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ATTAQUER LE MAL A LA RACINE

« Wudin  i’al a sendiraa bee buubi.” (balndol fulbe)

“Jette l’os et tu te débarrasseras des mouches. » (proverb fulbe)

“Throw away the bone and you get rid of the flies.” (Fulbe proverb)

Signification: La meilleure façon de résoudre un problème est d’attaquer le mal à la racine. Débarrasse-toi de ce qui peut t’attirer des ennuis.

Commentaire à la lumiere de la Bible

Le conseil combien pratique du proverbe susmentionné est pourtant difficilement appliqué dans la vie quotidienne. L’être humain dépense beaucoup d’énergie pour nier, camoufler ou justifier les problèmes au lieu d’y faire face avec tout le courage et le sérieux que cela implique. Dans le domaine spirituel, par exemple, la Bible cite de nombreux cas. Dès le jardin d’Eden (Genèse 3 :1-24), juste après la chute, nous voyons Adam accuser Eve d’être à l’origine de la désobéissance et ignorer sa propre part de responsabilité. Eve a aussitôt rejeté le tort sur le serpent. Et pourtant, la sentence divine n’a épargné personne puisque les trois étaient coupables. On s’attendrait à ce que l’humanité en tire des leçons.  Malheureusement, le même jeu continue encore de nos jours et semble même prendre des proportions plus inquiétantes. Il n’y a qu’à observer de près ce qui se passe dans certains milieux diplomatiques. Même quand un homme ou une femme se résout à solutionner un problème clairement identifié il ou elle se borne souvent à s’attaquer aux symptômes. Il n’est donc guère étonnant que ses efforts ne soient pas couronnés de succès. Des moyens énormes sont gaspillés chaque année dans des réunions, des consultations ou des dialogues infructueux tandis que le mal continue inexorablement son effet dévastateur. En cela le proverbe peul a raison, tant que l’os est conservé, les mouches ne bougent pas d’un pouce.

Et pourtant, la Bible recommande une solution simple mais efficace : il faut s’attaquer à la source du problème. Dans le domaine du péché, par exemple, il ne sert à rien de justifier son forfait ou même de blâmer les autres.  Il vaut mieux reconnaitre simplement sa transgression et la confesser. Les Saintes Ecritures sont formelles : « Celui qui cache ses fautes ne prospérera pas, celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » (Proverbe 28 :13, Bible du semeur). Le psalmiste a donné un témoignage qui abonde dans le même sens : « Heureux l’homme dont la faute est effacée, et le péché pardonné! Heureux l’homme au compte de qui l’Eternel ne porte pas le péché et qui est exempt de mauvaise foi! Tant que je taisais ma faute,  je m’épuisais à gémir sans cesse, à longueur de jour. Sur moi, le jour et la nuit, ta main s’appesantissait,  ma vigueur m’abandonnait comme l’herbe se dessèche lors des ardeurs de l’été. Je t’ai avoué ma faute, je n’ai plus caché mes torts,  j’ai dit: «Je reconnaîtrai devant l’Eternel les péchés que j’ai commis. Alors tu m’as déchargé du poids de ma faute. » (Psaume 32 :1-5, Bible du Semeur).

Quand le fils prodigue de la parabole (Luc 15 :11-31) a compris l’énormité de sa bêtise, il n’a pas cherché à faire semblant que tout allait bien. Il n’a pas non plus cherché à accuser les autres ou encore moins à justifier son péché. Il est allé vers son père et a demandé sincèrement pardon. Les bénédictions reçues en retour étaient au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.

De même, quand le message de l’apôtre Pierre dans Actes 2 :14-36 a touché les auditeurs et qu’eux-mêmes ont demandé ce qu’il fallait faire, le prédicateur a répondu sans détour : « Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors, vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le Seigneur notre Dieu fera venir à lui. » (Actes 2 :38, Bible du Semeur.

Chers amis, ne cherchons pas à camoufler ou à justifier nos péchés. Si nous le faisons, les « mouches » du remord, de la culpabilité, de la mauvaise conscience, de la malédiction, du jugement divin et de la condamnation nous poursuivront toujours. Et pourtant, Dieu est prêt à nous accorder son pardon (1 jean 1 :8-9) et à nous donner la force de ne plus patauger dans même boue spirituelle. Sachons-donc nous débarrasser de « l’os qui attire les mouches » en demandant clairement  pardon à Dieu et aux prochains offensés.  C’est alors que nous obtiendrons miséricorde et expérimenterons la paix de Dieu.

Moussa Bongoyok

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2009

QUAND L’ECHEC SEMBLE ETRE UN DESTIN

« To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde. » (balndol Fulbe)

« Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris. » (proverbe peul)

« It is better to sell his gandoura to get his hat torn by contempt. » (Fulbe proverb).

Moralité : Aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer sa dignité.

(C’est Monsieur Ndjidda Oumarou Christian de Maroua dans l’Extrême-Nord du Cameroun qui nous a été envoyé ce proverbe que nous commentons avec joie. Nous l’en remercions et encourageons les internautes à nous faire parvenir des proverbes dans leurs langues maternelles).

 

Commentaire à la lumière de la Bible

Le début d’une nouvelle année est souvent accueilli avec une joie immense, entre autres raisons, parce qu’il nous donne l’espoir que nous pourrons enfin réaliser le rêve qui est resté longtemps en veilleuse, vaincre les défauts qui nous tiennent captifs, ou accomplir les merveilles qu’on a toujours contemplé à distance.

