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SORTIR DU PIEGE AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Shin cubin, soun cubunnodi bozú (proverbe toubou du Tchad)

Celui qui a mangé l’oreille ne restera pas sans manger l’œil (proverbe toubou du Tchad)

“Whoever ate the ear will not go without eating the eye.” (Toubou proverb from Chad)

 

Signification : Si tu donnes ton petit doigt [à l’ennemi], il te prendra la main.

Source : http://www.tchad.org/recherche/proverbes/toubou.html

 

Parallélisme biblique

Les Toubou  du Tchad nous donnent une très belle leçon de sagesse à travers le proverbe susmentionné. En effet, Dieu nous avertit très souvent des dangers que nous courrons mais nous semblons prendre un malin plaisir à négliger ses feux jaunes et à brûler ses feux rouges. Pourtant, de manière directe ou indirecte, nous voyons les conséquences des mauvais choix, de la mauvaise conduite, de l’orgueil, du refus de régler des problèmes, des addictions,  et du refus délibéré d’écouter les bons conseils des amis, des dirigeants spirituels ou des parents. Un examen minutieux de notre vie peut même parfois révéler des cas précis où l’un de nos membres a été mangé, au propre ou au figuré. Et pourtant, nous continuons      à vivre comme si de rien n’était. Nous tirons peu de leçons des bavures du passé. Nous justifions souvent nos mauvais comportements. Certains parmi nous s’obstinent même à cheminer sur la mauvaise voie. 

Face à ces constats, les Toubou nous invitent à nous ressaisir car les conséquences des mauvais comportements sont incommensurables. Ces conséquences peuvent sembler insignifiantes au début mais, s’il n’y a aucun changement, elles ouvriront la voie à de plus grands ennuis, à de sérieuses pertes.

L’un des récits bibliques qui mérite une sérieuse méditation est celui de Samson, un homme doté d’une force extraordinaire et qui aurait pu marquer l’histoire d’une manière plus significative mais qui s’est laissé enfoncer progressivement dans des compromis, des conduites coupables. Il a fini par perdre ses yeux, et ultimement sa vie dans des circonstances très tragiques. L’un des épisodes les plus tristes de sa vie fut lorsque Dalila lui rasa sa tête et s’écria hypocritement : « Samson, les philistins t’attaquent ! » La Bible précise que Samson « … se réveilla de son sommeil et se dit: ‘Je m’en tirerai comme les autres fois et je me dégagerai!’   Mais il ne savait pas que l’Eternel s’était détourné de lui. » (Juges 16 :20, La Bible du Semeur). Hélas, c’était trop tard. Ses oreilles avaient étaient déjà moralement et spirituellement mangées d’autant plus qu’il n’a pas écouté les avertissements; et maintenant ses yeux sont littéralement mangés car ils ont été aussitôt  crevés. En plus des souffrances physiques indescriptibles, il a subi de graves humiliations. Plus tard, la mort physique s’en est suivie.

Malheureusement nous, qui lisons ces récits des milliers d’années plus tard, tombons  bêtement dans les mêmes pièges. Nous n’en tirons pas des leçons. Pourtant, nous ne sommes pas obligés de continuer à nous enfoncer. Même ceux et celles qui  sont descendus très bas peuvent encore se ressaisir comme le fils prodigue de la parabole (Voir Luc 15 :17-19).  Le pire n’est pas de tomber mais de rester par terre et de s’enfoncer soi-même dans la boue quand on est tombé. Le pire n’est pas d’être répréhensible mais de faire la sourde oreille face aux reproches justifiés. La Bible est formelle : « Celui qui se raidit contre les reproches sera brisé soudainement et ne s’en remettra pas. » (Proverbes 29:1, La Bible du Semeur).

Ayons la sagesse de sortir résolument du piège de l’Ennemi, de nos semblables, ou de nos mauvais choix, avant qu’il ne se referme sur nous. Au lieu de nous enfoncer comme Samson, relevons-nous et marchons sur la voie d’intégrité comme Daniel et ses trois compagnons. Que Dieu nous vienne en aide ! Amen.

© Copyright 2010 by Moussa Bongoyok.

