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L’ADAPTABILITE: UNE QUALITE IMPORTANTE

“Kulg san golm, bi yimbg toun n’golm”  (Proverbe mossi)

“Si le cours d’eau change d’itinéraire, le caïman est obligé de le suivre.” [littéralement, « Si la rivière devient tortueuse, que le caïman lui aussi suivra la même « tortuosité »] (Proverbe mossi)

“If the river changes its route, the caiman is obliged to follow.” (Mossi proverb)

Signification: L’être humain doit bien souvent s’adapter à des situations, même contre son gré.

Source: http://www.fedaba.com/les_proverbes.html

Parallélisme biblique

Ce proverbe mossi part d’une simple observation : quoique redoutable, le caïman a besoin du cours d’eau pour sa survie. On comprend alors pourquoi le caïman est obligé de s’adapter à l’itinéraire de la rivière ou du fleuve. Relevons tout de même que ce proverbe peut être perçu sous un angle tout à fait différent.  A propos, notre soeur Catherine Tiendrébéogo a attiré notre attention sur le fait que ce proverbe aie été « amplifié par le Larlé-Naaba Ambga qui invitait ses concitoyens  à accepter les mutations sociales apportées par la confrontation de notre société traditionnelle au monde occidental. Le mot ‘tortueux’ employé signifie un écart par rapport à la ‘droiture’-norme. Ainsi, il y a derrière ce proverbe un esprit d’opportunisme mais surtout incliné vers le défaitisme et l’afropessimisme.« 

Tout en tenant compte de cette lecture, nous voulons ajouter que l’image familière du caïman qui s’adapte à son contexte renvoie aussi à une réalité humaine plus profonde : l’adaptabilité est une qualité importante pour la survie de l’être humain.

Bien entendu, dans un cadre chrétien, il s’agit nullement de copier les mauvaises habitudes des gens de ce monde où nous sommes plutôt appelés à marquer la différence pour la gloire du Seigneur. N’est-il pas écrit : « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait” (Romains 12 :1-2, La Bible du Semeur)? De nombreux textes bibliques abondent dans le même sens: Jérémie 10:2; 1 Pierre 2 :1-25, 1 Jean 2:15-17 etc.

Toutefois, en dehors des situations qui nous poussent à pécher, il est bon d’être flexible.  Par exemple, quand les premiers chrétiens étaient persécutés,  ils n’ont pas cessé d’annoncer la Bonne Nouvelle à cause des circonstances adverses. Au contraire, la Bible déclare que « Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de la Bonne Nouvelle.» (Actes 8:4, la Bible du Semeur).  Quand Saul – l’un des redoutables persécuteurs d’Actes 8 – est devenu apôtre du Seigneur, il a fait face à l’adversité. Il a connu de nombreuses souffrances (Cf. 2 Cor 11:16-33). Mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa course avec succès au point d’écrire au soir de sa vie: “J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Le prix de la victoire, c’est-à-dire une justice éternelle, est déjà préparé pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me le remettra au jour du jugement, et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue. » (2 Timothée 4:7-8, la Bible du Semeur).

Il a su faire confiance au Seigneur, et continuer sa course en comptant sur le divin soutien. Il n’a pas attendu que les situations s’améliorent avant de poursuivre son ministère.  Mais si Paul est connu comme un serviteur de Dieu rigoureux et intransigeant sur les éléments clés de la doctrine biblique, il a aussi fait preuve d’une adaptabilité remarquable dans  d’autres domaines.  Il a su s’adapter aux divers contextes de son ministère et vivre comme les Juifs en contexte juif et comme des Grecs en contexte grec etc. (Voir 1 Cor. 9:20-23). C’est aussi ce que nous devons faire.

Le cours d’eau de la vie chrétienne et du ministère ne nous conduira pas toujours dans la direction que nous préférons mais ce n’est pas cela qui importe. L’important est d’être dans le plan de Dieu et d’agir conformément à sa volonté. Notre Seigneur se chargera du reste car, pour emprunter les termes de Noël Colombier, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ».

(c) copyright by Moussa Bongoyok, 2012.

LA FORCE DE L’UNITE

« Mita be tsy lanin’ny mamba. » (Ohabolana Malagasy)

« Quand on est nombreux pour traverser la rivière, on n’est pas dévoré par les caïmans. » (Proverbe malgache)

« When a large group of people cross the river together, they are not eaten by caymans. » (Malagasy proverb).

Source: http://soanierana.over-blog.com/pages/PROVERBES_MALGACHES-318742.html

Signification : L’unité constitue une  force.

