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LA PATIENCE EST UNE CLE

« Oxo waxwina bind’um a wa yiikh, nda xan ta faddid a sop a nga saax’e ka deba » (Proverbe sereer)

« L’escargot arrivera peut-être en retard parce qu’il porte sa maison, mais il est prêt à accueillir les tempêtes. » (Proverbe sereer)

« The snail may arrive late because he carries his house, but he is ready for storms. » (Sereer Proverb)

Signification: Il ne faut pas se hâter de blâmer celui ou celle qui est lent(e). Avec un peu de patience, on peut découvrir des richesses cachées en de personnes qui ont une apparence modeste.

Source: Adama Diouf, Ph.D. candidate, World Vision International (Mali/Senegal)


Parallélisme biblique

La lenteur de l’escargot est légendaire. Mais, le proverbe sereer  jette la lumière sur un aspect qui mérite notre attention : malgré sa lenteur, l’escargot est toujours prêt à affronter les tempêtes les plus violentes.

Il est facile de fixer le regard sur un aspect peu honorable dans la vie d’une personne et de perdre de vue les richesses qui sont enfouies en elle. Dans notre monde caractérisé par une course effrénée, il est facile de passer à coté de l’essentiel. Et pourtant, la sagesse impose que nous regardions au-delà des apparences.

Dans la Bible, l’apôtre Barnabas a su faire preuve de patience pour aider les autres à valoriser les talents enfouis en eux.  L’apôtre Paul était redouté, même après sa conversion. Il fallu une intervention spéciale de la part de Barnabas pour qu’il soit accepté sans crainte comme le témoignent les versets suivants : « A son arrivée à Jérusalem, il essaya de se joindre aux disciples. Mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas qu’il fût vraiment devenu un disciple. Barnabas le prit avec lui, le conduisit auprès des apôtres et leur raconta comment, sur le chemin de Damas, Saul avait vu le Seigneur, comment le Seigneur lui avait parlé et avec quel courage il avait prêché à Damas au nom de Jésus. » (Actes 9 :26-27, La Bible du Semeur). Barnabas ne s’est pas arrêté à ce niveau, ayant décelé en lui des dons, il lui a fait appel pour l’encadrement des jeunes convertis d’Antioche (Actes 11 :25-26).  C’est à Antioche que le Saint-Esprit a mis à part Barnabas et Paul pour l’œuvre missionnaire. Les deux ont fait un travail remarquable mais on ne perdra jamais de vue qu’il a fallu que Barnabas aille au-delà des apparences et soit un instrument d’encouragement.

Barnabas va aussi discerner des talents enfouis en le jeune Jean-Marc. Ce dernier avait accompagné Barnabas et Paul au cours du premier voyage missionnaire. Mais, peut-être suite à la rigueur de la vie missionnaire, il les abandonna à Serge en Pamphylie (Actes 13 :13). Cela déplut à Paul à telle enseigne que, quand Jean-Marc voulut encore se joindre à eux au cours du second voyage missionnaire, il s’y opposa vivement (Actes 15 :37-40). Mais Barnabas partit avec Jean-Marc dans une autre direction. Grâce à sa patience et à son encadrement, le jeune Jean-Marc est devenu plus tard l’auteur du second évangile et, selon la tradition, le premier missionnaire en Afrique du Nord. Barnabas a su percevoir des richesses derrière la « lenteur spirituelle » du jeune Jean-Marc et sa patience a porté ses fruits. Plus tard, Paul lui-même a reconnu le bien fondé de l’œuvre accomplie par Barnabas au point d’écrire : « Seul Luc est encore avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi; car il m’est très utile pour mon ministère. » (2 Timothée 4 :11, La Bible du Semeur).

Les enseignants, les encadreurs spirituels, et les leaders ont intérêt à cultiver les qualités qu’il y avait en Barnabas. Ne nous pressons pas d’écarter les « escargots humains » que nous pourrions rencontrer sur notre chemin car ils portent dans leurs coquilles des trésors immenses. Soyons plutôt patients envers eux et donnons-leur le temps de faire sortir ces richesses en temps opportun pour le plus grand bonheur de l’Eglise et de l’humanité.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

EDUCATION DES ENFANTS

“Isigogo sigokwa sisemanzi.” (Ndebele proverb)

“A cow skin can be easily rolled when it is still soft.” (Ndebele proverb)

“Une peau de vache peut être facilement roulée quand elle est encore fraîche.” (Proverbe ndebele)

Signification : Il est plus difficile d’instruire les enfants quand ils sont devenus adultes. L’éducation des enfants doit commencer le plut tôt que possible

Source : http://www.ywamafrica.org/Lounge/Resources/en-jub.pdf

Parallélisme biblique

Nous étions en train d’effectuer des recherches sur les témoignages des ceux et celles qui pratiquaient d’autres religions avant d’embrasser la foi chrétienne quand nos yeux sont tombés sur ce beau proverbe ndebele.  Aussitôt nos pensées se sont envolées vers l’univers éducatif africain. Nous nous sommes souvenus de la rigueur avec laquelle nos parents nous ont éduqués. En réalité, nos parents biologiques n’étaient pas les seuls à nous éduquer. N’importe quel habitant du village avait son mot à dire. Les proverbes, les conseils et les encouragements fusaient de partout. Quand nous nous comportions mal, n’importe quelle femme du village pouvait nous reprendre comme si elle était notre propre mère. N’importe quel homme pouvait nous fouetter comme le ferait notre propre père. Aucun parent  ne se soulevait parce qu’on avait infligé une punition bien méritée à son enfant. Mais, les enfants avaient de la peine à comprendre pourquoi les adultes se liguaient contre eux jusqu’à ce qu’ils deviennent grands et se rendent compte que l’éducation reçue était pour leur plus grand bien.

Ce n’est pas sans nostalgie que nous chérissons ces souvenirs d’un passé qui semble être à jamais révolu. De nos jours, les enfants sont à peine punis. La tendance est à laisser l’enfant agir à sa guise, faire ses propres expériences, prendre ses propres décisions. Du coup, l’éducation parentale, quand elle existe, est faite avec une légèreté déroutante. La discipline est perçue comme une inquisition moyenâgeuse et le libertinage s’installe confortablement sur le fauteuil des plus belles valeurs  du système éducatif traditionnel. Le taux toujours croissant de divorces vient donner le coup de grâce à une vie conjugale déjà chancelante. Et le tout se passe dans un contexte où Dieu lui-même n’a plus de place dans les écoles publiques.