C’est donc avec cette ferveur quasi religieuse que nous nous empressons de faire des vœux, de prêcher à notre subconscient et de promettre parfois à nos prochains que plus rien ne sera comme avant. Parfois tout semble bien aller pendant les premiers jours, voire les premières semaines au grand étonnement des amis et des proches qui commencent à espérer et à jubiler intérieurement en se disant que cette fois-ci le changement positif tant attendu aura enfin lieu. Tout se passe alors comme si l’on voguait sur les nuages jusqu’au moment où, parfois, dès la seconde semaine, les vieux et terrifiants démons des mauvaises habitudes semblent se dresser sur le chemin. Comme le disent si bien les banguissois dans un savant mélange de sango et de français dont ils ont le secret, « Kobela ti biri a kiri na pouvoir » (le mal d’hier est revenu au pouvoir). Devant ce constant on ne peut plus amer, le découragement ne tarde pas à frapper à la porte du cœur. La honte, le silence et l’isolation qui s’en suivent finissent pas dérober le peu de détermination qui reste et à plonger inéluctablement de braves individus dans le gouffre du découragement et du d’espoir. Il n’est pas rare d’entendre les gens dire en de telles circonstance : Je n’y peux rien, c’est mon destin. Toute se passe comme si la vie avait arraché de force le chapeau de la dignité humaine qui faisait leur fierté. Et c’est justement en de telles circonstance que l sagesse peule est éloquente : « To goddo wadi ma yawaare dow hifneere ma, ndika a sorra dawrawol ma haa a hebta nde » (Il est préférable de vendre sa gandoura pour récupérer sa chechia arrachée par mépris).

Ce proverbe peul semble nous offrir une clé de succès très intéressante. Il s’agit ici de la situation embarrassante dans laquelle se trouve un homme qui s’est fait arracher sa chéchia par mépris. Quoique vêtu d’un grand boubou, il préfère le vendre pour restaurer sa dignité. Cela peut paraître absurde dans d’autres contextes, mais, dans la culture peule, l’honneur est sacré. Pour le restaurer aucun sacrifice n’est trop grand. L’idée est que celui ou celle qui est victime du mépris, consent à un sacrifice plus grand pour restaurer son honneur car, quoique le chapeau soit plus petit et moins cher que la gandoura, il symbolise la dignité. Ce proverbe peul reflète merveilleusement la sagesse divine car il est écrit dans Proverbes 22 :1 (Bible du Semeur): « Bon renom vaut mieux que grandes richesses, et l’estime des autres est plus précieuse que l’or et l’argent.” Le texte d’Eccl. 7:1 abonde dans le même sens. Que Dieu nous accorde la grâce de ne pas oublier cette recommandation biblique ! Valoriser la bonne renommée plus que les trésors ou consentir à des sacrifices pour retrouver dans sa dignité, c’est aussi reconnaître ses échecs, prendre le temps d’en considérer attentivement les raisons, rectifier le tir là où cela s’impose, et avoir le courage de recommencer sur des bases plus solides.

Refusons l’idée que l’échec est une fatalité. Chaque être humain peut mieux faire par la grâce de Dieu. Les échecs passés, si cuisants soient-ils, peuvent être le ferment d’une incroyable réussite future car on peut réussir même après plusieurs échecs lamentables. Mais, pour y arriver, ayons le courage de nous faire violence pour accepter de faire les choses autrement en puisant notre force en Dieu et en nous faisant entourer par des frères et sœurs mûrs dans la foi, expérimentés, sages, remplis de la crainte respectueuse de Dieu, et déterminés à cheminer fidèlement sur la voie du Seigneur.

 

La plus grande humiliation de la vie n’est pas de reconnaitre qu’on a besoin d’aide, de conseil, de soutien dans la prière, de formation ou d’encadrement pour vivre honorablement aux yeux de Dieu et de ses semblables. La plus grande honte est d’échouer en dépit d’énormes potentialités de réussite tout simplement parce qu’on a pas le courage de faire les choses autrement, d’écouter et de mettre en pratique les bons conseils, ou de marquer la différence en s’appuyant sur le Seigneur. Ne l’oublions jamais : aucun sacrifice n’est trop grand pour restaurer notre dignité.

Moussa Bongoyok

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2015

L’AMI(E) AIME EN TOUT TEMPS

“Gido kam wartata ganyo.” (balndol Fulbe)

“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” (Proverbe Fulbe)

“A friend does not become an enemy.” (Fulbe proverb)

 

Moralité: Les vrais amis sont constants dans leur amitié. Ils/elles demeurent amis (es) dans les bons et les mauvais jours.

 

Commentaire à la lumière de la Bible 

L’histoire de l’humanité est truffée de trahisons. Il n’est pas rare de voir des soi-disant amis ou amies s’entredéchirer et développer une inimitié  fort surprenante. Pourtant, les Fulbe affirment haut et fort qu’“Un(e) ami(e)  ne devient pas un(e)  ennemi(e).” Est-ce que les Fulbe, connus pour leur sagesse légendaire, sont devenus subitement aveugles à la réalité existentielle ? Sinon, auraient-ils délibérément opté pour la politique d’autruche ? Si tel n’est pas le cas, comment expliquer une affirmation si paradoxale?

Les Fulbe sont bel et bien au parfum des trahisons, des coups bas, des effets dévastateurs de l’égoïsme humain qui, tel un feu de brousse en zone sahélienne, dévore tout sur son passage. Les Fulbe savent pertinemment qu’une amitié peut être fausse, trompeuse ou piégée. Les Fulbe n’ignorent pas que des calculs mesquins peuvent être astucieusement emballés dans des paquets peints aux couleurs de l’amitié.  Les Fulbe veulent tout simplement dire qu’une amitié qui peut d’un moment à l’autre se transformer en inimitié n’est est véritablement pas une. Un(e) vrai(e) ami(e) demeure fidèle à la personne qu’il/elle aime, quelles que soient les circonstances de la vie. L’amitié véritable a des racines si profondes qu’elle demeure verdoyante même en plein désert de la pauvreté, du déshonneur, des médisances, des calomnies, des rivalités, des maladies,  des dangers mortels, et d’autres circonstances adverses.

En ceci, les Fulbe rejoignent la Bible où il est écrit : « L’ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère (Proverbes 17:17 LSG).”  C’est ce genre d’amitié que Ruth avait pour sa belle mère Naomi (Ruth 1:16). Elle est restée fidèle et gentille envers sa belle-mère même quand son mari ne vivait plus. C’est aussi ce genre d’amitié que David avait pour Jonathan (1 Samuel 18 :3). Il a fait du bien à la famille de Jonathan même après la mort de ce dernier (2 Samuel 9 :1). Cependant, le plus grand modèle d’amitié demeure celui de notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il a donné sa vie pour ses amis (Jean 15 :13-14).

