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EVITEZ LE GASPILLAGE ET SAISISSEZ LES OPPORTUNITES

“Ndungu na ngu maada ; to a hebi baatal, ta yewu.” (Balndol Fulbe)

« La saison pluvieuse ne t’appartient pas, si tu trouves une aiguille, ne la casse pas. » (Proverbe Fulbe)

« The rainy season is not yours, if you get a needle, do not break it” (Fulbe Proverb).

Signification: Il faut savoir être économe et faire un bon usage des opportunités que Dieu offre.

Parallélisme biblique

A priori, le proverbe susmentionné n’est pas logique. En effet, pourrait-on objecter, quel rapport y a-t-il entre la saison de pluie et l’aiguille ? Mais, une analyse approfondie de la culture fait écrouler l’objection comme un vulgaire château de cartes.

Relevons brièvement que les Fulbe habitent majoritairement dans la zone sahélienne où il y a généralement une courte saison pluvieuse et une longue saison sèche. Or, la saison pluvieuse apporte une abondance d’herbes pour le bétail, une très grande quantité de lait, et même de la pluie afin de produire la nourriture nécessaire pour le reste de l’année, même si les Fulbé (éleveurs par excellence) ne sont généralement pas de gros cultivateurs. Voilà pourquoi les Fulbé nomades et semi-nomades peuvent confortablement s’installer et festoyer durant la saison pluvieuse. On comprend alors pourquoi la saison de pluie rime avec profusion, richesse ou prospérité.

Et l’aiguille dans tout ça ? Si en Occident l’utilisation de l’aiguille manuelle est pratiquement renvoyée aux calendes grecques, ce n’est pas le cas dans les zones rurales africaines. L’aiguille est précieuse pour réparer les vêtements déchirés et coudre mille et une choses. Quand on est perdu dans la savane, parfois à de centaines de kilomètres du marché le plus proche, même la plus petite aiguille devient un trésor inestimable. C’est justement ce qui arrive souvent aux Fulbe peu prévoyants en pleine saison sèche. Relevons au passage que cette saison cadre aussi celle du nomadisme pastoral.

Le contexte ainsi survolé, notre proverbe prend donc tout son sens. Il nous livre de nombreuses leçons : sagesse, prévoyance, économie, bon usage des opportunités. Nous pouvons facilement y consacrer de nombreux articles. Retenons juste deux leçons pour cette semaine à la lumière de la Bible: économie et bon usage des opportunités.

Premièrement, la Bible nous encourage à économiser et à éviter le gaspillage. Immédiatement après avoir placé Adam et Eve dans le jardin d’Eden, Dieu leur a demandé de cultiver et de garder le jardin (Genèse 2 :15). Tout était gratuit, mais il faillait éviter que le précieux jardin soit négligé et détruit. Dans le livre de Proverbes, la femme vertueuse est louée, entre autres, pour son habileté dans le domaine économique (Proverbes 31) tandis que dans l’évangile selon Luc, le fils prodigue s’est retrouvé au plus bas niveau de l’échelle de la société juive de l’époque à cause de ses gaspillages (Luc 15 :11-20). Beaucoup d’hommes et de femmes auraient pu éviter leurs mésaventures actuelles s’ils avaient mis en pratique la recommandation biblique suivante : « Ecoute-moi bien, mon fils, et deviens sage, dirige ton cœur dans le droit chemin. Ne t’associe pas à des ivrognes, ni à ceux qui aiment la bonne chère, car l’ivrogne et le gourmand tombent dans la misère, et ceux qui somnolent seront bientôt vêtus de haillons. » (Proverbes 23 :19-21, La Bible du Semeur). Malheureusement, les bars, les cabarets, et les « circuits » ou « maquis » ne désemplissent pas, surtout pendant les périodes de fêtes. Et le gaspillage ? Même en cette période de crise économique et financière, le gaspillage se porte plutôt bien, surtout dans les pays et les foyers nantis. Et pourtant, même le Christ qui a multiplié les pains et les poissons avec une aisance divine manifeste a dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit gaspillé. » (Jean 6 :12, La Bible du Semeur). Décidemment, nous devons nous efforcer à être plus économes…

