Posts Tagged ‘ethique’

VIRGINITE ET HONNEUR

“Nay may backna vi huda ngali kam kuna.” (Proverbe Massa du Cameroun)

“On ne réclame pas la peau d’une chèvre brûlée.” (Proverbe Massa du Cameroun)

“We do not demand the skin of a burned goat.” (Massa proverb)

Signification: Une fille qui a connu tant d’hommes n’a pas le privilège d’une vierge.

 

Proverbe recueilli par le Dr. Emmanuel BECHE, Secrétaire général de l’Institut Universitaire de Développement International (connu aussi sous le nom de Francophone University of International Development) : www.iudi.org

Commentaire à la lumière de la Bible

Bien avant l’introduction des « religions  révélées » sur le sol africain, nos ancêtres – adeptes de religions africaines – avaient déjà élaboré une éthique conjugale assez rigoureuse. Cette éthique prenait en compte le comportement sexuel des jeunes avant le mariage. De nombreux groupes ethniques punissaient sévèrement ceux et celles qui violaient la loi de chasteté. Mais, si les sociétés traditionnelles étaient promptes à punir ceux et celles qui menaient une vie de désordre dans ce domaine, elles savaient aussi récompenser les personnes fidèles. Ceci est particulièrement perceptible dans le traitement réservé à une jeune fille qui conserve sa virginité jusqu’au mariage. Elle est souvent honorée publiquement et comblée de cadeaux spéciaux dont la nature varie d’un contexte à l’autre. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre proverbe massa  qui affirme qu’ « On ne réclame pas la peau d’une chèvre brulée. » Ici, la peau de la chèvre est le symbole de la virginité. Ainsi, une fille qui mène une vie frivole est comparée à une chèvre dont la peau est brulée. Elle perd son honneur et le privilège qui s’y attache.

Contrairement à de nombreuses valeurs culturelles qui traitent les filles plus rigoureusement que les garçons en matière de chasteté avant le mariage et de fidélité au sein du foyer conjugal, la Bible recommande aux personnes non mariées (filles et garçons, hommes et femmes) de mener une vie d’abstinence avant le mariage. Nous en voulons pour preuves les textes suivants, choisis parmi tant d’autres : Actes 15 :20 ; 1 Corinthiens 6 :18-20 ; 1 Corinthiens 7 :2 ; 1 Corinthiens 10 :8 ; Galates 5 :19-21 ; Ephésiens 5 :3 ; Colossiens 3 :5-7 et 1 Thessaloniciens 4 :3. La Bible condamne également l’adultère et recommande la fidélité dans le mariage (Lire, entre autres : Exode 20 :14 ; Mt 5 :27-28 ; 1 Corinthiens 6 :13 ; Hébreux 13 :4). Dieu place donc les hommes et les femmes au même pied d’égalité en matière de chasteté, de pureté, et de fidélité.

