Posts Tagged ‘Cameroon’

DIEU EST LE DEFENSEUR DES OPPRIMES

“Dua la kuku halimpati mwewe”

“A chicken’s prayer doesn’t affect a hawk”

“La prière d’un poulet n’affecte pas un faucon”

(proverbe Swahili, Kenya)

 

Signification: “Ce dicton est normalement utilisé pour se référer à l’impuissance des opprimés face à leurs oppresseurs. Si les prières des victimes avaient un effet quelconque sur leurs agresseurs, alors certainement l’oppression finirait. Mais cela ne semble pas être le cas.”

 

Sourcehttp://www.glcom.com/hassan/kanga.html (proverbes recueillis par Hassan O. Ali)

 

Parallélisme biblique

Quoique je sois né en ville, j’ai passé une bonne partie de mon enfance en campagne. Je garde de très bons souvenirs de la simplicité et de la beauté de la vie en zone rurale. Mais, si la vie au village était généralement belle, elle était cependant loin d’être tapissée de pétales de roses. Un jour, à la fin des années 1970, alors que je savourais l’air pur et parfumé des hauteurs du village de Soulédé (Extrême-Nord, Cameroun), je me souviendrais toujours du traumatisme qui a déchiré mon cœur d’enfant lorsque pour la première fois un épervier est venu arracher brutalement un poussin qui était dans la cour de notre maison et juste à côté de moi. Ni les efforts de la mère poule, ni mes gesticulations, ni les cris stridents des voisins, n’ont pu sauver la malheureuse victime. C’était si brusque et si violent que cela est resté gravé dans mon esprit.

C’est donc  avec beaucoup d’intérêt que j’examine ce proverbe swahili du Kenya. En effet, un poussin est sans défense face au poids, à l’agilité, à la rapidité, et aux puissantes serres du faucon. Sa tentative de fuite et ses cris – qu’on peut assimiler à des prières dans le contexte de cet adage – ne peuvent apparemment rien changer. Bien entendu, l’image utilisée ici va au-delà de la vulnérabilité des animaux de la basse-cour pour pénétrer dans la profondeur des réalités existentielles. L’histoire de l’humanité est  jalonnée d’oppression tantôt brutale, tantôt  habilement déguisée mais non moins dévastatrice. Face aux individus, aux multinationales ou aux grandes puissances de ce monde, les plus faibles semblent être abandonnés à leur triste sort tels des poussins solidement retenus par les serres d’un faucon. Parfois, pour emprunter les termes d’Alfred de Vigny dans Les destinées et plus précisément dans son poème intitulé « Le mont des oliviers », nos prières semblent être vaines car l’on a l’impression que « le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas».

Pourtant la réalité spirituelle est loin du tableau alarmiste qui nous est peint ici. La Bible dit que Dieu est le père des orphelins, le défenseur des  veuves (Psaume 68 :5). Il rend justice aux opprimés, aux étrangers, aux pauvres et aux faibles (Exode 22 :20-23, Psaume 146 :7-9, Esaïe 3 : 13-26, tout le livre d’Amos, etc.). Il a entendu les cris des Israélites qui ployaient sous le joug de l’oppression en Egypte (Exode 3 :7-10). Même quand ces derniers péchaient et tombaient sous le coup du jugement divin, chaque fois qu’ils criaient  à lui et se repentaient sincèrement, Dieu les délivrait des mains de leurs oppresseurs (voir tout le livre des Juges).  Il est écrit dans Psaume 50 :14-15: “Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, et accomplis tes vœux envers le Très Haut. Et invoque-moi au jour de la détresse; je te délivrerai, et tu me glorifieras (La Bible Segond) .”  C’est Dieu qui brisa les chaînes de Paul et Silas et ébranlé les murs de la prison où ils étaient injustement enfermés ? (Actes 16). C’est encore lui qui a dit dans Philippiens 4 :6-7 : “Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus-Christ (La Bible du Semeur).”

Quelles que soient les circonstances de la vie ou les oppressions physiques, morales, psychologiques, sociales, politiques, économiques, ou spirituelles,  il est bon de savoir que le Dieu qui a libéré les victimes de l’oppression égyptienne est le même. Il y a de l’espoir pour quiconque implore son secours avec humilité et sincérité de cœur.

 

© Copyright  by Moussa Bongoyok, 2014

LA BONTE BRISE LES CHAINES DE LA MECHANCETE

“Ba kar ki loué nvou be bele nding.”  (proverbe ewondo)

“On n’appelle pas le chien avec le fouet.” (proverb ewondo)

“One does not call a dog with a whip.” (Ewondo proverb)

Signification: On ne peut pas prétendre vouloir rassembler et réconcilier quand on fait preuve de méchanceté.

 (Proverbe recueilli par le Dr BECHE Emmanuel pour le compte de l’Institut Universitaire de Développement International/ Université Francophone de Développement International)

 

Parallélisme biblique

Décidemment, la forêt dense du pays ewondo recouvre un immense réservoir de sagesse. Les contes et les proverbes qui proviennent de cette région du Cameroun en sont des preuves éclatantes. Le proverbe qui nous intéresse présentement est particulièrement brillant : « On n’appelle pas le chien avec le fouet. »

L’image du chien utilisée ici est très révélatrice car cet animal occupe une place de choix parmi les animaux domestiques. On dirait même qu’il en est le roi. La preuve en est que le chien porte un nom et pas n’importe lequel. Certains chiens portent carrément les noms ou les titres des êtres humains, ce qui traduit leur importance aux yeux de leurs maîtres. Les chiens accompagnent les êtres humains dans nombre de leurs activités. Ils jouent plusieurs rôles fort utiles. Ils gardent  la maison, participent à la chasse, assurent dans une certaine mesure la sécurité des biens et des personnes, assistent les bergers, pour ne citer que cela. Certains chiens bien dressés servent fidèlement au niveau de la police, de la douane, de l’armée et même des centres de santé. Il n’est donc pas étonnant que le chien ait conquis le cœur de nombreuses personnes, jeunes et moins jeunes.

