Archive for the ‘gestion’ Category

NON AU MENSONGE

“Ta kǝda ndo ncèkelma di a gèd a midè.” (N’gèlègèdma mafahai)

“On tue le menteur avant le sorcier.” (Proverbe mafa)

« People kill the liar before the sorcerer. » (Mafa proverb)

Signification: Le mensonge peut avoir des conséquences plus désastreuses qu’on ne le pense.

Parallélisme biblique

Dans la culture Mafa, les membres de la société sont classés en deux groupes : les non sorciers et les sorciers. Celui ou celle qui n’est pas sorcier/sorcière (mblèzh) n’a aucun pouvoir surnaturel tandis que le sorcier ou la sorcière  (midè) en a et se sert souvent de forces occultes pour faire du mal aux autres. Quoique cela ne soit pas toujours justifié et que tous ceux qu’on traite de sorciers ne le soient pas nécessairement, on les accuse souvent d’être à l’origine des échecs, des maladies, des épidémies, des catastrophes naturelles, des décès et de bien d’autres maux dans la société. On comprend pourquoi les sorciers sont redoutés et haïs. Ils sont manifestement sous l’influence de Satan et des puissances ténébreuses.

Mais, curieusement, notre proverbe affirme qu’on tue le menteur avant le sorcier. A priori, on pourrait rapidement expliquer cela par le fait qu’il est plus facile de vérifier un mensonge qu’une accusation de sorcellerie. C’est vrai, mais le proverbe a un sens plus profond. Les Mafa veulent dire que, quoique la sorcellerie soit dangereuse, le mensonge l’est davantage. Il convient donc d’éviter de mentir.

Le mensonge se glisse facilement dans nos conversations. Parfois il parait aussi négligeable et inoffensif qu’un bébé panthère. Seulement, il peut rapidement grandir et devenir un monstre indomptable causant des ravages indescriptibles. Jouer avec le mensonge, c’est donc jouer avec le feu. On comprend alors pourquoi la Bible condamne le mensonge en de nombreux endroits. L’un des dix commandements stipule : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. » (Exode 20 :16, La Bible du Semeur). Le Seigneur a en abomination le mensonge (Psaume 5 :7). Le texte de Proverbes 12 :22 abonde dans le même sens en précisant que «Les lèvres menteuses sont en horreur à l’Eternel, mais ceux qui sont véridiques lui font plaisir. » (La Bible du Semeur). Dieu est lumière et vérité. Le mensonge est donc contraire à sa nature. C’est plutôt Satan qui est le Père du mensonge (Jean 8 :44). Il est alors facile de comprendre pourquoi ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ne seront pas dans son royaume : « Mais dehors les hommes ignobles, ceux qui pratiquent la magie, les débauchés, les meurtriers, ceux qui adorent des idoles et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge. » (Apocalypse 22 :15, La Bible du Semeur). Ne soyons donc pas du nombre de ceux qui qui prennent plaisir à mentir. Au contraire, écoutons la voix du Seigneur qui déclare : « C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain. Ne sommes-nous pas membres les uns des autres? » (Ephésiens 4 :25, La Bible du Semeur). Nous retrouvons un message semblable dans la première épitre de Paul aux Colossiens où nous lisons : « Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtes dépouillés de l’homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau. Celui-ci se renouvelle pour être l’image de son Créateur afin de parvenir à la pleine connaissance. » (Colossiens 3 :9-10, La Bible du Semeur). Nous avons tous failli d’une manière ou d’une autre. Que faire ? La Bible nous propose deux voies : repentance et renonciation.

La repentance s’impose d’abord. Il ne sert à rien de justifier un mensonge, car cela équivaudrait à s’enfoncer davantage dans la boue du péché. Il vaut mieux reconnaître humblement son péché et implorer le pardon des personnes offensées aussi bien que celui du Seigneur. En effet, « Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis. » (1 Jean 1 :8, La Bible du Semeur). Toutefois, ne perdons pas de vue qu’une confession sincère est suivie de réparation. Le cas de Zachée est éloquent (Luc 19 :1-10) et peut nous servir de source d’inspiration. Une confession. Dans certain cas, une simple confession peut être satisfaisante. Dans d’autres, une réparation en  bonne et due  forme s’impose pour restituer l’honneur des personnes faussement accusées et redresser ce qui peut l’être. Cela nécessite beaucoup d’humilité, de courage et de sagesse mais le résultat est souvent très honorable. Pour certains cas délicats, le conseil d’un serviteur de Dieu – qui craint Dieu et sait agir dans la discrétion – est vivement recommandé.

Ensuite vient la renonciation. Quand Jésus a pardonné à la femme surprise en flagrant délit d’adultère, il lui a dit : « Va, mais désormais, ne pèche plus» (Jean 8 :11). Le même conseil est valable après la confession du mensonge et l’obtention du pardon de Dieu et des personnes offensées. Concrètement, cela peut aller jusqu’à de profond changements dans le choix de ses amis intimes, des lieux qu’on fréquente, des causeries auxquelles l’on participe, etc. Il convient de fuir les personnes ou les situations qui poussent souvent à mentir et de passer plutôt  le gros de  temps avec des amis qui aiment Dieu et qui se livrent à des causeries saines.

Choisir de vivre dans la crainte de Dieu et de pratiquer la vérité (en public comme en privé) n’est pas forcément la décision la plus populaire dans un monde qui aime de moins en moins la vérité, mais c’est la voie de la sagesse.  Le mensonge détruit tout sur son passage. Des individus, des familles, des églises locales, des communautés, voire des pays entiers ont été ruinés par le mensonge. Ne continuons pas à alimenter son feu destructeur en y jetant plus de bois de paroles mensongères. Renonçons à la vie de mensonge et marchons dans la vérité. Cela nous guérira, et fera du bien à nos familles, à nos églises, et à nos pays. Par-dessus-tout, la vérité honore notre Dieu. Daigne le Seigneur nous accorder la grâce et le courage de  renoncer au mensonge sous toutes ses formes et le pourvoir de nous engager résolument sur la voie de la vérité selon la sagesse qu’il lui plaira de nous accorder tant au plan religieux, politique, économique, et  social! Amen.