Le monde serait nettement meilleur, si tous ceux qui se disent amis étaient sincères dans leurs relations amicales. Mais, quelle est la meilleure preuve de l’authenticité de notre amitié si ce n’est pas la fidélité ? A propos, Julio Iglesias disait,  « L’amitié c’est la fidélité, et si on me demandait  qu’est-ce que la fidélité? Je répondrais c’est amitié! » C’est vrai ; une amitié ne vaut rien si elle n’est pas fidèle. Soyons de vrais amis. Prouvons-le en ne devenant jamais des ennemis de ceux que nous présentons comme étant nos amis. Soyons réalistes ; des problèmes peuvent surgir, même dans une relation amicale. Mais, étant donné que l’inimitié n’est pas une option dans un contexte si noble, ils doivent être rapidement résolus afin que l’amitié continue à briller dans toute sa splendeur.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

SOYONS CONSEQUENTS AVEC NOS CONVICTIONS SPIRITUELLES

« No ladde hulnori fuh jire fasata lawol » (Balndol fulbe)

« Quelle que soit la crainte qu’inspire la brousse, l’écureuil ne devient jamais un coupeur de route » (proverbe Fulbe)

« However much the forest fears, the squirrel will not become a robber »  (Fulbe/Fulani proverb)

 Signification : Même les surprises ont des limites. Le comportement d’un

être vivant cadre avec sa nature.

 

Source : C.E.J. Whitting Hausa and Fulani Proverbs (Farnborough Hants : Gregg Press Limited, 1967) p. 155

 

Commentaire à la lumière de la Bible

 

Les Fulbe sont les véritables rois des brousses africaines. Le nomadisme pastoral leur donne l’occasion de découvrir des endroits et d’explorer courageusement même les lieux les plus dangereux. Forts de cette expérience, ils peuvent parler avec autorité des dangers de la vie en brousse. Notre proverbe lève justement un pan du voile sur cette réalité et souligne indirectement que les surprises font partie du lot quotidien de la vie en campagne.  Toutefois, même les surprises ont des limites car on ne saurait imaginer un écureuil se métamorphoser en coupeur de route.

A priori, cette parole de sagesse peut sembler simpliste. Mais, en fait, elle attire notre attention sur une réalité plus profonde : notre comportement reflète notre identité. Voilà qui place le débat sur un terrain hautement philosophique et religieux : Qui sommes-nous ? Quelle est notre identité spirituelle ? Notre conduite est-elle en adéquation avec notre foi ? Malheureusement, il arrive souvent que nos paroles ne riment pas avec nos actions. Dans les Saintes Ecritures, Dieu a interpellé son peuple à plusieurs reprises sur la nécessité de mener une vie conséquente. L’un des exemples les plus frappants est celui de Jérémie 35 où Dieu demande au prophète d’aller proposer du vin aux Rékabites pour les tester. Ces derniers ont catégoriquement refusé de boire du vin par fidélité à l’ordre donné par leur ancêtre. Ils sont restés fidèles à leur identité rekabite et ont honoré la ligne tracée par leurs ancêtres. Face à ce constat, Dieu a alors fait le reproche suivant à son peuple aux versets 13-14 (La Bible du Semeur): “Voici ce que déclare le Seigneur des armées célestes, Dieu d’Israël: Va dire aux gens de Juda et aux habitants de Jérusalem: Ne comprendrez-vous pas la leçon pour écouter mes paroles? dit l’Eternel. Les descendants de Yonadab, fils de Rékab, ont respecté les ordres que leur ancêtre leur a donnés: il leur avait défendu de boire du vin et ils n’en ont jamais bu jusqu’à ce jour, pour se conformer à l’ordre de leur ancêtre. Et moi, je n’ai cessé de vous parler, mais vous ne m’avez pas obéi.”

Dieu s’attend à ce que ceux qui croient en lui, qui sont ses enfants au sens spirituel du terme, reflètent sa sainte nature. C’est ainsi que nous lisons dans 1 Pierre 1 :15-16 (la Bible du Semeur) : « Au contraire, tout comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans tout votre comportement. Car voici ce que Dieu dit dans l’Ecriture: Soyez saints, car je suis saint.” Dans Ephésiens 5 :8-11 (Bible du Semeur), il est écrit : Autrefois, certes, vous apparteniez aux ténèbres, mais à présent, par votre union avec le Seigneur, vous appartenez à la lumière. Comportez-vous donc comme des enfants de la lumière car ce que produit la lumière c’est tout ce qui est bon, juste et vrai. Comme des enfants de la lumière, efforcez-vous de discerner ce qui plaît au Seigneur. Ne participez pas aux pratiques stériles que favorisent les ténèbres, mais démasquez-les plutôt.”

 Il est clair que les enfants de lumière ne doivent pas se comporter comme des enfants des ténèbres. Cela serait contraire à leur nature.

Nous qui avons choisi de placer notre foi en Dieu et de suivre le Messie Jésus-Christ, soyons conséquents avec nos convictions spirituelles. De jour comme de nuit, en public comme en privé, soyons fidèles à notre Seigneur. Vivre ainsi dans un monde qui sombre de plus en plus dans le compromis, l’hypocrisie, et le conformisme, équivaut à nager à contre courant. Mais, cela vaut la peine car le pire qui peut arriver à un être humain, c’est d’être acclamé par tous et rejeté par Dieu. Qu’il plaise au Seigneur de nous remplir toujours de son Saint-Esprit afin que nous reflétions sa divine nature tous les jours de notre pèlerinage terrestre !

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2014.

NOEL: CADEAU DE DIEU OU CADEAU DES ETRES HUMAINS?

