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LA BOUCHE EST UNE CLE

“Mmu nε nnyu apu nεm mbi.” (proverbe Kεnyaŋ)

 Celui/celle qui a une bouche ne se perd pas. (proverbe Kεnyaŋ)

A person with a mouth does not miss his/way. (Kεnyaŋ proverb, South West Cameroon)

Signification: Qui cherche trouve.

 

Parallélisme biblique

Les visiteurs qui vont en Afrique pour la première fois se demandent certainement comment les autochtones font pour s’orienter dans des localités où les rues ne sont ni identifiées ni numérotées. C’est pourtant si simple répondent les Kεnyaŋ: celui ou celle qui a une bouche ne se perd pas car elle saura faire connaitre son besoin et être orientée vers la bonne direction.

La parole est une clé. Mais pour l’utiliser efficacement, dans ce contexte, il faut faire preuve d’humilité et de discernement. L’humilité est nécessaire car il ne sert à rien de faire semblant de savoir où l’on va pour finir par s’égarer avec tout le risque que cela comporte. Mais le discernement est aussi utile car il faut savoir qui interroger et de quelle manière le faire. Du coup, le proverbe nous plonge dans un univers qui transcende la simple demande de renseignements.

La vie est un long voyage en terre inconnue dont les rues et les régions sont mystérieuses. Pour aller dans la bonne direction, il faut savoir s’adresser au Dieu Créateur. Lui seul en détient tous les secrets. Heureusement, il n’est pas seulement le mieux placé pour répondre à nos questions mais il est aussi et surtout toujours disposé à voler à notre secours quand nous lui en exprimons le besoin avec un cœur sincère. N’est-il pas écrit en Matthieu 7 :7-11 (la Bible du Semeur) : « Demandez, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit; celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Qui de vous donnera un caillou à son fils quand celui-ci lui demande du pain? Ou bien, s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. »

 Cette promesse devrait nous encourager à sortir de notre état de perdition, de doute, de tergiversation afin de nous engager résolument sur la voie de bénédiction, de la foi et de la certitude. Les directives humaines nous enfoncent souvent dans la confusion. Ayons la sagesse d’aller à la source. Dieu peut et veut nous guider si nous nous approchons de lui avec un cœur sincère. La balle est donc dans notre camp. Qu’allons-nous en faire ?

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015.

LA JEUNESSE A AUSSI UNE BOUCHE

« Gòwró kä ngon ì kä kùmänèé. » (Proverbe Sara)
« La petite courge est avec ses pépins. » (Proverbe Sara)

« The little pumpkin is with seeds. » (Sara Proverb)

Signification: “Le petit a aussi des idées à partager ou des conseils à prodiguer. Dans le cas d’une réunion, les jeunes ont leur mot à dire.”

Source: http://www.tchad.org/recherche/proverbes/sara.html (1-29-2012

 

 

Parallélisme biblique:

 

L’un des points communs des peuples africains est le respect des ainés. Généralement, les jeunes ont des oreilles mais ils n’ont pas de bouche. Ils n’ont pas droit à la parole en présence des plus âgés. Leurs avis ne pèse pas du tout dans la balance des décisions familiales ou communautaires. Aussi est-il surprenant d’entendre le peuple  Sara dire : « La petite courge est avec ses pépins”, pour traduire l’idée selon laquelle les petits peuvent aussi prodiguer de bons conseils ou avoir des positions qui méritent d’être prises en compte. Et pourtant, les Sara ont raison.

La Bible regorge d’exemples de jeunes qui ont marqué positivement leurs familles, leurs villes ou villages, leurs nations. C’est dans sa jeunesse que Joseph s’est distingué des autres tant en famille qu’à l’étranger. Grâce à ses conseils de nombreuses populations ont pu survire dans un contexte où la famine était particulièrement sévère (Voir Genèse 37-50).

David n’était qu’un jeune sans expérience militaire, mais il a relevé avec succès le grand défi que Goliath lança à toute l’armée d’Israël (1 Samuel 17). C’est grâce au conseil d’une petite fille juive que le chef de l’armée Syrienne, Naaman le lépreux, a trouvé le chemin de la guérison  (2 Rois 5). C’est grâce à l’intervention de son jeune neveu que Paul a échappé à un complot savamment planifié (Actes 23). On pourrait multiplier les exemples.