© Copyright, Mousa Bongyok, 2011.

IL Y A DE L’ESPOIR

« Fin moun bé to missin ya la ô dan yé fini kissè yé. » (Proverbe bambara)

« Seul le grain de fonio reste minuscule. »  (Proverbe bambara).

« Only a fonio grain remains tiny.”  (Bambara proverb).

Signification : « Tout peut changer dans la vie – dans le bon sens. Quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, elle s’améliorera un jour. »

Source : http://www.malikounda.com/discussions/mali-societe-f3/proverbes-bambara-t2854.html

Parallélisme biblique

L’un des chapitres les plus tristes de l’histoire du continent africain est en train de s’écrire en ce moment.  Des forces extérieures et intérieures semblent s’acharner contre un continent déjà très affaibli par de nombreuses meurtrissures. Les coups subis sont d’autant plus dangereux qu’ils sont  savamment masqués dans des paquets d’humanisme, de bienfaisance, ou d’intérêts supérieurs. Entre temps, les  plus faibles croulent sous le poids des éléphants du village planétaire  dont les grandes oreilles sont devenues subitement sourdes aux nombreux appels.

La masse qui s’enfonce davantage dans le gouffre existentiel ne semble plus avoir que ses yeux pour pleurer. Le découragement  hante ses nuits déjà perturbées par des douleurs qui sont à peine identifiées, tellement elles défilent à un rythme vertigineux. Que faire ? Où aller ? C’est là où la sagesse bambara peut nous être d’une grande utilité : « Seul le grain de fonio reste minuscule »  ou, en d’autres termes, il y a toujours de l’espoir même quand le désespoir semble régner. Tout peut changer dans la vie.

Le Dieu Créateur est juste et bon. Il ne permettra pas que ceux qui font subir sciemment des injustices aux autres le fassent éternellement. Il ne restera nullement sourd aux cris des malheureux. Il saura relever en temps opportun  ceux qui sont humiliés et incapables de briser le joug des oppresseurs. N’est pas lui qui a dit : « Celui qui fait la sourde oreille quand le malheureux appelle à l’aide,
appellera lui-même à l’aide sans obtenir de réponse » ? (Proverbes 21 :13, la Bible du Semeur) Il est aussi celui qui a dit ceci par la bouche de son serviteur Michée :

« L’Eternel s’adresse à la ville:
      —la sagesse, c’est de le craindre:
      alors, écoutez la menace de votre châtiment
      et celui qui l’envoie—

     «Supporterai-je encore, communauté méchante,
      les biens injustement acquis,
      les mesures réduites, objets de ma malédiction?

    «  Laisserai-je impuni celui qui utilise des balances faussées
      et qui a dans son sac des poids truqués?

    « Les riches de la ville ont recours à la violence,
      ses habitants profèrent des mensonges,
      leur langue ne fait que tromper.

   «A mon tour, je vous frapperai, jusqu’à vous en rendre malades,
      je vous dévasterai à cause de vos fautes,

      vous mangerez sans être rassasiés,
      cela vous tordra les entrailles.
      Vous ferez des réserves, vous n’en sauverez rien.
      Ce que vous sauveriez,
      je le livrerai à l’épée.

   « Vous sèmerez
      sans pouvoir moissonner;
      vous presserez l’olive,
      mais sans vous frotter d’huile;
      vous foulerez les grappes,
      sans en boire le vin. » (Michée 6 :9-15, La Bible du Semeur).

Au lieu de l’oppression, de la violence, de la fausseté, de la ruse, et de nombreuses injustices, voici plutôt la voie que trace le Seigneur devant tout être humain: « On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. » (Michée 6 :8, La Bible du Semeur).

Dans tous les cas, le Dieu Créateur saura prendre lui-même en main la défense des faibles et réduire à néant les armes de ceux et celles qui se croient invincibles. Dieu saura consoler ceux et celles qui pleurent (Matthieu 5 :4). Le Dieu qui a délivré Joseph de la prison où il était jeté abusivement et l’a élevé au rang de la seconde personnalité du pays est vivant. Le Dieu qui a précipité le pharaon et son armée dans la mer est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. Le Dieu qui a déjoué le complot de Haman et élevé ceux-là même qu’il voulait anéantir est toujours sur le trône de l’univers. Le Dieu qui a ouvert les yeux des aveugles et fait parler des muets n’a pas dit son dernier mot…

Africaines, Africains, et victimes de l’oppression et des injustices à travers le monde,  ne baissons pas le bras. Ceci n’est pas le temps de s’éloigner de Dieu ou de sombrer dans le découragement. Cela équivaudrait à un arrêt de mort. Approchons-nous plutôt du Seigneur d’un cœur sincère et repentant. Donnons-lui la direction totale de nos vies, de nos communautés. Puisons en lui l’espoir et  la force de lutter pour que triomphent l’amour du prochain et la justice sociale. Œuvrons pour que le présent s’incline devant le futur et que les générations futures brillent d’une dignité éternelle.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

SI LA BARBE DE TON VOISIN PREND FEU…

« Da dengui touna ni hanga siné kabé ga, iadinga boro ma hari dam ni wono ga zama boro si bey alla ga ka boroga. » (Proverbe dendi).

« Si la barbe de ton voisin prend feu, arrose la car tu ne sais pas si la tienne va prendre feu. » (Proverbe dendi)

« When your neighbour’s beard catches fire you should put water on it because yours may catch fire too. » (Dendi Proverb)

Signification: Il est impératif de voler au secours des prochains qui souffrent ou de ceux qui sont en danger dans la mesure du possible, sous peine de connaitre le même sort.