Secondement, la Bible nous invite à être suffisamment sages pour faire un bon usage des opportunités que Dieu nous présente. Ceci est valable dans le domaine des affaires, des études, et dans tous les autres les domaines de la vie. Mais la recommandation est particulièrement importante dans le domaine spirituel. La génération de Noé n’a pas écouté les avertissements du prophète. Elle se moquait ouvertement de lui quand il condamnait les péchés de ses contemporains et annonçait le déluge. Malheureusement, le jour où le jugement frappa, c’est Dieu lui-même qui ferma la porte de l’arche et tous ceux qui avaient négligé l’appel à l’ordre de Noé périrent (Lire Genèse chapitres 6 et 7). Aujourd’hui aussi, un nouveau type de déluge s’annonce. De nombreux signes de la fin du monde commencent à prendre nettement forme. Nul n’en connait le jour ni encore moins l’heure, mais ceux qui ont des yeux spirituels peuvent voir que la fin vient à grands pas. Les abominations humaines prennent des proportions apocalyptiques. L’Evangile est en train d’être annoncé même aux peuples qui étaient jadis complètement fermés au message du salut gratuit en Jésus-Christ. De nombreux hommes et femmes de Dieu prêchent, donnent des avertissements, mais leurs messages semblent être perdus dans le désert du matérialisme, de l’égocentrisme, du libéralisme et du post-modernisme. Très peu de personnes saisissent la corde que Dieu tend à notre misère humaine. Et pourtant, ses avertissements sont on ne peut plus clairs : « Aujourd’hui, si vous entendez la voix de Dieu, ne vous endurcissez pas. » (Hébreux 4 :7 cf. Psaume 95 :7-8 et Hébreux 3 :15).

Avez-vous déjà saisi l’opportunité que Dieu vous présente pour votre salut ? Si non, faites-le maintenant même, et vous ne le regretterez jamais. Vous pouvez suivre le lien suivant si vous avez besoin de directives : http://www.topchretien.com/ (cliquez sur Jesus.net widget). Vous pouvez aussi visiter directement http://www.jesus.net pour le texte en anglais.

Si vous êtes déjà enfant de Dieu, je vous encourage à ne pas garder la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ pour vous-même. Témoignez autour de vous, tant par vos paroles que par vos actes par amour pour le Seigneur et pour les prochains avant qu’il ne soit trop tard. Henri Lacordaire disait : « Entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs. » Saisissons toutes les opportunités du temps présent pour faire nos devoirs. Nous ne le regretterons pas demain.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

 

LA CRAINTE DE DIEU

“Abdou hulataa Allah amaa o hulan fowru.” (Balndol Fulbe)

« Abdou n’a pas peur de Dieu mais il a peur de l’hyène. » (proverbe peul)

“Abdou does not fear God but he fears hyena.” (Fulbe proverb)

Sens: L’être humain, même religieux, a plus peur de ce qui ne devrait même pas l’inquiéter que de Dieu lui-même.

Parallélisme biblique:

Ce proverbe nous faisait sourire quand nous étions petits. Nous en avons même fait un chant que nous chantions en fulfulde au clair de la lune, de concert avec les autres jeunes enfants du quartier (fatuude) Ardo Bouba, à Mokolo dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Mais c’est après avoir reçu le Seigneur Jésus-Christ comme mon Saveur à l’âge de douze ans que j’ai commencé à comprendre la profondeur de ce proverbe peul.