C’est à peine si les enfants ne dictent pas leurs volontés aux parents et aux autres adultes avec toutes les conséquences heureuses et malheureuses. Malheureusement, les conséquences fâcheuses sont  plus nombreuses quand on analyse objectivement les dérives de nos sociétés contemporaines. On comprend alors pourquoi le proverbe ndebele mérite une attention particulière. En effet, les Ndebele partent du fait qu’on ne peut pas rouler une peau de vache devenue sèche pour attirer l’attention de leur contemporain sur la nécessité et l’urgence d’éduquer les enfants.  Pendant que les enfants sont encore malléables, les parents ont intérêt à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour les instruire, les éduquer, les corriger, et leur communiquer de bonnes valeurs morales et spirituelles.

C’est d’ailleurs ce que recommande la Bible. Proverbes 22 :6 est l’un des textes les plus remarquables sur le sujet : « Apprends à l’enfant le chemin qu’il doit suivre, même quand il sera vieux, il n’en déviera pas. » (La Bible du Semeur.) Un enfant qui a été instruit sur la voie du Seigneur peut mieux faire face aux tempêtes existentielles. L’apôtre Paul relève avec justesse le bel héritage spirituel de Timothée : « Je garde le souvenir de ta foi sincère, cette foi qui se trouvait déjà chez ta grand-mère Loïs et ta mère Eunice. A présent, elle habite aussi en toi, j’en suis pleinement convaincu. » (2 Timothée 1 :5, La Bible du Semeur). L’Eglise aurait un autre visage si tous les parents éduquaient leurs enfants avec le même sérieux. Et pourtant, c’est ce que Dieu attend. Il est écrit dans Deutéronome 11 :18-19 : « Gravez donc bien ces ordres que je vous donne dans votre cœur et au tréfonds de votre être, qu’ils soient attachés comme un signe sur vos mains, et comme une marque sur votre front. Vous les enseignerez à vos enfants et vous leur en parlerez, chez vous dans votre maison et quand vous marcherez sur la route, quand vous vous coucherez et quand vous vous lèverez. »

Le texte d’Ephésiens 6 :4 abonde dans le même sens : « Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. » (La Bible du Semeur). Dans ce cadre, et ceci sans encourager la brutalité et la torture, il y a de la place pour la correction avec amour et sagesse (Cf. Proverbe 23 :13 ; Hébreux 12 :7-11). Par-dessus tout, les parents doivent être de bons exemples pour les enfants en parole, en conduite, en foi et en pureté. Ils ne sauraient dire aux enfants : « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais. » Cela serait on ne peut plus irresponsable.

Si nous avions cent milliards voix, nous crierions sur tous les toits du globe que les enfants sont nos plus précieux trésors. Ne les sacrifions pas sur l’autel de l’argent, du pouvoir, du succès, des acclamations humaines, de l’égoïsme, de la mode, ou du politiquement correct. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les éduquer dans la crainte du Seigneur et laissons Dieu s’occuper de ce qui est au-delà de nos compétences humaines. Bâtons le fer pendant qu’il est encore chaud car l’âge adulte vient où il sera extrêmement difficile de redresser ce qui a été tordu par pure négligence. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

EVITER LES EXCES DE TABLE

Nyali Oji (Lugbara proverb, Uganda).

Le babouin est mort de gloutonnerie (Proverbe lugbara, Ouganda).

The greedy baboon died because of being gluttonous (Lugbara proverb, Uganda).

Signification: La gloutonnerie tue. Il faut éviter les excès de table.

Source: The Right Reverend Dr. Enoch D.Drati, Ancien évêque de la région occidentale du Nil (Uganda), Professeur à WilliamCarey International University.

Parallélisme biblique

Ce proverbe part de l’histoire d’un singe qui avait mangé assez de fruits. Pourtant, à la vue d’un beau fruit qui se trouvait sur une branche assez éloignée, il se mit à faire un saut qui s’avéra périlleux. Il s’écrasa lourdement au sol et mourut à l’ instant même, d’où notre proverbe : « Le babouin est mort de gloutonnerie.”

Les Lugbara de l’Ouganda se servent de ce proverbe pour mettre en garde leurs compatriotes contre le danger des excès de table. Ils appliquent aussi ce proverbe aux mauvaises habitudes et aux excès en tout genre.

La gourmandise, la gloutonnerie, et les excès de table (orgies) sont aussi condamnés  dans la Bible. Il est écrit dans Proverbes 25 :16 « Si tu trouves du miel, n’en mange que ce qui te suffit, car si tu en prends trop, tu le rejetteras.” La même idée est reprise quelques versets plus tard, notamment au verset 27. Quoique le miel  soit bon pour la santé, son excès peut entraîner des conséquences gravissimes. Il en est de même de tout aliment.

Dieu veut que nous prenions soin de notre corps qui est, faut-il le rappeler, le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6 :19). Les excès nuisent à notre santé et projettent une mauvaise image auprès de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur. Il n’est dont pas étonnant de voir que les excès de table se trouvent sur la liste des œuvres de la chair en Galates 5 :19-21 : “Tout le monde voit bien ce qui procède de l’homme livré à lui-même: l’immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l’adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions,  l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre. Je ne puis que répéter ce que j’ai déjà déclaré à ce sujet: ceux qui commettent de telles actions n’auront aucune part à l’héritage du royaume de Dieu.” (La Bible du Semeur).

Ailleurs, le Seigneur met en garde contre ceux qui ont pour dieu leur ventre et qui courent le risque de se perdre (Philippiens 3 :19). La parabole du mauvais serviteur (Matthieu 24 :45-51) est aussi riche en instruction pour ceux et celles qui négligent le service du Seigneur et passent le gros de leur temps «à manger et à boire avec les ivrognes.” S’ils ne changent pas de comportement, ils auront de désagréables surprises.

Dans le même ordre d’idées, nous devons nous garder des aliments qui scandalisent les personnes qui ont pourtant besoin de venir au Seigneur en vue de leur salut. Par exemple, ceux qui vivent en contexte musulman ont tout intérêt à se garder de boire des boissons alcoolisées, de manger de la viande de porc ou tout autre aliment considéré comme impur par les prochains musulmans dans l’esprit de Romains 14 :20-21 où il est écrit : « Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère.” Bien entendu, cela ne doit pas se faire dans un esprit légaliste mais en toute liberté et par amour.