Quelles que soient les habitudes et les normes culturelles en vigueur dans notre contexte, les commandements du Seigneur devraient nous interpeller car elles se situent au-dessus de nos valeurs culturelles. Dieu est notre Créateur, et à ce titre il sait mieux que nous ce qui nous convient. Malheureusement, le monde dans lequel nous vivons se moque de plus en plus de la virginité masculine et féminine. Au nom de la liberté et du plaisir, la fornication, l’adultère et de nombreux autres désordres sexuels sont devenus des comportements normaux ou presque. Ce sont plutôt ceux et celles qui mènent une vie de chasteté qui sont ridiculisés et rejetés. Les conséquences de tels agissements contraires aux recommandations bibliques sont énormes tant au plan individuel que conjugal et social. De nombreuses consciences sont souillées, les maladies sexuellement transmissibles se multiplient, de nombreux foyers sont brisés, et les victimes de ces désordres sont de plus en plus nombreuses dans la société. Notre prière est que Dieu donne à tous ceux et celles qui le craignent le courage et la détermination nécessaires pour marquer la différence tous les jours de leur pèlerinage terrestre. Même ceux et celles qui ont échoué par le passé ne doivent nullement se décourager et sombrer dans le désespoir. Dieu pardonne et restore les personnes qui viennent à lui avec un cœur sincère. Toutefois, à partir de cet instant, l’ordre que Dieu a donné à la femme surprise en flagrant délit d’adultère mérite d’être suivi : « …Va, mais désormais ne pèche plus » (Jean 8 :11). Le Dieu qui a fortifié Joseph dans la Bible est vivant. Il est prêt à voler au secours de ceux et celles qui sont déterminés à mener une vie de chasteté et de pureté. Faisons ce qui en notre pouvoir pour fortifier notre vie spirituelle, éviter de nous placer dans des circonstances qui favorisent la tentation, fuir les mauvaises compagnies. Par-dessus tout, n’hésitons pas à implorer le secours du Seigneur chaque fois que la tentation frappe à la porte de nos pensées ou de notre cœur. Le Seigneur honore ceux et celles qui l’honorent.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015.

L’ART DE SURMONTER LES OBSTACLES

“Ndingema nasemthini nokuba kusesibondeni.” Proverbe Xhosa.

“Je voudrais grimper à un arbre, même s’il n’avait pas les branches” (Proverbe Xhosa)

“I would climb a tree even if it had no branches.” (Xhosa Proverb)

Signification: Soyons prêts à accomplir même les tâches les plus difficiles.

Source: http://www.bioculturaldiversity.co.za/articles/Izaci%20namaqhalo%20esiXhosa%20Xhosa%20idioms%20and%20proverbs%20referring%20to%20plants.pdf

 

Parallélisme biblique

Depuis le jeudi 5 décembre 2013, l’ancien Président Nelson Mandela n’est plus de ce monde.  L’univers entier rend hommage à l’incomparable champion de la lutte contre l’apartheid, l’injustice et la  haine.  Les messages fusent de toute part pour saluer une figure historique, un incontestable  promoteur de la liberté, un père de la nation, un modèle d’humilité, de pardon, d’intégrité et de courage, pour ne citer que cela. Tout ceci est bon. Mais je propose que nous considérions aussi la vie de Madiba sous un autre angle, d’où le choix du proverbe susmentionné qui est tiré de son héritage culturel. En bon Xhosa, Madiba connaissait certainement ce proverbe qui traduit la détermination à surmonter les difficultés. En effet, il est plus facile de grimper à  un arbre qui a des branches qu’à  celui qui en est dépourvu.

Il est possible que Madiba aie été inspiré ou du moins encouragé par ce proverbe pour oser se lancer dans ce qui était à l’époque une aventure suicidaire. Le Seigneur seul connait le nombre de personnes qui ont perdu leurs vies en luttant contre l’apartheid. Les dangers étaient à chaque carrefour de sa longue marche vers la victoire. Les difficultés étaient terrifiantes. La souffrance, la terreur et les menaces faisaient  partie du lot quotidien. Parmi ceux qui ne tarissent pas d’éloges aujourd’hui se trouvent des gens qui l’avaient mis sur la liste noire des terroristes et de pires ennemis publics. Il a souffert cruellement dans sa chair. Il a passé 27 ans en prison. Il a échappé plusieurs fois à la mort. Il était incompris tant par ses proches et ses compagnons de combat que par ses ennemis. Mais, envers et contre tout, il a tenu bon.  Le résultat est éclatant mais ne perdons pas de vue les multiples défis qu’il a dû surmonter au cours de sa vie combien riche en péripéties.

