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RESPECT EACH OTHER

African proverb on mutual respect

« Mdu o Mrasa nguo ago kawi » Kiuru Proverb (Dialect of Chagga language, Tanzania)

« A neighbor is a second cloth » Kiuru Proverb

Meaning: We must respect each other.

Source of this proverb: Father Michael Mushi,
http://www.afriprov.org/index.php/bibliography/384-endangered-african-proverbs-collections-chagga-tanzania-sayings-.html

 

                                Biblical Parallelism:

A garment is used primarily to cover the nakedness and protect the body. This is the key to the above proverb for it enables one to grasp the depth of the symbolism. Thus, the neighbor is compared to a garment: they are both helpful for covering one’s nakedness. Of course, the nudity in question here is primarily a moral nudity. From this perspective, a good neighbor covers errors, forgives the faults and sins, does not expose to the general public the faults of others, and seeks to correct mistakes and misbehaviors as discreetly as possible.

Clothing also plays an aesthetic role. It enhances the physical appearance of a person. Similarly, a good neighbor can project a beautiful image of his or her peers, enhance their honor, and make them much more pleasant to the eyes of others.

In both cases, a good neighbor helps to raise high the banner of respectability of those around him/her. This is what the Bible teaches: “Be devoted to one another in brotherly love. Honor one another above yourselves.” (Romans 12:10, NIV)

God wants us to respect each other. Joseph understood this when, having found that Mary was pregnant, he opted for the solution of a secret break (Mt 1: 19). He could have exposed Mary to public disgrace. Although others would have agreed with him, he refrained from doing so. How many Christians have such a noble spirit today?

It is the same spirit that animated the Good Samaritan of the Parable of our Lord in Luke 10:25-37. He did not take the climate of enmity between Jews and Samaritans as a pretext to stun his neighbor who was seriously wounded, helpless, naked, and exposed to public shame. Against all odds, it is him (not the countrymen of the robbed who moreover were religious) who took care of the Jew who was attacked by robbers. In doing so, to borrow the terms of the Kiuru proverb, he was « a second garment » for his neighbor.

If only we could do likewise in all our human relationships! The world would have a different face. For, as Vagner Fernades Lobosco wrote so beautifully, « Respect is like the smiles: it costs nothing and everyone loves it.  » We can also put it this way: Respect is like the smiles – it spreads easily and everybody feels good about it. Therefore, let each one of us take initiative to respect our neighbors, to cover their moral nakedness and enhance their respectability by sincere love for them and for the glory of God.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

NOEL: QUAND LA RICHESSE EMBRASSE LA PAUVRETE

« Akoura ka ji m’wé dza dza »  (proverbe comorien)

“Le riche n’aide pas le pauvre.” (proverbe comorien)

« The rich does not help the poor. » (Comoros proverb)

Signification: « Ceux qui ont réussi oublient ceux qui ‘rament’ ».

Source: http://youssouf.saidali.free.fr/anjouan/html/wassuya.htm

Parallélisme biblique

A première vue, le proverbe comorien peut paraître simpliste. Nous aurions voulu un proverbe un peu plus énigmatique, paradoxal ou profond. Pourtant, ce proverbe a le mérite de nous forcer à réfléchir sur une réalité que nous vivons quotidiennement.

Nous constatons avec amertume qu’une bonne partie de l’humanité vit dans des conditions infrahumaines quoique nous disposions d’assez de ressources matérielles et financières pour que chaque être humain vive décemment. Pourquoi le rang des pauvres grossit-il davantage chaque jour ? Les raisons sont multiples et les réalités sont plus complexes. Nous osons cependant citer, entre autres, le mauvais comportement, le poids de l’histoire, la mauvaise éducation, les mauvaises orientations, les mauvaises décisions politiques au niveau international ou national, le manque ou l’insuffisance d’encadrement, les mauvais choix, la mauvaise gestion des ressources, les injustices sociales, les troubles sociopolitiques, les calamités naturelles, les conflits armés, et l’égoïsme humain.  La liste est loin d’être exhaustive.

Parlant de l’égoïsme, nous constatons qu’au plan international, les pays les plus riches ne sont pas forcément ceux qui aident le plus. Même quand ces aides sont accordées, avec toute la fanfare médiatique qui les accompagnent, elles sont souvent loin de correspondre aux besoins réels des pays qui en bénéficient. Par exemple, plusieurs  pays (surtout en Afrique) attendent encore un vrai transfert de technologie qui leur permettra de sortir du rang des éternels consommateurs. Mais, les intérêts économiques et politiques de certains pays mieux nantis sont têtus. En effet, il est plus facile de donner du poisson à un pays et de le contrôler subtilement mais sûrement que de lui apprendre à pêcher et de risquer de sacrifier ses propres intérêts. Les pays en voie de développement et les pays pauvres très endettés attendent d’être mieux représentés au sein du Conseil de Sécurité et dans les organes qui prennent les grandes décisions internationales. De nombreuses nations attendent des programmes de développement international plus justes et plus respectueux de leur vision du monde et de leurs convictions religieuses. Elles ne veulent pas subir une arrogante imposition du hiatus entre la raison et la foi, le séculier et le religieux, ou pire encore, le conditionnement des aides internationales à l’adoption de valeurs qui sont contraires aux mœurs des populations locales.

