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LE MALHEUR EST UNE ECOLE

“Icyâgo cyigisha ubwênge” (proverbe rwandais – kyniarwanda)

« Le Malheur enseigne la clairvoyance. » (proverbe rwandais)

« Misfortune teaches foresight. » (Rwanda proverb)

Moralité : Celui ou celle qui est sage tire des leçons des expériences malheureuses de la vie.

Source : Titinga Frédéric Pacéré  Pensées africaines : proverbes, dictons et sagesse des Anciens. (Paris : L’Harmattan, 2005) p. 25

 

 

Commentaire à la lumière de la Bible

La vie est un long chemin sinueux qui traverse de nombreux monts et vallées. Elle fait balancer la condition humaine entre la joie et le malheur à un rythme très irrégulier.  Mais, même les évènements fâcheux peuvent livrer des trésors à celui ou celle qui est sage et qui sait tirer des leçons du malheur qui frappe directement ou indirectement. C’est ce que nous communique le proverbe rwandais qui nous intéresse particulièrement en ce moment.

En effet, quoique le malheur soit redouté, il est comme une noix de coco qui livre son amende à la personne qui se donne la peine de casser sa solide coque. Celui ou celle qui est sage, réfléchit face au malheur qui lui arrive ou qui frappe ses semblables.  Quelles sont les causes profondes de ce malheur ? Quelles leçons dois-je en tirer ? Que faire pour le prévenir ou du moins en limiter les dégâts dans l’avenir tant au niveau individuel que collectif? Quelles dispositions pratiques faut-il prendre dès aujourd’hui ? Telles sont les questions qui s’imposent dans l’adversité.

Le malheur peut être une école de formation. Le psalmiste a tiré des leçons de l’adversité (Psaume 119 : 67,71). Job, au terme de la série des malheurs qui l’ont frappé, est entré dans une dimension plus profonde de la vie spirituelle au point où il a déclaré dans Job 42 :5 (La Bible du Semeur): «Jusqu’à présent j’avais seulement entendu parler de toi. Mais maintenant, mes yeux t’ont vu. » L’officier de 2 Rois 1 a tiré des leçons du malheur qui a frappé ses collègues et les soldats qui étaient sous leurs ordres. Au lieu d’aborder le prophète Elie avec la même arrogance que ses prédécesseurs, il adopta une attitude d’humilité et sauva ainsi sa vie et celle de ses compagnons d’armes. L’on pourrait multiplier de tels exemples à la lumière de la Bible mais tout semble se résumer à ces paroles d’Ecclésiastes 7 :14 (La Bible du Semeur) « Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis, car Dieu a fait l’un et l’autre, si bien que l’homme ne peut rien découvrir de ce qui doit lui arriver.»

Malheureusement, très peu d’individus et de communautés prêtent attention à ces conseils divins. L’histoire de l’humanité est riche en attitudes ou comportements qui ont causé divers malheurs, et pourtant nos sociétés contemporaines semblent trouver un grand plaisir à afficher les mêmes comportements, ignorant au passage que « ce qui est arrivé au mouton arrivera aussi à la chèvre » conformément à un autre proverbe africain. Les communautés chrétiennes ont aussi intérêt à tirer des leçons des malheurs qui ont frappé les églises qui se sont détournées du Seigneur et de sa saine doctrine afin d’éviter les pièges du matérialisme, du désordre spirituel, de la mondanité, de l’occultisme, du libéralisme théologique et des maux semblables.

Gustave Flaubert disait dans une correspondance datant du 23 mai 1852 : « Il faut de chaque malheur tirer une leçon et rebondir après les chutes. » Heureux sont ceux et celles qui savent tirer des leçons des divers malheurs qui nous frappent au lieu de se jeter mains et pieds liés dans la fosse aux lions de l’endurcissement et de la désobéissance. Que Dieu nous vienne en aide !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

SORTIR DU PIEGE AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Shin cubin, soun cubunnodi bozú (proverbe toubou du Tchad)

Celui qui a mangé l’oreille ne restera pas sans manger l’œil (proverbe toubou du Tchad)

“Whoever ate the ear will not go without eating the eye.” (Toubou proverb from Chad)

 

Signification : Si tu donnes ton petit doigt [à l’ennemi], il te prendra la main.