“Mo Allah hokki buri mo baaba hokki.” (Balndol fulbe)

« Celui ou celle qui reçoit un don de Dieu vaut mieux que celui ou celle qui reçoit un don de son père. » (Proverbe Fulbe)

« He/She to whom God gives excels the person to whom his/her father gives. » (Fulbe proverb)

Signification : Cherchez premièrement le don de Dieu car ce que donne l’être humain a ses limites. (Source: C.E.J. Whitting Hausa & Fulani Proverbs, 1935)

Parallélisme biblique

 En cette période de Noël, nous estimons que vous voudriez bien méditer sur un proverbe qui se rapporte, même indirectement, à cette fête dont l’éclat va au-delà des cercles chrétiens.  Celui que nous soumettons à votre appréciation vient de la riche et belle tradition peule. Les Fulbe disent : « Mo Allah hokki buri mo baaba hokki” (Celui ou celle qui reçoit un don de Dieu vaut mieux que celui ou celle qui reçoit un don de son père). Attardons-nous d’abord sur le sens de ce proverbe dans son contexte socioculturel.

Une simple lecture du dicton susmentionné fait apparaître qu’il  est récent dans la culture peule. En effet, si vocable « baaba » (qui désigne aussi bien le père biologique que le Roi/chef) relève du vocabulaire fulfulde préislamique, il n’en est pas de même pour le terme « Allah » qui date clairement de la période où les Fulbe étaient déjà exposés à l’islam. Cela dit, quelle est la moralité de cet adage? Comme le souligne si bien notre collègue Daniel Dama (un Pullo) dans une correspondance, « Ce proverbe compare la bénédiction humaine à la bénédiction divine, comme pour dire, cherchez premièrement l’onction du Tout-puissant, car ce que donne l’être humain a toujours des limites. Dans d’autres contextes, le proverbe peut signifier, ne compte pas sur l’héritage matériel que tu obtiendrais de tes parents, prie le Bon Dieu afin qu’il te donne ta part, car l’héritage de tes parents peut-être éphémère.»  Ainsi, les Fulbe nous invitent très sagement à fixer nos regards sur Dieu, la source de toute vraie bénédiction, au lieu de focaliser notre énergie sur les citernes crevassées de la générosité humaine.  Voilà qui nous plonge au cœur même de la nativité.

 En effet, l’histoire de la naissance du Seigneur Jésus-Christ peut se résumer en trois mots : don de Dieu. Le prophète Esaïe annonçait déjà, plusieurs siècles avant la venue du Messie: « Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix (Esaïe 9:5, La Bible du Semeur). Jean 3 :16 précise que ce don est motivé par l’amour parfait de Dieu et ce dans un but précis « … afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle. » Manifestement, la venue du Christ dans le monde s’inscrit dans la logique de l’économie du salut. Depuis Adam et Eve, tout être humain est pécheur (1 Rois 8 :46 ; Romains 3 :10-12). Or, Dieu est saint (Esaïe 6 :3 ; Jacques 1 :3 ; 1 Pierre 1 :16). Nul ne peut donc accéder à son paradis (où les bienheureux vivront éternellement dans un bonheur parfait) sans résoudre le problème du péché étant donné que le salaire du péché c’est la mort (Ezéchiel 18 :4, Romains 6 :23). Nos efforts personnels et nos bonnes œuvres n’arriveront jamais à purifier nos cœurs souillés (Esaïe 64 :6). La seule solution se trouve dans la foi en Jésus-Christ qui est mort et ressuscité pour satisfaire à la justice divine et sauver quiconque regrette sincèrement ses péchés, se détourne de sa mauvaise, et lui confie la direction totale de sa vie (Cf. Romains 10 :9 ; 1 Pierre 3 :18 ; 2 Corinthiens 5 :21 ; Romains 3 :26, Ephésiens 2 :10).

 Le paragraphe ci-dessus nous donne une idée de la profondeur de la venue du Messie dans ce monde ténébreux. Pourtant, quand nous regardons autour de nous, la mobilisation semble ne pas se faire autour du don divin pour le salut de l’humanité mais plutôt autour de ses emballages. Pour être plus précis, les gens se bousculent pour les achats, les soirées dansantes, les kermesses, les plats plantureux, les décorations, les réunions familiales, les jeux de lumière, le mythique Père Noël et sa bande, les plaisirs éphémères et les fameux cadeaux de la part des parents, des collègues, ou des amis. Mais, quelle place occupe réellement celui qui est à la base de cette immense mobilisation des petits et des grands, des riches et des moins nantis, des chrétiens et des non chrétiens ? Nous n’avons rien contre les festivités et les cadeaux de Noël. Il convient cependant de s’interroger à haute voix : quel sens ont-ils si nous négligeons le plus grand cadeau que l’humanité ait jamais connu ?  

Nous osons croire que, conformément à la logique de notre proverbe, vous avez su donner au don parfait de Dieu la place qui lui revient dans votre vie. Dans ce cas, réjouissez-vous dans la crainte respectueuse de Dieu et partagez cette joie avec ceux qui n’ont pas encore entendu la Bonne Nouvelle du salut gratuit pour quiconque regrette sa vie pécheresse, s’en détourne, et croit en Jésus-Christ. Par contre, si vous ne n’avez pas encore pris cette décision importante, nous vous invitons à faire de ce Noël une fête spéciale en donnant la priorité au cadeau divin. Nous vous proposons d’adresser à Dieu, en ce moment même, cette prière d’acceptation de son don parfait: «  O Seigneur, toi le seul vrai Dieu, Créateur de l’univers et de tout ce qu’il renferme, je viens à toi tel(le) que je suis. Je regrette sincèrement d’avoir péché contre toi et contre mes prochains. Daigne me pardonner. A partir d’aujourd’hui j’accepte le Seigneur Jésus comme celui qui est venu pour me sauver de la perdition et me donner la vie éternelle. Veuille inscrire mon nom dans le livre de vie et m’accorder la grâce et la force de vivre d’une manière qui t’honore et te glorifie jusqu’au terme de mon voyage ici bas. Et à l’heure où je quitterai cette terre, que je sois accueilli parmi les bons et fidèles serviteurs qui entreront dans la joie éternelle. Au nom de Jésus le Messie je te prie. Amen. »

Si vous avez pris cet engagement, nous nous réjouissons avec vous. Veuillez nous le faire connaître et nous serons heureux de mettre à votre disposition des ressources spirituelles qui vous aideront dans votre nouvelle marche avec le Seigneur. Voici notre adresse électronique : remeaf[at]gmail.com (veuillez remplacer [at] par @). Joyeux Noel à tous sous le regard bienveillant du Dieu Créateur!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2013.