Abdou est un diminutif d’Abdallah, qui signifie en arabe “Serviteur d’ Allah”. L’ironie ici, c’est qu’Abdou, le serviteur de Dieu, a plus peur de l’hyène que du Dieu Créateur de l’univers et Tout-Puissant. Pourtant l’hyène est l’animal le plus peureux dans la plupart de contes et légendes d’Afrique sub-saharienne. Même de petits animaux réussissent à l’effrayer ou à la tromper. Est-ce donc une façon de dire que l’être humain s’est abaissé au point où l’animal semble avoir plus de bon sens que lui ? Cela nous rappelle le texte d’Esaïe 1 :2-3 où il est écrit : « Vous, les cieux, écoutez, toi, terre, tends l’oreille, c’est l’Eternel qui parle: J’ai nourri des enfants, je les ai élevés, mais, contre moi, ils se sont révoltés. Le bœuf sait bien à qui il appartient, et l’âne connaît la mangeoire où le nourrit son maître. Israël ne veut rien savoir, et mon peuple ne comprend pas.» (La Bible du Semeur). Ici, comme dans le proverbe peul susmentionné, l’animal semble mieux se comporter envers son maitre que l’être humain.

C’est vraiment idiot pourrait-on penser, mais pourtant il y a un Abdou en chaque être humain. Il n’y a qu’à voir toutes les scènes d’hypocrisie, de mensonge, ou de duplicité dans nos familles, nos communautés religieuses et nos sociétés. Nous sommes prêts à montrer aux autres une bonne apparence alors que nos cœurs sont hideux devant Dieu. En réalité, Dieu ne voit t-il pas la profondeur de nos cœurs ? La Bible est claire là-dessus : « Où pourrais-je aller loin de ton Esprit? Où pourrais-je fuir hors de ta présence? Si je monte au ciel tu es là, et si je descends au séjour des morts, t’y voilà! Et si j’empruntais les ailes de l’aube pour me réfugier aux confins des mers, là aussi ta main me dirigerait, ton bras droit me tiendrait. Et si je me dis: <du moins les ténèbres m’envelopperont>, alors la nuit même se change en lumière tout autour de moi. Pour toi, les ténèbres deviennent lumière et la nuit est claire comme le plein jour: lumière ou ténèbres pour toi sont pareilles.» Psaume 139 :7-12 (La Bible du Semeur).

Si Dieu voit tout, ne faudrait-il pas le craindre plutôt que de craindre nos semblables étant donné qu’il est le Tout Puissant et que c’est lui qui jugera toute l’humanité? Le texte de Matthieu 10 :28 est assez éloquent là-dessus : « Ne craignez donc pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de faire mourir l’âme. Craignez plutôt celui qui peut vous faire périr corps et âme dans l’enfer.” (La Bible du Semeur). Malheureusement, l’être humain est à la fois très intelligent et très bête. Très peu de personnes ont la crainte de Dieu. De nombreux êtres humains craignent leurs parents, leurs enfants, leurs époux, leurs patrons, leurs camarades ou leurs semblables mais ne craignent pas Dieu. Un homme ou une femme qui est conscient que Dieu voit toutes ses actions, même les plus secrètes, doit normalement se garder de commettre des actes coupables, de pécher. Et pourtant nous voyons tous les jours des gens se cacher pour voler, tricher, commettre l’adultère, calomnier, comploter, et faire bien d’autres abominations aux yeux de Dieu et des prochains. Si Dieu pouvait ouvrir nos yeux pour que nous apercevions tout ce qui se fait en cachette dans les cœurs, les foyers, les bureaux, les hôtels, les endroits isolés, les écoles de formation biblique et théologique ou même des lieux de culte, nous verrions jusqu’à quel point l’être humain se trompe lui-même en pensant tromper son prochain et déjouer Dieu au passage. Mais, si un être humain peut réussir à tromper son prochain pour un temps, nul ne peut tromper Dieu qui “..jugera par Jésus-Christ tout ce que les hommes ont caché.” (Romains 2:16b, La Bible du Semeur).