Source: http://www.uraca.org/download/editing/dendis/Uraca_Cycledendi_ProverbesDendi.pdf


Parallélisme biblique

Une autre variante du même proverbe stipule:  » Si la barbe de ton voisin prend feu, mouille la tienne. »

En ces temps difficiles de soulèvements populaires dans plusieurs pays, dirigeants et populations, pays concernés et nations ou régions voisines, et nous tous qui suivons les évènements de près ou de loin, avons  intérêt à prendre très au sérieux ce proverbe qui nous rappelle la règle d’or suivante:

« Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous, car c’est là tout l’enseignement de la Loi et des prophètes. » Matthieu 7:12 (La Bible du Semeur)

Si nous appliquions ce simple principe biblique, la justice sociale règnerait, les populations seraient heureuses, les dirigeants seraient en paix, et l’égoïsme ne déchirerait pas la communauté internationale.


(c) Moussa Bongoyok, 2011.

SECRET DE BENEDICTIONS POUR LA NOUVELLE ANNEE

“Mche Mungu upate rehema zake milele.” (Swahili proverb)

“Crains Dieu et tu obtiendras ses bénédictions éternelles.” (proverbe swahili)

“Fear God so that you earn His everlasting blessings.” (Swahili proverb)

Signification: La crainte respectueuse de Dieu est le secret des vraies bénédictions.

Parallélisme biblique

Le début d’une nouvelle année est immanquablement riche en vœux. Les souhaits de bonheur, de santé, et de prospérité, fusent de partout. Nous ne saurons les négliger, surtout quand ils proviennent des amis, des parents, ou des collègues bien intentionnés. Cependant, un constat s’impose.

S’il est vrai que nous désirons tous que les échecs et les frustrations de l’année écoulée cèdent la place à la joie et aux bénédictions diverses, il n’en demeure pas moins que nous semblons peu disposés à en payer le prix.  Tout se passe comme si nous voulions faire l’omelette sans casser les œufs.

« C’est une erreur grave ! » s’écrie notre proverbe swahili. Si nous voulons jouir du bonheur en cette nouvelle année,  si nous voulons qu’elle soit joyeuse et bénie, donnons la priorité au Dieu Créateur.  Donnons-lui la primauté dans nos pensées, dans nos regards, dans nos paroles, et dans nos actions. Respectons-le. Ecartons-nous du mal et pratiquons le bien. C’est alors que nous jouirons de ses bénédictions, encore faut-il savoir que ces bénédictions ne se résument pas aux biens matériels. Qui pourrait acheter la joie, la paix, ou la vie au supermarché ?

Dieu bénit. La Bible l’enseigne. Nous n’avons pas besoin de recourir à la théologie de la prospérité avec toutes se déviances pour le réaliser. Certaines bénédictions se répandent sur tous car Dieu fait lever son soleil et pleuvoir sur les justes et sur les injustes (Matthieu 5 :45). Mais, le Seigneur réserve des bénédictions spéciales à ceux et celles qui lui obéissent. C’est ainsi que nous lisons dans l’Ancien Testament :

“Si vous écoutez attentivement la parole de l’Éternel votre Dieu et si vous obéissez à tous les commandements que je vous donne aujourd’hui, si vous les appliquez, alors l’Eternel votre Dieu vous fera devenir la première de toutes les nations de la terre. Si vous obéissez à l’Eternel votre Dieu, voici toutes les bénédictions dont Dieu vous comblera. Vous jouirez de ces bénédictions à la ville comme aux champs. Il vous bénira en vous donnant de nombreux enfants et d’abondantes récoltes, en multipliant le nombre de vos bœufs, de vos moutons et de vos chèvres. Il vous bénira en remplissant votre corbeille et votre pétrin. Il vous bénira lors de vos allées et venues, au départ comme à l’arrivée. L’Éternel mettra en déroute les ennemis qui vous attaqueront; s’ils marchent contre vous par un seul chemin, ils s’enfuiront en débandade en tous sens. Éternel vous bénira en remplissant vos greniers et en faisant réussir tout ce que vous entreprendrez. Oui, l’Éternel votre Dieu vous bénira dans le pays qu’il vous donnera. Si vous obéissez aux commandements de l’Éternel votre Dieu et si vous suivez les chemins qu’il vous a prescrits, il fera de vous un peuple saint pour lui, comme il l’a promis par serment. Tous les peuples de la terre verront alors que l’Éternel est invoqué en votre faveur et ils auront du respect pour vous. L’Éternel vous comblera de biens dans le pays qu’il a promis par serment à vos ancêtres de vous donner, il vous accordera de nombreux enfants, multipliera vos troupeaux et vous donnera des récoltes abondantes. L’Éternel ouvrira pour vous son bon trésor céleste pour donner en temps voulu la pluie nécessaire aux terres et pour bénir tout travail que vous accomplirez. Vous prêterez à de nombreuses nations et vous n’aurez vous-mêmes pas besoin d’emprunter. L’Éternel vous fera tenir le premier rang parmi les peuples, jamais le dernier. Vous occuperez toujours la position la plus haute, et non une position inférieure, à condition que vous écoutiez les commandements de l’Éternel votre Dieu, que je vous prescris aujourd’hui, pour y obéir et les appliquer, sans vous écarter ni dans un sens ni dans l’autre de tout ce que je vous ordonne aujourd’hui, pour vous attacher à d’autres dieux et leur rendre un culte. » (Deutéronome 28:1-14, La Bible du Semeur)

Dans une certaine mesure, ce texte abonde dans le même sens que Matthieu 6 :33 où il écrit : « Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus.” (La Bible du Semeur).

Dieu bénit ceux qui lui donnent la priorité dans leur vie et lui obéissent.