Source : http://www.tchad.org/recherche/proverbes/toubou.html

 

Parallélisme biblique

Les Toubou  du Tchad nous donnent une très belle leçon de sagesse à travers le proverbe susmentionné. En effet, Dieu nous avertit très souvent des dangers que nous courrons mais nous semblons prendre un malin plaisir à négliger ses feux jaunes et à brûler ses feux rouges. Pourtant, de manière directe ou indirecte, nous voyons les conséquences des mauvais choix, de la mauvaise conduite, de l’orgueil, du refus de régler des problèmes, des addictions,  et du refus délibéré d’écouter les bons conseils des amis, des dirigeants spirituels ou des parents. Un examen minutieux de notre vie peut même parfois révéler des cas précis où l’un de nos membres a été mangé, au propre ou au figuré. Et pourtant, nous continuons      à vivre comme si de rien n’était. Nous tirons peu de leçons des bavures du passé. Nous justifions souvent nos mauvais comportements. Certains parmi nous s’obstinent même à cheminer sur la mauvaise voie. 

Face à ces constats, les Toubou nous invitent à nous ressaisir car les conséquences des mauvais comportements sont incommensurables. Ces conséquences peuvent sembler insignifiantes au début mais, s’il n’y a aucun changement, elles ouvriront la voie à de plus grands ennuis, à de sérieuses pertes.

L’un des récits bibliques qui mérite une sérieuse méditation est celui de Samson, un homme doté d’une force extraordinaire et qui aurait pu marquer l’histoire d’une manière plus significative mais qui s’est laissé enfoncer progressivement dans des compromis, des conduites coupables. Il a fini par perdre ses yeux, et ultimement sa vie dans des circonstances très tragiques. L’un des épisodes les plus tristes de sa vie fut lorsque Dalila lui rasa sa tête et s’écria hypocritement : « Samson, les philistins t’attaquent ! » La Bible précise que Samson « … se réveilla de son sommeil et se dit: ‘Je m’en tirerai comme les autres fois et je me dégagerai!’   Mais il ne savait pas que l’Eternel s’était détourné de lui. » (Juges 16 :20, La Bible du Semeur). Hélas, c’était trop tard. Ses oreilles avaient étaient déjà moralement et spirituellement mangées d’autant plus qu’il n’a pas écouté les avertissements; et maintenant ses yeux sont littéralement mangés car ils ont été aussitôt  crevés. En plus des souffrances physiques indescriptibles, il a subi de graves humiliations. Plus tard, la mort physique s’en est suivie.

Malheureusement nous, qui lisons ces récits des milliers d’années plus tard, tombons  bêtement dans les mêmes pièges. Nous n’en tirons pas des leçons. Pourtant, nous ne sommes pas obligés de continuer à nous enfoncer. Même ceux et celles qui  sont descendus très bas peuvent encore se ressaisir comme le fils prodigue de la parabole (Voir Luc 15 :17-19).  Le pire n’est pas de tomber mais de rester par terre et de s’enfoncer soi-même dans la boue quand on est tombé. Le pire n’est pas d’être répréhensible mais de faire la sourde oreille face aux reproches justifiés. La Bible est formelle : « Celui qui se raidit contre les reproches sera brisé soudainement et ne s’en remettra pas. » (Proverbes 29:1, La Bible du Semeur).

Ayons la sagesse de sortir résolument du piège de l’Ennemi, de nos semblables, ou de nos mauvais choix, avant qu’il ne se referme sur nous. Au lieu de nous enfoncer comme Samson, relevons-nous et marchons sur la voie d’intégrité comme Daniel et ses trois compagnons. Que Dieu nous vienne en aide ! Amen.

© Copyright 2010 by Moussa Bongoyok.

CONSEILS ET CONSEILLERS

« Ndo a da nzi auda genè a n’da ngredakinè maya ɗè ? » (N’gèlègèdma mafahai)

« Est-ce que les gens vont toujours rester dehors pour vous apprendre à être sages ? » (Proverbe mafa)

« Will people always remain outside in order to teach you to be wise? » (Mafa proverb)

Signification: Il faut apprendre à être sage pour être une personne prompte à réagir face aux situations délicates. Les bons conseillers ne seront pas toujours disponibles.