Cher ami(e), toi qui lis ce texte, ne sois pas du nombre de ceux qui se cachent pour commettre des péchés ni de ceux qui pèchent ouvertement et pensent qu’en agissant ainsi ils sont meilleurs que les hypocrites. Les deux groupes sont coupables aux yeux de l’Eternel. Crains Dieu car c’est la voie de la sagesse. Mieux encore, ne crains pas Dieu par peur de son châtiment seulement. Crains Dieu parce qu’il t’aime et veut ton bonheur eternel. Crains Dieu par profond respect pour lui car il le mérite. Crains Dieu et demande-lui sans cesse la force de marcher quotidiennement sur la voie de l’intégrité en public comme en privé, aux yeux des êtres humains comme loin de tout regard. Il le fera. Il remplira ton cœur se son Saint-Esprit et de son amour. Ainsi, tu marqueras la différence dans ce monde ténébreux où ceux qui le craignent sont de moins en moins nombreux. Que Dieu nous remplisse de sa crainte ! Amen.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

ATTAQUER LE MAL A LA RACINE

« Wudin  i’al a sendiraa bee buubi.” (balndol fulbe)

“Jette l’os et tu te débarrasseras des mouches. » (proverb fulbe)

“Throw away the bone and you get rid of the flies.” (Fulbe proverb)

Signification: La meilleure façon de résoudre un problème est d’attaquer le mal à la racine. Débarrasse-toi de ce qui peut t’attirer des ennuis.


Parallélisme biblique

Le conseil combien pratique du proverbe susmentionné est pourtant difficilement appliqué dans la vie quotidienne. L’être humain dépense beaucoup d’énergie pour nier, camoufler ou justifier les problèmes au lieu d’y faire face avec tout le courage et le sérieux que cela implique. Dans le domaine spirituel, par exemple, la Bible cite de nombreux cas. Dès le jardin d’Eden (Genèse 3 :1-24), juste après la chute, nous voyons Adam accuser Eve d’être à l’origine de la désobéissance et ignorer sa propre part de responsabilité. Eve a aussitôt rejeté le tort sur le serpent. Et pourtant, la sentence divine n’a épargné personne puisque les trois étaient coupables. On s’attendrait à ce que l’humanité en tire des leçons.  Malheureusement, le même jeu continue encore de nos jours et semble même prendre des proportions plus inquiétantes. Il n’y a qu’à observer de près ce qui se passe dans certains milieux diplomatiques. Même quand un homme ou une femme se résout à solutionner un problème clairement identifié il ou elle se borne souvent à s’attaquer aux symptômes. Il n’est donc guère étonnant que ses efforts ne soient pas couronnés de succès. Des moyens énormes sont gaspillés chaque année dans des réunions, des consultations ou des dialogues infructueux tandis que le mal continue inexorablement son effet dévastateur. En cela le proverbe peul a raison, tant que l’os est conservé, les mouches ne bougent pas d’un pouce.

Et pourtant, la Bible recommande une solution simple mais efficace : il faut s’attaquer à la source du problème. Dans le domaine du péché, par exemple, il ne sert à rien de justifier son forfait ou même de blâmer les autres.  Il vaut mieux reconnaitre simplement sa transgression et la confesser. Les Saintes Ecritures sont formelles : « Celui qui cache ses fautes ne prospérera pas, celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » (Proverbe 28 :13, Bible du semeur). Le psalmiste a donné un témoignage qui abonde dans le même sens : « Heureux l’homme dont la faute est effacée, et le péché pardonné! Heureux l’homme au compte de qui l’Eternel ne porte pas le péché et qui est exempt de mauvaise foi! Tant que je taisais ma faute,  je m’épuisais à gémir sans cesse, à longueur de jour. Sur moi, le jour et la nuit, ta main s’appesantissait,  ma vigueur m’abandonnait comme l’herbe se dessèche lors des ardeurs de l’été. Je t’ai avoué ma faute, je n’ai plus caché mes torts,  j’ai dit: «Je reconnaîtrai devant l’Eternel les péchés que j’ai commis. Alors tu m’as déchargé du poids de ma faute. » (Psaume 32 :1-5, Bible du Semeur).

Quand le fils prodigue de la parabole (Luc 15 :11-31) a compris l’énormité de sa bêtise, il n’a pas cherché à faire semblant que tout allait bien. Il n’a pas non plus cherché à accuser les autres ou encore moins à justifier son péché. Il est allé vers son père et a demandé sincèrement pardon. Les bénédictions reçues en retour étaient au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.