Toutefois, nous ne perdons pas de vue que, dans sa souveraineté, le Seigneur peut permettre que ceux qui lui obéissent connaissent des privations, des persécutions, et même le martyre. Le chapitre onze de l’épître aux Hébreux et les diverses épreuves endurées par l’apôtre Paul en sont des preuves solides parmi tant d’autres. Cependant, même quand cela arrive, des bénédictions plus profondes sont toujours présentes et inébranlables. C’est ainsi que, par exemple, la joie de l’apôtre Paul est resplendissante même au cœur des épreuves (lire l’épître aux Philippiens).  Dieu fait concourir toutes choses (apparemment favorables ou défavorables) au bien de ceux qui l’aiment (Cf. Romains 8 :28). Par contre, ceux et celles qui ne l’aiment pas s’exposent à des malédictions certaines et diverses même s’ils semblent prospérer momentanément aux yeux des êtres humains.

Si nous voulons que cette nouvelle année soit bonne, heureuse, et fructueuse, ayons la crainte respectueuse de Dieu. C’est la clé du vrai bonheur ici bas et dans l’au-delà!

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2011.

LE TEMPS PASSE, ON PASSE AVEC LUI

“Nga a gaba.” (N’gèlègèdma mafahai)

 « Nous sommes sous l’arbre à palabres » (proverbe mafa 

“We are under the palaver tree.” (Mafa proverb)

Signification: Nous ne sommes que de passage sur la terre.

 Parallélisme biblique

L’arbre à palabres est célèbre dans de nombreuses cultures sahéliennes. C’est un arbre sous lequel les notables de village se réunissent pour échanger des idées, discuter, juger, ou se pencher sur divers problèmes de la vie en société. C’est aussi un lieu de rassemblement. Chaque village mafa a son arbre à palabres sous lequel se trouve souvent grand un roc sur lequel les gens peuvent s’asseoir sans se salir.

 L’arbre à palabres est plein de symboles dans la société mafa. Tout y passe : les nouvelles, les plaintes, les joies, les peines, les conflits, la réconciliation, les médisances, le rétablissement de la vérité, la politique,  l’éducation, les stratégies, les contes, les proverbes, la religion, la philosophie, l’économie, le mysticisme, les rêves, l’organisation des travaux champêtres,  les projets, bref tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la vie du village. Mais, au-delà de tous ces symboles,  l’arbre à palabres représente la précarité de la vie sur la terre. En effet, l’arbre à palabres ne rassemble les gens que pour un temps bien limité. Après les réunions, chacun rentre chez soi pour un sommeil bien mérité en vue de mieux affronter les durs labeurs du lendemain si Dieu permet qu’on y arrive. Nombreux sont ceux qui sont partis d’un petit sommeil à un sommeil et chacun attend son tour. Face à cette réalité existentielle, les Mafa affirment, sur une note philosophique assez profonde que nous (les êtres humains) sommes sous l’arbre à palabres. Nous ne sommes que des étrangers sur cette terre. La mort nous attend à tout moment. Il est alors aisé de comprendre pourquoi c’est l’un des premiers proverbes que les Mafa citent pour évoquer un décès dans la communauté.

 En cette fin d’année où nous sommes souvent surpris par la rapidité avec laquelle les mois se sont écoulés il nous arrive parfois de dire tout haut : « comme le temps passe si vite ! » Mais, n’oublions pas  que ce n’est pas seulement le temps qui passe. Nous passons aussi avec lui. L’écrivain français Paul-Jean Toulet (1867-1920) exprime cela en des termes qui n’ont pas perdu leur éloquence après près d’un siècle : « Le temps passe. Ah, si on pouvait le regarder passer. Mais hélas, on passe avec lui. ». Au-delà du temps qui passe, c’est donc nous qui passons.

 C’est justement ce que nous rappelle de nombreux textes bibliques. Retenons-en un, l’un des plus vieux psaumes de la Bible, attribué à Moise l’homme de Dieu :

  1 Prière de Moïse, l’homme de Dieu.
      O Seigneur, d’âge en âge
      tu as été notre refuge.

    2 Avant que soient nées les montagnes,
      et que tu aies créé la terre et l’univers,
      de toute éternité et pour l’éternité, toi, tu es Dieu.

   
    3 Tu fais retourner l’homme à la poussière,
      et tu dis aux humains: «Retournez-y!»

     4 Car mille ans, à tes yeux,
      sont comme le jour d’hier qui est déjà passé,
      comme une seule veille au milieu de la nuit.

        5 Tu balaies les humains comme un peu de sommeil qui s’efface à l’aurore.
      Ils sont pareils à l’herbe

    6 qui fleurit le matin, qui passe
      et qui, le soir, se fane et se flétrit.

    7 Nous sommes consumés par ta colère,
      ta fureur nous effraie:

    8 tu as mis devant toi tous nos péchés,
      et tu mets en lumière tout ce qui est caché.

    9 Tous nos jours disparaissent par ta colère,
      et nos années s’effacent comme un murmure…

      10 Le temps de notre vie? C’est soixante-dix ans,
      au mieux: quatre-vingts ans pour les plus vigoureux;
      et leur agitation n’est que peine et misère.
      Car le temps passe vite et nous nous envolons.

     11 Qui peut connaître l’intensité de ta colère,
      qui te respecte assez pour tenir compte de ton courroux?

        12 Apprends-nous donc à bien compter nos jours,
      afin que notre cœur acquière la sagesse!

(Psaume 90 :1-12, La Bible du Semeur)

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse de bien compter nos jours de nous rappeler chaque jour que nous ne sommes que sous l’arbre à palabres de la condition humaine. Daigne le Dieu unique, saint, et juste nous aider à comprendre que nous pouvons quitter cette terre à tout moment et que nous avons intérêt à la quitter quand nous sommes en bons termes avec lui. En cette fin d’année, examinons-nous. Faisons la paix avec Dieu et avec nos prochains. Et surtout, engageons-nous à vivre chaque jour de telle sorte que, même si c’était la fin de notre pèlerinage terrestre, nous partions avec la ferme assurance que notre vie et dans les tendres bras du Bon Berger avec qui nous passerons l’éternité dans un bonheur parfait. C’est aujourd’hui qu’il faut se repentir et confier la direction totale de sa vie au Seigneur Jésus-Christ. C’est aujourd’hui qu’il faut demander pardon à ceux qui ont été offensés.  C’est aujourd’hui qu’il faut honorer Dieu. C’est aujourd’hui qu’il faut aimer le prochain comme soi-même. C’est aujourd’hui qu’il faut pratiquer des œuvres dignes de la repentance. Demain peut être trop tard car nous ne savons pas si nous le verrons et il serait irresponsable de prendre un si grand risque avec son avenir éternel. Or, la Bible déclare que «le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu. » (Hébreux 9 :27, La Bible du semeur). Soyons donc sages et sachons nous rendre à l’évidence que ce n’est pas seulement le temps qui passe mais que c’est aussi nous qui passons car la vie sur terre n’est qu’une éphémère réunion sous un arbre à palabres. « Nga a gaba ! »   