Mais, le chien peut aussi être méchant, voire cruel. Seulement, quel que soit la méchanceté du chien, à moins qu’il ne soit enragé ou engagé dans une lutte féroce avec un autre chien au moment ou quelqu’un d’autre essaie de s’interposer, il attaque rarement son maître.  Qu’est-ce qui explique une telle loyauté ? Je suppose que l’attention et les nombreux gestes de bonté dont il bénéficie y sont pour quelque chose. C’est là où cet adage devient plus intéressant et livre sa quintessence: la bonté brise l’élan de la méchanceté.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nos pensées s’envolent vers la République Centrafricaine et de nombreux autres pays à travers le monde qui traversent des situations on ne peut plus difficiles du fait que certains individus soient devenus une meute de chiens méchants prêts à dévorer des innocents. En dehors de la prière et des interventions des pays amis, que pouvons-nous faire pour arrêter le mal et prévenir les risques d’aggravation si rien n’est fait dans l’immédiat pour briser les liens de la méchanceté ? Il n’y a pas de formule magique. Cependant, si chacun cessait de lever un doigt accusateur vers les autres pour rentrer en soi-même, reconnaître ses propres défaillances (en son âme et conscience), et laisser Dieu brûler les racines de la méchanceté par le doux feu de son amour, la paix reviendrait. Nous assisterions donc à ce que le psaume 85 :10 décrit en de termes fort évocateurs : « Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, Afin que la gloire habite dans notre pays. La bonté et la fidélité se rencontrent, La justice et la paix s’embrassent; La fidélité germe de la terre, Et la justice regarde du haut des cieux. L’Éternel aussi accordera le bonheur, Et notre terre donnera ses fruits. La justice marchera devant lui, Et imprimera ses pas sur le chemin (Version Louis Segond). »

Dieu est riche en bonté (cf. Exode 34 :6-7 ; Esaïe 54 :10 ; Lamentations 3 :22, Michée 7 :18). Ceux qui le craignent et qui veulent vraiment l’honorer doivent aussi faire preuve de bonté. C’est d’ailleurs sa volonté à l’égard de ses créatures et surtout des croyants (Michée 6 :8 ; 1 Corinthiens 13 :4 ;  Galates 5 :22, Colossiens 3 :12). Le Dieu qui aida Joseph à être bon envers ses frères qui l’ont pourtant vendu et qui donna à David la force morale de faire preuve de bonté envers le roi Saül (et sa famille) même quand celui-ci a tenté plusieurs fois de l’éliminer physiquement est « le même hier aujourd’hui et éternellement (Hébreux 13 :8).» Puisons en lui la force nécessaire pour manifester la bonté qui brise les chaînes de la méchanceté, car, ne l’oublions jamais, « on n’appelle pas un chien avec le fouet ».

Copyright © by Moussa Bongoyok, 2014.

A L’HEURE DU BILAN ET DE NOUVELLES RESOLUTIONS

Ngnyum mwu lwikwaen tà win yè wù danmi be’swu’ bwaeti. (Proverbe tikar)

« Quand les cheveux de ton voisin brûlent, commence à tremper ta calvitie.” (Proverbe tikar)

“When the hair of your neighbor burns, start to dip your baldness.” (Tikar proverb)

Signification : Un homme averti en vaut deux.

 (Proverbe recueilli par le Dr Emmanuel BECHE pour le compte de l’Université Francophone de Développement International)

 

Parallélisme biblique 

Les Tikar vivent principalement dans le centre-ouest du Cameroun. Ils sont célèbres pour leurs décorations. Mais, quoique cela soit moins connu, ils se distinguent également par la profondeur de leurs proverbes. Celui qui nous intéresse particulièrement en cette fin d’année est tiré de leur grenier culturel : « Quand les cheveux de ton voisin brûlent, commence à tremper ta calvitie.

 Ce proverbe est très commun en Afrique. En Janvier 2011, nous avons commenté l’adage dendi qui s’énonce de cette manière : « Si la barbe de ton voisin prend feu, arrose la car tu ne sais pas si la tienne va prendre feu. » Il se rapporte à un autre qui est tout aussi intéressant mais qui dirige l’attention vers soi-même:  » Si la barbe de ton voisin prend feu, mouille la tienne. » Les Tikar abondent dans le même sens, mais ils entrent beaucoup plus en profondeur en comparant les « cheveux » à la « calvitie ». En d’autres termes, même si l’on court un moindre risque que le voisin qui est touché de plein fouet par l’incendie, il est primordial de tirer des leçons de sa mésaventure et de prendre les dispositions qui s’imposent pour éviter de subir un sort similaire. En d’autres termes, on ne sait jamais la gravité du péril que peut causer le risque le plus insignifiant. Quelle sagesse ! Si seulement nous pouvions en tenir compte à cette heure du bilan de l’année qui touche à sa fin et de nouvelles résolutions pour le nouvel an qui se profile à l’horizon.

