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DES LECONS UTILES POUR LA NOUVELLE ANNEE

« Ta pi slaslai a gadagar n’stad azbai. » (N’gelegedma mafahai)

« L’on ne met pas tous les oeufs dans un seul panier » (Proverbe Mafa)

« It is not good to put all the eggs in the same basket. » (Mafa Proverb)

Moralité: La vie est fragile, il faut faire preuve de prudence.

 

COMMENTAIRE A LA LUMIERE DE LA BIBLE 

Certains proverbes ont l’avantage de communiquer beaucoup de leçons en peu de mots. Celui qui nous intéresse particulièrement au début de cette nouvelle année est de ce nombre. Nous pouvons en dégager au moins trois principales leçons :

  • Il est sage de diversifier ses investissements.

Les Mafa utilisent principalement ce proverbe dans des circonstances qui rapportent à l’économie, notamment à la gestion des ressources et aux investissements. En effet, investir dans un seul domaine équivaut à mettre tous les œufs dans un seul panier avec tout le risque que cela comporte. Par exemple, celui ou celle qui investit toutes ses économies dans l’élevage bovin peut être ruiné(e) en cas d’épizootie, de vol de bétail, ou de sècheresse particulièrement rude et prolongée. Par contre, celui ou celui qui investit dans plusieurs secteurs de l’économie (agriculture, construction, petit ou gros commerce etc.) a de plus fortes chances de rebondir même si l’un des secteurs s’avère peu productif. Bien entendu, tout investissement nécessite une sérieuse étude du marché en balançant les opportunités, les risques et les moyens dont on dispose. Mais, l’idée de la diversification est d’autant plus intéressante qu’elle nous rappelle le texte d’Ecclésiastes 11 :6 et l’exemple de la femme vertueuse dans Proverbes 31.

  • La vie est une équation à multiples inconnus, il faut la vivre avec prudence et sagesse en s’appuyant sur Dieu.

En lisant entre les lignes, ce proverbe semble aussi parler de la nature imprévisible de la vie. Les dangers abondent et un simple évènement malheureux peut nous faire basculer dans une situation amère, voire désastreuse. La vie, comme l’œuf, est fragile. Il est impérieux de la vivre avec prudence et sagesse. Il faut savoir avec qui associer, comment gérer son temps, ce qu’il faut dire et comment le dire, ce qu’il faut faire ou ne pas faire et à quel moment… Tout ceci est d’autant plus complexe que nous ne connaissons que partiellement et ne savons pas souvent la meilleure décision à prendre au bon moment. Il est donc important de fixer les regards sur le Créateur « …Car Dieu donne à l’homme qui lui est agréable la sagesse, la connaissance et la joie… » Ecclésiastes 2 :26 (La Bible du Semeur). Vivre sa vie sans Dieu, c’est abandonner la source d’eaux vives pour se creuser des citernes fendues (Cf. Jérémie 2 :12-13).

 

  • La vie présente ne saurait être vécue pleinement en ignorant totalement l’avenir.

L’idée même de mettre les œufs dans de paniers différents – au lieu d’une seule marmite pour la cuisson- implique le souci de préservation. Or, qui dit préservation dit avenir. Ainsi donc, ce proverbe est aussi une invitation à sortir de la prison des échecs et même des réussites du passé, et à utiliser les ressources du temps présent en vue de mieux se propulser vers l’avenir. Mais, par « avenir » il ne faut surtout pas se limiter à la vie sur cette terre quoiqu’elle soit importante aux yeux de Dieu et des êtres humains. Il faudrait également penser à l’éternité car la vie humaine ne se limite pas ici-bas. Il est alors aisé de comprendre que le Seigneur dise : « Ne vous amassez pas des richesse sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, où des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni les cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6 :19-21, la Bible du Semeur). Ici, le Seigneur ne prêche pas contre la fructification des ressources matérielles, le soutien aux membres de sa famille, ou l’économie. Mais, il attire notre attention sur la nécessité d’investir dans la banque céleste en soutenant l’avancement de son royaume. Car, nous récolterons en temps convenable le fruit ce que nous aurons fait pour l’avancement de son œuvre sur la terre avec les ressources et les talents qu’il a bien voulu nous donner (1 Corinthiens 15 :58 ; Galates 6 :9).

 

En somme, abordons cette année avec une vie enracinée en Dieu par la foi en Jésus-Christ. Diversifions nos investissements (si modestes soient-ils). Agissions tous les jours dans la crainte respectueuse du Seigneur car l’aventure humaine ne s’arrête pas ici bas. Qu’il plaise au Seigneur d’accorder à chacun d’entre nous une très bonne et heureuse année sous sa divine protection !

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014

LE TEMPS PASSE, ON PASSE AVEC LUI

“Nga a gaba.” (N’gèlègèdma mafahai)

 « Nous sommes sous l’arbre à palabres » (proverbe mafa 

“We are under the palaver tree.” (Mafa proverb)

Signification: Nous ne sommes que de passage sur la terre.

 Parallélisme biblique

L’arbre à palabres est célèbre dans de nombreuses cultures sahéliennes. C’est un arbre sous lequel les notables de village se réunissent pour échanger des idées, discuter, juger, ou se pencher sur divers problèmes de la vie en société. C’est aussi un lieu de rassemblement. Chaque village mafa a son arbre à palabres sous lequel se trouve souvent grand un roc sur lequel les gens peuvent s’asseoir sans se salir.