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

NOEL: QUAND LA RICHESSE EMBRASSE LA PAUVRETE

« Akoura ka ji m’wé dza dza »  (proverbe comorien)

“Le riche n’aide pas le pauvre.” (proverbe comorien)

« The rich does not help the poor. » (Comoros proverb)

Signification: « Ceux qui ont réussi oublient ceux qui ‘rament’ ».

Source: http://youssouf.saidali.free.fr/anjouan/html/wassuya.htm

Parallélisme biblique

A première vue, le proverbe comorien peut paraître simpliste. Nous aurions voulu un proverbe un peu plus énigmatique, paradoxal ou profond. Pourtant, ce proverbe a le mérite de nous forcer à réfléchir sur une réalité que nous vivons quotidiennement.

Nous constatons avec amertume qu’une bonne partie de l’humanité vit dans des conditions infrahumaines quoique nous disposions d’assez de ressources matérielles et financières pour que chaque être humain vive décemment. Pourquoi le rang des pauvres grossit-il davantage chaque jour ? Les raisons sont multiples et les réalités sont plus complexes. Nous osons cependant citer, entre autres, le mauvais comportement, le poids de l’histoire, la mauvaise éducation, les mauvaises orientations, les mauvaises décisions politiques au niveau international ou national, le manque ou l’insuffisance d’encadrement, les mauvais choix, la mauvaise gestion des ressources, les injustices sociales, les troubles sociopolitiques, les calamités naturelles, les conflits armés, et l’égoïsme humain.  La liste est loin d’être exhaustive.

Parlant de l’égoïsme, nous constatons qu’au plan international, les pays les plus riches ne sont pas forcément ceux qui aident le plus. Même quand ces aides sont accordées, avec toute la fanfare médiatique qui les accompagnent, elles sont souvent loin de correspondre aux besoins réels des pays qui en bénéficient. Par exemple, plusieurs  pays (surtout en Afrique) attendent encore un vrai transfert de technologie qui leur permettra de sortir du rang des éternels consommateurs. Mais, les intérêts économiques et politiques de certains pays mieux nantis sont têtus. En effet, il est plus facile de donner du poisson à un pays et de le contrôler subtilement mais sûrement que de lui apprendre à pêcher et de risquer de sacrifier ses propres intérêts. Les pays en voie de développement et les pays pauvres très endettés attendent d’être mieux représentés au sein du Conseil de Sécurité et dans les organes qui prennent les grandes décisions internationales. De nombreuses nations attendent des programmes de développement international plus justes et plus respectueux de leur vision du monde et de leurs convictions religieuses. Elles ne veulent pas subir une arrogante imposition du hiatus entre la raison et la foi, le séculier et le religieux, ou pire encore, le conditionnement des aides internationales à l’adoption de valeurs qui sont contraires aux mœurs des populations locales.

Au plan national, les détournements de biens publics et la corruption sont souvent le fait de l’égoïsme humain. Nombreux sont ceux qui semblent lutter en vue de tailler une bonne partie du gâteau national,chacun pour soi, pour sa famille, pour ses proches ou pour ses amis. L’intérêt supérieur de la nation et le patriotisme peuvent toujours  attendre. Et pourtant, le jour où le bateau national coulera, tout le monde en subira les conséquences. Le sort tragique des gens qui ont pillé les biens de leurs pays devrait nous servir de leçons. Certains individus ont apparemment réussi à tromper la vigilance de leurs compatriotes mais pourront-ils aussi tromper la vigilance divine au jour du jugement ?

Au plan strictement personnel, chacun peut s’examiner et se demander ce qu’il ou elle a fait pour aider les prochains en détresse. Nous devons apprendre à partager sans encourager la paresse et le parasitisme.  Force est de relever qu’on n’a pas forcément besoin d’argent ou de biens matériels pour aider le pauvre à sortir de sa misère. Le partage de connaissances et d’informations au sujet de ressources disponibles peut faire des merveilles. Même un simple conseil peut produire des résultats extraordinaires s’il tombe dans la bonne oreille. Nous avons connu beaucoup de personnes qui sont sorties de la pauvreté tout simplement parce qu’elles ont répondu favorablement aux conseils des amis, des frères et sœurs en Christ. Elles ont arrêté de fumer, de boire, de se droguer, de vivre au-dessus de leurs moyens, de jouir du fruit trompeur de la paresse ou d’attendre indéfiniment un poste de travail à la hauteur de leurs qualifications académiques. Elles se sont battues pour braver les moqueries de leurs camarades, changer de lieu d’habitation, chercher un emploi, s’auto employer, travailler durement, et économiser régulièrement un pourcentage plus ou moins fixe de tout ce que Dieu leur donne. Aujourd’hui, leur condition de vie s’est nettement améliorée. Sortons résolument des griffes de l’égoïsme car c’est une bête qui dévore nos prochains et finit toujours par nous dévorer nous-mêmes.

Pour sa part, Dieu nous donne une belle leçon de partage en ce temps de Noel où nous commémorons la venue de Jésus dans ce monde. Noel nous rappelle qu’il y a de cela deux millénaires, la Parole est devenue chair, Dieu s’est incarné (Jean 1 : 1-18). Dieu est venu partager notre misère humaine. Il en a donné un signal fort en plaçant son ministère terrestre sous ce signe dans Luc 4 :18-19 où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné par l’onction pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la délivrance aux opprimés et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur ».

