et surtout pour Dieu – et ce parfois au péril de leurs vies. Mais ils recevront tous leurs couronnes des mains du Seigneur à l’heure de la reddition des comptes.

Bien entendu, nous ne devons nullement prendre des risques inutiles ni idéaliser la souffrance. Cependant,  nous ne saurons non plus nous offrir le luxe d’opter pour le chemin de la facilité quand nous savons qu’au bout du désert se trouve des solutions aux problèmes de l’heure, un allègement de la souffrance de nos semblables, ou une terre promise. Il est vrai que tous ceux et celles qui affrontent les difficultés en faveur de leur peuple ne voient pas nécessairement le fruit de leur travail comme Mandela. Mais cela ne devrait en aucun cas les décourager. Comme le disait l’avocat, journaliste et auteur américain Napoleon Hill, “chaque difficulté porte en elle le germe d’un avantage équivalent ou supérieur.” Il a fallu que Martin Luther King et bien d’autres avant et après lui déblaient le terrain pour qu’on puisse enfin voir Obama à la tête des Etats-Unis. Tôt ou tard, les fruits d’un sacrifice nécessaire seront récoltés et appréciés. Ceci devrait nous encourager. La souffrance ne doit pas être un mur infranchissable pour le chrétien. Il est écrit : «  Mes chers amis, vous avez été plongés dans la fournaise de l’épreuve. N’en soyez pas surpris, comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal. Au contraire, réjouissez-vous, car vous participez aux souffrances du Christ, afin d’être remplis de joie quand il paraîtra dans toute sa gloire. Si l’on vous insulte parce que vous appartenez au Christ, heureux êtes-vous, car l’Esprit glorieux, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Qu’aucun de vous n’ait à endurer une punition parce qu’il aurait tué, volé ou commis quelque autre méfait, ou encore parce qu’il se serait mêlé des affaires d’autrui; mais si c’est comme «chrétien» qu’il souffre, qu’il n’en éprouve aucune honte; qu’il fasse, au contraire, honneur à Dieu en se montrant digne de ce nom (1 Pierre 2:12-16, Bible du Semeur). »

Mandela est parti et nos cœurs sont attristés. Mais ne restons pas à ce stade. La meilleure façon de pleurer et d’honorer Madiba est de passer à l’action. Osons grimper aux arbres sans branches de nos sociétés contemporaines qui ont besoin de nombreux Mandela; et faisons-le résolument par amour pour Dieu et pour nos semblables. Nous réussirons en nous appuyant sur le Seigneur qui nous accordera le courage, la force, la sagesse  et les moyens nécessaires.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

EDUCATION DES ENFANTS

“Isigogo sigokwa sisemanzi.” (Ndebele proverb)

“A cow skin can be easily rolled when it is still soft.” (Ndebele proverb)

“Une peau de vache peut être facilement roulée quand elle est encore fraîche.” (Proverbe ndebele)

Signification : Il est plus difficile d’instruire les enfants quand ils sont devenus adultes. L’éducation des enfants doit commencer le plut tôt que possible

Source : http://www.ywamafrica.org/Lounge/Resources/en-jub.pdf

Parallélisme biblique

Nous étions en train d’effectuer des recherches sur les témoignages des ceux et celles qui pratiquaient d’autres religions avant d’embrasser la foi chrétienne quand nos yeux sont tombés sur ce beau proverbe ndebele.  Aussitôt nos pensées se sont envolées vers l’univers éducatif africain. Nous nous sommes souvenus de la rigueur avec laquelle nos parents nous ont éduqués. En réalité, nos parents biologiques n’étaient pas les seuls à nous éduquer. N’importe quel habitant du village avait son mot à dire. Les proverbes, les conseils et les encouragements fusaient de partout. Quand nous nous comportions mal, n’importe quelle femme du village pouvait nous reprendre comme si elle était notre propre mère. N’importe quel homme pouvait nous fouetter comme le ferait notre propre père. Aucun parent  ne se soulevait parce qu’on avait infligé une punition bien méritée à son enfant. Mais, les enfants avaient de la peine à comprendre pourquoi les adultes se liguaient contre eux jusqu’à ce qu’ils deviennent grands et se rendent compte que l’éducation reçue était pour leur plus grand bien.