SAGESSE ET PRUDENCE

“Taa yaawu kuboɗaa ɓonngu fe’irde: nyiwa e don nyaari wara.” (Fulbe proverb)

Ne te hâte pas de jeter ta hache à un moustique : l’éléphant vient en courant. » (Proverbe Fulbe)

“Do not rush to throw your hatchet on a mosquito: the elephant comes running” (Fulbe Proverb)

Signification: “Il ne faut pas se démunir inutilement et imprudemment de ce dont on pourra avoir besoin bientôt.”

Source : Adamou Issa et Roger Labatut Sagesse des Peuls nomades (Yaoundé : CLE, 1974) p. 43.


Parallelisme biblique

La sagesse est une composante essentielle des trois vertus cardinales du pulaaku. Or, qui dit sagesse, dit prudence. En effet, on ne saurait concevoir la sagesse sans une certaine mesure de prudence.  Le prédicateur jésuite Louis Bourdaloue (1632 – 1704) n’a pas tellement exagéré quand il a écrit : « Prudence ; de toutes les vertus requises pour le gouvernement, voilà sans contredit la plus importante. »

Les chemins de la vie passent par de multiples surprises. Voilà pourquoi les Fulbe nous invitent à ne pas jeter la hache à un moustique car il se pourrait qu’un éléphant se présente devant nous dans les secondes qui suivent le passage de l’insecte. Il serait dommage de se retrouver démuni par pure imprudence.

La Bible est pleine de récits qui se rapportent à la prudence. Sélectionnons-en trois :

1)      Dans Genèse 32, Jacob fait preuve d’une extrême prudence en préparant la rencontre avec  son frère Esaü compte tenu du fâcheux antécédent liée à la bénédiction arrachée par ruse.

2)      Dans le livre de Néhémie, du début à la fin, Néhémie agit avec prudence. Pour lui, la confiance en Dieu n’était pas incompatible avec les dispositions pratiques. En effet, il nous appartient de faire tout ce qui est en notre pouvoir, de laisser le reste au Seigneur, et de compter sur lui en tout temps.

3)      Dans 2 Rois 7, le roi reçoit une bonne nouvelle de la part des quatre lépreux mais envoie d’abord quelques hommes vérifier la justesse de l’information avant de laisser la population sortir massivement de la ville assiégée. En agissant ainsi, il voulait se rassurer qu’il n’y avait pas un piège.

La prudence est importante surtout en ces temps de la fin où l’Ennemi multiplie ses attaques à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté chrétienne. Notre Seigneur ne nous a-t-il pas ordonné d’être prudents dans ce monde ? Il est écrit : « Voici: je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes. » (Matthieu 10 :16, La Bible du Semeur).  Soyons prudents. Prenons les dispositions qui s’imposent. Ne gaspillons pas les ressources que Dieu nous donne. Préparons-nous à faire face à une hostilité plus grande de la part de non-chrétiens mais aussi de la part de faux frères et sœurs dans la foi. Ne dévoilons pas toutes nos stratégies. Ne les épuisons pas non plus. Demandons à notre père de nous combler de sa divine sagesse pour être toujours prêts à agir de la meilleure manière possible avec amour et prudence. Il est fidèle. Il le fera.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

D’OU VENONS-NOUS?

« To a andaa haa njahta, andu haa iwda .» (balndol fulbe)

“Si tu ne sais pas où tu vas, sache d’où tu viens.” (proverbe fulbe)

« If you do not know where you are going, know where you come from. » (Fulbe proverb)

signification: Quand on est perdu, il faut savoir revenir à la case départ et repartir à zéro. Pour mieux connaitre sa destinée, il faut connaitre son origine.


Parallélisme biblique

Les Fulbe nomades sont de véritables maîtres de la brousse. Ils n’ont besoin ni de routes, ni de boussole pour se déplacer à travers d’immenses brousses où le paysage est  d’une monotonie déroutante. Pour survivre  dans un tel contexte il faut avoir des repères. Aussi longtemps que les bergers savent d’où ils viennent et ce qu’il faut faire pour revenir au campement, ils peuvent se moquer de l’immensité de la brousse.  C’est à cette réalité que se rapporte premièrement notre proverbe.

Ce proverbe a aussi une dimension philosophique captivante.  Il est d’ailleurs intéressant de relever qu’il ressemble étrangement  à ce que le Talmud enseigne car nous y lisons : “Si tu veux savoir où tu vas, sache d’où tu viens.” La connaissance de son origine est un élément important pour la détermination de sa destinée. La personne qui ne sait pas  d’où elle vient court le risque d’être complètement déboussolée dans la vie. Malheureusement, c’est ce qui arrive à des centaines de millions de personnes dans notre monde postmoderne. Chaque année, le nombre de personnes qui se veulent athées, même dans des régions connues pour leur religiosité, ne fait  qu’augmenter. Notre monde est prêt à embrasser des philosophies et des idéologies on ne peut plus insolites. Mais il veut écarter Dieu des  écoles, des institutions étatiques, et des grandes décisions politiques. Est-il  étonnant que l’éthique s’évanouisse, que le désordre s’installe,  et que l’avenir soit toujours plus incertain ? Décidément, une grande partie de la population humaine ne sait pas où elle va.

Nous pensons qu’il est grand temps de revenir à Dieu, la source de notre existence, de notre vie. Darwin et ses disciples se sont efforcés tant bien que mal d’enseigner que Dieu n’est pas notre créateur, mais aujourd’hui très peu de scientifiques respectables (même irréligieux) s’accrochent à la théorie de l’évolution. De nombreux savants reconnaissent la véracité de l’enseignement scripturaire. La Bible ne laisse planer aucun doute sur notre origine.  Nous ne sommes pas le fruit d’une évolution douteuse, nous avons été créés par Dieu (Genèse 1 :26-31 ; 2 :18-25). Vivre sa vie sans Dieu c’est courir le plus gros risque de sa vie, c’est se lancer sur la voie de la perdition éternelle. Dieu est notre Créateur. Il sait de quoi nous sommes faits. Il sait ce que nous devons faire pour vivre pleinement la vie qu’il a bien voulu nous prêter. Il sait la voie que nous devons suivre pour passer l’éternité dans un bonheur parfait. Au terme de notre aventure humaine sur cette planète, c’est Dieu qui aura le dernier mot. Il jugera l’humanité. A l’issue de ce jugement, les rachetés passeront l’éternité au paradis tandis que les autres souffriront éternellement en enfer (Apocalypse 20 :1-22 :16) Lui tourner le dos est donc aussi suicidaire qu’abandonner la source d’eau vive pour creuser des citernes crevassées qui retiennent pas l’eau (Jérémie 2 :12-13.  Mais se tourner vers Dieu et le prendre pour appui, c’est aller à la source du vrai bonheur (Psaume 4 :7-9 ; Apocalypse 21 :1-4).