Malheureusement, à regarder de près ce qui se passe autour de nous, le monde s’engouffre lentement mais sûrement dans le chaos éthique du temps de Noé et s’achemine vers une destruction plus grave que celle de Sodome et Gomorrhe. Fort paradoxalement, cette chute lourde en conséquences  se fait au nom d’une pseudo liberté  et d’une tolérance mal assimilée qui ne se rend pas compte qu’elle sape elle-même les bases de ce qui semble être sa force en imposant les vues d’une minorité au reste de la planète  et en sapant au passage des valeurs morales et spirituelles qui ont fait la force des sociétés occidentales pendant de nombreux siècles.

Pourtant, la Bible regorge de mise-en garde en de termes on ne peut plus clairs. Par exemple, avant que le peuple  d’Israël ne fasse son entrée dans la terre promise, Dieu lui a donné l’avertissement suivant :“Lorsque vous serez entrés dans le pays que l’Eternel votre Dieu vous donne, n’allez pas imiter les pratiques abominables des peuples qui y habitent actuellement. Qu’on ne trouve chez vous personne qui immole son fils ou sa fille par le feu, personne qui pratique la divination, qui recherche les présages, consulte les augures ou s’adonne à la magie, personne qui jette des sorts, consulte les spirites et les devins ou interroge les morts. Car le Seigneur a en abomination ceux qui se livrent à de telles pratiques, et c’est parce que les peuples qui habitent le pays où vous allez entrer s’y adonnent que l’Eternel votre Dieu va les déposséder en votre faveur. Quant à vous, soyez irréprochables envers l’Eternel votre Dieu (Deutéronome 18:9-13, La Bible du Semeur). De nombreux autres passages bibliques dans le livre de Deutéronome et dans celui de Josué abondent dans le même sens (Cf. Deutéronome chapitres 4, 7, 8, 9, 11, 12, 15, 17,18, 19, 20, 26, 28, 29, 30, 31, 32 ; Josué chapitres 1 et 23 etc.). Malheureusement, Israël n’a pas su nager à contre courant. Il s’est plutôt embourbé dans la boue de l’idolâtrie et de ses corolaires avec toutes les conséquences qui en découlent. Il a été frappé par de nombreuses calamités. Il a bu à la coupe amère des déportations dont les effets néfastes sont encore perceptibles de nos jours. De nombreuses nations ont connu, connaissent et connaitront le même sort. Pourtant, notre génération s’en sortirait nettement mieux si elle tirait des leçons de l’histoire et s’appuyait sur l’Eternel.

 Au niveau individuel, nous tombons aussi dans les mêmes précipices que nos prochains qui ont pourtant enduré les conséquences amères de leurs écarts de conduite. Nous nous trompons en pensant que nous sommes plus malins que ceux et celles qui ont été pris au piège de leur méconduite. Einstein disait : La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.» En cette fin d’année, implorons le pardon du Seigneur pour nos actes de folie, prenons la ferme résolution de vivre selon la sagesse divine dont voici les caractéristiques : « …la sagesse qui vient d’en haut est en premier lieu pure ; de plus, elle aime la paix, elle est modérée et conciliante, pleine de bonté ; elle produit beaucoup de bons fruits, elle est sans parti pris et sans hypocrisie (Jacques 3 :17, La Bible du Semeur). Entrons dans la nouvelle année avec un ferme engagement de vivre dans la crainte respectueuse de Dieu (respect profond, révérence, adoration) qui, du reste, est le commencement de la sagesse (Proverbes 9 :10). Daigne le Seigneur accorder à chacun d’entre nous la sagesse de mouiller sa calvitie morale et spirituelle dès maintenant et jusqu’au terme du pèlerinage terrestre!

 © Copyright 2013 by Moussa Bongoyok.

NOEL: CADEAU DE DIEU OU CADEAU DES ETRES HUMAINS?

“Mo Allah hokki buri mo baaba hokki.” (Balndol fulbe)

« Celui ou celle qui reçoit un don de Dieu vaut mieux que celui ou celle qui reçoit un don de son père. » (Proverbe Fulbe)

« He/She to whom God gives excels the person to whom his/her father gives. » (Fulbe proverb)

Signification : Cherchez premièrement le don de Dieu car ce que donne l’être humain a ses limites. (Source: C.E.J. Whitting Hausa & Fulani Proverbs, 1935)

Parallélisme biblique

 En cette période de Noël, nous estimons que vous voudriez bien méditer sur un proverbe qui se rapporte, même indirectement, à cette fête dont l’éclat va au-delà des cercles chrétiens.  Celui que nous soumettons à votre appréciation vient de la riche et belle tradition peule. Les Fulbe disent : « Mo Allah hokki buri mo baaba hokki” (Celui ou celle qui reçoit un don de Dieu vaut mieux que celui ou celle qui reçoit un don de son père). Attardons-nous d’abord sur le sens de ce proverbe dans son contexte socioculturel.