Ce n’est pas sans nostalgie que nous chérissons ces souvenirs d’un passé qui semble être à jamais révolu. De nos jours, les enfants sont à peine punis. La tendance est à laisser l’enfant agir à sa guise, faire ses propres expériences, prendre ses propres décisions. Du coup, l’éducation parentale, quand elle existe, est faite avec une légèreté déroutante. La discipline est perçue comme une inquisition moyenâgeuse et le libertinage s’installe confortablement sur le fauteuil des plus belles valeurs  du système éducatif traditionnel. Le taux toujours croissant de divorces vient donner le coup de grâce à une vie conjugale déjà chancelante. Et le tout se passe dans un contexte où Dieu lui-même n’a plus de place dans les écoles publiques.

C’est à peine si les enfants ne dictent pas leurs volontés aux parents et aux autres adultes avec toutes les conséquences heureuses et malheureuses. Malheureusement, les conséquences fâcheuses sont  plus nombreuses quand on analyse objectivement les dérives de nos sociétés contemporaines. On comprend alors pourquoi le proverbe ndebele mérite une attention particulière. En effet, les Ndebele partent du fait qu’on ne peut pas rouler une peau de vache devenue sèche pour attirer l’attention de leur contemporain sur la nécessité et l’urgence d’éduquer les enfants.  Pendant que les enfants sont encore malléables, les parents ont intérêt à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour les instruire, les éduquer, les corriger, et leur communiquer de bonnes valeurs morales et spirituelles.

C’est d’ailleurs ce que recommande la Bible. Proverbes 22 :6 est l’un des textes les plus remarquables sur le sujet : « Apprends à l’enfant le chemin qu’il doit suivre, même quand il sera vieux, il n’en déviera pas. » (La Bible du Semeur.) Un enfant qui a été instruit sur la voie du Seigneur peut mieux faire face aux tempêtes existentielles. L’apôtre Paul relève avec justesse le bel héritage spirituel de Timothée : « Je garde le souvenir de ta foi sincère, cette foi qui se trouvait déjà chez ta grand-mère Loïs et ta mère Eunice. A présent, elle habite aussi en toi, j’en suis pleinement convaincu. » (2 Timothée 1 :5, La Bible du Semeur). L’Eglise aurait un autre visage si tous les parents éduquaient leurs enfants avec le même sérieux. Et pourtant, c’est ce que Dieu attend. Il est écrit dans Deutéronome 11 :18-19 : « Gravez donc bien ces ordres que je vous donne dans votre cœur et au tréfonds de votre être, qu’ils soient attachés comme un signe sur vos mains, et comme une marque sur votre front. Vous les enseignerez à vos enfants et vous leur en parlerez, chez vous dans votre maison et quand vous marcherez sur la route, quand vous vous coucherez et quand vous vous lèverez. »

Le texte d’Ephésiens 6 :4 abonde dans le même sens : « Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. » (La Bible du Semeur). Dans ce cadre, et ceci sans encourager la brutalité et la torture, il y a de la place pour la correction avec amour et sagesse (Cf. Proverbe 23 :13 ; Hébreux 12 :7-11). Par-dessus tout, les parents doivent être de bons exemples pour les enfants en parole, en conduite, en foi et en pureté. Ils ne sauraient dire aux enfants : « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais. » Cela serait on ne peut plus irresponsable.

Si nous avions cent milliards voix, nous crierions sur tous les toits du globe que les enfants sont nos plus précieux trésors. Ne les sacrifions pas sur l’autel de l’argent, du pouvoir, du succès, des acclamations humaines, de l’égoïsme, de la mode, ou du politiquement correct. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les éduquer dans la crainte du Seigneur et laissons Dieu s’occuper de ce qui est au-delà de nos compétences humaines. Bâtons le fer pendant qu’il est encore chaud car l’âge adulte vient où il sera extrêmement difficile de redresser ce qui a été tordu par pure négligence. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

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