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Les fruits de la patience

« M dyi koeh chehn-ehn dyuo ni, m dieh piuu.” (Bassa Proverb of Ghana)

« Si tu sais comment dépecer une fourmi, tu en mangeras le foie. (Proverbe Bassa du Ghana)

« If you know how to butcher an ant, you will eat its liver. » (Bassa proverb of Ghana)

Sens: La patience est très délicate mais elle produit des résultats très excellents.


Parallélisme biblique

Dans de nombreuses cultures africaines, le foie est très prisé. Parfois, il est réservé à certaines personnes et grillé immédiatement après l’abattage, avant même que le reste de la viande ne soit prête pour la cuisson. Avec ceci en esprit, nous pouvons commencer à décrypter notre proverbe Bassa du Ghana.

La tâche la plus délicate consiste maintenant à pénétrer le sens du dépeçage d’une fourmi. Dans un grand nombre de contes et proverbes d’Afrique, les fourmis font partie du cercle de l’infiniment petit. Elles sont souvent opposées aux éléphants. Du coup, dépecer une fourmi devient une gageure. C’est justement là où le proverbe devient plus intéressant.

La sagesse Bassa déplace une action qui relève du domaine de l’utopie et la projette sous les feux des réalités  existentielles en vue de transmettre une leçon qui est d’une profondeur incontestable. En d’autres termes, s’il était possible de dépecer une fourmi cela prendrait une dose extraordinaire de patience compte tenu de la délicatesse de l’entreprise. Mais, si celui ou celle qui dépèce ce petit insecte en paie le prix, il ou elle s’en sortira avec une récompense sans pareil. Cela nous rappelle au moins deux proverbes : « la patience vaut de l’or » ; « la patience est amère mais son fruit est doux. »

Ces proverbes sont familiers mais ils  tiennent un langage qui n’est pas loin du parler en langues inintelligibles pour nos contemporains. Nous vivons dans un monde où nous voulons tout et tout de suite. Une fraction de seconde semble durer une éternité pour certains programmes informatiques. Nous devenons de moins en moins patients. Et pourtant, la Bible nous invite à la patience.

Le Dieu Créateur est patient (Exode 34 :6 ; 1 Pierre 3 :20 ; 2 Pierre 3 :9,15). Sans sa divine patience, notre monde aurait été détruit depuis belle lurette. Dieu veut que nous nous soyons aussi patients (Romains 12 :12 ; Colossiens 3 :12-13 ;  Jacques 5 :7-8 etc.). La patience est d’ailleurs l’un des fruits de l’Esprit (Galates 5 :22). Il nous faut découvrir le secret de la patience qui nous pousse à rester confiants au Seigneur même si les évidences semblent nous inviter au découragement, voire à la démission (Psaume  27 :14 ; 33 :20-21 ; 37 :7-9 ; 40 :1 et Esaïe 40 :31).

Fréderic Mistral écrivait (1830-1914) : « Si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse. » Il est temps que notre monde prisonnier de la vitesse et de l’immédiateté s’arrête un instant pour sortir du train à grande vitesse afin de laisser la rosée des petits sentiers rafraîchir ses pieds endoloris par la course effrénée d’une vie qui a perdu de vue l’ essentiel.

Certes, la patience n’est pas aisée. Elle exige une bonne dose d’humilité, de sacrifice, de pardon, d’espoir, de courage, et de persévérance. Mais, tôt ou tard, elle produit d’excellents fruits. On comprend alors pourquoi la Bible dit : « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. » (Galates 6 :9, La Bible du Semeur/ voir aussi 1 Corinthiens 15 :58). Apprenons à dépecer la vie en nous servant du couteau de la patience. Nous ne le regretterons jamais, au contraire !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

BIEN COMMENCER LA NOUVELLE ANNEE

« Gedepooh faa dyueh wonon bedeeh mu po-deh. » (Proverbe Bassa du Ghana).

« Le Dieu qui a fendu la bouche de son enfant y mettra quelque chose. » (Proverbe Bassa du Ghana).

« The God who split His child’s mouth, has something to put in it. » (Bassa Proverb of Ghana).

Sens : Dieu pourvoit.

Source : Abba Karnga Bassa Proverbs for Preaching and Teaching (Accra : Asempa Publishers, 1996) 1.6.10 c


Parallélisme biblique

Au début d’une nouvelle année, l’être humain est face à une incertitude. Nul ne peut dire avec exactitude ce que les douze prochains mois nous réservent comme surprises. Cette incertitude inquiète et vient s’ajouter aux soucis que les années passées ont ajouté à la valise de la vie. Pour cette raison, il n’est pas rare que la joie de vivre une nouvelle année soit ternie par de multiples questions tout à fait légitimes. En voici quelques unes : Que ferons-nous face à une telle situation ? Aurons-nous assez de moyens financiers ou de provisions pour survivre ? Comment allons-nous résoudre ce problème ? Sortirons-nous de cette impasse ? Cette nouvelle année va t-elle enfin redonner l’espoir qui s’est effritée au fil des années ?

Face à ces interrogations et à tant d’autres, les Bassa nous invitent à garder notre calme et à aborder la nouvelle année avec optimisme. N’est-ce pas Dieu qui a donné une bouche à ses enfants? Il est aussi en mesure d’y mettre quelque chose.