Une simple lecture du dicton susmentionné fait apparaître qu’il  est récent dans la culture peule. En effet, si vocable « baaba » (qui désigne aussi bien le père biologique que le Roi/chef) relève du vocabulaire fulfulde préislamique, il n’en est pas de même pour le terme « Allah » qui date clairement de la période où les Fulbe étaient déjà exposés à l’islam. Cela dit, quelle est la moralité de cet adage? Comme le souligne si bien notre collègue Daniel Dama (un Pullo) dans une correspondance, « Ce proverbe compare la bénédiction humaine à la bénédiction divine, comme pour dire, cherchez premièrement l’onction du Tout-puissant, car ce que donne l’être humain a toujours des limites. Dans d’autres contextes, le proverbe peut signifier, ne compte pas sur l’héritage matériel que tu obtiendrais de tes parents, prie le Bon Dieu afin qu’il te donne ta part, car l’héritage de tes parents peut-être éphémère.»  Ainsi, les Fulbe nous invitent très sagement à fixer nos regards sur Dieu, la source de toute vraie bénédiction, au lieu de focaliser notre énergie sur les citernes crevassées de la générosité humaine.  Voilà qui nous plonge au cœur même de la nativité.

 En effet, l’histoire de la naissance du Seigneur Jésus-Christ peut se résumer en trois mots : don de Dieu. Le prophète Esaïe annonçait déjà, plusieurs siècles avant la venue du Messie: « Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix (Esaïe 9:5, La Bible du Semeur). Jean 3 :16 précise que ce don est motivé par l’amour parfait de Dieu et ce dans un but précis « … afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle. » Manifestement, la venue du Christ dans le monde s’inscrit dans la logique de l’économie du salut. Depuis Adam et Eve, tout être humain est pécheur (1 Rois 8 :46 ; Romains 3 :10-12). Or, Dieu est saint (Esaïe 6 :3 ; Jacques 1 :3 ; 1 Pierre 1 :16). Nul ne peut donc accéder à son paradis (où les bienheureux vivront éternellement dans un bonheur parfait) sans résoudre le problème du péché étant donné que le salaire du péché c’est la mort (Ezéchiel 18 :4, Romains 6 :23). Nos efforts personnels et nos bonnes œuvres n’arriveront jamais à purifier nos cœurs souillés (Esaïe 64 :6). La seule solution se trouve dans la foi en Jésus-Christ qui est mort et ressuscité pour satisfaire à la justice divine et sauver quiconque regrette sincèrement ses péchés, se détourne de sa mauvaise, et lui confie la direction totale de sa vie (Cf. Romains 10 :9 ; 1 Pierre 3 :18 ; 2 Corinthiens 5 :21 ; Romains 3 :26, Ephésiens 2 :10).

 Le paragraphe ci-dessus nous donne une idée de la profondeur de la venue du Messie dans ce monde ténébreux. Pourtant, quand nous regardons autour de nous, la mobilisation semble ne pas se faire autour du don divin pour le salut de l’humanité mais plutôt autour de ses emballages. Pour être plus précis, les gens se bousculent pour les achats, les soirées dansantes, les kermesses, les plats plantureux, les décorations, les réunions familiales, les jeux de lumière, le mythique Père Noël et sa bande, les plaisirs éphémères et les fameux cadeaux de la part des parents, des collègues, ou des amis. Mais, quelle place occupe réellement celui qui est à la base de cette immense mobilisation des petits et des grands, des riches et des moins nantis, des chrétiens et des non chrétiens ? Nous n’avons rien contre les festivités et les cadeaux de Noël. Il convient cependant de s’interroger à haute voix : quel sens ont-ils si nous négligeons le plus grand cadeau que l’humanité ait jamais connu ?  

Nous osons croire que, conformément à la logique de notre proverbe, vous avez su donner au don parfait de Dieu la place qui lui revient dans votre vie. Dans ce cas, réjouissez-vous dans la crainte respectueuse de Dieu et partagez cette joie avec ceux qui n’ont pas encore entendu la Bonne Nouvelle du salut gratuit pour quiconque regrette sa vie pécheresse, s’en détourne, et croit en Jésus-Christ. Par contre, si vous ne n’avez pas encore pris cette décision importante, nous vous invitons à faire de ce Noël une fête spéciale en donnant la priorité au cadeau divin. Nous vous proposons d’adresser à Dieu, en ce moment même, cette prière d’acceptation de son don parfait: «  O Seigneur, toi le seul vrai Dieu, Créateur de l’univers et de tout ce qu’il renferme, je viens à toi tel(le) que je suis. Je regrette sincèrement d’avoir péché contre toi et contre mes prochains. Daigne me pardonner. A partir d’aujourd’hui j’accepte le Seigneur Jésus comme celui qui est venu pour me sauver de la perdition et me donner la vie éternelle. Veuille inscrire mon nom dans le livre de vie et m’accorder la grâce et la force de vivre d’une manière qui t’honore et te glorifie jusqu’au terme de mon voyage ici bas. Et à l’heure où je quitterai cette terre, que je sois accueilli parmi les bons et fidèles serviteurs qui entreront dans la joie éternelle. Au nom de Jésus le Messie je te prie. Amen. »

Si vous avez pris cet engagement, nous nous réjouissons avec vous. Veuillez nous le faire connaître et nous serons heureux de mettre à votre disposition des ressources spirituelles qui vous aideront dans votre nouvelle marche avec le Seigneur. Voici notre adresse électronique : remeaf[at]gmail.com (veuillez remplacer [at] par @). Joyeux Noel à tous sous le regard bienveillant du Dieu Créateur!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

NE COMMETTEZ PAS DEUX FOIS LA MEME FAUTE

“Ting elé biyon bi fey afan ndzang.” (Proverbe ewondo)

“Si tu te retrouves deux fois sous le même tronc d’arbre en forêt, tu es égaré.” (proverb ewondo)

“As you go through the forest, if you find yourself under the same tree twice, you are lost” (Ewondo Proverb)

Signification: Celui qui commet deux fois la même faute, manque de sagesse.