Ne laissons pas la gloutonnerie nous nuire et détruire nos prochains au passage. Demandons plutôt au Seigneur de nous aider à nous maitriser et de nous donner la force de résister à la tentation d’aller au-delà de la quantité et de la qualité  de nourriture dont nous avons besoin pour maintenir notre corps en bonne santé. Ne soyons pas comme le babouin qui est mort de gloutonnerie.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

GRATITUDE

« Maa min jona fèn fitinin na o makan ni fènba » (Bambara proverb)

« Celui qui néglige les petits gestes n’est pas digne des grands gestes » (Proverbe Bambara)

« A person who neglects a small gesture is not worthy of a big gesture. » (Bambara Proverb)

Signification: Celui qui ne sait pas apprécier les petits actes de bienveillance ne mérite pas de recevoir de grands actes de bienveillance. L’ingratitude n’est pas une bonne chose.

Source: Ce proverbe nous a été envoyé par le Pasteur Abdou Maiga (Mali/Sénégal), Président de Compassion Sans Frontières et Doctorant (William Carey International University).


Parallélisme biblique

Dans la savane des relations humaines et des expériences religieuses, les plaintes et les demandes sont des éléphants et la gratitude n’est qu’une fourmi. L’être humain est difficile à satisfaire. Son regard est constamment tourné vers quelque chose de plus grand, de plus beau, de plus important. Un cadeau reçu, un désir satisfait, une assistance précieuse, et une solution trouvée, sont vite oubliés. Ceci est anormal s’indigne notre proverbe bambara. L’ingratitude est un défaut. Celui ou celle qui ne prend pas le soin de remercier son Créateur ou son prochain pour un acte de bienveillance, si petit à ses yeux soit-il, ne mérite pas quelque chose de meilleur.

Par contre, celui ou celle qui sait exprimer sa gratitude pour le petit don qu’il ou elle a reçu a de fortes chances de recevoir un plus grand don. C’est justement ce qui est arrivé au dixième lépreux dans le récit biblique suivant :

« Alors qu’il se rendait à Jérusalem, Jésus longea la frontière entre la Samarie et la Galilée. A l’entrée d’un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre; ils s’arrêtèrent à distance et se mirent à le supplier à haute voix: Jésus, Maître, aie pitié de nous! Jésus les vit et leur dit: Allez vous montrer aux prêtres! Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris. L’un d’eux, quand il se rendit compte qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à pleine voix. Il se prosterna aux pieds de Jésus, face contre terre, et le remercia. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus dit: Ils sont bien dix qui ont été guéris, n’est-ce pas? Où sont donc les neuf autres? Il ne s’est donc trouvé personne d’autre que cet étranger pour revenir louer Dieu? Puis, s’adressant à ce Samaritain, il lui dit: Relève-toi, et va: parce que tu as eu foi en moi, tu es sauvé. » (Luc 17 :11-19, La Bible du Semeur).

Sur dix lépreux miraculeusement guéris, un seul (et de surcroit un Samaritain)  a eu la présence d’esprit de revenir auprès du Seigneur pour le remercier.  La Bible nous dit qu’en plus de la guérison physique, il a obtenu le salut. La leçon est claire : la gratitude est une clé qui ouvre la porte de plus grandes bénédictions.

Évitons le sentier de l’ingratitude. Soyons plutôt reconnaissants envers Dieu et envers nos prochains. Ne laissons pas la jalousie ou la comparaison aux autres freiner notre élan de gratitude. Il y aura toujours quelqu’un qui est plus riche, plus honoré, plus fort, ou plus intelligent que soi. Mais ce n’est pas une raison de se noyer dans la dangereuse rivière de plaintes et d’ingratitude. Si nous considérons attentivement les choses, nous trouverons au moins une raison pour laquelle nous pouvons remercier Dieu ou nos prochains. En guise d’illustration, je voudrais partager avec vous l’histoire  suivante: Un jour, un borgne se plaignait devant Dieu parce qu’il n’avait qu’un seul œil alors que tout autour de lui les gens en avaient deux. Il lui exprimait son amertume et sa déception avec rage et en de termes dénués de toute piété. Pendant qu’il étalait ses jérémiades, un aveugle s’approcha doucement et dit à Dieu : « Qu’est-ce que j’entends là, cet homme se plaint parce qu’il n’a qu’un seul œil ? S’il te plait Seigneur, donne-moi cet œil et je te louerai pendant toute ma vie. » Réalisant le risque qu’il courrait, le plaignant prit fuite tant il se rendit à l’évidence qu’il vaut mieux avoir un seul œil que de n’en avoir pas du tout. Pensons à cette histoire chaque fois que nous sommes tentés de mépriser les bienfaits de Dieu dans notre vie ou de minimiser les petits gestes de bienveillance.

Ne soyons pas ingrats envers Dieu. Il veut que nous prions sans cesse, mais il exige également que nous lui rendions grâces en toutes choses (1 Thessaloniciens 5 :17-18 ; Colossiens 4 :2). Sachons le remercier sincèrement pour le souffle de vie qu’il nous prête et pour tous ses bienfaits.

Ne soyons pas ingrats envers nos prochains non plus. Sachons remercier nos amis, nos parents, nos dirigeants, et tous nos prochains pour les multiples actes de bienveillance. Un petit sourire, un moment d’attention, un petit geste d’amour sincère, une larme de compassion, un mot d’encouragement, un petit don, ou une petite assistance, sont en réalité des actes qui peuvent beaucoup créer dans le cœur et dans la vie.  Ne les laissons pas passer dans dire sincèrement « merci » à celui ou à celle qui en est à l’origine.

Pour terminer, je voudrais dire avec l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) : « Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries. »

© Copyright,  Moussa Bongoyok, 2010.

SAGESSE ET PRUDENCE

“Taa yaawu kuboɗaa ɓonngu fe’irde: nyiwa e don nyaari wara.” (Fulbe proverb)

Ne te hâte pas de jeter ta hache à un moustique : l’éléphant vient en courant. » (Proverbe Fulbe)

“Do not rush to throw your hatchet on a mosquito: the elephant comes running” (Fulbe Proverb)

Signification: “Il ne faut pas se démunir inutilement et imprudemment de ce dont on pourra avoir besoin bientôt.”

Source : Adamou Issa et Roger Labatut Sagesse des Peuls nomades (Yaoundé : CLE, 1974) p. 43.


Parallelisme biblique

La sagesse est une composante essentielle des trois vertus cardinales du pulaaku. Or, qui dit sagesse, dit prudence. En effet, on ne saurait concevoir la sagesse sans une certaine mesure de prudence.  Le prédicateur jésuite Louis Bourdaloue (1632 – 1704) n’a pas tellement exagéré quand il a écrit : « Prudence ; de toutes les vertus requises pour le gouvernement, voilà sans contredit la plus importante. »

Les chemins de la vie passent par de multiples surprises. Voilà pourquoi les Fulbe nous invitent à ne pas jeter la hache à un moustique car il se pourrait qu’un éléphant se présente devant nous dans les secondes qui suivent le passage de l’insecte. Il serait dommage de se retrouver démuni par pure imprudence.