De même, quand le message de l’apôtre Pierre dans Actes 2 :14-36 a touché les auditeurs et qu’eux-mêmes ont demandé ce qu’il fallait faire, le prédicateur a répondu sans détour : « Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors, vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le Seigneur notre Dieu fera venir à lui. » (Actes 2 :38, Bible du Semeur.

Chers amis, ne cherchons pas à camoufler ou à justifier nos péchés. Si nous le faisons, les « mouches » du remord, de la culpabilité, de la mauvaise conscience, de la malédiction, du jugement divin et de la condamnation nous poursuivront toujours. Et pourtant, Dieu est prêt à nous accorder son pardon (1 jean 1 :8-9) et à nous donner la force de ne plus patauger dans même boue spirituelle. Sachons-donc nous débarrasser de « l’os qui attire les mouches » en demandant clairement  pardon à Dieu et aux prochains offensés.  C’est alors que nous obtiendrons miséricorde et expérimenterons la paix de Dieu.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2009

LA PUISSANCE DE LA PATIENCE

Munyal deefan hayre (balndol fulbe).
Avec beaucoup de patience l’on peut cuire même une pierre (proverbe fulbe).
Patience can cook a stone (Fulbe proverb).

Signification: A force de patienter, on peut surmonter les situations les plus difficiles, résoudre les problèmes les plus tenaces.


Parallélisme biblique

Les Fulbe se distinguent par leur code de conduite qu’on appelle le pulaaku. Trois éléments clés caractérisent le pulaaku: la sagesse (hakkilo), la modestie (semteende) et la patience (munyal). Chaque élément est essentiel pour la survie dans un environnement de plus en plus hostile, surtout pour les Fulbe nomades et semi-nomades. Mais la patience occupe une place de choix dans le pulaaku car une personne peut être sage et modeste, mais si elle manque de patience elle perd tout le bénéfice des deux autres vertus. La patience et donc comme une corde qui attache le fagot des vertus.

Les Fulbe ont raison d’accorder une importance particulière à la patience. En effet, face à l’adversité, aux frustrations et aux épreuves de la vie, l’être humain peut perdre facilement patience. Ceci est particulièrement visible dans notre génération où la course a atteint une vitesse vertigineuse. Quand on appuie sur un bouton, on s’attend à un effet immédiat. Les machines sont de plus en rapides mais on se plaint toujours de leur lenteur et les savants se battent jour et nuit pour inventer des appareils de plus en plus performants. Il n’y a qu’a comparer la vitesse des ordinateurs des années 1990 par exemple, à celles que nous utilisons aujourd’hui. Le fossé est trop grand entre les deux générations d’ordinateurs mais l’être humain demeure insatisfait.

Le progrès n’est pas nécessairement mauvais nous ne voulons nullement insinuer qu’il faudrait freiner l’élan des chercheurs et des inventeurs. Seulement, au même moment où l’humanité pense à la meilleure manière de surmonter les obstacles externes,  il lui faudrait aussi déployer autant d’énergie – sinon plus – pour en venir à bout aux obstacles internes.  L’impatience est l’un de ces obstacles externes. Aujourd’hui, de nombreuses vies sont ruinées parce que certaines personnes n’ont pas su attendre un peu avant d’agir, réfléchir avant de décider, analyser la situation avant de juger, se renseigner ou demander conseil avant de choisir… De nombreux foyers sont déchirés ou se déchirent parce que l’homme ou la femme ne fait pas preuve de patience et pense tout de suite que le divorce est la solution idéale. De nombreuses personnes ont échoué à la dernière minute alors qu’un petit effort aurait suffit pour qu’elles récoltent enfin le fruit de leurs durs labeurs. De nombreux groupes, de nombreux pays, sont en guerre parce que la pression de la colère a fait sauter le frein de la patience alors qu’un peu de dialogue aurait parfois suffi pour atteindre le feu du conflit. On pourrait multiplier les exemples mais l’essentiel est là : nous avons besoin de la patience.

