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PAUVRETE ET DIGNITE HUMAINE

“N’tèwèshè a n’didè ndo a koskossai” (N’gèlègèdma mafahai)

“La pauvreté transforme l’être humain en paille.” (proverbe mafa)

“Poverty turns the human being into straw.” (Mafa proverb).

Signification: La pauvrete rabaisse l’être humain. 

 

 Commentaire à la lumière de la Bible

Traditionnellement, les Mafa ne sont pas matérialistes. Sauf rares exceptions, ils savent généralement se contenter du peu de revenus qu’ils tirent de leur cadre naturel très austère. Avant l’avènement de l’argent et de toute la panoplie de l’économie contemporaine, tant qu’un chef de famille avait du mil dans son grenier, des cases en toit de chaume pour les membres de sa famille, quelques chèvres ou moutons, et ne serait-ce que deux vêtements de rechange, il était pleinement satisfait. Dans cet esprit, tant que les Mafa avaient le minimum vital, ils se moquaient éperdument des aléas de la nature et des mirages de l’univers matérialiste. Ce n’est que quand le mil venait à manquer et qu’ils étaient forcés à se plier en quatre devant les autres pour mendier afin de survivre que les Mafa se sentaient vraiment pauvres. C’est alors qu’on peut les entendre prononcer de nombreuses variantes du proverbe sur lequel nous nous penchons présentement : “N’tèwèshè a n’didè do a koskossai”. Dans certains villages mafa l’on entend fréquemment “N’tèwèshè ambabai” (la pauvreté est mauvaise).

A regarder de près ce phénomène, la pauvreté dans la tradition Mafa n’est pas tellement une absence de biens matériels ou de moyens financiers mais une atteinte à la dignité humaine. Même avec peu de moyens, tant que leur dignité n’est pas menacée, les Mafa se sentent riches. Mais, quand ils sont forcés à se rabaisser devant leurs semblables ou à agir contre leur gré afin de survivre, ils se sentent dépouillés de la nature humaine. Ils s’estiment alors aussi inutiles que des herbes sèches que l’on piétine.

Un tel sentiment se retrouve chez plusieurs peuples d’Afrique et du monde. Mais, la communauté internationale en tient-elle toujours compte dans ses agissements et dans ses décisions ? Si tel était le cas, nous ne verrions pas ce qui se passe en ce moment même en Centrafrique, par exemple. Dans ce pays, certains leaders d’organisations internationales agissent à leur guise au grand mépris des autorités centrafricaines et facilitent ainsi la partition du pays en deux avec toutes les conséquences amères que cela pourra entrainer dans un très proche avenir. Pourtant, aucune solution efficace ne peut être trouvée tant qu’on méprise les analyses et les solutions que proposent les leaders politiques et religieux de ce pays (sans distinction aucune) car ils maitrisent mieux leur contexte. Si la République Centrafricaine était parmi les pays les plus riches du monde, la traiterait-on ainsi ?

Au-delà de ce pays, notre planète est gravement troublée par de nombreux cas où certains individus et pays riches forcent leurs volontés sur des individus et des pays plus modestes. Mais, la question fondamentale que nous devons tous nous poser est la suivante : une personne doit-elle perdre sa dignité parce qu’elle est pauvre ?

La Bible répond par la négative. En effet, il est écrit dans Proverbes 14 :31 (la Bible du Semeur): « Opprimer le pauvre, c’est outrager son Créateur mais avoir de la compassion pour les indigents c’est l’honorer. » Quelques chapitres plus loin (17 :21) il est écrit : «Se moquer du pauvre, c’est outrager son Créateur, et celui qui se réjouit du malheur d’autrui ne sera pas impuni. » D’autres textes comme Psaume 12 :5 ; Proverbes 14 :21 ; et Proverbes 22 : 2,16,22,23 abondent dans le même sens.

Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre la pauvreté. Et si malgré tout certains demeurent pauvres travaillons activement pour protéger leur dignité car, comme le dit si bien Jean Boccace, « La pauvreté n’ôte de noblesse à personne, la richesse oui. » Mais, nous pouvons aussi empêcher à la richesse de voler la noblesse des nantis. Les riches et les pauvres peuvent danser la main dans la main au rythme de l’amour divin s’ils apprennent à se respecter mutuellement.

Nous ne pouvons pas forcer tous nos semblables sur cette piste de danse virtuelle; mais nous pouvons marquer la différence dans le respect de la dignité de tous les êtres humains (hommes et femmes, petits et grands, religieux et irréligieux, riches et pauvres) un pas de danse à la fois.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

IL Y A DE L’ESPOIR

« Fin moun bé to missin ya la ô dan yé fini kissè yé. » (Proverbe bambara)

« Seul le grain de fonio reste minuscule. »  (Proverbe bambara).