La Bible est pleine de récits qui se rapportent à la prudence. Sélectionnons-en trois :

1)      Dans Genèse 32, Jacob fait preuve d’une extrême prudence en préparant la rencontre avec  son frère Esaü compte tenu du fâcheux antécédent liée à la bénédiction arrachée par ruse.

2)      Dans le livre de Néhémie, du début à la fin, Néhémie agit avec prudence. Pour lui, la confiance en Dieu n’était pas incompatible avec les dispositions pratiques. En effet, il nous appartient de faire tout ce qui est en notre pouvoir, de laisser le reste au Seigneur, et de compter sur lui en tout temps.

3)      Dans 2 Rois 7, le roi reçoit une bonne nouvelle de la part des quatre lépreux mais envoie d’abord quelques hommes vérifier la justesse de l’information avant de laisser la population sortir massivement de la ville assiégée. En agissant ainsi, il voulait se rassurer qu’il n’y avait pas un piège.

La prudence est importante surtout en ces temps de la fin où l’Ennemi multiplie ses attaques à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté chrétienne. Notre Seigneur ne nous a-t-il pas ordonné d’être prudents dans ce monde ? Il est écrit : « Voici: je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes. » (Matthieu 10 :16, La Bible du Semeur).  Soyons prudents. Prenons les dispositions qui s’imposent. Ne gaspillons pas les ressources que Dieu nous donne. Préparons-nous à faire face à une hostilité plus grande de la part de non-chrétiens mais aussi de la part de faux frères et sœurs dans la foi. Ne dévoilons pas toutes nos stratégies. Ne les épuisons pas non plus. Demandons à notre père de nous combler de sa divine sagesse pour être toujours prêts à agir de la meilleure manière possible avec amour et prudence. Il est fidèle. Il le fera.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

Les fruits de la patience

« M dyi koeh chehn-ehn dyuo ni, m dieh piuu.” (Bassa Proverb of Ghana)

« Si tu sais comment dépecer une fourmi, tu en mangeras le foie. (Proverbe Bassa du Ghana)

« If you know how to butcher an ant, you will eat its liver. » (Bassa proverb of Ghana)

Sens: La patience est très délicate mais elle produit des résultats très excellents.


Parallélisme biblique

Dans de nombreuses cultures africaines, le foie est très prisé. Parfois, il est réservé à certaines personnes et grillé immédiatement après l’abattage, avant même que le reste de la viande ne soit prête pour la cuisson. Avec ceci en esprit, nous pouvons commencer à décrypter notre proverbe Bassa du Ghana.

La tâche la plus délicate consiste maintenant à pénétrer le sens du dépeçage d’une fourmi. Dans un grand nombre de contes et proverbes d’Afrique, les fourmis font partie du cercle de l’infiniment petit. Elles sont souvent opposées aux éléphants. Du coup, dépecer une fourmi devient une gageure. C’est justement là où le proverbe devient plus intéressant.

La sagesse Bassa déplace une action qui relève du domaine de l’utopie et la projette sous les feux des réalités  existentielles en vue de transmettre une leçon qui est d’une profondeur incontestable. En d’autres termes, s’il était possible de dépecer une fourmi cela prendrait une dose extraordinaire de patience compte tenu de la délicatesse de l’entreprise. Mais, si celui ou celle qui dépèce ce petit insecte en paie le prix, il ou elle s’en sortira avec une récompense sans pareil. Cela nous rappelle au moins deux proverbes : « la patience vaut de l’or » ; « la patience est amère mais son fruit est doux. »

Ces proverbes sont familiers mais ils  tiennent un langage qui n’est pas loin du parler en langues inintelligibles pour nos contemporains. Nous vivons dans un monde où nous voulons tout et tout de suite. Une fraction de seconde semble durer une éternité pour certains programmes informatiques. Nous devenons de moins en moins patients. Et pourtant, la Bible nous invite à la patience.

Le Dieu Créateur est patient (Exode 34 :6 ; 1 Pierre 3 :20 ; 2 Pierre 3 :9,15). Sans sa divine patience, notre monde aurait été détruit depuis belle lurette. Dieu veut que nous nous soyons aussi patients (Romains 12 :12 ; Colossiens 3 :12-13 ;  Jacques 5 :7-8 etc.). La patience est d’ailleurs l’un des fruits de l’Esprit (Galates 5 :22). Il nous faut découvrir le secret de la patience qui nous pousse à rester confiants au Seigneur même si les évidences semblent nous inviter au découragement, voire à la démission (Psaume  27 :14 ; 33 :20-21 ; 37 :7-9 ; 40 :1 et Esaïe 40 :31).

Fréderic Mistral écrivait (1830-1914) : « Si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse. » Il est temps que notre monde prisonnier de la vitesse et de l’immédiateté s’arrête un instant pour sortir du train à grande vitesse afin de laisser la rosée des petits sentiers rafraîchir ses pieds endoloris par la course effrénée d’une vie qui a perdu de vue l’ essentiel.

Certes, la patience n’est pas aisée. Elle exige une bonne dose d’humilité, de sacrifice, de pardon, d’espoir, de courage, et de persévérance. Mais, tôt ou tard, elle produit d’excellents fruits. On comprend alors pourquoi la Bible dit : « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. » (Galates 6 :9, La Bible du Semeur/ voir aussi 1 Corinthiens 15 :58). Apprenons à dépecer la vie en nous servant du couteau de la patience. Nous ne le regretterons jamais, au contraire !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

CONSEILS ET CONSEILLERS

« Ndo a da nzi auda genè a n’da ngredakinè maya ɗè ? » (N’gèlègèdma mafahai)

« Est-ce que les gens vont toujours rester dehors pour vous apprendre à être sages ? » (Proverbe mafa)

« Will people always remain outside in order to teach you to be wise? » (Mafa proverb)

Signification: Il faut apprendre à être sage pour être une personne prompte à réagir face aux situations délicates. Les bons conseillers ne seront pas toujours disponibles.


Source
: Proverbe envoyé par  Hodekwem Keufkeuf Richard, missionnaire (Cameroun).


