Archive for the ‘gestion’ Category

Faire ce qui est bien sans se lasser

“Uwakwensho bushiko, bamutasha ilyo bwaca.” (Zambian proverb)

“Celui qui vous accompagne pendant la nuit est remercié à l’aube” (Proverbe zambien)

“He who escorts you at night is thanked at dawn” (Zambian proverb)

Signification: Le soutien qu’on apporte à quelqu’un n’est souvent apprécié qu’à la fin.

Source : Nyambe Sumbwa Zambian Proverbs (Lusaka : ZPC Publications, 1993) p. 5.

 

Parallélisme biblique

La récente victoire de l’équipe zambienne à la coupe d’Afrique des nations fait braquer les regards sur la Zambie. Ce pays d’Afrique australe regorge de talents très remarquables. Il dispose également de nombreuses ressources sous exploitées. Nous nous intéressons ici aux proverbes.  Celui qui retient notre attention en ce moment porte sur un aspect important de la vie : il faut beaucoup de volonté et de persévérance pour aider ses semblables.

Très souvent, l’aide que l’on voudrait apporter aux autres ou le bien que l’on voudrait faire n’est pas applaudi au début. Au contraire, il semble y avoir de la résistance, de l’incompréhension ou des appréhensions. Cela peut facilement décourager le bienfaiteur ou la bienfaitrice si au départ la motivation n’est pas sincère, noble, et désintéressée.  Pour vaincre le découragement, la sagesse zambienne nous invite à considérer plutôt le résultat final de notre action, car très souvent, c’est à la fin que les gens remarquent le bien-fondé du soutien apporté, l’utilité de l’aide ou du travail abattu.

Dans ce domaine, le Seigneur Jésus Christ nous laisse un excellent exemple. La lecture des quatre évangiles nous livre d’amples détails sur les difficultés, les moqueries et l’opposition dont il a fait face. Pourtant, il est venu sur terre dans le but de sauver une humanité perdue et sans espoir. Ce n’est pourtant qu’après sa mort et sa résurrection que les yeux de nombreuses personnes se sont ouverts, entrainant de ce fait leur conversion et leur gratitude. Aujourd’hui, la communauté chrétienne, à travers le monde, loue le Seigneur pour le salut et pour ses nombreux bienfaits.

Justement, dans cet élan de gratitude, engageons-nous à l’honorer en marchant sur ses traces, en nous mettant sincèrement au service de nos prochains, et en faisant ce qui est juste à la lumière de la Bible.  Bravons les murs d’ingratitude, de préjugés, et de railleries.  Comme le dit si bien la Bible dans Galates 6 :9 « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts, nous récolterons au bon moment. (La Bible du Semeur). Le dernier verset du quinzième chapitre de la première épître de Paul aux Corinthiens abonde dans le même sens. Sachons donc persévérer dans de bonnes œuvres.

 

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

LA JEUNESSE A AUSSI UNE BOUCHE

« Gòwró kä ngon ì kä kùmänèé. » (Proverbe Sara)
« La petite courge est avec ses pépins. » (Proverbe Sara)

« The little pumpkin is with seeds. » (Sara Proverb)

Signification: “Le petit a aussi des idées à partager ou des conseils à prodiguer. Dans le cas d’une réunion, les jeunes ont leur mot à dire.”

Source: http://www.tchad.org/recherche/proverbes/sara.html (1-29-2012

 

 

Parallélisme biblique:

 

L’un des points communs des peuples africains est le respect des ainés. Généralement, les jeunes ont des oreilles mais ils n’ont pas de bouche. Ils n’ont pas droit à la parole en présence des plus âgés. Leurs avis ne pèse pas du tout dans la balance des décisions familiales ou communautaires. Aussi est-il surprenant d’entendre le peuple  Sara dire : « La petite courge est avec ses pépins”, pour traduire l’idée selon laquelle les petits peuvent aussi prodiguer de bons conseils ou avoir des positions qui méritent d’être prises en compte. Et pourtant, les Sara ont raison.