La Bible présente la patience étant l’une des principales vertus. Dieu lui-même est patient (Romains 2:4 et15:5; 2 Pierre 3:9). Dans Ecclésiastes 7 :8b, il est écrit: “…Mieux vaut un esprit patient que prétentieux.” (La Bible du Semeur). Il  aussi intéressant de relever que la patience est non seulement l’un des neuf fruits de l’Esprit (Galates 5:22), mais aussi l’une des vertus que chacun doit s’efforcer de rechercher (2 Pierre 1:6). En outre, la patience est l’une des valeurs qu’un homme ou une femme de Dieu doit poursuivre en lieu et place de l’amour de l’argent (1 Timothée 6:11). Les croyants et les croyantes sont exhortés à la patience. Le texte d’Hébreux 6 : 10-12 dit : « Car Dieu n’est pas injuste au point d’oublier l’activité que vous avez déployée, par amour pour lui, dans les services que vous avez rendus -et que vous rendez encore – à ceux qui lui appartiennent. Mais nous désirons que chacun de vous fasse preuve du même zèle pour amener votre espérance à son plein épanouissement jusqu’à la fin. Ainsi vous ne vous relâcherez pas, mais vous imiterez ceux qui, par leur foi et leur attente patiente, reçoivent l’héritage promis. » (La Bible du Semeur).

Celui de Jacques 5 :7-11 souligne aussi l’importance de la patience en prenant même des exemples concrets de personnes qui ont fait preuve de patience et des bons résultats qu’ils ont obtenus. Nous y lisons ceci : « Frères, patientez donc jusqu’à ce que le Seigneur vienne. Pensez au cultivateur: il attend les précieuses récoltes de sa terre. Il prend patience à leur égard, jusqu’à ce que tombent les pluies de l’automne et du printemps. Vous aussi, prenez patience, soyez pleins de courage, car la venue du Seigneur est proche. Ne vous répandez pas en plaintes les uns contre les autres, frères, si vous ne voulez pas être condamnés. Voici que le Juge se tient déjà devant la porte. Frères, prenez comme modèles de patience persévérante dans la souffrance les prophètes qui ont parlé de la part du Seigneur. Oui, nous disons bienheureux ceux qui ont tenu bon. Vous avez entendu comment Job a supporté la souffrance. Vous savez ce que le Seigneur a finalement fait en sa faveur, parce que le Seigneur est plein de bonté et de compassion. » (La Bible du Semeur)

Il nous faut vraiment cultiver la patience. Une personne ou une société sans patience est comme un véhicule sans frein. Les dégâts sont inévitables.  Dieu, notre créateur, nous connait. Il sait que nous avons besoin de la patience. La patience peut, à priori, être perçue comme un signe de faiblesse par ceux ou celles qui ne sont pas sages. Mais, à la longue, elle finit par faire des merveilles sous le regard bienveillant du Seigneur. Elle est capable de faire tomber les barrières les plus insurmontables ou de percer le roc le plus dur. Ecoutons la voix de la sagesse divine qui nous exhorte à la patience, et nous verrons les merveilles du Seigneur dans notre vie et dans celle de nos prochains.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2009.

RESSOURCES MAL UTILISEES

« Baraago beembal haarataa belaado » (balndol fulbe).

« Le fait de s’accouder au grenier n’assouvit pas la faim. » (proverbe peul).

« Sitting next to a food storage does not trump hunger » (Fulbe proverb)

Sens: Il ne suffit pas d’avoir des richesses ou des ressources. Il faut savoir les utiliser.

LE VOYAGE ELARGIT LES HORIZONS

« Lingu bundu andaa jaajerka maayo. » (balndol fulbe)

« Le poisson qui vit dans un puits ne connait pas la longueur de la rivière. » (Proverbe peul)

« The fish that dwells in a well does not know the length of the river. » (Fulbe proverb)

Signification: Celui ou celle qui  se limite à son contexte,  qui n’élargit pas ses horizons, qui ne voyage pas, ne peut pas faire reculer les frontières de l’ignorance.

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