Parallélisme biblique

Les parents Mafa ne se contentent pas de donner des conseils à leurs enfants.  Ils veulent les amener à intérioriser les conseils et à s’en servir en temps opportun sans qu’on ait besoin de les répéter. Mieux encore, ils veulent les amener à développer une philosophie de la vie qui les guidera vers de bonnes décisions même si personne n’est autour d’eux pour les orienter. C’est ainsi qu’ils ne cachent pas leur mécontentement quand un enfant oublie les conseils, commet toujours les mêmes erreurs, ou retombe souvent dans les mêmes pièges. Devant une telle situation, il n’est pas rare de les entendre  dire avec indignation: « Est-ce que les gens vont toujours rester dehors pour vous apprendre à être sages ? » Sous-entendu, est-ce que les parents seront toujours vivants pour vous donner des conseils ou pour vous guider sur la voie de la sagesse ?

En réalité, ce proverbe couvre des dimensions plus profondes. Il renferme des concepts eschatologiques intéressants et frôle un peu le lien entre la vie sur terre et l’au-delà dans la religion traditionnelle mafa. Le cadre actuel de notre réflexion ne nous permet pas d’approfondir l’étude de ces aspects. Nous allons donc nous limiter à la leçon principale que nous pouvons tirer de notre proverbe. Notamment, les parents Mafa attirent l’attention leur progéniture sur le fait que les conseillers ne seront pas présents dans toutes les circonstances de la vie. En outre, certaines circonstances exigent une décision rapide. Il faudrait donc que les enfants retiennent les conseils des parents, des amis, ou des encadreurs, et apprennent à s’en servir en temps opportun. Ainsi, même quand les conseillers ne seront plus disponibles, ils sauront naviguer avec succès dans l’océan de la vie.

N’importe quel parent responsable souhaite que sa progéniture se conduise avec sagesse et mette en pratique les bons conseils reçus. L’un des chapitres de la Bible qui peint un beau tableau d’une descendance idéale est Jérémie 35 :1-19. Ce chapitre décrit comment le clan des Rékabites a pris au sérieux le conseil donné par leur ancêtre Yonadab, fils de Rékab.  En effet, ce dernier avait donné le conseil suivant à ses enfants : «Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos descendants, à perpétuité. Vous ne construirez pas de maisons, vous ne cultiverez pas la terre, vous ne planterez pas de vignes et vous ne posséderez rien de cela; pendant toute votre vie, vous habiterez sous des tentes, afin que vous viviez longtemps sur la terre où vous n’êtes que des étrangers.» (Jérémie 34 :6b-7, La Bible du Semeur). Ses descendants ont appliqué ce conseil à la lettre au point où, même quand le prophète Jérémie testa leur fidélité en leur offrant du vin, ils déclinèrent fermement l’offre. Ils ne voulaient en aucun cas se détourner de la voie tracée par leur ancêtre. On comprend alors pourquoi Dieu les cita en exemple (vv. 12-17) et les bénit (vv.18-19).

Bien entendu, en tant que chrétiens, nous devons toujours examiner les conseils que nous recevons à la lumière des Saintes Ecritures. Tous les conseils de parents ou des aînés ne sont pas nécessairement bons. Mais, les bons conseils doivent être mis en pratique et communiqués aux générations suivantes. Les recommandations du Seigneur méritent encore davantage d’attention. Le Seigneur veut que nous mettions en pratique tout ce qu’il nous a prescrit (Matthieu 28 :20). Et, pour que nous n’oubliions pas ses commandements, il a mis en nous le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit nous aide, nous rappelle les saintes instructions, et nous donne la force de les mettre en pratique (Jean 14 :15-30 ; 16 :5-15 ; et Ephésiens 3 :16). Daigne le Seigneur nous accorder la force et la sagesse de prendre très au sérieux ses conseils et d’en tenir compte dans toutes les circonstances de notre pèlerinage terrestre !


© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

PARDONNER EST UNE NÉCESSITÉ

« Fare ga na an’ danpu, an’xa ga na a danpu : xa su ña faru. » (Proverbe soninké du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie et du Mali)

« Si un âne te donne une ruade et que tu la lui rends : vous devenez tous deux des ânes. » (Proverbe soninké du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie et du Mali)


« If a donkey gives you a kick and you give it to him: you both become donkeys. » (Soninke proverb of Senegal, Mauritania, Gambia and Mali)

Signification : Si une personne te fait du mal et que tu répliques tu n’es pas meilleur(e) qu’elle. Il est préférable de pardonner.

Source : http://www.soninkara.org

Parallélisme biblique

Les Soninké  ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de continent africain. Ils ont fondé l’empire du Ghana (750-1240). Ils sont aussi connus sous le nom de Sarakolé, Maraka, Wangara , Wakoré, Aswanik ou Toubakaï, mais nous préférons utiliser l’appellation qu’ils préférent : Soninké . Chez les Soninké, comme dans les nombreuses sociétés sub-sahariennes, les ânes sont utilisés pour de nombreuses taches, notamment le transport des produits agricoles, des marchandises et même des êtres humains. Si leur utilité est indéniable, leurs caprices sont aussi légendaires. Par exemple, le comportement de l’âne sur la route est si bizarre qu’au nord du Cameroun les gens l’appellent « ministre du transport » parce qu’il cède difficilement la route aux autres usagers, se moque éperdument des coups de klaxon, et cause parfois des accidents de circulation.  Il n’est pas rare qu’un âne donne une ruade à son maitre. Que faut-il faire alors dans ce cas ? Les Sarakolé répondent à cette interrogation avec une bonne dose de sagesse : «Si un âne te donne une ruade et que tu la lui rends : vous devenez tous deux des ânes. »  La moralité de ce proverbe est simple : comme la ruade fait partie de la nature même de l’âne, la lui rendre équivaut à se défaire de son humanité pour adopter la nature d’une bête. C’est tout simplement ridicule et inimaginable.

Mais, en réalité, les Sarakolé ne font pas allusion à l’âne au sens littéral du terme. Ils désignent ici  tous ceux ou celles qui, par leurs parles ou par leurs actions, offensent leurs prochains. En agissant de la sorte ils ou elles se rabaissent au même niveau que l’âne. Leur rendre le mal, équivaut à se mettre à leur propre niveau et donc à devenir comme un âne. Or,  c’est justement ce qu’il faut éviter en remplaçant la rancune et la vengeance par le pardon. En cela les Sarakolé nous rappellent indirectement l’un des plus grands enseignements bibliques.