(Proverbe recueilli par le Dr Emmanuel BECHE pour le compte de l’Université Francophone de Développement International)

 

 Parallélisme biblique

 Les Ewondo vivent dans un cadre naturel particulièrement béni. La générosité de la pluviométrie, la douceur du climat, la densité et la beauté édénique de la végétation, sont de nature à faire rêver au moins la moitié des habitants de notre planète. Chaque Ewondo doit normalement se lever chaque matin avec un chant de louange dans le cœur à la gloire du Créateur. Mais, toute médaille a son revers. La forêt, quoique fascinante, peut aussi dévorer comme un ogre celui ou celle qui s’y aventure sans en maîtriser les rouages. Il est facile de s’y perdre. Voilà qui donne tout son sens à notre proverbe : “Si tu te retrouves deux fois sous le même tronc d’arbre en forêt, tu es égaré.”

 Cette parole de sagesse semble être effrontément simpliste, mais en réalité elle est très profonde. Au-delà de la forêt avec ses gros arbres et ses sentiers quasi inexistants, elle nous parle de la vie avec ses multiples défis. La densité de notre existence et la complexité de la nature humaine nous plongent facilement dans l’univers des défaillances et des fautes. Commettre une erreur, même pour la première fois, est souvent lourde de conséquences; mais cela peut facilement se comprendre. Commettre la même erreur une seconde fois, c’est vraiment faire preuve d’un manque flagrant de sagesse. Cela nous rappelle une expression latine:« L’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique » (Errare humanum est, perseverare diabolicum). En somme, les Ewondo nous invitent à prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour, autant que faire se peut, ne pas commettre deux fois la même faute.

 C’est justement ce que la Bible semble communiquer à travers le récit de la femme prise en flagrant délit d’adultère en Jean 8 :1-11. Elle n’a pas été lapidée comme le souhaitaient ses accusateurs. Toutefois, le Seigneur ne s’est pas contenté de lui pardonner ; il a tout de suite ajouté « Va, et ne pèche plus ». En effet, il aurait été insensé pour cette femme de continuer à vivre dans l’adultère après avoir échappé de justesse à une mort aussi honteuse que douloureuse.  Ce serait, pour emprunter une expression biblique, comme «  un chien qui retourne à ce qu’il a vomi » (Proverbes 26 :11 2 Pierre 2 :22). Dieu est prêt à nous pardonner nos péchés si nous venons à lui avec un cœur repentant (1 Jean 1 :8-9). Mais il veut que désormais nous marchions en nouveauté de vie, sur la voie de la sanctification (Colossiens 3 :1-25). Et si nous manquons de force ou de sagesse, il est prêt à voler à notre secours par la puissance de son Saint-Esprit. C’est ainsi que Paul pouvait dire en Philippiens 4 :13, « je peux tout, grâce à celui qui me fortifie » (La Bible du Semeur).

Dans la vie courante comme dans notre relation avec Dieu, apprenons à tirer des leçons de nos fautes. Réfléchissons sur les causes profondes de chaque faute commise. Demandons pardon à Dieu et aux prochains  offensés. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne plus retomber dans la même erreur tout en demandant constamment au Seigneur de bien vouloir nous accorder la force, la sagesse et la discipline nécessaires.

 

© Copyright 2013 by Moussa Bongoyok.

Discours Moussa Bongoyok President UFDI 21Juillet 2012

UN TEMPS POUR RECOLTER

“Ngwar a gi kəda azbai.” (N’gèlègèdma mafahai)

 

« La saison sèche n’est pas égoïste. » (Proverbe Mafa)

 

« Dry season is not stingy. » (Mafa proverb)

 

Signification: Celui ou celle qui travaille bien pendant la saison pluvieuse peut espérer une bonne récolte en saison sèche.

 

Parallélisme biblique

 

Nous avons voulu profiter de notre séjour au Cameroun pendant cet été pour élargir notre recueil de proverbes du terroir. L’aventure n’était pas très fructueuse mais nous avons appris une excellente leçon : les proverbes se recueillent mieux en écoutant les gens parler dans leur langue. Aussi avons-nous beaucoup appris en écoutant les gens.

Un jour, nous étions en train de dialoguer avec un jeune professeur de lycée au sujet de son désir de poursuivre ses études doctorales à distance au sein de l’Université Francophone de Développement International et de son espoir de financer ses études avec le fruit de la vente de ses produits agricoles.  En parlant, il cita ce proverbe mafa : « La saison sèche n’est pas égoïste. » Il voulait traduire par là la confiance que Dieu bénira ses efforts et lui donnera de jouir des fruits de son dur labeur. 

En l’écoutant, les paroles de 1 Corinthiens 15 :58 me sont venues à l’esprit: « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est jamais inutile.” (La Bible du Semeur). En effet Dieu n’est pas injuste pour oublier ce que nous faisons pour l’amour du prochain, l’avancement de son règne et la gloire son saint nom. Voilà pourquoi il est écrit dans Apocalypse 14:13: “Puis j’entendis une voix venant du ciel me dire: – Ecris: Heureux, dès à présent, ceux qui meurent unis au Seigneur. Oui, dit l’Esprit, car ils se reposent de toute la peine qu’ils ont prise, et ils seront récompensés pour leurs œuvres.” (La Bible du Semeur).