« Only a fonio grain remains tiny.”  (Bambara proverb).

Signification : « Tout peut changer dans la vie – dans le bon sens. Quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, elle s’améliorera un jour. »

Source : http://www.malikounda.com/discussions/mali-societe-f3/proverbes-bambara-t2854.html

Parallélisme biblique

L’un des chapitres les plus tristes de l’histoire du continent africain est en train de s’écrire en ce moment.  Des forces extérieures et intérieures semblent s’acharner contre un continent déjà très affaibli par de nombreuses meurtrissures. Les coups subis sont d’autant plus dangereux qu’ils sont  savamment masqués dans des paquets d’humanisme, de bienfaisance, ou d’intérêts supérieurs. Entre temps, les  plus faibles croulent sous le poids des éléphants du village planétaire  dont les grandes oreilles sont devenues subitement sourdes aux nombreux appels.

La masse qui s’enfonce davantage dans le gouffre existentiel ne semble plus avoir que ses yeux pour pleurer. Le découragement  hante ses nuits déjà perturbées par des douleurs qui sont à peine identifiées, tellement elles défilent à un rythme vertigineux. Que faire ? Où aller ? C’est là où la sagesse bambara peut nous être d’une grande utilité : « Seul le grain de fonio reste minuscule »  ou, en d’autres termes, il y a toujours de l’espoir même quand le désespoir semble régner. Tout peut changer dans la vie.

Le Dieu Créateur est juste et bon. Il ne permettra pas que ceux qui font subir sciemment des injustices aux autres le fassent éternellement. Il ne restera nullement sourd aux cris des malheureux. Il saura relever en temps opportun  ceux qui sont humiliés et incapables de briser le joug des oppresseurs. N’est pas lui qui a dit : « Celui qui fait la sourde oreille quand le malheureux appelle à l’aide,
appellera lui-même à l’aide sans obtenir de réponse » ? (Proverbes 21 :13, la Bible du Semeur) Il est aussi celui qui a dit ceci par la bouche de son serviteur Michée :

« L’Eternel s’adresse à la ville:
      —la sagesse, c’est de le craindre:
      alors, écoutez la menace de votre châtiment
      et celui qui l’envoie—

     «Supporterai-je encore, communauté méchante,
      les biens injustement acquis,
      les mesures réduites, objets de ma malédiction?

    «  Laisserai-je impuni celui qui utilise des balances faussées
      et qui a dans son sac des poids truqués?

    « Les riches de la ville ont recours à la violence,
      ses habitants profèrent des mensonges,
      leur langue ne fait que tromper.

   «A mon tour, je vous frapperai, jusqu’à vous en rendre malades,
      je vous dévasterai à cause de vos fautes,

      vous mangerez sans être rassasiés,
      cela vous tordra les entrailles.
      Vous ferez des réserves, vous n’en sauverez rien.
      Ce que vous sauveriez,
      je le livrerai à l’épée.

   « Vous sèmerez
      sans pouvoir moissonner;
      vous presserez l’olive,
      mais sans vous frotter d’huile;
      vous foulerez les grappes,
      sans en boire le vin. » (Michée 6 :9-15, La Bible du Semeur).

Au lieu de l’oppression, de la violence, de la fausseté, de la ruse, et de nombreuses injustices, voici plutôt la voie que trace le Seigneur devant tout être humain: « On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. » (Michée 6 :8, La Bible du Semeur).

Dans tous les cas, le Dieu Créateur saura prendre lui-même en main la défense des faibles et réduire à néant les armes de ceux et celles qui se croient invincibles. Dieu saura consoler ceux et celles qui pleurent (Matthieu 5 :4). Le Dieu qui a délivré Joseph de la prison où il était jeté abusivement et l’a élevé au rang de la seconde personnalité du pays est vivant. Le Dieu qui a précipité le pharaon et son armée dans la mer est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. Le Dieu qui a déjoué le complot de Haman et élevé ceux-là même qu’il voulait anéantir est toujours sur le trône de l’univers. Le Dieu qui a ouvert les yeux des aveugles et fait parler des muets n’a pas dit son dernier mot…

Africaines, Africains, et victimes de l’oppression et des injustices à travers le monde,  ne baissons pas le bras. Ceci n’est pas le temps de s’éloigner de Dieu ou de sombrer dans le découragement. Cela équivaudrait à un arrêt de mort. Approchons-nous plutôt du Seigneur d’un cœur sincère et repentant. Donnons-lui la direction totale de nos vies, de nos communautés. Puisons en lui l’espoir et  la force de lutter pour que triomphent l’amour du prochain et la justice sociale. Œuvrons pour que le présent s’incline devant le futur et que les générations futures brillent d’une dignité éternelle.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

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