BIEN TERMINER L’ANNEE

« Gînei di gûi tugopoo, dûli di ashi curuuwo gali. » (Proverbe Toubou du Tchad)

« Quand on égorge mal, il faut bien dépouiller. »  (Proverbe Toubou du Tchad)

“If somebody slaughters an animal badly he or she must skin it well.” (Toubou Proverb)

Sens : » Quand on débute mal, il faut s’arranger pour bien finir. »

Source: http://www.tchad.org/recherche/proverbes/toubou.html

Parallélisme biblique

Ce proverbe vient à point nommé. L’année en cours tire à sa fin et une nouvelle se profile à l’horizon. Le rythme de la vie est si vertigineux que nous avons à peine le temps d’évaluer sérieusement le chemin parcouru afin de mieux relever les défis de l’avenir. En cette fin d’année, nous encourageons vivement chacun d’entre nous à consacrer une journée entière à cet exercice combien important pour notre vie présente et future. Mais, pour mieux réussir cette évaluation, il est important de se préparer psychologiquement à la gestion des succès et échecs.

Dans une large mesure, les succès sont plus faciles à gérer. Toutefois, ne perdons pas de vue le fait qu’en cas de réussite deux principaux pièges nous guettent : l’orgueil et le statuquo. D’abord, l’orgueil est un appât à éviter. C’est facile de se jeter des fleurs, de se croire supérieur aux autres, et de détourner la gloire divine. Or, sans le souffle de vie, la santé et les dons que Dieu nous accorde gracieusement, nous serions incapables de réfléchir, de travailler et de réussir. En réalité, c’est par la grâce de Dieu que nous sommes ce que nous sommes et que nous avons pu réussir. Les diverses contributions des amis, des collègues et de tous ceux qui nous sont chers méritent aussi d’être reconnues. Celui ou celle qui réussit se tient généralement sur les épaules de plusieurs personnes connues et inconnues.

Ensuite, il faut éviter le piège du statuquo car il est facile de s’endormir sur ses lauriers. Or, dans la vie, qui n’avance pas recule quel que soit son niveau actuel. Nos succès doivent plutôt être des indicateurs que nous pouvons viser plus haut, aller plus loin, remporter de plus grandes victoires. Bien entendu, un homme ou une femme sage saura s’assoir pour calculer le prix, évaluer les risques et déterminer les moyens de surmonter les obstacles avant de se lancer dans une plus grande aventure (Cf. Luc 14 :25-35). Il ou elle saura reconnaître ses limites, et tendre la main à des collaboratrices et collaborateurs sérieux dans la mesure du possible. Mais il ou elle ne se croisera pas les bras car l’échec est téméraire et risque d’entamer sérieusement les plus belles médailles des réussites.

Justement, l’échec s’invite facilement même dans les plus petites failles de nos vies et de nos entreprises. Une fois qu’il s’installe, il est difficile à gérer. Plusieurs personnes pourtant fortes, intelligentes et talentueuses sont aujourd’hui complètement terrassées et découragées alors qu’un pas de plus aurait suffi pour remporter la victoire qui est à portée de main. Si tous les êtres humains étaient persévérants notre planète aurait un autre visage. Songez un peu à ce que la France serait devenue si le Général Charles de Gaulle n’avait pas su gérer sagement l’échec. Son célébrissime appel du 18 juin 1940 retentit encore avec toute sa vigueur d’antan: « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre. » C’est exactement ce genre d’attitude face à l’échec que prônent les Toubou du Tchad quand ils disent : « Quand on égorge mal, il faut bien dépouiller.». Mal commencer n’est pas un acte louable, certes, mais ce n’est pas le pire. Autrement dit, on peut mal commencer et bien terminer. Le pire c’est de mal terminer. Voilà pourquoi la Bible dit : « Mieux vaut l’aboutissement d’une entreprise que son début. » (Ecclésiaste 7 :8a, La Bible du Semeur).

