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PETIT MAIS IMPORTANT

« Isγaren irqaqen serγayen izunaren. » (Proverbe berbère)

« Les petites brindilles mettent le feu aux grosses bûches. »(Proverbe berbère)

« Small twigs set fire to the log. » (Berber Proverb)

Source : zighcult.canalblog.com/archives/2015/05/23/780299.html accédée le 30/1/2015

Moralité : Même les personnes les plus modestes sont importantes. Personne ne doit être minimisé dans la vie.

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Nous nous souviendrons toujours de l’expérience de la vie rurale dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Le bois était et demeure encore précieux pour la cuisine. Cuisiner au feu de bois est une véritable gageure. Il est important de choisir le bon bois et d’alimenter le feu de manière à ce qu’il y ait le moins de fumée possible tout en sécurisant une cuisson régulière du repas. C’est tout un art  qui commence par un savant dosage de petites brindilles ou de tiges de mil et de grosses bûches. C’est justement dans un univers semblable que nous plonge le proverbe berbère qui est présentement soumis à notre attention. Mais, avant de l’étudier, il convient de souligner que nous ne voulons en aucun cas encourager l’utilisation abusive du bois ou du charbon de bois pour la cuisson. Autant que faire se peut, l’Afrique doit protéger ses arbres car la désertification est un danger réel. Pour cela, nous recommandons vivement l’utilisation de combustibles qui favorisent la protection de l’environnement. Ceci dit, partons de l’Afrique centrale pour l’Afrique du Nord et revenons au proverbe berbère.

Les Berbères utilisent une image bien connue dans le contexte pour communiquer une vérité plus profonde : La vie humaine est comme un amas de brindilles et de grosses bûches. Les gens n’ont pas la même forme ni le même poids, tant au propre qu’au figuré. Cependant, chaque individu a sa place et son rôle dans la société. Sur cette base, personne ne soit être minimisé dans la vie. En ceci, la sagesse berbère reflète éloquemment l’enseignement biblique.

Nous avons tous été créés à l’image de Dieu (Gen. 1 :26-27). L’image de Dieu en le prochain, quelque soit son poids aux yeux de ses semblables, commande le respect. En réalité, tout ce que nous avons est dans une certaine mesure une grâce divine car sans le souffle de vie et la santé que Dieu donne, que peut faire un être humain ?   Nous comprenons alors pourquoi l’Ecriture déclare : « Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? » ( 1 Cor. 4 :7. Cf. 1 Chron. 29 :13-14). Bien plus, Dieu peut se passer de nos talents, de nos forces, de nos moyens, ou de nos stratégies et utiliser des gens que nous jugeons incapables, faibles, indigents et ignorants. L’exemple du jeune David qui terrassa le géant Goliath (1 Samuel 17) est bien connu. La Bible est pleine d’histoires de ce genre ou des petits ont semé de la confusion dans les rangs des grands, un petit nombre de personne a mis en déroute une armée redoutable et des gens du peuple sans instruction ont confondu des érudits. Elle utilise aussi  l’analogie du corps (cf. 1 Corinthiens 12) qui souligne avec force que chaque membre, petit ou grand, est important pour le bon fonctionnement du corps.

En somme, celui ou celle que nous méprisons aujourd’hui peut nous sauver dans l’avenir. En outre, Dieu est capable d’utiliser n’importe quel individu pour faire éclater sa gloire. Tout ceci devrait nous amener à faire preuve de considération et d’humilité dans nos relations humaines.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

 

LE MALHEUR EST UNE ECOLE

“Icyâgo cyigisha ubwênge” (proverbe rwandais – kyniarwanda)

« Le Malheur enseigne la clairvoyance. » (proverbe rwandais)

« Misfortune teaches foresight. » (Rwanda proverb)

Moralité : Celui ou celle qui est sage tire des leçons des expériences malheureuses de la vie.

Source : Titinga Frédéric Pacéré  Pensées africaines : proverbes, dictons et sagesse des Anciens. (Paris : L’Harmattan, 2005) p. 25

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La vie est un long chemin sinueux qui traverse de nombreux monts et vallées. Elle fait balancer la condition humaine entre la joie et le malheur à un rythme très irrégulier.  Mais, même les évènements fâcheux peuvent livrer des trésors à celui ou celle qui est sage et qui sait tirer des leçons du malheur qui frappe directement ou indirectement. C’est ce que nous communique le proverbe rwandais qui nous intéresse particulièrement en ce moment.

En effet, quoique le malheur soit redouté, il est comme une noix de coco qui livre son amende à la personne qui se donne la peine de casser sa solide coque. Celui ou celle qui est sage, réfléchit face au malheur qui lui arrive ou qui frappe ses semblables.  Quelles sont les causes profondes de ce malheur ? Quelles leçons dois-je en tirer ? Que faire pour le prévenir ou du moins en limiter les dégâts dans l’avenir tant au niveau individuel que collectif? Quelles dispositions pratiques faut-il prendre dès aujourd’hui ? Telles sont les questions qui s’imposent dans l’adversité.