Source
: Proverbe envoyé par  Hodekwem Keufkeuf Richard, missionnaire (Cameroun).


Parallélisme biblique

Les parents Mafa ne se contentent pas de donner des conseils à leurs enfants.  Ils veulent les amener à intérioriser les conseils et à s’en servir en temps opportun sans qu’on ait besoin de les répéter. Mieux encore, ils veulent les amener à développer une philosophie de la vie qui les guidera vers de bonnes décisions même si personne n’est autour d’eux pour les orienter. C’est ainsi qu’ils ne cachent pas leur mécontentement quand un enfant oublie les conseils, commet toujours les mêmes erreurs, ou retombe souvent dans les mêmes pièges. Devant une telle situation, il n’est pas rare de les entendre  dire avec indignation: « Est-ce que les gens vont toujours rester dehors pour vous apprendre à être sages ? » Sous-entendu, est-ce que les parents seront toujours vivants pour vous donner des conseils ou pour vous guider sur la voie de la sagesse ?

En réalité, ce proverbe couvre des dimensions plus profondes. Il renferme des concepts eschatologiques intéressants et frôle un peu le lien entre la vie sur terre et l’au-delà dans la religion traditionnelle mafa. Le cadre actuel de notre réflexion ne nous permet pas d’approfondir l’étude de ces aspects. Nous allons donc nous limiter à la leçon principale que nous pouvons tirer de notre proverbe. Notamment, les parents Mafa attirent l’attention leur progéniture sur le fait que les conseillers ne seront pas présents dans toutes les circonstances de la vie. En outre, certaines circonstances exigent une décision rapide. Il faudrait donc que les enfants retiennent les conseils des parents, des amis, ou des encadreurs, et apprennent à s’en servir en temps opportun. Ainsi, même quand les conseillers ne seront plus disponibles, ils sauront naviguer avec succès dans l’océan de la vie.

N’importe quel parent responsable souhaite que sa progéniture se conduise avec sagesse et mette en pratique les bons conseils reçus. L’un des chapitres de la Bible qui peint un beau tableau d’une descendance idéale est Jérémie 35 :1-19. Ce chapitre décrit comment le clan des Rékabites a pris au sérieux le conseil donné par leur ancêtre Yonadab, fils de Rékab.  En effet, ce dernier avait donné le conseil suivant à ses enfants : «Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos descendants, à perpétuité. Vous ne construirez pas de maisons, vous ne cultiverez pas la terre, vous ne planterez pas de vignes et vous ne posséderez rien de cela; pendant toute votre vie, vous habiterez sous des tentes, afin que vous viviez longtemps sur la terre où vous n’êtes que des étrangers.» (Jérémie 34 :6b-7, La Bible du Semeur). Ses descendants ont appliqué ce conseil à la lettre au point où, même quand le prophète Jérémie testa leur fidélité en leur offrant du vin, ils déclinèrent fermement l’offre. Ils ne voulaient en aucun cas se détourner de la voie tracée par leur ancêtre. On comprend alors pourquoi Dieu les cita en exemple (vv. 12-17) et les bénit (vv.18-19).

Bien entendu, en tant que chrétiens, nous devons toujours examiner les conseils que nous recevons à la lumière des Saintes Ecritures. Tous les conseils de parents ou des aînés ne sont pas nécessairement bons. Mais, les bons conseils doivent être mis en pratique et communiqués aux générations suivantes. Les recommandations du Seigneur méritent encore davantage d’attention. Le Seigneur veut que nous mettions en pratique tout ce qu’il nous a prescrit (Matthieu 28 :20). Et, pour que nous n’oubliions pas ses commandements, il a mis en nous le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit nous aide, nous rappelle les saintes instructions, et nous donne la force de les mettre en pratique (Jean 14 :15-30 ; 16 :5-15 ; et Ephésiens 3 :16). Daigne le Seigneur nous accorder la force et la sagesse de prendre très au sérieux ses conseils et d’en tenir compte dans toutes les circonstances de notre pèlerinage terrestre !


© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

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