Le pardon fait partie des recommandations bibliques. La Bible déclare en Proverbes 20 :22 : Ne dis pas: ‘Je me vengerai!’  Confie-toi en l’Eternel et il te délivrera.» (La Bible du Semeur). Dans Colossiens 3 :13 elle précise : « Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné: vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. » (La Bible du Semeur). C’est frappant de voir que ce texte nous renvoie au pardon que le Seigneur nous a gracieusement accordé.  Ceci est aussi un rappel de nos propres péchés. Nous ne sommes que des graciés, refuserions nous de gracier les autres ? Quand le Christ s’est écrié sur la croix : « …Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font …» (Luc 23 :34), personne n’est allé solliciter son pardon, au contraire les gens l’insultaient et se moquaient  de lui. Mais il a fait le premier pas. Il a bravé la dureté du cœur et a préféré la voie du pardon à celle de la vengeance. En cela, il a mis en pratique ce que lui-même a enseigné.

Effectivement, pendant son ministère terrestre, Jésus a beaucoup prêché sur le thème du pardon. Le texte de Matthieu 18 :21-35, par exemple donne une grande illustration sur la manière de pardonner. Le pardon, selon le plan de Dieu, n’obéit pas à la logique du « premier avertissement, deuxième avertissement, blâme ». Christ nous invite à pardonner soixante-dix fois, sept fois, c’est-à-dire indéfiniment.  Dans  Luc 6 :35-42, le Christ recommande aussi d’aimer les ennemis, de leur faire du bien et de pardonner.

Le Seigneur n’est pas arrêté là. Dans Matthieu 6 :14-15, il a clairement souligné que celui ou celle qui refuse de pardonner n’obtiendra pas de pardon non plus : « En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. »  La même vérité est soulignée en Marc 11 :25 en ces termes : « Quand vous priez, si vous avez quoi que ce soit contre quelqu’un, pardonnez-lui, pour que votre Père céleste vous pardonne, lui aussi, vos fautes. » Refuser de pardonner est donc d’un gravité extrême car cela équivaut à couper le pont du pardon divin.

Mais, peut-on objecter, c’est plus facile au Seigneur de pardonner car il est Dieu. N’est-ce pas demander l’impossible à l’homme ? C’est vrai dans une certaine mesure. Se venger est la chose la plus facile du monde. Même le plus faible des êtres humains a une grande capacité nuisance. Mais pardonner n’est pas  une tâche facile. Il nécessite beaucoup de volonté, d’humilité et de sacrifice. Parfois, il est difficile de se pardonner soi-même. Cependant le pardon n’est pas impossible. Abraham a eu des démêlés avec son neveu. Il a dû prendre des dispositions pratiques pour qu’ils ne vivent pas en perpétuelle situation conflictuelle, mais il lui a pardonné ce qui pourrait être interprété comme le manque de respect envers l’aîné, surtout quand a il choisi tout le vert pâturage pour lui-même (Genèse 13 :10-11).  Mais Abraham lui a pardonné. La preuve c’est qu’il l’a secouru quand il a été amené captif avec tous les autres habitants de sa ville (Genèse 14 :1-24) et a intercédé pour Sodome et Gomorrhe quand ces deux villes étaient sous le coup du jugement divin (Genèse 18). Grâce à cette intercession, Lot et ses deux filles ont eu la vie sauve (Genèse 19). Joseph a pardonné à ses frères qui l’ont vendu la preuve de la sincérité de son pardon est qu’il a pris soin d’eux (Genèse 45 :1-15 et 50 :15-21). Abigaïl, la femme de Nabal, a pardonné à son mari  dont la dureté et la méchanceté sont légendaires et qui l’a certainement fait souffrir, au point d’intercéder en faveur de celui-ci quand David était sur le point de le tuer et d’exterminer sa famille au passage (1 Samuel 25 :1-35). Elle n’a pas cherche à profiter de l’occasion pour se venger de son  mari et se débarrasser de lui. Etienne était un homme de la même nature que nous, mais il implora le pardon de Dieu en faveur de ses ennemis au moment même où ils étaient en train de lui ôter littéralement la vie. [Mettre les références]. On pourrait multiplier des exemples tant dans la Bible que dans la vie courante, mais ceux-là démontrent à suffisance qu’il est possible de pardonner. Force est aussi de relever que dans chacun des cas, le pardon est accompagné d’actes d’amour et de gentillesse.

Corrie Ten Boom, l’une des championnes du pardon (lire son livre Dieu en enfer pour plus de détails), disait : « Pardonner c’est libérer un prisonnier et vous apercevoir que le prisonnier c’était vous » De ce fait, pardonner c’est non seulement obéir à Dieu mais c’est aussi  se faire du bien. Beaucoup de gens souffrent de problèmes de santé liés au refus de pardonner (insomnie, hypertension, ulcères gastrites, arthrite etc.) A ces problèmes physiques s’ajoutent la perturbation de la communion avec Dieu et la rupture du pont du pardon. Or, nous avons tous besoin de ce pont d’autant plus que  nul n’est parfait. En refusant de pardonner, on maintient le couteau dans la plaie avec tout ce que cela peut entrainer comme conséquences. Pire,  bien souvent certains individus se poignardent eux-mêmes car celui ou celle qui les a offensé ne s’en est même pas rendu compte ou n’avait pas du tout l’intention de leur faire du mal. Cela arrive facilement quand un humour est mal placé ou quand les préjugés déforment la réalité, pour ne citer que ces deux cas. C’est si facile de blesser quelqu’un…

Sans encourager qui que ce soit à faire du mal à son prochain, car c’est contraire à la volonté de Dieu (3 Jean verset 11), nous voulons souligner avec force l’importance du pardon. Pardonner n’est pas un exercice facile, comme nous l’avons relevé plus haut, mais c’est la voie de la guérison et de la libération. Dieu nous encourage à marcher sur cette voie. Mieux encore, il chemine avec tous ceux et celles qui empruntent ce chemin et met à leur disposition la force nécessaire. Tournons-nous vers Dieu, implorons sa force, et il nous aidera. A tous ceux et celles qui ont de la peine à pardonner, nous recommandons vivement la prière.  Dieu donne la force de pardonner à quiconque la lui demande sincèrement. Nous encourageons aussi la lecture du livre Dorothée et Samuel Hatzarkortian intitulé Le pardon une puissance qui libère et publié aux  éditons compassion. C’est l’un des meilleurs livres sur le pardon. Nous l’avons lu il y a de cela plus de vingt ans et il nous a fait beaucoup de bien.