N’est-ce pas intéressant de remarquer que le chemin de la réussite et de bénédictions passe souvent par le « désert » dans les Saintes Ecritures? Noé, l’homme de foi, a patiemment traversé le désert de moqueries quand il bâtissait l’arche dans un contexte où ses contemporains ne connaissaient pas la pluie, ni encore moins le déluge.  Abraham a dû patienter de longues années avant d’avoir enfin le fils de la promesse. Joseph a été vendu par ses propres frères et s’est retrouvé esclave sur une terre étrangère mais il est resté fidèle au Seigneur qui a su l’élever en temps opportun au point qu’il a pu aider sa famille (et de nombreux peuples) à échapper à l’extermination sous l’effet d’une famine particulièrement rigoureuse. Moïse a connu son temps de formation à l’université du désert avant d’être choisi pour libérer le peuple d’Israël d’une longue période d’esclavage. Le peuple d’Israël a traversé le désert avant d’entrer dans la terre promise. Avant de devenir le plus illustre roi d’Israël, David a aussi connu son temps de désert  où il était pourchassé par le roi Saül qui voulait lui ôter la vie. Daniel et ses compagnons ont enduré de sérieux tests avant d’être élevés en dignité sur une terre païenne. La reine Esther a risqué sa vie pour le salut de son peuple. Le Seigneur Jésus-Christ a commencé son ministère terrestre par un séjour dans le désert et l’a terminé sur la croix, dans une souffrance indescriptible. Les douze disciples ont souffert. L’apôtre Paul a aussi eu son lot de souffrances et expérimenté la vie du désert. Hébreux 11 nous offre une liste plus longue, quoique non exhaustive, d’hommes et de femmes de foi qui n’ont pas eu peur des difficultés. Ils ont pris des risques par amour pour leurs frères et sœurs – et surtout pour Dieu – et ce parfois au péril de leurs vies. Mais ils recevront tous leurs couronnes des mains du Seigneur à l’heure de la reddition des comptes.

Bien entendu, nous ne devons nullement prendre des risques inutiles ni idéaliser la souffrance. Cependant,  nous ne saurons non plus nous offrir le luxe d’opter pour le chemin de la facilité quand nous savons qu’au bout du désert se trouve des solutions aux problèmes de l’heure, un allègement de la souffrance de nos semblables, ou une terre promise. Il est vrai que tous ceux et celles qui affrontent les difficultés en faveur de leur peuple ne voient pas nécessairement le fruit de leur travail comme Mandela. Mais cela ne devrait en aucun cas les décourager. Comme le disait l’avocat, journaliste et auteur américain Napoleon Hill, “chaque difficulté porte en elle le germe d’un avantage équivalent ou supérieur.” Il a fallu que Martin Luther King et bien d’autres avant et après lui déblaient le terrain pour qu’on puisse enfin voir Obama à la tête des Etats-Unis. Tôt ou tard, les fruits d’un sacrifice nécessaire seront récoltés et appréciés. Ceci devrait nous encourager. La souffrance ne doit pas être un mur infranchissable pour le chrétien. Il est écrit : «  Mes chers amis, vous avez été plongés dans la fournaise de l’épreuve. N’en soyez pas surpris, comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal. Au contraire, réjouissez-vous, car vous participez aux souffrances du Christ, afin d’être remplis de joie quand il paraîtra dans toute sa gloire. Si l’on vous insulte parce que vous appartenez au Christ, heureux êtes-vous, car l’Esprit glorieux, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Qu’aucun de vous n’ait à endurer une punition parce qu’il aurait tué, volé ou commis quelque autre méfait, ou encore parce qu’il se serait mêlé des affaires d’autrui; mais si c’est comme «chrétien» qu’il souffre, qu’il n’en éprouve aucune honte; qu’il fasse, au contraire, honneur à Dieu en se montrant digne de ce nom (1 Pierre 2:12-16, Bible du Semeur). »

Mandela est parti et nos cœurs sont attristés. Mais ne restons pas à ce stade. La meilleure façon de pleurer et d’honorer Madiba est de passer à l’action. Osons grimper aux arbres sans branches de nos sociétés contemporaines qui ont besoin de nombreux Mandela; et faisons-le résolument par amour pour Dieu et pour nos semblables. Nous réussirons en nous appuyant sur le Seigneur qui nous accordera le courage, la force, la sagesse  et les moyens nécessaires.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

RESPECT MUTUEL

“Mdu o mrasa nguo ya kawi” Kiuru Proverb (Dialect of Chagga language, Tanzania)

“Le prochain est un second vêtement” (Proverbe kiuru)

“A neighbor is a second cloth” Kiuru Proverb

 

Signification: Nous devons nous respecter les uns les autres.