 L’arbre à palabres est plein de symboles dans la société mafa. Tout y passe : les nouvelles, les plaintes, les joies, les peines, les conflits, la réconciliation, les médisances, le rétablissement de la vérité, la politique,  l’éducation, les stratégies, les contes, les proverbes, la religion, la philosophie, l’économie, le mysticisme, les rêves, l’organisation des travaux champêtres,  les projets, bref tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la vie du village. Mais, au-delà de tous ces symboles,  l’arbre à palabres représente la précarité de la vie sur la terre. En effet, l’arbre à palabres ne rassemble les gens que pour un temps bien limité. Après les réunions, chacun rentre chez soi pour un sommeil bien mérité en vue de mieux affronter les durs labeurs du lendemain si Dieu permet qu’on y arrive. Nombreux sont ceux qui sont partis d’un petit sommeil à un sommeil et chacun attend son tour. Face à cette réalité existentielle, les Mafa affirment, sur une note philosophique assez profonde que nous (les êtres humains) sommes sous l’arbre à palabres. Nous ne sommes que des étrangers sur cette terre. La mort nous attend à tout moment. Il est alors aisé de comprendre pourquoi c’est l’un des premiers proverbes que les Mafa citent pour évoquer un décès dans la communauté.

 En cette fin d’année où nous sommes souvent surpris par la rapidité avec laquelle les mois se sont écoulés il nous arrive parfois de dire tout haut : « comme le temps passe si vite ! » Mais, n’oublions pas  que ce n’est pas seulement le temps qui passe. Nous passons aussi avec lui. L’écrivain français Paul-Jean Toulet (1867-1920) exprime cela en des termes qui n’ont pas perdu leur éloquence après près d’un siècle : « Le temps passe. Ah, si on pouvait le regarder passer. Mais hélas, on passe avec lui. ». Au-delà du temps qui passe, c’est donc nous qui passons.

 C’est justement ce que nous rappelle de nombreux textes bibliques. Retenons-en un, l’un des plus vieux psaumes de la Bible, attribué à Moise l’homme de Dieu :

  1 Prière de Moïse, l’homme de Dieu.
      O Seigneur, d’âge en âge
      tu as été notre refuge.

    2 Avant que soient nées les montagnes,
      et que tu aies créé la terre et l’univers,
      de toute éternité et pour l’éternité, toi, tu es Dieu.

   
    3 Tu fais retourner l’homme à la poussière,
      et tu dis aux humains: «Retournez-y!»

     4 Car mille ans, à tes yeux,
      sont comme le jour d’hier qui est déjà passé,
      comme une seule veille au milieu de la nuit.

        5 Tu balaies les humains comme un peu de sommeil qui s’efface à l’aurore.
      Ils sont pareils à l’herbe

    6 qui fleurit le matin, qui passe
      et qui, le soir, se fane et se flétrit.

    7 Nous sommes consumés par ta colère,
      ta fureur nous effraie:

    8 tu as mis devant toi tous nos péchés,
      et tu mets en lumière tout ce qui est caché.

    9 Tous nos jours disparaissent par ta colère,
      et nos années s’effacent comme un murmure…

      10 Le temps de notre vie? C’est soixante-dix ans,
      au mieux: quatre-vingts ans pour les plus vigoureux;
      et leur agitation n’est que peine et misère.
      Car le temps passe vite et nous nous envolons.

     11 Qui peut connaître l’intensité de ta colère,
      qui te respecte assez pour tenir compte de ton courroux?

        12 Apprends-nous donc à bien compter nos jours,
      afin que notre cœur acquière la sagesse!

(Psaume 90 :1-12, La Bible du Semeur)

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse de bien compter nos jours de nous rappeler chaque jour que nous ne sommes que sous l’arbre à palabres de la condition humaine. Daigne le Dieu unique, saint, et juste nous aider à comprendre que nous pouvons quitter cette terre à tout moment et que nous avons intérêt à la quitter quand nous sommes en bons termes avec lui. En cette fin d’année, examinons-nous. Faisons la paix avec Dieu et avec nos prochains. Et surtout, engageons-nous à vivre chaque jour de telle sorte que, même si c’était la fin de notre pèlerinage terrestre, nous partions avec la ferme assurance que notre vie et dans les tendres bras du Bon Berger avec qui nous passerons l’éternité dans un bonheur parfait. C’est aujourd’hui qu’il faut se repentir et confier la direction totale de sa vie au Seigneur Jésus-Christ. C’est aujourd’hui qu’il faut demander pardon à ceux qui ont été offensés.  C’est aujourd’hui qu’il faut honorer Dieu. C’est aujourd’hui qu’il faut aimer le prochain comme soi-même. C’est aujourd’hui qu’il faut pratiquer des œuvres dignes de la repentance. Demain peut être trop tard car nous ne savons pas si nous le verrons et il serait irresponsable de prendre un si grand risque avec son avenir éternel. Or, la Bible déclare que «le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu. » (Hébreux 9 :27, La Bible du semeur). Soyons donc sages et sachons nous rendre à l’évidence que ce n’est pas seulement le temps qui passe mais que c’est aussi nous qui passons car la vie sur terre n’est qu’une éphémère réunion sous un arbre à palabres. « Nga a gaba ! »   

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

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