Nous venons de Dieu et nous allons à Dieu. Il serait absurde de vivre notre vie sans ce Créateur qui nous aime pourtant d’un amour éternel. Vivre sans Dieu ou vivre sans tenir compte du fait que nos origines se trouvent en lui, c’est avancer les yeux fermés sur la voie de l’égarement. Ne commettons jamais cette erreur fatale. Croyons en Dieu, plaçons-le au cœur de nos vies, suivons la voie qu’il nous indique dans les Saintes Écritures, marchons sur les traces du Seigneur Jésus-Christ, et laissons le Saint-Esprit remplir nos cœurs. C’est alors que nous avancerons avec assurance sur le chemin de la vie, sachant d’où nous venons et où nous allons.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

LA MECHANCETE N’A PAS D’AMI

“To a don wasa ngaska ngayandi ta luggin.” (Balndol fulbe)

« Si tu creuses le trou de la méchanceté, ne l’approfondis pas. » (proverbe Fulbe)

« If you dig a hole of wickedness, do not dig deep.” (Fulbe proverb)

Signification: « Si tu tends un piège à ton prochain, tu y tomberas toi-même. »


Parallélisme biblique

La sagesse Fulbe utilise ici une image forte. C’est celle d’une méchante personne qui creuse un trou profond pour faire du mal à son prochain et qui s’y retrouve elle-même. A travers ce proverbe, le Fulbe mettent la société en garde contre les coups bas, les pièges, les complots et divers actes de méchanceté perpétrés contre les prochains.

C’est exactement ce que la Bible déclare en Proverbes 26 :27 : « Celui qui creuse une fosse y tombe, Et la pierre revient sur celui qui la roule. » (La Bible du Semeur). En effet, Dieu condamne la méchanceté sous toutes ses formes. Les dix commandements, qui trouvent leur meilleure synthèse dans l’amour (pour Dieu et pour les prochains) qu’enseigne le Christ, attirent notre attention sur la volonté de Dieu de détacher ses créatures des chaînes de la méchanceté.  Le déluge (Cf. Genèse 6 :5-8) et de nombreux autres jugements qui ont frappé des peuples et des individus depuis  la création sont assez eloquents sur les conséquences de la méchanceté.

La méchanceté n’est pas une amie car elle a l’art de se retourner contre celui ou celle qui en est la source. A ce titre, Sénèque avait raison  d’écrire que « La méchanceté boit elle-même la plus grande partie de son venin. » Ce qui est arrivé à  Haman doit nous servir de leçon,  lui qui en voulait tellement à Mardochée qu’il a monté un plan dans le but de tuer ce dernier et même massacrer  tous ceux de sa race, notamment les Juifs.  Mal lui en a pris, car il s’est retrouvé pendu au poteau qu’il avait apprêté   pour Mardochée  (Voir Esther 3 :1-7 :10).

Dans ce monde où l’orgueil, la jalousie, les calculs politiques, les intérêts égoïstes et de nombreuses autres raisons poussent des personnes à se livrer au jeu mortel de la méchanceté, marquons la différence en nageant à contre courant. Demandons à Dieu de transformer nos cœurs, de nous donner une nouvelle vision de la vie en société et de nous remplir de la force spirituelle nécessaire qui nous permettra d’aimer tous nos prochains. Ne laissons pas les pratiques religieuses nous détourner de l’essentiel ou, pire encore, servir de prétexte pour couvrir et justifier des actes de méchanceté. L’heure est venue de réécouter le message divin sur le vrai jeûne : « Le jeûne qui me plaît est celui qui consiste à détacher les liens de la méchanceté, à délier les courroies de toute servitude, à mettre en liberté tous ceux que l’on opprime et à briser toute espèce de joug. C’est partager ton pain avec ceux qui ont faim, et offrir l’hospitalité aux pauvres sans abri, c’est donner des habits à celui qu’on voit nu, ne pas te détourner de ton prochain.  (Esaïe 58 :6-7, La Bible du Semeur). Ici, le texte montre qu’il n’est pas normal de garder les liens de la méchanceté sous le manteau de la religiosité.  Colossiens 3 :5-11  dit la même chose, en d’autres termes : « Faites donc mourir tout ce qui, dans votre vie, appartient à la terre, c’est-à-dire: l’inconduite, l’impureté, les passions incontrôlées, les désirs mauvais et la soif de posséder qui est une idolâtrie. Ce sont de tels comportements qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui refusent de lui obéir. Et vous-mêmes aussi, vous commettiez ces péchés autrefois lorsqu’ils faisaient votre vie. Mais à présent, débarrassez-vous de tout cela: colère, irritation, méchanceté, insultes ou propos grossiers qui sortiraient de votre bouche! Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtes dépouillés de l’homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements, et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau. Celui-ci se renouvelle pour être l’image de son Créateur afin de parvenir à la pleine connaissance. Dans cette nouvelle humanité, il n’y a plus de différence entre Juifs et non-Juifs, entre circoncis et incirconcis, étrangers, barbares, esclaves, hommes libres: il n’y a plus que le Christ, lui qui est tout et en tous. » (La Bible du Semeur).