Le malheur peut être une école de formation. Le psalmiste a tiré des leçons de l’adversité (Psaume 119 : 67,71). Job, au terme de la série des malheurs qui l’ont frappé, est entré dans une dimension plus profonde de la vie spirituelle au point où il a déclaré dans Job 42 :5 (La Bible du Semeur): «Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toi. Mais maintenant, mes yeux t’ont vu. » L’officier de 2 Rois 1 a tiré des leçons du malheur qui a frappé ses collègues et les soldats qui étaient sous leurs ordres. Au lieu d’aborder le prophète Elie avec la même arrogance que ses prédécesseurs, il adopta une attitude d’humilité et sauva ainsi sa vie et celle de ses compagnons d’armes. L’on pourrait multiplier de tels exemples à la lumière de la Bible mais tout semble se résumer à ces paroles d’Ecclésiastes 7 :14 (La Bible du Semeur) « Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis, car Dieu a fait l’un et l’autre, si bien que l’homme ne peut rien découvrir de ce qui doit lui arriver.»

Malheureusement, très peu d’individus et de communautés prêtent attention à ces conseils divins. L’histoire de l’humanité est riche en attitudes ou comportements qui ont causé divers malheurs, et pourtant nos sociétés contemporaines semblent trouver un grand plaisir à afficher les mêmes comportements, ignorant au passage que « ce qui est arrivé au mouton arrivera aussi à la chèvre » conformément à un autre proverbe africain. Les communautés chrétiennes ont aussi intérêt à tirer des leçons des malheurs qui ont frappé les églises qui se sont détournées du Seigneur et de sa saine doctrine afin d’éviter les pièges du matérialisme, du désordre spirituel, de la mondanité, de l’occultisme, du libéralisme théologique et des maux semblables.

Gustave Flaubert disait dans une correspondance datant du 23 mai 1852 : « Il faut de chaque malheur tirer une leçon et rebondir après les chutes. » Heureux sont ceux et celles qui savent tirer des leçons des divers malheurs qui nous frappent au lieu de se jeter mains et pieds liés dans la fosse aux lions de l’endurcissement et de la désobéissance. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

IL FAUT SAVOIR CHOISIR

“Riba δiδδi sey mbaagu.” (Balndol Fulbe)

“Ce n’est qu’avec le tambour qu’on peut profiter des deux cotés.” (proverbe peul)

« It is only with the drum that one can benefit from both sides. » (Fulbe proverb)

 Signification : On ne peut pas poursuivre deux lièvres à la fois. Il faut savoir choisir dans la vie.

Commentaire à la lumière de la Bible

On raconte l’histoire d’une hyène qui était tellement affamée et qui, par heureuse coïncidence, se retrouva nez à nez avec deux animaux pris par les cornes dans deux buissons pas très distants l’un de l’autre. L’un des animaux était un gros bélier et l’autre une grasse chèvre. Notre hyène avait l’embarras de choix: « Faut-il choisir la chèvre ? » se dit-elle. « Mais je risque de perdre ce gros bélier qui me fait saliver à sa seule vue. » Après un bon moment d’hésitation elle décida de dévorer les deux animaux à la fois. Et, pour y arriver, elle avança les pattes gauches d’un coté et les pattes droites de l’autre. Elle essaya si durement d’avancer de cette manière qu’elle s’écartela, s’écroula, et creva sans avoir eu l’occasion d’atteindre l’un ou l’autre animal.

Cette histoire illustre bien le proverbe peul susmentionné. Les Peuls ont une variété d’instruments de musique mais les plus courants dans les festivités semblent être les tam-tams qui ont des formes et des tailles très diverses quoiqu’ils soient tous appelés mbaagu. Dans cet adage, il s’agit d’un tambour qu’on peut battre des deux cotés à la fois. La sagesse peule s’appuie sur cet exemple pour dire que c’est une exception car la vie est différente. L’être humain n’a pas le don d’ubiquité. Il ne peut pas être dans deux endroits différents à la fois. Il ne peut pas suivre à la fois deux personnes qui vont dans deux directions opposées. Il doit choisir.

C’est justement ce à quoi les Saintes Ecritures nous invitent. Il est écrit dans Deutéronome 30 :19 (Bible du Semeur): « Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins : je ne vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants. » Dans ce texte Dieu recommande la vie mais il laisse le choix aux êtres humains. Ici, choisir Dieu et l’obéissance à sa parole c’est choisir la vie.

Dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus-Christ attire aussi notre attention sur le fait qu’on ne puisse servir deux maitres à la fois. Il est écrit dans Matthieu 6 :24 (Bible du semeur) : « Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent. » Malheureusement, nombreux sont ceux qui essaient de servir en même temps Dieu et l’Argent, surtout en ces temps de la fin où l’amour du monde, la fascination du matérialisme et le piège de l’idolâtrie font des ravages. Pour reprendre le proverbe peul, ils se trompent en pensant profiter des deux cotés comme si la vie était un tambour. En réalité, la vie n’est pas un tambour mais “une succession de choix qu’il faut savoir assumer ensuite” comme le dit si bien Joël Dicker. Où sont les Josué, les Caleb, les Deborah, Ruth, les Daniel et les Esther du vingt-unième siècle qui peuvent opérer des choix courageux, et les assumer même quand les risques sont évidents ? Sommes-nous prêts à marcher sur leurs traces en comptant sur la grâce et la force du Seigneur?

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

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