Le Créateur de toute richesse visible et invisible est devenu pauvre afin de nous enrichir. C’est justement ce que nous trouvons en 2 Corinthiens 8 :7-9, dans un contexte où les fideles sont encouragés à donner généreusement : « Vous êtes riches dans tous les domaines, qu’il s’agisse de la foi, de la parole ou de la connaissance, du zèle en toutes choses ou de l’amour qui, de nos cœurs, a gagné les vôtres; cherchez donc aussi à exceller dans cette œuvre de générosité. Ce n’est pas un ordre que je vous donne, mais en mentionnant le zèle que d’autres ont déployé, je cherche à éprouver l’authenticité de votre amour. Car vous savez comment notre Seigneur Jésus-Christ a manifesté sa grâce envers nous: lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis.”

Ce texte est très profond. Christ s’est fait pauvre pour nous enrichir.  En lui nous sommes plus riches que les multimilliardaires de ce monde. Que faisons-nous de cette merveilleuse position spirituelle ? Suivons l’exemple de notre Seigneur et partageons.  Partageons les richesses spirituelles et invisibles avec un monde dont la pauvreté spirituelle est encore plus préoccupante que la pauvreté matérielle. Et si Dieu nous donne l’occasion d’aider les autres à sortir du gouffre de la pauvreté matérielle, faisons-le également avec joie. Car, pendant son ministère terrestre, notre Seigneur n’a pas seulement prêché la Bonne Nouvelle, il a aussi guéri les malades, nourri les affamés,  et pleuré avec ceux qui pleuraient.  Un proverbe biblique ne dit-il pas: « Celui qui fait la sourde oreille quand le malheureux [pauvre] appelle à l’aide, appellera lui-même à l’aide sans obtenir de réponse. » (Proverbes 21:13, La Bible du Semeur). Ne faisons pas la sourde oreile quand le pauvre crie. Allons et partageons humblement, en respectant la dignité du prochain qui est moins nantie et en évitant de profiter de l’occasion pour imposer notre volonté. Allons et partageons sagement, avec le discernement que donne le Seigneur et qui nous permettra de déterminer qui aider en priorité, quand et comment. Allons et partageons résolument et joyeusement. Allons et donnons à Noel son vrai visage.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

RESPECTER LES AUTORITES

« La bête qui n’a pas de tête ne marche pas. » (proverbe malgache)

« Ny biby tsy manan-doha tsy mandeha. » (Ohabolana Malagasy)

« The animal that has no head does not walk.” (Malagasy Proverb)

Signification: Un groupe ou une société qui n’a pas de leader ne prospérera pas.

Source : http://www.haisoratra.org/article.php3?id_article=170.

Parallélisme biblique

Nous vivons dans un monde où le refus de l’autorité frappe constamment à la porte de nos communautés. Le mauvais comportement et la corruption de certains leaders viennent compliquer la donne. Nous n’encourageons nullement les inconduites, les injustices et la corruption. Dieu condamne avec rigueur de tels écarts de conduite. Toutefois, le désordre et l’anarchie ne sont jamais de bonnes options.

De la même manière qu’on ne verra jamais une vache sans tête en train de marcher, un groupe ou une société sans leader ou sans respect pour son dirigeant (ou sa dirigeante) ne pourra pas prospérer. Une communauté qui n’a pas de leader ne pourra que s’enfoncer dans le chaos.

L’une des pages les plus sombres de l’histoire d’Israël est résumée en ces termes : « En ces temps-là, il n’y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qu’il jugeait bon. » Juges 21 :25 (La Bible du Semeur). La situation était évidemment chaotique.

Quand chacun fait ce qui lui semble bon dans un groupe ou dans une société, quand il n’y a pas un  minimum d’organisation, quand il n’y a pas de règles justes et claires qui régissent la vie commune, quand il n’y a pas de leader ou quand le leader en place n’est pas respecté, le désordre s’installe inévitablement et obstrue immanquablement le bien-être.

Il est donc important de s’organiser, de choisir un bon leader.  Il est aussi important de respecter l’autorité établie conformément à ce que la Bible déclare en Romains 13 :1-7 : « Que tout homme se soumette aux autorités supérieures, car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été mises en place par Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité lutte contre une disposition établie par Dieu, et ceux qui sont engagés dans une telle lutte recevront le châtiment qu’ils se seront attiré. Car ce sont les malfaiteurs, et non ceux qui pratiquent le bien, qui ont à redouter les magistrats. Tu ne veux pas avoir peur de l’autorité? Fais le bien, et l’autorité t’approuvera. Car l’autorité est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, redoute-la. Car ce n’est pas pour rien qu’elle peut punir de mort. Elle est, en effet, au service de Dieu pour manifester sa colère et punir celui qui fait le mal. C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre à l’autorité, non seulement par peur de la punition, mais surtout par motif de conscience. C’est pour les mêmes raisons que vous devez payer vos impôts. Car ceux qui les perçoivent sont eux aussi au service de Dieu, dans l’exercice de leurs fonctions. Rendez donc à chacun ce qui lui est dû: les impôts et les taxes à qui vous les devez, le respect et l’honneur à qui ils reviennent. » (La Bible du Semeur).

Dans un article sur la soumission aux autorités publié sur le site reforme.net,  Antoine NOUIS a écrit: « Si Paul demande d’être soumis aux autorités, ce n’est pas que toutes les autorités sont parfaites mais il sait que l’autorité est nécessaire et qu’il est préférable d’avoir une autorité imparfaite qu’une autorité déficiente. »

Bien entendu, le respect de l’autorité n’exclut pas la possibilité de refuser tout ce qui va à l’encontre du respect pour Dieu, l’autorité suprême.  C’est à ce titre que Pierre et Jean ont pu dire : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Actes 5 :29, La Bible du Semeur). Mais il  faudrait bien noter que c’est seulement dans un contexte où le respect de l’autorité humaine entre en conflit avec le respect de l’autorité divine que le croyant a le droit de placer l’obéissance à Dieu au-dessus de tout. On comprend alors pourquoi le Seigneur ne s’est pas contenté de dire: « Rendez à César ce qui est à César » mais il a aussitôt ajouté  » Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». (Matthieu 22:21).