La méchanceté est incompatible avec la vie nouvelle en Christ. Toute personne qui croit en Dieu est appelé à s’en distancer. Fuyons la méchanceté et poursuivons la bonté.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

LIBERALITE CHRETIENNE

«Dokkudo ma mbeewa, ta wanyan mo laral. » (Balndol fulbe)

« Si quelqu’un te donne une chèvre, ne lui refuse pas la peau ». (Proverbe fulbe)

“Do not refuse the animal’s skin to the person who gave you a goat. » (Fulbe Proverb)

Signification: Il n’est pas bon de refuser un petit don ou un petit service à une personne très généreuse.

Parallélisme biblique

Ce proverbe nous replonge dans le riche univers des Fulbe. Dans ce contexte, la peau des animaux domestiques est utilisée par fabriquer mille et une choses. Ceux qui ont déjà visité  des centres artisanaux dans des régions où vivent les Fulbe ont certainement vu des coussins, des sandales, des instruments de musique, des sacs, et de nombreux objets d’art fabriqués à base de peaux d’animaux domestiques. L’image utilisée  ici est celle de quelqu’un qui reçoit gracieusement une chèvre et qui l’égorge. Si le donateur ou la donatrice lui demande la peau de l’animal, celui ou celle qui a reçu la chèvre ne doit en aucun cas la lui refuser. En réalité, la peau ne représente rien par rapport à l’animal et un tel refus traduirait une ingratitude caractérisée.

En réfléchissant sur ce proverbe, nous avons tout de suite pensé aux diverses recommandations bibliques relatives à libéralité chrétienne. Dieu nous a tout donné gratuitement : le souffle de vie, l’air que nous respirons, la santé, l’intelligence, la force de travailler et tous les biens matériels et immatériels dont nous disposons. Mais, comment réagissons-nous quand il nous demande de donner quelque chose en retour pour soutenir les activités et les ouvriers de l’eglise, les œuvres missionnaires et les organisations chrétiennes ?  Les recettes des églises locales sont parfois si faibles qu’on se demande si le nombre de fidèles qui la fréquente reflète la réalité. Des œuvres chrétiennes n’arrivent pas à réaliser certains projets importants car le financement attendu tarde à venir. L’église n’arrive pas à secourir convenablement  des personnes en détresse faute de moyens. Les finances font cruellement défauts au sein de nombreux mouvements chrétiens. A qui la faute ? Avant de jeter la première pierre, que chacun s’examine soi-même et se pose la question suivante : ai-je donné fidèlement pour soutenir l’œuvre de Dieu ? A tous ceux et celles qui sont des leaders et des gestionnaires, une question secondaire s’impose : ai-je géré fidèlement toutes les ressources que Dieu me confie ?

Dieu a dit : « Un homme peut-il voler Dieu? Pourtant, vous me volez, et puis vous demandez: «En quoi t’avons-nous donc volé?» Lorsque vous retenez vos offrandes et vos dîmes! Vous êtes sous le coup d’une malédiction parce que tout ce peuple, vous tous, vous me volez. Apportez donc vos dîmes dans leur totalité dans le trésor du Temple pour qu’il y ait des vivres dans ma demeure! De cette façon-là, mettez-moi à l’épreuve, déclare l’Eternel, le Seigneur des armées célestes: alors vous verrez bien si, de mon côté, je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, et ne vous comble pas avec surabondance de ma bénédiction. Pour vous, je détruirai l’insecte qui dévore. Il ne détruira plus les produits de vos terres, et vos vignes, dans vos campagnes, ne manqueront plus de leurs fruits, déclare l’Eternel, le Seigneur des armées célestes. » (Malachie 3 :8-11, La Bible du Semeur). Tout en étant conscient du fait que nous soyons ici sous l’ancienne alliance et du danger du légalisme nous retenons ici un principe important : Dieu veut que nous lui donnions une portion de ce qu’il nous confie. En réalité tout a été créé par Dieu (Genèse 1 :1-31) et tout lui appartient (Psaume 24 :1-2 ; 50 :12 ; 95 :1-7). Nous ne sommes que des gestionnaires.

Si nous en sommes pleinement conscients, nous ne nous contenterons pas seulement de donner la quelques piécettes au moment des offrandes si nous pouvons mieux faire. Nous ne nous conterons même pas de donner la dîme. Nous donnerons davantage et sans contrainte conformément à ce que la Bible enseigne en 1 Corinthiens 9 :7-9 : « Que chacun donne ce qu’il aura décidé en son cœur, sans regret ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie. Il a aussi le pouvoir de vous combler de toutes sortes de bienfaits: ainsi vous aurez, en tout temps et en toutes choses, tout ce dont vous avez besoin, et il vous en restera encore du superflu pour toutes sortes d’œuvres bonnes, ainsi qu’il est écrit: On le voit donner largement aux indigents. Il demeure pour toujours approuvé par Dieu. » (La Bible du Semeur).

Dieu est si bon envers nous. Ses bienfaits sont innombrables. Ne soyons pas ingrats. Ne lui refusons pas ce qu’il nous demande de donner en vue de l’avancement de son règne. Donnons librement, régulièrement, généreusement et joyeusement.

(c) Copyright, Moussa Bongoyok, 2010

L’OBJECTIVITE: UNE QUALITE A CULTIVER

« No a wanyiri nyiiwa fuu, ta wi’u a heebintaa fayaande. » (Balndol Fulbe).

« Quelle que soit la haine que tu as pour l’éléphant, il ne faut pas dire qu’il ne peut pas remplir une marmite. » (Proverbe Fulbe).

« Whatever hatred you have for the elephant, do not say it cannot fill a pot.” (Fulbe proverb).

Signification : Il ne faut pas nier ce que est évident.

Parallélisme biblique

Ce proverbe Fulbe pourrait faire sourire plus d’une personne. Et pourtant, pour une bonne partie de la population humaine, la subjectivité semble s’être autoproclamée reine des conversations et des analyses. La neutralité, l’impartialité, le désintéressement ou l’objectivité ont tendance à devenir des « espèces en voie de disparition », même parfois dans nos tribunaux. C’est déjà malheureusement le cas dans certaines sociétés où la corruption s’est érigée en norme.

Bien entendu, Dieu condamne de tels agissements. Il déclare, par la bouche de son prophète Esaïe : « Malheur à vous qui nommez le mal bien et le bien mal, vous qui changez la lumière en ténèbres, les ténèbres en lumière, vous qui changez l’amertume en douceur et la douceur en amertume. » (Esaïe 5 :20, La Bible du Semeur).