 

A la lumière de ces deux textes bibliques, le proverbe mafa m’a tout de suite fait penser à deux applications spirituelles :

1)  Nous devons travailler durement pendant notre pèlerinage terrestre. C’est notre saison pluvieuse. Nous n’avons qu’une seule vie sur cette terre et après la mort vient la saison sèche qui correspond à l’heure de la reddition des comptes, de la vraie moisson.

2)  Ceux et celles qui travaillent bien, et bâtissent leurs œuvres sur le solide fondement de la foi en Jésus-Christ, ne maqueront pas leurs récompenses. Cela devrait être suffisant pour nous encourager à persévérer dans l’œuvre du Seigneur même quand nous nous butons aux incompréhensions, à l’adversité,  au découragement, à l’ingratitude et même parfois à l’opposition de nos prochains, voire de nos plus proches collaborateurs.

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse et la force de semer abondamment et de travailler dans son champ avec diligence car une très belle moisson est en vue dans un contexte de joie éternelle!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

LE PERE COMME UNE OMBRE SOUS UN SOLEIL BRULANT

“Ko man bab ngaya n’hala’a ba , ka nzi a mèzhèba’a genè.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Même quand ton père est vieux, tu peux quand même rester sous son ombre.” (Proverbe mafa)

“Even if your father is old, you can stay under his shadow.” (Mafa proverb)

Signification: Même à un âge avancé, un père joue un grand rôle dans la vie de ses enfants.

Parallélisme biblique

Ce proverbe mafa est riche en images fort significatives. Retenons-en trois. D’abord, le vocable « père » symbolise l’amour, l’autorité, la protection, l’ordre, la réconciliation, l’unité au sein de la famille pour ne citer que cela.  C’est avec cette image en vue qu’une femme Mafa appelle son mari « bab gi ga » (le père de ma maison). De même, le propriétaire d’un champ est appelé « bab gi dau » (le père du champ). L’autorité du père est célébrée mais elle n’a pas pour fonction d’écraser les autres membres de la famille. Elle se met plutôt au service des autres. C’est ainsi que dans la tradition mafa, par exemple, quand les filles mariées ont des problèmes conjugaux, elles se tournent volontiers vers leur père qui a alors la responsabilité de faire de son mieux pour que l’harmonie conjugale soit restaurée.

Ensuite, ce proverbe fait allusion au concept de la vieillesse. Comme dans toutes les cultures, la vieillesse vient avec ses faiblesses physiques et ses limitations. Mais, contrairement aux pratiques occidentales, en contexte mafa, les personnes âgées ne sont pas isolées dans des maisons de retraite ou des maisons de repos. Elles restent au sein de la famille et participent activement, autant que faire se peut, à la vie familiale et sociale. Elles sont respectées pour leur âge, synonyme d’honneur, d’expérience et de sagesse  supposée ou réelle. On comprend alors pourquoi, même vieux, les pères et grands pères ont du poids aux yeux du Mafa.

Enfin, la sagesse Mafa utilise l’image de l’ombre pour décrire le père. Ici, il convient de s’attarder un peu sur la rigueur du climat sahélien qui constitue leur cadre naturel de vie  pour mieux en cerner la profondeur. En effet, le climat sahélien est généralement sec du fait que la saison pluvieuse se limite à trois ou quatre mois. La végétation étant dans la désolation la plus totale pendant la longue saison sèche, surtout dans la période allant de Mars à Mai qui coïncide au « begdza » (période de grande chaleur), la chaleur est si brûlante dans la journée que la moindre ombre est accueillie avec une joie immense. Le vieux père est alors comparé à cette  ombre providentielle du fait qu’il procure un  grand soulagement psychologique, moral et social sous le soleil non moins brûlant des épreuves de la vie. Même à un âge avancé, il peut consoler, donner des directives, prodiguer des conseils, et être un agent efficace de réconciliation dans une tradition qui accorde une place de choix au respect des aînés.

Il est intéressant de constater que la Bible recommande d’honorer la personne du vieillard (Lev. 19 :32). Elle déclare également que ceux d’entre eux qui sont justes portent du fruit même dans leur vieillesse (Psaume 92 :14). Même quand ils sont vieux, ils peuvent encore manifester les qualités du père du fils prodigue de la parabole (Luc 15) qui était travailleur, attentif, humble, généreux, prêt à pardonner un fils cadet rebelle, prompt à apaiser un fils aîné jaloux dans un esprit de réconciliation, le tout dans un esprit d’amour sincère. Quelle joie de savoir que, même si nos pères biologiques n’ont pas toujours ces qualités, notre Père céleste est infiniment plus grand, plus bon et soucieux de notre bien être physique, moral, social, matériel, et spirituel.  Par-dessus tout, il nous aime d’un amour parfait. Reposons-nous donc joyeusement et paisiblement sous son ombre tous les jours de notre vie.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012.

SAISIR LES BONNES OCCASIONS

« Elele məcerega na a ndavay ɗaf bay. »  (proverbe moloko)

“Une bonne sauce ne suffit jamais pour terminer une boule de mil qui

l’accompagne.” (proverbe moloko) [litteralement: “ Sauce bonne là elle finit boule de mil pas.”]

“A delicious sauce is never enough to finish the bowl of millet
that goes with it.” (Moloko proverb)

Moralité: “Une bonne chose ne dure pas et que dès que l’occasion de la saisir se

présente, il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard.”

Source: Ndokobai Dadak, linguiste, Extrême Nord Cameroun.