Même dans l’Eglise, il est important de respecter les dirigeants spirituels.  Il est écrit : « Nous vous demandons, frères, d’apprécier ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent au nom du Seigneur et qui vous avertissent. Témoignez-leur une grande estime et de l’affection à cause de leur travail. Vivez en paix entre vous. » (1 Thessaloniciens 5 :12-13, La Bible du Semeur). Respecter l’autorité établie, sans désobéir au Dieu Suprême, c’est agir conformément à la volonté du Seigneur. C’est aussi contribuer au bien-être social.

© Copyright 2010 by Moussa Bongoyok.

SORTIR DU PIEGE AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Shin cubin, soun cubunnodi bozú (proverbe toubou du Tchad)

Celui qui a mangé l’oreille ne restera pas sans manger l’œil (proverbe toubou du Tchad)

“Whoever ate the ear will not go without eating the eye.” (Toubou proverb from Chad)

 

Signification : Si tu donnes ton petit doigt [à l’ennemi], il te prendra la main.

Source : http://www.tchad.org/recherche/proverbes/toubou.html

 

Parallélisme biblique

Les Toubou  du Tchad nous donnent une très belle leçon de sagesse à travers le proverbe susmentionné. En effet, Dieu nous avertit très souvent des dangers que nous courrons mais nous semblons prendre un malin plaisir à négliger ses feux jaunes et à brûler ses feux rouges. Pourtant, de manière directe ou indirecte, nous voyons les conséquences des mauvais choix, de la mauvaise conduite, de l’orgueil, du refus de régler des problèmes, des addictions,  et du refus délibéré d’écouter les bons conseils des amis, des dirigeants spirituels ou des parents. Un examen minutieux de notre vie peut même parfois révéler des cas précis où l’un de nos membres a été mangé, au propre ou au figuré. Et pourtant, nous continuons      à vivre comme si de rien n’était. Nous tirons peu de leçons des bavures du passé. Nous justifions souvent nos mauvais comportements. Certains parmi nous s’obstinent même à cheminer sur la mauvaise voie. 

Face à ces constats, les Toubou nous invitent à nous ressaisir car les conséquences des mauvais comportements sont incommensurables. Ces conséquences peuvent sembler insignifiantes au début mais, s’il n’y a aucun changement, elles ouvriront la voie à de plus grands ennuis, à de sérieuses pertes.

L’un des récits bibliques qui mérite une sérieuse méditation est celui de Samson, un homme doté d’une force extraordinaire et qui aurait pu marquer l’histoire d’une manière plus significative mais qui s’est laissé enfoncer progressivement dans des compromis, des conduites coupables. Il a fini par perdre ses yeux, et ultimement sa vie dans des circonstances très tragiques. L’un des épisodes les plus tristes de sa vie fut lorsque Dalila lui rasa sa tête et s’écria hypocritement : « Samson, les philistins t’attaquent ! » La Bible précise que Samson « … se réveilla de son sommeil et se dit: ‘Je m’en tirerai comme les autres fois et je me dégagerai!’   Mais il ne savait pas que l’Eternel s’était détourné de lui. » (Juges 16 :20, La Bible du Semeur). Hélas, c’était trop tard. Ses oreilles avaient étaient déjà moralement et spirituellement mangées d’autant plus qu’il n’a pas écouté les avertissements; et maintenant ses yeux sont littéralement mangés car ils ont été aussitôt  crevés. En plus des souffrances physiques indescriptibles, il a subi de graves humiliations. Plus tard, la mort physique s’en est suivie.

Malheureusement nous, qui lisons ces récits des milliers d’années plus tard, tombons  bêtement dans les mêmes pièges. Nous n’en tirons pas des leçons. Pourtant, nous ne sommes pas obligés de continuer à nous enfoncer. Même ceux et celles qui  sont descendus très bas peuvent encore se ressaisir comme le fils prodigue de la parabole (Voir Luc 15 :17-19).  Le pire n’est pas de tomber mais de rester par terre et de s’enfoncer soi-même dans la boue quand on est tombé. Le pire n’est pas d’être répréhensible mais de faire la sourde oreille face aux reproches justifiés. La Bible est formelle : « Celui qui se raidit contre les reproches sera brisé soudainement et ne s’en remettra pas. » (Proverbes 29:1, La Bible du Semeur).

Ayons la sagesse de sortir résolument du piège de l’Ennemi, de nos semblables, ou de nos mauvais choix, avant qu’il ne se referme sur nous. Au lieu de nous enfoncer comme Samson, relevons-nous et marchons sur la voie d’intégrité comme Daniel et ses trois compagnons. Que Dieu nous vienne en aide ! Amen.

© Copyright 2010 by Moussa Bongoyok.

EVITER LES EXCES DE TABLE

Nyali Oji (Lugbara proverb, Uganda).

Le babouin est mort de gloutonnerie (Proverbe lugbara, Ouganda).

The greedy baboon died because of being gluttonous (Lugbara proverb, Uganda).

Signification: La gloutonnerie tue. Il faut éviter les excès de table.

Source: The Right Reverend Dr. Enoch D.Drati, Ancien évêque de la région occidentale du Nil (Uganda), Professeur à WilliamCarey International University.

Parallélisme biblique

Ce proverbe part de l’histoire d’un singe qui avait mangé assez de fruits. Pourtant, à la vue d’un beau fruit qui se trouvait sur une branche assez éloignée, il se mit à faire un saut qui s’avéra périlleux. Il s’écrasa lourdement au sol et mourut à l’ instant même, d’où notre proverbe : « Le babouin est mort de gloutonnerie.”