Au plan national, les détournements de biens publics et la corruption sont souvent le fait de l’égoïsme humain. Nombreux sont ceux qui semblent lutter en vue de tailler une bonne partie du gâteau national,chacun pour soi, pour sa famille, pour ses proches ou pour ses amis. L’intérêt supérieur de la nation et le patriotisme peuvent toujours  attendre. Et pourtant, le jour où le bateau national coulera, tout le monde en subira les conséquences. Le sort tragique des gens qui ont pillé les biens de leurs pays devrait nous servir de leçons. Certains individus ont apparemment réussi à tromper la vigilance de leurs compatriotes mais pourront-ils aussi tromper la vigilance divine au jour du jugement ?

Au plan strictement personnel, chacun peut s’examiner et se demander ce qu’il ou elle a fait pour aider les prochains en détresse. Nous devons apprendre à partager sans encourager la paresse et le parasitisme.  Force est de relever qu’on n’a pas forcément besoin d’argent ou de biens matériels pour aider le pauvre à sortir de sa misère. Le partage de connaissances et d’informations au sujet de ressources disponibles peut faire des merveilles. Même un simple conseil peut produire des résultats extraordinaires s’il tombe dans la bonne oreille. Nous avons connu beaucoup de personnes qui sont sorties de la pauvreté tout simplement parce qu’elles ont répondu favorablement aux conseils des amis, des frères et sœurs en Christ. Elles ont arrêté de fumer, de boire, de se droguer, de vivre au-dessus de leurs moyens, de jouir du fruit trompeur de la paresse ou d’attendre indéfiniment un poste de travail à la hauteur de leurs qualifications académiques. Elles se sont battues pour braver les moqueries de leurs camarades, changer de lieu d’habitation, chercher un emploi, s’auto employer, travailler durement, et économiser régulièrement un pourcentage plus ou moins fixe de tout ce que Dieu leur donne. Aujourd’hui, leur condition de vie s’est nettement améliorée. Sortons résolument des griffes de l’égoïsme car c’est une bête qui dévore nos prochains et finit toujours par nous dévorer nous-mêmes.

Pour sa part, Dieu nous donne une belle leçon de partage en ce temps de Noel où nous commémorons la venue de Jésus dans ce monde. Noel nous rappelle qu’il y a de cela deux millénaires, la Parole est devenue chair, Dieu s’est incarné (Jean 1 : 1-18). Dieu est venu partager notre misère humaine. Il en a donné un signal fort en plaçant son ministère terrestre sous ce signe dans Luc 4 :18-19 où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la délivrance aux opprimés et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur ».

Le Créateur de toute richesse visible et invisible est devenu pauvre afin de nous enrichir. C’est justement ce que nous trouvons en 2 Corinthiens 8 :7-9, dans un contexte où les fideles sont encouragés à donner généreusement : « Vous êtes riches dans tous les domaines, qu’il s’agisse de la foi, de la parole ou de la connaissance, du zèle en toutes choses ou de l’amour qui, de nos cœurs, a gagné les vôtres; cherchez donc aussi à exceller dans cette œuvre de générosité. Ce n’est pas un ordre que je vous donne, mais en mentionnant le zèle que d’autres ont déployé, je cherche à éprouver l’authenticité de votre amour. Car vous savez comment notre Seigneur Jésus-Christ a manifesté sa grâce envers nous: lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis.”

Ce texte est très profond. Christ s’est fait pauvre pour nous enrichir.  En lui nous sommes plus riches que les multimilliardaires de ce monde. Que faisons-nous de cette merveilleuse position spirituelle ? Suivons l’exemple de notre Seigneur et partageons.  Partageons les richesses spirituelles et invisibles avec un monde dont la pauvreté spirituelle est encore plus préoccupante que la pauvreté matérielle. Et si Dieu nous donne l’occasion d’aider les autres à sortir du gouffre de la pauvreté matérielle, faisons-le également avec joie. Car, pendant son ministère terrestre, notre Seigneur n’a pas seulement prêché la Bonne Nouvelle, il a aussi guéri les malades, nourri les affamés,  et pleuré avec ceux qui pleuraient.  Un proverbe biblique ne dit-il pas: « Celui qui fait la sourde oreille quand le malheureux [pauvre] appelle à l’aide, appellera lui-même à l’aide sans obtenir de réponse. » (Proverbes 21:13, La Bible du Semeur). Ne faisons pas la sourde oreile quand le pauvre crie. Allons et partageons humblement, en respectant la dignité du prochain qui est moins nantie et en évitant de profiter de l’occasion pour imposer notre volonté. Allons et partageons sagement, avec le discernement que donne le Seigneur et qui nous permettra de déterminer qui aider en priorité, quand et comment. Allons et partageons résolument et joyeusement. Allons et donnons à Noel son vrai visage.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

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