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CRITIQUER AVEC SAGESSE

“Bourou wang nedj nafigna yo.” (Proverbe Klenga/Tchad)

 « L’âne ne se moque pas des oreilles de ses semblables. » (proverbe Klenga/Tchad)

 «  A donkey does not mock the ears of fellow donkeys. » (Klenga proverb/Chad)

 Signification: Observe-toi avant de critiquer les autres.

 Proverbe recueilli par le Dr. Emmanuel BECHE pour le compte de UFDI/IUDI

Commentaire à la lumière de la Bible

L’âne est connu pour sa souffrance, sa sottise et son entêtement. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, il a même été surnommé « ministre de transport », tellement il est difficile de l’amener à dégager la chaussée une fois qu’il s’y est confortablement installé. Perçu sous ces angles, il est difficile d’imaginer que cet animal peut aussi avoir des qualités. Mais c’est sans compter avec l’ingéniosité des Klenga du Tchad qui le revêtent du merveilleux costume de la sagesse en ce sens que l’âne a beau être ce qu’il est, il ne se moque jamais des oreilles de ses semblables pour des raisons bien évidentes : ses oreilles sont aussi longues. En d’autres termes, se moquer de ses semblables alors que l’on est confronté aux mêmes défaillances, c’est s’écarter de la voie de la sagesse.

Le proverbe Klenga reflète bien ce que le Seigneur a dit dans Matthieu 7 :1-5 (Bible du Semeur) : « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres. Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien? Comment oses-tu dire à ton frère: «Laisse-moi enlever cette sciure de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans le tien»? Hypocrite! Commence donc par retirer la poutre de ton œil, alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère.”

Le Seigneur connait parfaitement le caractère humain. Il sait combien il est plus facile de voir les défauts des autres, si moindres soient-ils, que de prendre conscience de ses propres défaillances parfois plus énormes. Critiquer est ce qu’il y a de plus facile au monde. En cela, le comédien Philippe Néricault avait raison de dire en 1732: “ La critique est aisée mais l’art est difficile.” Force est de constater que quelques secondes suffisent pour démolir ce qui a été construit pendant de nombreuses années. Pointer un doigt accusateur sur les prochains se fait avec une aisance étonnante. Mais, ne faudrait-il pas d’abord s’auto-examiner avant de critiquer?

Ceci dit, toute critique n’est pas forcément illégitime ni négative. Nos entreprises humaines sont loin de refléter la perfection divine. Pour cette raison, nous avons besoin de jeter un regard critique sur nos œuvres afin de les améliorer. Nous avons donc intérêt à accepter les critiques constructives surtout quand elles partent d’une âme qui sait reconnaitre ses propres manquements et viser, non pas à démolir ses semblables mais à contribuer à leur épanouissement.

En somme, critiquer n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais, avant de formuler des critiques, examinons-nous nous-mêmes et rassurons-nous que nos critiques soient constructives et empreintes d’humilité. En agissant ainsi, nous contribuerons mieux à l’édification d’une société qui va de progrès en progrès tout en conservant la dignité et les valeurs humaines.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

LA CRAINTE DE DIEU

“Abdou hulataa Allah amaa o hulan fowru.” (Balndol Fulbe)

« Abdou n’a pas peur de Dieu mais il a peur de l’hyène. » (proverbe peul)

“Abdou does not fear God but he fears hyena.” (Fulbe proverb)

Sens: L’être humain, même religieux, a plus peur de ce qui ne devrait même pas l’inquiéter que de Dieu lui-même.

Parallélisme biblique:

Ce proverbe nous faisait sourire quand nous étions petits. Nous en avons même fait un chant que nous chantions en fulfulde au clair de la lune, de concert avec les autres jeunes enfants du quartier (fatuude) Ardo Bouba, à Mokolo dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Mais c’est après avoir reçu le Seigneur Jésus-Christ comme mon Saveur à l’âge de douze ans que j’ai commencé à comprendre la profondeur de ce proverbe peul.