Les Lugbara de l’Ouganda se servent de ce proverbe pour mettre en garde leurs compatriotes contre le danger des excès de table. Ils appliquent aussi ce proverbe aux mauvaises habitudes et aux excès en tout genre.

La gourmandise, la gloutonnerie, et les excès de table (orgies) sont aussi condamnés  dans la Bible. Il est écrit dans Proverbes 25 :16 « Si tu trouves du miel, n’en mange que ce qui te suffit, car si tu en prends trop, tu le rejetteras.” La même idée est reprise quelques versets plus tard, notamment au verset 27. Quoique le miel  soit bon pour la santé, son excès peut entraîner des conséquences gravissimes. Il en est de même de tout aliment.

Dieu veut que nous prenions soin de notre corps qui est, faut-il le rappeler, le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6 :19). Les excès nuisent à notre santé et projettent une mauvaise image auprès de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur. Il n’est dont pas étonnant de voir que les excès de table se trouvent sur la liste des œuvres de la chair en Galates 5 :19-21 : “Tout le monde voit bien ce qui procède de l’homme livré à lui-même: l’immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l’adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions,  l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre. Je ne puis que répéter ce que j’ai déjà déclaré à ce sujet: ceux qui commettent de telles actions n’auront aucune part à l’héritage du royaume de Dieu.” (La Bible du Semeur).

Ailleurs, le Seigneur met en garde contre ceux qui ont pour dieu leur ventre et qui courent le risque de se perdre (Philippiens 3 :19). La parabole du mauvais serviteur (Matthieu 24 :45-51) est aussi riche en instruction pour ceux et celles qui négligent le service du Seigneur et passent le gros de leur temps «à manger et à boire avec les ivrognes.” S’ils ne changent pas de comportement, ils auront de désagréables surprises.

Dans le même ordre d’idées, nous devons nous garder des aliments qui scandalisent les personnes qui ont pourtant besoin de venir au Seigneur en vue de leur salut. Par exemple, ceux qui vivent en contexte musulman ont tout intérêt à se garder de boire des boissons alcoolisées, de manger de la viande de porc ou tout autre aliment considéré comme impur par les prochains musulmans dans l’esprit de Romains 14 :20-21 où il est écrit : « Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère.” Bien entendu, cela ne doit pas se faire dans un esprit légaliste mais en toute liberté et par amour.

Ne laissons pas la gloutonnerie nous nuire et détruire nos prochains au passage. Demandons plutôt au Seigneur de nous aider à nous maitriser et de nous donner la force de résister à la tentation d’aller au-delà de la quantité et de la qualité  de nourriture dont nous avons besoin pour maintenir notre corps en bonne santé. Ne soyons pas comme le babouin qui est mort de gloutonnerie.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

SAGESSE ET PRUDENCE

“Taa yaawu kuboɗaa ɓonngu fe’irde: nyiwa e don nyaari wara.” (Fulbe proverb)

Ne te hâte pas de jeter ta hache à un moustique : l’éléphant vient en courant. » (Proverbe Fulbe)

“Do not rush to throw your hatchet on a mosquito: the elephant comes running” (Fulbe Proverb)

Signification: “Il ne faut pas se démunir inutilement et imprudemment de ce dont on pourra avoir besoin bientôt.”

Source : Adamou Issa et Roger Labatut Sagesse des Peuls nomades (Yaoundé : CLE, 1974) p. 43.


Parallelisme biblique

La sagesse est une composante essentielle des trois vertus cardinales du pulaaku. Or, qui dit sagesse, dit prudence. En effet, on ne saurait concevoir la sagesse sans une certaine mesure de prudence.  Le prédicateur jésuite Louis Bourdaloue (1632 – 1704) n’a pas tellement exagéré quand il a écrit : « Prudence ; de toutes les vertus requises pour le gouvernement, voilà sans contredit la plus importante. »

Les chemins de la vie passent par de multiples surprises. Voilà pourquoi les Fulbe nous invitent à ne pas jeter la hache à un moustique car il se pourrait qu’un éléphant se présente devant nous dans les secondes qui suivent le passage de l’insecte. Il serait dommage de se retrouver démuni par pure imprudence.

La Bible est pleine de récits qui se rapportent à la prudence. Sélectionnons-en trois :

1)      Dans Genèse 32, Jacob fait preuve d’une extrême prudence en préparant la rencontre avec  son frère Esaü compte tenu du fâcheux antécédent liée à la bénédiction arrachée par ruse.

2)      Dans le livre de Néhémie, du début à la fin, Néhémie agit avec prudence. Pour lui, la confiance en Dieu n’était pas incompatible avec les dispositions pratiques. En effet, il nous appartient de faire tout ce qui est en notre pouvoir, de laisser le reste au Seigneur, et de compter sur lui en tout temps.

3)      Dans 2 Rois 7, le roi reçoit une bonne nouvelle de la part des quatre lépreux mais envoie d’abord quelques hommes vérifier la justesse de l’information avant de laisser la population sortir massivement de la ville assiégée. En agissant ainsi, il voulait se rassurer qu’il n’y avait pas un piège.

La prudence est importante surtout en ces temps de la fin où l’Ennemi multiplie ses attaques à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté chrétienne. Notre Seigneur ne nous a-t-il pas ordonné d’être prudents dans ce monde ? Il est écrit : « Voici: je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes. » (Matthieu 10 :16, La Bible du Semeur).  Soyons prudents. Prenons les dispositions qui s’imposent. Ne gaspillons pas les ressources que Dieu nous donne. Préparons-nous à faire face à une hostilité plus grande de la part de non-chrétiens mais aussi de la part de faux frères et sœurs dans la foi. Ne dévoilons pas toutes nos stratégies. Ne les épuisons pas non plus. Demandons à notre père de nous combler de sa divine sagesse pour être toujours prêts à agir de la meilleure manière possible avec amour et prudence. Il est fidèle. Il le fera.

(c) Copyright by Moussa Bongoyok, 2010.

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