Parallélisme biblique

 

Nous remercions le frère Ndokobai Dadak qui a bien voulu nous faire parvenir ce proverbe tout en prenant le soin de le faire accompagner des précieux détails suivants: “Ce proverbe est une sagesse Moloko (le moloko est une langue tchadique de groupe Mafa parlée à Lalaway sur la route de Mora à 30km de Maroua juste après Godola). Cette sagesse signifie que quand il y a une bonne chose tout le monde voudrait l’avoir et finalement cette chose ne peut pas suffire pour tout le monde. Vous savez que dans nos montagnes lorsque la marmite de la viande est au feu, c’est toute la maisonnée qui est en fête. Ainsi dès que le père de famille sert le bouillon de viande qui doit accompagner les différentes boules servies par la maman de la maison, c’est tout le monde qui se rue sur la sauce de viande au point où après quelques instants, c’est la boule de mil qui reste dans le gandaf. Cette sagesse veut dire que lorsqu’il y a une belle chose, il faut se presser pour la prendre, l’entretenir, de peur que les autres ne s’en accaparent ou ne la terminent et qu’on vient à en éprouver le manque. Une bonne sauce dans le gandaf, est convoitée par tout le monde et chacun voudrait y envelopper sa boule ; alors quelle que soit la quantité, elle va finir avant la boule de mil qui l’accompagne.”

Les Moloko ont raison : les belles occasions sont extrêmement versatiles. Il est donc très important de les discerner et d’en profiter avant qu’elles ne s’échappent pour l’éternité. Le proverbe sur lequel nous nous penchons est riche en leçons. Retenons-en trois :

La première leçon que nous pouvons en tirer se rapporte à notre salut. Noé a prêché qu’un déluge s’abattrait sur notre planète mais ses contemporains n’ont fait aucun cas de ses prédications. Pourtant le déluge survint et il était trop tard pour eux. (Genèse chapitres 6-9 ; 2 Pierre 2 :5). Dans le même ordre d’idées, la Bible donne l’avertissement suivant à notre génération : “Le jour où le Fils de l’homme reviendra, les choses se passeront comme au temps de Noé: les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Alors vint le déluge qui les fit tous périr. C’est encore ce qui est arrivé du temps de Loth: les gens mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient. Mais le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme apparaîtra.” (Luc 17:26-30, La Bible du Semeur). Aujourd’hui nous vivons le temps de grâce où le salut est à la portée de quiconque croit. Il vaut mieux saisir la main du Seigneur et lui confier la direction totale de sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui nous sommes encore vivants. Mettons notre vie en règle devant Dieu avant que la mort ne vienne car « le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu.” (Hébreux 9:27, La Bible du Semeur). 

Une autre leçon se rapporte à la gestion du temps. Comme le dit si bien l’Ecclésiaste (3:1-8), “il y a un temps pour toute chose.” Le paysan qui néglige le temps des semailles ne pourra jamais se rattraper au moment de la moisson. Quand ce fut le moment de traverser la mer rouge (Exode 14), nul ne pouvait prendre le risque de se donner une semaine de congé. Il fallait agir le plus vite que possible. Quand Pierre était en prison, les autres chrétiens n’ont pas attendu qu’il soit exécuté avant de prier. Ils ont organisé une nuit de prière avant l’heure fatidique (Actes 12) et il a plu au Seigneur de le délivrer.  

La troisième leçon a trait aux opportunités qui se présentent sur le chemin de la vie. Quand Dieu donna à Salomon l’occasion de lui demander ce qu’il voudrait, ce dernier n’a pas hésité à demander à l’Eternel la sagesse et il l’obtint (1 Rois 3). Quand les quatre lépreux ont découvert de la nourriture et des richesses en abondance, ils n’ont pas manqué l’occasion de se nourrir mais aussi d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compatriotes qui mourraient de faim (2 Rois 7). Quand le Seigneur Jésus passait non loin du lieu où il se trouvait, Bartimée brava la foule et cria de toutes ses forces. Et quand le Seigneur lui demanda ce qu’il voulait, il demanda sagement ce que le Seigneur seul pouvait lui accorder, notamment la vue (Marc 10 :46-53). L’exemple de cet aveugle guéri par le Seigneur mérite d’être suivi.

Fort de ce qui précède, nous ne devons jamais baisser les bras dans la vie.  Il est vrai que “La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné” Comme le disait si bien   le maréchal français Duc de Lévis (1720-1785). Mais, faudrait-il se contenter des miettes  quand on a tout le trésor à portée de  la main? Très souvent, nous laissons passer de précieuses occasions. Ne tombons plus dans ce piège. Daigne le Seigneur nous ouvrir les yeux pour saisir les opportunités qu’il nous présente ! Daigne sa divine sagesse nous accorder la grâce d’en faire un bon usage pour la gloire de son saint nom et le bien-être de nos prochains !

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

NON AU MENSONGE

“Ta kǝda ndo ncèkelma di a gèd a midè.” (N’gèlègèdma mafahai)

“On tue le menteur avant le sorcier.” (Proverbe mafa)

« People kill the liar before the sorcerer. » (Mafa proverb)

Signification: Le mensonge peut avoir des conséquences plus désastreuses qu’on ne le pense.

Parallélisme biblique

Dans la culture Mafa, les membres de la société sont classés en deux groupes : les non sorciers et les sorciers. Celui ou celle qui n’est pas sorcier/sorcière (mblèzh) n’a aucun pouvoir surnaturel tandis que le sorcier ou la sorcière  (midè) en a et se sert souvent de forces occultes pour faire du mal aux autres. Quoique cela ne soit pas toujours justifié et que tous ceux qu’on traite de sorciers ne le soient pas nécessairement, on les accuse souvent d’être à l’origine des échecs, des maladies, des épidémies, des catastrophes naturelles, des décès et de bien d’autres maux dans la société. On comprend pourquoi les sorciers sont redoutés et haïs. Ils sont manifestement sous l’influence de Satan et des puissances ténébreuses.