En somme, pardonner n’est pas facultatif. C’est une nécessité. Le pardon n’est pas un signe de faiblesse ou de lâcheté. Au contraire, il faut faire preuve de beaucoup de force et de courage pour pardonner. Le pardon n’est pas une défaite non plus. C’est plutôt une grande victoire sur la vexation, le ressentiment, la colère, et la soif de vengeance. Un proverbe arabe dit à juste titre: « Le pardon est la plus belle fleur de la victoire. ». Implorons le secours de Dieu et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’acquérir. Le doux parfum de la fleur du pardon nous fera du bien et réjouira au passage ceux et celles qui nous entourent. Par-dessus tout, son odeur sera agréable au Dieu Miséricordieux et  Compatissant.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

BIEN COMMENCER LA NOUVELLE ANNEE

« Gedepooh faa dyueh wonon bedeeh mu po-deh. » (Proverbe Bassa du Ghana).

« Le Dieu qui a fendu la bouche de son enfant y mettra quelque chose. » (Proverbe Bassa du Ghana).

« The God who split His child’s mouth, has something to put in it. » (Bassa Proverb of Ghana).

Sens : Dieu pourvoit.

Source : Abba Karnga Bassa Proverbs for Preaching and Teaching (Accra : Asempa Publishers, 1996) 1.6.10 c


Parallélisme biblique

Au début d’une nouvelle année, l’être humain est face à une incertitude. Nul ne peut dire avec exactitude ce que les douze prochains mois nous réservent comme surprises. Cette incertitude inquiète et vient s’ajouter aux soucis que les années passées ont ajouté à la valise de la vie. Pour cette raison, il n’est pas rare que la joie de vivre une nouvelle année soit ternie par de multiples questions tout à fait légitimes. En voici quelques unes : Que ferons-nous face à une telle situation ? Aurons-nous assez de moyens financiers ou de provisions pour survivre ? Comment allons-nous résoudre ce problème ? Sortirons-nous de cette impasse ? Cette nouvelle année va t-elle enfin redonner l’espoir qui s’est effritée au fil des années ?

Face à ces interrogations et à tant d’autres, les Bassa nous invitent à garder notre calme et à aborder la nouvelle année avec optimisme. N’est-ce pas Dieu qui a donné une bouche à ses enfants? Il est aussi en mesure d’y mettre quelque chose.

En clair, Dieu pourvoit. C’est justement ce que la Bible enseigne. D’ailleurs, l’un des noms de Dieu est YHWH-YIREH (Yahvé-Jiré). Avant de donner le sens de cet attribut divin, il convient de relever ici que, par respect pour Dieu, les Juifs se sont servis des voyelles du mot Adonaï (Seigneur) pour vocaliser YHWH. Ainsi, au lieu de lire « Yahweh-Yireh », ils lisent « Adonaï-Yireh ».

Revenons maintenant à ce nom combien important et significatif. YHWH-Yireh est mentionné pour la première fois dans Genèse 22 qui relate l’histoire du sacrifice d’Isaac. Dieu voulait tester la foi d’Abraham. Il lui demanda de sacrifier son fils Isaac. Abraham obéit et embarqua Isaac dans un long voyage. Au troisième jour, intrigue, le fils fit la remarque suivante à son père : “ Voici le feu et le bois, dit-il, mais où est l’agneau pour l’holocauste?”. Plein de foi, Abraham répondit: “Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste.” (cf. Genèse 22:7-8). Effectivement, Dieu pourvut et un bélier fut sacrifié en lieu et place d’Isaac. Abraham appela ce lieu YHWH-Yireh, qu’on pourrait traduire en français par « Dieu pourvoit » ou  « Dieu pourvoira ».

Dieu pourvoit effectivement aux besoins de ses enfants. Le prophète Elie l’a expérimenté à plusieurs reprises dans sa vie. Pour le nourrir, Dieu s’est servi des corbeaux (1 Rois 17 :2-6), d’une très pauvre veuve (1 Rois 17 :7-16), et de son ange (1 Rois 19 :5-9). Esaïe le prophète a rappelé aux Israélites l’importance de tourner les regards vers lui et non vers l’Egypte (Esaïe 31 :1). Le Seigneur, dans la prière dominicale, nous encourage à nous tourner vers notre Père céleste en vue de lui demander notre pain quotidien (Matthieu 6 :11). Le Dieu qui nourrit les oiseaux et les animaux sauvages sait aussi nourrir ses enfants qui ont plus de valeur qu’eux (Matthieu 6 :26). Voilà pourquoi le Seigneur Jésus-Christ nous encourage à ne jamais céder aux inquiétudes : “Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet? Observez les lis sauvages! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements. Pourtant, je vous l’assure, le roi Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux! Si Dieu habille avec tant d’élégance la petite plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas vous-mêmes? Ah, votre foi est encore bien petite! Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas: ‘Que mangerons-nous?’ ou: ‘Que boirons-nous? Avec quoi nous habillerons-nous?’ Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin. Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus.” (Matthieu 6:28-33, La Bible du Semeur). Voila un texte biblique qui mérite d’être lu et relu tout au long de notre voyage ici-bas.

Ailleurs, la Bible nous rassure que le Dieu qui n’a pas hésité à nous donner le Seigneur Jésus-Christ, nous donnera aussi toute chose avec lui (Romains 8 :32). L’apôtre Paul conclut son épître aux Philippiens en disant : « Aussi, mon Dieu subviendra pleinement à tous vos besoins; il le fera, selon sa glorieuse richesse qui se manifeste en Jésus-Christ.” (Philippiens 4 :19, La Bible du Semeur). Cette promesse est aussi valable pour nous aujourd’hui car le Dieu en qui nous croyons est le Dieu qui pourvoit. Il peut même faire au-delà de ce que nous lui demandons (Éphésiens 3 :20).

Voilà qui devrait balayer les salissures du pessimisme et nous redonner la joie et l’espoir en ce début d’année. Devant la délicatesse des décisions comme en pleine tempête des épreuves de la vie, l’enfant de Dieu peut garder la tête haute et dire : Dieu pourvoira ! Quand nous sommes abattus, à bout de force et au bord du découragement, rassemblons le peu d’énergie qui reste et crions : Dieu pourvoira! Quand les déceptions nous arrachent tout espoir de renversement de la tendance d’un côté et les tyrans nous menacent de l’autre, levons nos regards vers le ciel et affirmons: Dieu pourvoira!

Abordons la nouvelle année avec confiance et optimisme en comptant sur le soutien du Dieu Créateur. Bien entendu, la présence du Seigneur dans la barque de notre vie n’écarte pas la possibilité de tempêtes, mais elle nous rassure que nous ne sombrerons pas. Il peut arriver que nous traversions la vallée de l’ombre de la mort. Mais, pour emprunter le langage du psalmiste dans le Psaume 23, la houlette et le bâton de notre Bon et Divin Berger nous rassurent. L’image du berger est très significative car un berger conduit, protège, soigne et sauve ses brebis. Le Seigneur est notre Berger et il pourvoira à tous nos besoins dans chacun de ces domaines : direction vers les lieux où nos besoins seront satisfaits, protection contre les forces du mal, santé dans toutes ses dimensions, et délivrance dans des situations particulièrement difficiles.