Abdou est un diminutif d’Abdallah, qui signifie en arabe “Serviteur d’ Allah”. L’ironie ici, c’est qu’Abdou, le serviteur de Dieu, a plus peur de l’hyène que du Dieu Créateur de l’univers et Tout-Puissant. Pourtant l’hyène est l’animal le plus peureux dans la plupart de contes et légendes d’Afrique sub-saharienne. Même de petits animaux réussissent à l’effrayer ou à la tromper. Est-ce donc une façon de dire que l’être humain s’est abaissé au point où l’animal semble avoir plus de bon sens que lui ? Cela nous rappelle le texte d’Esaïe 1 :2-3 où il est écrit : « Vous, les cieux, écoutez, toi, terre, tends l’oreille, c’est l’Eternel qui parle: J’ai nourri des enfants, je les ai élevés, mais, contre moi, ils se sont révoltés. Le bœuf sait bien à qui il appartient, et l’âne connaît la mangeoire où le nourrit son maître. Israël ne veut rien savoir, et mon peuple ne comprend pas.» (La Bible du Semeur). Ici, comme dans le proverbe peul susmentionné, l’animal semble mieux se comporter envers son maitre que l’être humain.

C’est vraiment idiot pourrait-on penser, mais pourtant il y a un Abdou en chaque être humain. Il n’y a qu’à voir toutes les scènes d’hypocrisie, de mensonge, ou de duplicité dans nos familles, nos communautés religieuses et nos sociétés. Nous sommes prêts à montrer aux autres une bonne apparence alors que nos cœurs sont hideux devant Dieu. En réalité, Dieu ne voit t-il pas la profondeur de nos cœurs ? La Bible est claire là-dessus : « Où pourrais-je aller loin de ton Esprit? Où pourrais-je fuir hors de ta présence? Si je monte au ciel tu es là, et si je descends au séjour des morts, t’y voilà! Et si j’empruntais les ailes de l’aube pour me réfugier aux confins des mers, là aussi ta main me dirigerait, ton bras droit me tiendrait. Et si je me dis: <du moins les ténèbres m’envelopperont>, alors la nuit même se change en lumière tout autour de moi. Pour toi, les ténèbres deviennent lumière et la nuit est claire comme le plein jour: lumière ou ténèbres pour toi sont pareilles.» Psaume 139 :7-12 (La Bible du Semeur).

Si Dieu voit tout, ne faudrait-il pas le craindre plutôt que de craindre nos semblables étant donné qu’il est le Tout Puissant et que c’est lui qui jugera toute l’humanité? Le texte de Matthieu 10 :28 est assez éloquent là-dessus : « Ne craignez donc pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de faire mourir l’âme. Craignez plutôt celui qui peut vous faire périr corps et âme dans l’enfer.” (La Bible du Semeur). Malheureusement, l’être humain est à la fois très intelligent et très bête. Très peu de personnes ont la crainte de Dieu. De nombreux êtres humains craignent leurs parents, leurs enfants, leurs époux, leurs patrons, leurs camarades ou leurs semblables mais ne craignent pas Dieu. Un homme ou une femme qui est conscient que Dieu voit toutes ses actions, même les plus secrètes, doit normalement se garder de commettre des actes coupables, de pécher. Et pourtant nous voyons tous les jours des gens se cacher pour voler, tricher, commettre l’adultère, calomnier, comploter, et faire bien d’autres abominations aux yeux de Dieu et des prochains. Si Dieu pouvait ouvrir nos yeux pour que nous apercevions tout ce qui se fait en cachette dans les cœurs, les foyers, les bureaux, les hôtels, les endroits isolés, les écoles de formation biblique et théologique ou même des lieux de culte, nous verrions jusqu’à quel point l’être humain se trompe lui-même en pensant tromper son prochain et déjouer Dieu au passage. Mais, si un être humain peut réussir à tromper son prochain pour un temps, nul ne peut tromper Dieu qui “..jugera par Jésus-Christ tout ce que les hommes ont caché.” (Romains 2:16b, La Bible du Semeur).

Cher ami(e), toi qui lis ce texte, ne sois pas du nombre de ceux qui se cachent pour commettre des péchés ni de ceux qui pèchent ouvertement et pensent qu’en agissant ainsi ils sont meilleurs que les hypocrites. Les deux groupes sont coupables aux yeux de l’Eternel. Crains Dieu car c’est la voie de la sagesse. Mieux encore, ne crains pas Dieu par peur de son châtiment seulement. Crains Dieu parce qu’il t’aime et veut ton bonheur eternel. Crains Dieu par profond respect pour lui car il le mérite. Crains Dieu et demande-lui sans cesse la force de marcher quotidiennement sur la voie de l’intégrité en public comme en privé, aux yeux des êtres humains comme loin de tout regard. Il le fera. Il remplira ton cœur se son Saint-Esprit et de son amour. Ainsi, tu marqueras la différence dans ce monde ténébreux où ceux qui le craignent sont de moins en moins nombreux. Que Dieu nous remplisse de sa crainte ! Amen.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

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