En clair, Dieu pourvoit. C’est justement ce que la Bible enseigne. D’ailleurs, l’un des noms de Dieu est YHWH-YIREH (Yahvé-Jiré). Avant de donner le sens de cet attribut divin, il convient de relever ici que, par respect pour Dieu, les Juifs se sont servis des voyelles du mot Adonaï (Seigneur) pour vocaliser YHWH. Ainsi, au lieu de lire « Yahweh-Yireh », ils lisent « Adonaï-Yireh ».

Revenons maintenant à ce nom combien important et significatif. YHWH-Yireh est mentionné pour la première fois dans Genèse 22 qui relate l’histoire du sacrifice d’Isaac. Dieu voulait tester la foi d’Abraham. Il lui demanda de sacrifier son fils Isaac. Abraham obéit et embarqua Isaac dans un long voyage. Au troisième jour, intrigue, le fils fit la remarque suivante à son père : “ Voici le feu et le bois, dit-il, mais où est l’agneau pour l’holocauste?”. Plein de foi, Abraham répondit: “Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste.” (cf. Genèse 22:7-8). Effectivement, Dieu pourvut et un bélier fut sacrifié en lieu et place d’Isaac. Abraham appela ce lieu YHWH-Yireh, qu’on pourrait traduire en français par « Dieu pourvoit » ou  « Dieu pourvoira ».

Dieu pourvoit effectivement aux besoins de ses enfants. Le prophète Elie l’a expérimenté à plusieurs reprises dans sa vie. Pour le nourrir, Dieu s’est servi des corbeaux (1 Rois 17 :2-6), d’une très pauvre veuve (1 Rois 17 :7-16), et de son ange (1 Rois 19 :5-9). Esaïe le prophète a rappelé aux Israélites l’importance de tourner les regards vers lui et non vers l’Egypte (Esaïe 31 :1). Le Seigneur, dans la prière dominicale, nous encourage à nous tourner vers notre Père céleste en vue de lui demander notre pain quotidien (Matthieu 6 :11). Le Dieu qui nourrit les oiseaux et les animaux sauvages sait aussi nourrir ses enfants qui ont plus de valeur qu’eux (Matthieu 6 :26). Voilà pourquoi le Seigneur Jésus-Christ nous encourage à ne jamais céder aux inquiétudes : “Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet? Observez les lis sauvages! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements. Pourtant, je vous l’assure, le roi Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux! Si Dieu habille avec tant d’élégance la petite plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas vous-mêmes? Ah, votre foi est encore bien petite! Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas: ‘Que mangerons-nous?’ ou: ‘Que boirons-nous? Avec quoi nous habillerons-nous?’ Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin. Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus.” (Matthieu 6:28-33, La Bible du Semeur). Voila un texte biblique qui mérite d’être lu et relu tout au long de notre voyage ici-bas.

Ailleurs, la Bible nous rassure que le Dieu qui n’a pas hésité à nous donner le Seigneur Jésus-Christ, nous donnera aussi toute chose avec lui (Romains 8 :32). L’apôtre Paul conclut son épître aux Philippiens en disant : « Aussi, mon Dieu subviendra pleinement à tous vos besoins; il le fera, selon sa glorieuse richesse qui se manifeste en Jésus-Christ.” (Philippiens 4 :19, La Bible du Semeur). Cette promesse est aussi valable pour nous aujourd’hui car le Dieu en qui nous croyons est le Dieu qui pourvoit. Il peut même faire au-delà de ce que nous lui demandons (Éphésiens 3 :20).

Voilà qui devrait balayer les salissures du pessimisme et nous redonner la joie et l’espoir en ce début d’année. Devant la délicatesse des décisions comme en pleine tempête des épreuves de la vie, l’enfant de Dieu peut garder la tête haute et dire : Dieu pourvoira ! Quand nous sommes abattus, à bout de force et au bord du découragement, rassemblons le peu d’énergie qui reste et crions : Dieu pourvoira! Quand les déceptions nous arrachent tout espoir de renversement de la tendance d’un côté et les tyrans nous menacent de l’autre, levons nos regards vers le ciel et affirmons: Dieu pourvoira!

Abordons la nouvelle année avec confiance et optimisme en comptant sur le soutien du Dieu Créateur. Bien entendu, la présence du Seigneur dans la barque de notre vie n’écarte pas la possibilité de tempêtes, mais elle nous rassure que nous ne sombrerons pas. Il peut arriver que nous traversions la vallée de l’ombre de la mort. Mais, pour emprunter le langage du psalmiste dans le Psaume 23, la houlette et le bâton de notre Bon et Divin Berger nous rassurent. L’image du berger est très significative car un berger conduit, protège, soigne et sauve ses brebis. Le Seigneur est notre Berger et il pourvoira à tous nos besoins dans chacun de ces domaines : direction vers les lieux où nos besoins seront satisfaits, protection contre les forces du mal, santé dans toutes ses dimensions, et délivrance dans des situations particulièrement difficiles.

Quelle que soit la tournure des évènements, Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux et celles qui l’aiment (Romains 8:28). Ne craignons rien mes frères et sœurs. Notre Dieu est fidèle. Il pourvoira! La meilleure façon de commencer cette année est de s’appuyer entièrement sur lui.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

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