En somme, la jeunesse mérite d’être écoutée. Tout en faisant preuve de discernement (conseil également valable pour les moins jeunes), les parents et les leaders ont intérêt à se mettre à l’écoute de la jeunesse et à tenir compte de ses avis. Ceci est particulièrement valable en Afrique où la population est particulièrement jeune. On ne saurait valablement prétendre agir dans l’intérêt de la jeunesse sans lui donner l’occasion de s’exprimer et sans prendre en compte ses besoins réels. La jeunesse n’est pas seulement l’avenir de l’Eglise ou de la nation, elle porte les stigmates de son passé et constitue l’épine dorsale de son présent.  La jeunesse n’a pas que des oreilles, elle a aussi une bouche pleine de suggestions constructives et de paroles de sagesse.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012

SAVOIR PARLER

“Zǝmm balä af, zǝmb aygäbabbätǝm.” (Amhara Proverb, Ethiopia).

« Dans une bouche fermée, il n’entre point de mouche. » (Proverbe amhara, Ethiopie).

« The mouth that is silent, no fly enters it.” (Amhara Proverb, Ethiopia).

Source : http://www.sil.org/silepubs/Pubs/50501/SILForum2008-002.pdf (website accédé le 27 juillet 2010)

Signification : Celui ou celle qui parle beaucoup s’expose à des ennuis sérieux.


Parallélisme biblique

Certains articles marquent profondément. Je me souviendrais toujours d’un article sur la valeur du silence que j’ai lu il y a de cela vingt-cinq ans. Le titre de l’article était assez révélateur: « Le silence tue, le silence guérit ». Nous vivons dans un monde où il semble être plus facile de parler, de communiquer. La technologie de l’information a atteint un niveau sans pareil dans l’histoire de l’humanité.  Les outils de la communication sont particulièrement variés. Quelques fractions de secondes suffisent pour qu’une mère qui vit dans un village reculé d’Afrique communique avec son fils ou sa fille qui se trouve en Occident ou en Orient.

Il est facile de parler. Seulement, doit-on parler n’importe comment et n’importe quand ? Le  proverbe amhara semble répondre par la négative. Certaines circonstances imposent le silence. Une parole mal placée peut blesser, détruire des relations, voire entraîner des conflits plus ou moins graves. Voilà pourquoi la Bible dit : « Qui veille sur ses paroles préserve sa vie, mais celui qui ouvre grand la bouche court à sa ruine. » (Proverbes 13 :3, La Bible du Semeur). Il est donc dangereux de trop parler.

Un autre verset abonde dans le même sens en mettant un accent particulier sur la nécessité de réfléchir avant de parler : « Le juste réfléchit bien avant de répondre, mais la bouche des méchants répand le mal. » (Proverbes 15 :28, La Bible du Semeur). La parole qui sort de la bouche est comme de l’eau versée sur la terre, elle ne peut plus être récupérée. Quelqu’un a dit : « L’être humain est maître de la parole qui n’est pas sortie de sa bouche mais esclave de celle qui est sortie de sa bouche. » Il est donc aisé de comprendre pourquoi une mûre réflexion doit précéder toute parole. L’adage ne dit-il pas qu’ « Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. » ?

Par ailleurs, la Bible attire notre attention sur le fait que la langue soit un feu capable de gros dégâts. Il est écrit : « Il en va de même pour la langue: c’est un petit organe, mais elle se vante de grandes choses. Ne suffit-il pas d’un petit feu pour incendier une vaste forêt? La langue aussi est un feu; c’est tout un monde de mal. Elle est là, parmi les autres organes de notre corps, et contamine notre être entier. Allumée au feu de l’enfer, elle enflamme toute notre existence. » (Jacques 3 :5-6). Pour cette raison, il convient de l’utiliser avec prudence.

Il est facile de calomnier, de manquer de respect, de blesser, et de broncher de diverses manières quand on n’a pas sa langue dans sa poche. La Bible nous exhorte à emprunter une voie différente car « Celui qui parle beaucoup ne saurait éviter de pécher, mais l’homme avisé met un frein à ses lèvres. » (Proverbes 10 :19, La Bible du Semeur). Elle nous donne aussi le conseil suivant : « Que votre parole soit toujours empreinte de la grâce de Dieu et pleine de saveur pour savoir comment répondre avec à-propos à chacun. » (Colossiens 4:6, La Bible du Semeur).

Parler est un exercice délicat. Demandons au Seigneur la grâce de nous maîtriser quand il n’est pas nécessaire de parler, de réfléchir mûrement avant d’ouvrir la bouche, et de parler avec sagesse.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

ECOUTEZ PLUS, PARLEZ MOINS

In mai-fadin magana wawa ne majiyinta ba wawa ne ba (proverbe hausa)

If the speaker is a fool, the listener is no fool (Hausa proverb).

Si celui qui parle est un insensé, celui qui écoute n’est pas insensé (proverbe hausa).

Sens : L’homme ou la femme sage est celui ou celle qui garde ses oreilles ouvertes et sa bouche fermée.

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