Quelle que soit la tournure des évènements, Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux et celles qui l’aiment (Romains 8:28). Ne craignons rien mes frères et sœurs. Notre Dieu est fidèle. Il pourvoira! La meilleure façon de commencer cette année est de s’appuyer entièrement sur lui.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

L’HUMILITE EST LE PALAIS DE LA VRAIE GRANDEUR

« Kujima, uryengi kanthu ndi wala, kusoka uwengi waka. »

(Proverbe Tonga du Malawi)


« Kneeling you eat with others, keep standing and you eat nothing. »

(Tonga Proverb from Malawi)

« Si tu t’agenouilles, tu mangeras avec les autres ;  si tu te tiens debout, tu ne mangeras rien. » (Proverbe Tonga du Malawi).

Sens : Celui ou celle qui s’humilie acquiert beaucoup de biens et d’honneurs.

Parallélisme biblique

Dans la société traditionnelle Tonga, les jeunes s’agenouillent devant les anciens pour leur montrer du respect.  Or s’agenouiller devant quelqu’un n’est pas chose facile. L’agenouillement physique n’est en fait que la partie visible de l’iceberg du brisement intérieur. Avant de s’agenouiller devant quelqu’un sans contrainte extérieure, il faut auparavant admettre intérieurement ses limites, sacrifier son ego, et accepter librement de s’incliner devant autrui. Car  l’humilité est un abaissement volontaire. Cela n’est pas du tout facile, surtout quand on sait que l’être humain a tendance à être orgueilleux.  Mais, pour revenir à la culture Tonga, les jeunes qui acceptent de faire ce geste d’humilité s’attirent les faveurs des anciens. Ces derniers ouvrent alors aux jeunes qui sont humbles et respectueux leurs trésors de connaissances et de sagesse, éléments essentiels pour l’enrichissement et le leadership.

L’humilité est formidable. La Bible parle abondamment de cette vertu qui n’attire pas les regards mais qui est pourtant la seule clé capable d’ouvrir la porte de la gloire authentique. Voici quelques versets bibliques qui s’y rapportent :

« Sois humble et révère l’Eternel, tu seras riche et honoré, et tu recevras la vie. » Proverbes 22 :4 (La Bible du Semeur).

« L’orgueil de l’homme le mène à l’humiliation, mais la modestie obtient les honneurs. » Proverbes 29 :23 (La Bible du Semeur).

« Ne faites donc rien par esprit de rivalité, ou par un vain désir de vous mettre en avant; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes ; et que chacun regarde, non ses propres qualités, mais celles des autres. » Philippiens 2 :3-4 (La Bible du Semeur).

« Vous de même, jeunes gens, soumettez-vous aux responsables de l’Eglise. Et vous tous, dans vos relations mutuelles, revêtez-vous d’humilité, car l’Ecriture déclare: Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il accorde sa grâce aux humbles. » 1 Pierre 5 :5 (La Bible du Semeur).

Ces versets, et bien d’autres encore, montrent l’importance de l’humilité dans une vie. L’humilité est une vertu qui mérite d’être activement recherchée et cultivée.  Beaucoup de personnages bibliques l’ont compris. Moïse, serviteur de Dieu d’une humilité très remarquable (Nombres 12 :3), a préféré être méprisé avec le peuple de Dieu que de jouir de tous les avantages d’un prince égyptien (Hébreux 11 :24-26) et Dieu l’a utilisé pour libérer Israël de l’esclavage. Le Général Naaman s’est humilié et Dieu l’a guéri de la lèpre (2 Rois 5 :1-19. Le roi Nabuchodosonor  s’est élevé et Dieu l’a abaissé ; mais quand il a reconnu sa faute et s’est humilié, Dieu lui a redonné la dignité et  la gloire qui s’étaient alors évanouies du fait de son orgueil (Daniel 4 :1-34). Le fils prodigue de la parabole s’est humilié devant son père et en retour il a obtenu ce qu’il n’espérait plus (Luc 15 :11-24). Le publicain qui s’est humilié devant Dieu a été justifié tandis que le pharisien qui a fait étalage de ses bonnes œuvres n’a pas été apprécié par le Seigneur (Luc 18 :9-14). Tous ces exemples sont excellents, mais le plus excellent demeure celui du Christ Jésus, le Roi des rois qui s’est abaissé jusqu’au point de laver les pieds de ses disciples (Jean 13 :1-15) et de mourir à la place de ses créatures que nous sommes mais dont le nom est élevé au-dessus de tout nom. En cela, il est le modèle parfait d’humilité (Cf. l’hymne christologique de Philippiens2 :1-11).

Honnêtement, si notre Seigneur s’est humilié jusqu’à ce point, qui sommes-nous pour nous enorgueillir ? Ne devons-nous pas laisser tomber nos vaines ambitions, notre égocentrisme, nos glorioles, et nous engager résolument à marcher sur ses traces ? C’est d’ailleurs à cela qu’il nous invite dans Jean 13 :12-17. Notons ici que l’accent n’est pas mis sur le lavement des pieds au sens littéral du terme mais sur l’humilité capable de pousser un maitre à laver les pieds de son esclave, ou le plus grand patron d’une entreprise à servir le plus petit ouvrier.  C’est révolutionnaire et bouleversant, nous en convenons, mais c’est le seul secret de la vraie grandeur.

Mais avons-nous compris cela ? En tenons-nous compte dans nos attitudes et dans nos agissements ? Nous craignons que cela ne soit pas toujours le cas. Au contraire, Dieu seul connait le nombre de foyers qui se brisent, d’églises ou de groupes chrétiens qui se divisent, d’hommes et de femmes qui s’affrontent verbalement ou physiquement, et de bons projets qui échouent, faute d’humilité. Poussés par l’orgueil, plusieurs n’hésitent pas à lutter, à dénigrer les autres, et à utiliser  des moyens louches pour occuper des postes de leadership et des positions d’honneur. Ne tombons jamais dans ce piège car l’honneur qu’on forge soi-même finit par un lamentable échec mais l’élévation qui vient de Dieu demeure jusque dans l’éternité.   Soyons toujours humbles devant Dieu et devant les êtres humains. Chaque jour et à chaque instant, demandons à Dieu de briser notre orgueil et de nous accorder la grâce d’être humbles. Nous ne le regretterons pas car, faut-il le souligner, l’humilité est le palais de la vraie grandeur.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

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