Parallélisme biblique

Les caïmans, les crocodiles et les alligators sont des reptiles aquatiques redoutables. Certaines espèces atteignent parfois six à sept mètres de long et peuvent facilement tuer des animaux  et même des êtres humains. Nombreux sont ceux qui ont été victimes de leurs puissantes mâchoires au moment de la traversée des rivières ou des fleuves.  Même en ce vingt-unième siècle, le danger n’est pas écarté. Au contraire, le nombre de personnes tuées par les reptiles crocodiliens semble plutôt avoir augmenté ces dernières années.

Face à ce phénomène inquiétant, la sagesse malgache propose une solution efficace : l’unité. Seul, on est à la merci du danger, mais ensemble on peut facilement braver l’ennemi le plus redoutable. On le voit bien, le proverbe malgache susmentionné utilise l’image du caïman pour désigner toute sorte d’obstacles, de dangers et de défis susceptibles d’entraver notre marche, nos progrès, ou notre bien-être. Là où les forces et les talents individuels sont limités, l’unité offre des solutions formidables.

L’unité est merveilleuse. C’est aussi ce que la Bible enseigne. Le texte d’Ecclésiaste 4 :12 affirme en clairement qu’ « Un homme seul est facilement maîtrisé par un adversaire, mais à deux ils pourront tenir tête à celui-ci. Et une corde à triple brin n’est pas vite rompue. » (La Bible du Semeur). L’unité constitue donc une force face à l’adversité. Mais tout ne s’arrête pas là. En lisant le Psaume 133, l’unité est décrite sous un angle beaucoup plus riche et profonde. Elle est présentée comme une source de bonheur et de bénédictions. Laissons la parole au psalmiste : « Oh! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur
que d’être ensemble! C’est comme l’huile parfumée répandue sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, et coule jusqu’au bord de ses habits. C’est comme la rosée qui descend de l’Hermon
sur le mont de Sion. C’est là que l’Eternel accorde sa bénédiction et la vie pour toujours. » (Psaume 133 : 1-3, La Bible du Semeur). Voilà un texte qui devait amener tous ceux qui se veulent enfants de Dieu, frères et sœurs dans la foi, à poursuivre l’unité au lieu de se livrer au jeu dangereux de la division sous ses diverses formes.

Le Christ lui-même a prié pour l’unité des croyants (Cf. Jean 17). La nécessité de maintenir l’unité au sein de la communauté des disciples du Christ est soulignée avec force dans les épitres (1 Corinthiens 1 :10-17 ; Ephésiens 4 :1-13 ; Philippiens 2 :1-3 ; Colossiens 3 :14 etc.). L’unité dont parle la Bible n’est pas une uniformité.  Elle n’exclut pas la diversité. D’ailleurs, la Bible utilise l’image du corps et de ses divers membres pour en parler (1 Corinthiens 12 :12-26). Nos dons, nos talents, nos responsabilités au sein du corps, diffèrent ; mais nous avons besoin les uns des autres. Un membre du corps humain, si important soit-il, est voué à la mort s’il se détache du corps. Il a besoin des autres membres pour sa survie et pour son bon fonctionnement. Il est de même pour l’Eglise, corps de Christ. Nous avons besoin les uns des autres. Il est dangereux de faire cavalier seul dans la vie chrétienne, de se couper des autres frères et sœurs en Christ, et de vivre sa vie en véritable Robinson Crusoé spirituel. Certains individus essaient même de justifier leur détachement de l’assemblée et calment leurs consciences en écoutant des messages à la radio, à la télévision ou sur l’internet. Ce n’est pas le plan de Dieu pour ses enfants (Matthieu 18 :20 ; Romains 15 :1-13 ; Hébreux 10 :25). Nous somme appelés à être interdépendants. Unissons-nous et nous réussirons mieux.

L’unité chrétienne présente une belle image aux yeux des non-chrétiens et nous permet de mieux glorifier le Seigneur par nos actions communes. Elle nous permet aussi de mieux résister face aux assauts extérieurs, surtout en ces temps de la fin où l’Ennemi redouble d’ardeur  dans les attaques contre les vrais croyants. Ceci n’est pas le moment de céder à l’égocentrisme, à l’orgueil, aux querelles intestines,  et aux multiples divisions.  Donnons-nous la main. Prions les uns pour les autres. Encourageons-nous mutuellement. Plaçons les intérêts du royaume de Dieu au-dessus de nos propres intérêts, de ceux de nos églises locales, de nos régions, de nos dénominations ou de nos traditions. Tous les calculs égoïstes passeront un jour. Unissions-nous plutôt autour du Seigneur et œuvrons ensemble pour l’avancement de son règne. En poursuivant l’unité dans l’amour, la vérité et l’humilité, nous glorifierons le Seigneur et vaincrons les nombreux caïmans spirituels qui sont dissimulés dans les rivières de notre pèlerinage terrestre.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

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