Mais, peut-on objecter, comment définir objectivement  le bien ou le mal ? Tout n’est-il pas relatif ? Ce qui condamné comme un péché dans une culture ne peut-il pas être un acte de bravoure hautement apprécié dans une autre ? C’est vrai, nos cultures sont diverses et nos jugements ont tendance à être colorés par nos lunettes culturelles, politiques, idéologiques ou religieuses. Mais c’est justement pour cela qu’il nous faut rechercher l’objectivité. N’oublions pas que nous ne nous sommes pas créés nous-mêmes. De la même manière que nous prenons très au sérieux les instructions qui accompagnent les appareils que nous achetons, n’est-il pas sage de recourir aux directives de notre Créateur ?

Salomon l’a vite compris et a adressé à Dieu une prière dans ce sens : « Veuille donc donner à ton serviteur l’intelligence nécessaire pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu’il sache discerner entre le bien et le mal! Sans cela, qui pourrait administrer la justice pour ton peuple qui est si nombreux? » (1 Rois 3 :9, La Bible du Semeur). Dieu a exaucé sa prière. Il donne la sagesse à quiconque la lui demande et met à la disposition de l’humanité sa parole, la Bible. Le psalmiste dit d’ailleurs au sujet de cette dernière : «Ta parole est comme une lampe qui guide tous mes pas, elle est une lumière éclairant mon chemin. » (Psaume 119 :105, La Bible du Semeur).

La Bible est la norme divine. Elle doit être au-dessus de nos cultures, des nos courants de pensées, de nos convictions religieuses. Tout(e) théologien(ne) qui se respecte est conscient(e) du fait que certains passages bibliques sont difficiles et reconnait que certains textes sont diversement interprétés. Mais, il ou elle admettra aussi que sur toutes les questions essentielles de la vie et de la destinée humaine, la Bible contient des déclarations claires et offre des principes qui ne souffrent d’aucune ambiguïté pour quiconque veut voir le monde comme Dieu le voit, dans une parfaite objectivité.

Parlant de l’objectivité, si la Bible était le produit de la subjectivité humaine elle passerait sous silence les péchés des grands hommes et femmes de foi. Par exemple Abraham, l’ami de Dieu et le père des croyants, est loué pour sa foi extraordinaire, mais ses déviations spirituelles tels que les mensonges ou l’impatience ne sont pour autant pas passés sous silence (Voir Genèse 12 :10-20 ; 16 :1-6 ; 20 :1-18). Par ailleurs, David l’homme selon le cœur de Dieu est apprécié pour ses nombreuses qualités, mais ses péchés (convoitise, adultère, crime, et vengeance) sont clairement décrits dans la Bible. Il suffit de lire des textes comme 2 Samuel 11 :1-26 ; 1 Rois 2 :5-9). David a été honoré par Dieu quand il agissait bien mais il était aussi puni quand il agissait mal en dépit de l’amour spécial que le Seigneur avait pour lui. On pourrait multiplier les exemples…

Dieu est si objectif dans ses jugements qu’il sait relever et récompenser le bien et condamner le mal même en ses propres amis. Par ailleurs, il juge objectivement ceux qui ne l’aiment pas. Voyons, à titre d’illustration, cette comparaison entre Israël et les nations païennes du temps du prophète Jérémie : «Rendez-vous donc aux îles de Kittim, et regardez! Ou envoyez des hommes à Qédar et qu’ils observent bien! Voyez si jamais il arrive une chose pareille: existe-t-il un peuple qui ait changé de dieux? Et pourtant ces dieux-là ne sont pas de vrais dieux! Pourtant, mon peuple a échangé celui qui fait sa gloire contre ce qui ne sert à rien! Cieux, étonnez-vous-en, soyez-en horrifiés et consternés, l’Eternel le déclare. Car mon peuple a commis un double mal: il m’a abandonné, moi, la source d’eaux vives, et il s’est creusé des citernes, des citernes fendues et qui ne retiennent pas l’eau. » (Jérémie 2 :10-13, La Bible du Semeur). Dans ce texte, Dieu reconnait que les nations païennes ont au moins le mérite d’être loyales à leurs faux dieux (quoiqu’elles soient toujours sur la voie de la perdition) tandis que son propre peuple est déloyal (et sera aussi puni pour cela).

Dans le Nouveau Testament, le Christ a clairement prêché que le gens de ce monde sont perdus et ont besoin de repentance et de conversion en vue de leur salut. Mais il a aussi relevé leur habileté supérieure en affaires : « …En effet, ceux qui vivent pour ce monde sont plus avisés dans leurs affaires avec leurs semblables que les enfants de la lumière. » (Luc 16 :8, La Bible du Semeur).

Notre Seigneur représente les événements, les objets et les êtres tels qu’ils sont en réalité. Ses jugements et ses analyses ne souffrent d’aucune déformation. Sommes-nous en train de marcher sur ses traces ?

Certains sont en train de le faire et nous les encourageons vivement à continuer dans cette lancée. D’autres sont malheureusement en train de nier les évidences, de déformer les réalités, ou de faire des exagérations, ou de falsifier les informations, pour de nombreuses raisons : racisme, tribalisme, clanisme, régionalisme, clientélisme, trafic d’influence, aveuglement, corruption, haine, jalousie, malhonnêteté, etc. Et pourtant, un autre proverbe africain dit : « Même si le lièvre est ton ennemi, il faut reconnaitre qu’il court plus vite que toi. » Comment voulons-nous progresser au plan socio-économique et spirituel si nous sommes incapables de faire preuve d’objectivité dans nos analyses et dans nos déclarations et, mieux encore, d’agir conséquemment ? Dépassons nos intérêts égoïstes et nos déformations culturelles. Sachons féliciter ceux et celles qui travaillent bien et avertir ceux et celles qui font un mauvais travail. Evitons de nommer le bien mal et le mal bien. Soyons toujours impartiaux dans nos jugements et objectifs dans nos analyses. C’est la volonté de Dieu à notre égard.

Copyright © 2009, Moussa Bongoyok.

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