 

Source: Father Michael Mushi, A.J

http://www.afriprov.org/index.php/bibliography/384-endangered-african-proverbs-collections-chagga-tanzania-sayings-.html

 

Parallélisme biblique :

Un vêtement sert essentiellement à couvrir la nudité et à protéger le corps de celui ou de celle qui le porte. Ceci est une clé herméneutique importante dans la compréhension  du proverbe susmentionné. Il est alors aisé d’appréhender la profondeur du symbolisme qui constitue l’épine dorsale  de cette parole de sagesse. Le prochain, perçu comme un vêtement, est du coup une personne qui nous rend d’énormes services car elle nous est fort utile pour couvrir notre nudité. Bien entendu, la nudité dont il est question ici est avant tout une nudité morale. Vu sous cet angle, le bon prochain couvre les erreurs, pardonne les fautes et les péchés, n’expose pas au grand public les défauts des autres, et cherche à régler les problèmes aussi discrètement que possible.

Un vêtement joue aussi un rôle esthétique. Il apporte un plus dans l’apparence physique d’une personne et ne saurait être négligé dans la beauté. De même, un prochain digne de ce nom peut projeter une belle image de ses semblables, renforcer leur honneur, les rendre beaucoup plus agréables aux yeux de autres.

Dans les deux cas, le bon prochain contribue à lever haut l’étendard de la respectabilité des hommes et des femmes qui l’entourent. C’est justement ce que la Bible enseigne quand elle nous recommande de nous respecter les uns les autres : « Quant à l’affection fraternelle, soyez pleins de tendresse les uns pour les autres. Soyez les premiers à honorer les autres.” (La Nouvelle Bible Second). La Bible T.O.B. semble offrir une meilleure traduction de ce verset: « Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres. Honorez-vous, respectezvous réciproquement.”  

Dieu veut que nous nous respections mutuellement. Joseph l’a bien compris quand, après avoir constaté que Marie était enceinte, il a opté pour la solution d’une rupture secrète (Mt. 1 :19). Il aurait pu provoquer un scandale public. Les gens lui auraient donné raison, mais il s’est gardé de le faire. Combien de chrétiens, même évangéliques, ont une telle noblesse d’esprit de nos jours ?

C’est aussi le même esprit qui a animé le bon samaritain de la Parabole du Seigneur dans Luc 10 :25-37.  Il aurait pu profiter du climat d’inimitié entre les Juifs et les Samaritains pour assommer son prochain grièvement blessé, sans défense, dénudé, et livré à la honte publique. Contre toute attente, c’est lui (et non ses compatriotes qui de surcroit étaient religieux) qui s’est occupé du Juif agressé par des brigands. En agissant de la sorte, il a été, pour emprunter les termes du proverbe kiuru, « un second vêtement » pour son prochain. Si seulement nous pouvions agir de même dans toutes nos relations humaines ! Le monde aurait un visage différent. Car, comme l’a si bien écrit Vagner Fernandes LOBOSCO, « Le respect, c’est comme les sourires : ça ne coute rien et tout le monde aime ça. » On pourrait aussi dire : Le respect c’est comme les sourires : ça se propage facilement et ça fait du bien à tout le monde. Allons donc et soyons les premiers à respecter nos prochains, à couvrir leur nudité morale, et à faire briller leur respectabilité, par amour sincère pour eux et pour la gloire de Dieu.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

%d blogueurs aiment cette page :