Mais, curieusement, notre proverbe affirme qu’on tue le menteur avant le sorcier. A priori, on pourrait rapidement expliquer cela par le fait qu’il est plus facile de vérifier un mensonge qu’une accusation de sorcellerie. C’est vrai, mais le proverbe a un sens plus profond. Les Mafa veulent dire que, quoique la sorcellerie soit dangereuse, le mensonge l’est davantage. Il convient donc d’éviter de mentir.

Le mensonge se glisse facilement dans nos conversations. Parfois il parait aussi négligeable et inoffensif qu’un bébé panthère. Seulement, il peut rapidement grandir et devenir un monstre indomptable causant des ravages indescriptibles. Jouer avec le mensonge, c’est donc jouer avec le feu. On comprend alors pourquoi la Bible condamne le mensonge en de nombreux endroits. L’un des dix commandements stipule : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. » (Exode 20 :16, La Bible du Semeur). Le Seigneur a en abomination le mensonge (Psaume 5 :7). Le texte de Proverbes 12 :22 abonde dans le même sens en précisant que «Les lèvres menteuses sont en horreur à l’Eternel, mais ceux qui sont véridiques lui font plaisir. » (La Bible du Semeur). Dieu est lumière et vérité. Le mensonge est donc contraire à sa nature. C’est plutôt Satan qui est le Père du mensonge (Jean 8 :44). Il est alors facile de comprendre pourquoi ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ne seront pas dans son royaume : « Mais dehors les hommes ignobles, ceux qui pratiquent la magie, les débauchés, les meurtriers, ceux qui adorent des idoles et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge. » (Apocalypse 22 :15, La Bible du Semeur). Ne soyons donc pas du nombre de ceux qui qui prennent plaisir à mentir. Au contraire, écoutons la voix du Seigneur qui déclare : « C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain. Ne sommes-nous pas membres les uns des autres? » (Ephésiens 4 :25, La Bible du Semeur). Nous retrouvons un message semblable dans la première épitre de Paul aux Colossiens où nous lisons : « Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtes dépouillés de l’homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau. Celui-ci se renouvelle pour être l’image de son Créateur afin de parvenir à la pleine connaissance. » (Colossiens 3 :9-10, La Bible du Semeur). Nous avons tous failli d’une manière ou d’une autre. Que faire ? La Bible nous propose deux voies : repentance et renonciation.

La repentance s’impose d’abord. Il ne sert à rien de justifier un mensonge, car cela équivaudrait à s’enfoncer davantage dans la boue du péché. Il vaut mieux reconnaître humblement son péché et implorer le pardon des personnes offensées aussi bien que celui du Seigneur. En effet, « Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis. » (1 Jean 1 :8, La Bible du Semeur). Toutefois, ne perdons pas de vue qu’une confession sincère est suivie de réparation. Le cas de Zachée est éloquent (Luc 19 :1-10) et peut nous servir de source d’inspiration. Une confession. Dans certain cas, une simple confession peut être satisfaisante. Dans d’autres, une réparation en  bonne et due  forme s’impose pour restituer l’honneur des personnes faussement accusées et redresser ce qui peut l’être. Cela nécessite beaucoup d’humilité, de courage et de sagesse mais le résultat est souvent très honorable. Pour certains cas délicats, le conseil d’un serviteur de Dieu – qui craint Dieu et sait agir dans la discrétion – est vivement recommandé.

Ensuite vient la renonciation. Quand Jésus a pardonné à la femme surprise en flagrant délit d’adultère, il lui a dit : « Va, mais désormais, ne pèche plus» (Jean 8 :11). Le même conseil est valable après la confession du mensonge et l’obtention du pardon de Dieu et des personnes offensées. Concrètement, cela peut aller jusqu’à de profond changements dans le choix de ses amis intimes, des lieux qu’on fréquente, des causeries auxquelles l’on participe, etc. Il convient de fuir les personnes ou les situations qui poussent souvent à mentir et de passer plutôt  le gros de  temps avec des amis qui aiment Dieu et qui se livrent à des causeries saines.

Choisir de vivre dans la crainte de Dieu et de pratiquer la vérité (en public comme en privé) n’est pas forcément la décision la plus populaire dans un monde qui aime de moins en moins la vérité, mais c’est la voie de la sagesse.  Le mensonge détruit tout sur son passage. Des individus, des familles, des églises locales, des communautés, voire des pays entiers ont été ruinés par le mensonge. Ne continuons pas à alimenter son feu destructeur en y jetant plus de bois de paroles mensongères. Renonçons à la vie de mensonge et marchons dans la vérité. Cela nous guérira, et fera du bien à nos familles, à nos églises, et à nos pays. Par-dessus-tout, la vérité honore notre Dieu. Daigne le Seigneur nous accorder la grâce et le courage de  renoncer au mensonge sous toutes ses formes et le pourvoir de nous engager résolument sur la voie de la vérité selon la sagesse qu’il lui plaira de nous accorder tant au plan religieux, politique, économique, et  social! Amen.

© Copyright, Mousa Bongyok, 2011.

%d blogueurs aiment cette page :