Les Ninivites menaient une vie si dépravée qu’un jugement imminent devait tomber sur eux. Le livre de Jonas nous rapporte qu’un délai de quarante jours leur était donné avant la destruction totale. Mais, quand ils ont écouté le message de Dieu, ils se sont repentis et le jugement a été écarté (Jonas 3 :1-10). Le second brigand sur la croix était pratiquement mourant, mais il avait eu la sagesse d’implorer la grâce du Seigneur. Il fut sauvé in extremis (Luc 23 :39-43). Paul entama sa carrière avec un extrémisme religieux particulièrement violent et foncièrement antichrétien, mais il est finalement devenu l’un des plus illustres apôtres du Seigneur Jésus-Christ (voir le livre des Actes et les épitres de Paul).

A une autre échelle, les disciples avaient pêché pendant toute la nuit sans attraper un seul poisson mais, alors qu’ils avaient perdu tout espoir, le Seigneur était intervenu. Sous son ordre, ils jetèrent le filet du côté droit de la barque et la pêche fut si fructueuse qu’ils firent des efforts supplémentaires pour le retirer « à cause de la grande quantité de poissons » (Jean 21 :1-8).

Ces exemples bibliques montrent qu’il est possible de mal commencer et de bien terminer. Un coup d’œil dans le rétroviseur de l’année qui s’achève nous révèlera certainement des succès mais aussi un ou plusieurs échecs. Choisissons de ne pas nous laisser abattre par ces derniers. Faisons-y face avec une bonne attitude. Tirons des leçons de nos échecs et engageons-nous à marquer la différence.

Le commencement de la victoire c’est la reconnaissance de son échec, de ses erreurs, de ses péchés. Ensuite, un examen sérieux des causes profondes de l’échec s’impose. A ce stade, il convient d’être assez honnête pour ne pas jeter la faute sur les autres. C’est toujours facile d’accuser quelqu’un d’autre ou de blâmer les circonstances. Pourtant, les héros de l’histoire humaine ont souvent bravé des adversités énormes mais ils sont quand même parvenus à des résultats on ne peut plus éclatants. Au lieu de jeter un regard accusateur vers les autres, il est plus sage de reconnaitre sa part de responsabilité dans l’échec. Une personne qui veut réussir doit savoir être plus dur envers soi-même qu’envers les autres tout en évitant le piège de l’apitoiement sur soi. En effet, certaines personnes n’arrivent pas à se pardonner et finissent par s’embourber dans l’échec. Ce n’est pas ce que nous recommandons. Nous encourageons plutôt une analyse objective de l’échec et un ferme engagement à faire les choses autrement.

Enfin, le tout n’est pas d’avoir une bonne résolution. Il faut passer de l’idéal au concret. En cette fin d’année, le pas concret peut signifier demander pardon au conjoint ou à la conjointe, retourner un appel téléphonique qui est resté sans suite, répondre à une lettre en souffrance depuis le début de l’année voire depuis des années, encourager un ami en difficulté, rendre visite à un parent, payer (ne serait-ce qu’en partie)une dette qui pèse sur la conscience, renouer avec les activités spirituelles (conversion, fréquentation régulière de l’église locale, baptême, participation à la sainte cène, intégration dans une cellule de prière, ou lecture quotidienne de la Bible), remercier un ou plusieurs bienfaiteurs, ou commencer un projet qui a toujours été remis à plus tard. On pourrait allonger indéfiniment la liste mais l’essentiel est de faire le premier pas aujourd’hui. Un proverbe chinois dit : « Un voyage de mille kilomètres commence toujours par un premier pas.» Faisons ce premier pas aujourd’hui même, et nous verrons qu’on peut effectivement mal commencer mais bien terminer. Dans les domaines de la réconciliation et de bonnes œuvres, par exemple, n’attendons pas que les autres fassent le premier pas vers nous mais soyons du nombre de ceux qui prennent les initiatives. C’est d’ailleurs l’esprit de la règle d’or : « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous, car c’est là tout l’enseignement de la Loi et des prophètes. » (Matthieu 7 :12, La Bible du Semeur).

Tant qu’on vit, il y a de l’espoir. Sans encourager la procrastination, force est de relever que même à la dernière minute, des prodiges peuvent s’opérer. Ne laissons pas les échecs du passé et du présent nous poursuivre dans l’avenir. Appuyons-nous plutôt sur le Seigneur pour renverser la tendance et marcher de victoire en victoire par lui et pour lui.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

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