La Bible regorge d’exemples de jeunes qui ont marqué positivement leurs familles, leurs villes ou villages, leurs nations. C’est dans sa jeunesse que Joseph s’est distingué des autres tant en famille qu’à l’étranger. Grâce à ses conseils de nombreuses populations ont pu survire dans un contexte où la famine était particulièrement sévère (Voir Genèse 37-50).

David n’était qu’un jeune sans expérience militaire, mais il a relevé avec succès le grand défi que Goliath lança à toute l’armée d’Israël (1 Samuel 17). C’est grâce au conseil d’une petite fille juive que le chef de l’armée Syrienne, Naaman le lépreux, a trouvé le chemin de la guérison  (2 Rois 5). C’est grâce à l’intervention de son jeune neveu que Paul a échappé à un complot savamment planifié (Actes 23). On pourrait multiplier les exemples.

En somme, la jeunesse mérite d’être écoutée. Tout en faisant preuve de discernement (conseil également valable pour les moins jeunes), les parents et les leaders ont intérêt à se mettre à l’écoute de la jeunesse et à tenir compte de ses avis. Ceci est particulièrement valable en Afrique où la population est particulièrement jeune. On ne saurait valablement prétendre agir dans l’intérêt de la jeunesse sans lui donner l’occasion de s’exprimer et sans prendre en compte ses besoins réels. La jeunesse n’est pas seulement l’avenir de l’Eglise ou de la nation, elle porte les stigmates de son passé et constitue l’épine dorsale de son présent.  La jeunesse n’a pas que des oreilles, elle a aussi une bouche pleine de suggestions constructives et de paroles de sagesse.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012

L’ADAPTABILITE: UNE QUALITE IMPORTANTE

“Kulg san golm, bi yimbg toun n’golm”  (Proverbe mossi)

“Si le cours d’eau change d’itinéraire, le caïman est obligé de le suivre.” [littéralement, « Si la rivière devient tortueuse, que le caïman lui aussi suivra la même « tortuosité »] (Proverbe mossi)

“If the river changes its route, the caiman is obliged to follow.” (Mossi proverb)

Signification: L’être humain doit bien souvent s’adapter à des situations, même contre son gré.

Source: http://www.fedaba.com/les_proverbes.html

Parallélisme biblique

Ce proverbe mossi part d’une simple observation : quoique redoutable, le caïman a besoin du cours d’eau pour sa survie. On comprend alors pourquoi le caïman est obligé de s’adapter à l’itinéraire de la rivière ou du fleuve. Relevons tout de même que ce proverbe peut être perçu sous un angle tout à fait différent.  A propos, notre soeur Catherine Tiendrébéogo a attiré notre attention sur le fait que ce proverbe aie été « amplifié par le Larlé-Naaba Ambga qui invitait ses concitoyens  à accepter les mutations sociales apportées par la confrontation de notre société traditionnelle au monde occidental. Le mot ‘tortueux’ employé signifie un écart par rapport à la ‘droiture’-norme. Ainsi, il y a derrière ce proverbe un esprit d’opportunisme mais surtout incliné vers le défaitisme et l’afropessimisme.« 

Tout en tenant compte de cette lecture, nous voulons ajouter que l’image familière du caïman qui s’adapte à son contexte renvoie aussi à une réalité humaine plus profonde : l’adaptabilité est une qualité importante pour la survie de l’être humain.

Bien entendu, dans un cadre chrétien, il s’agit nullement de copier les mauvaises habitudes des gens de ce monde où nous sommes plutôt appelés à marquer la différence pour la gloire du Seigneur. N’est-il pas écrit : « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait” (Romains 12 :1-2, La Bible du Semeur)? De nombreux textes bibliques abondent dans le même sens: Jérémie 10:2; 1 Pierre 2 :1-25, 1 Jean 2:15-17 etc.

Toutefois, en dehors des situations qui nous poussent à pécher, il est bon d’être flexible.  Par exemple, quand les premiers chrétiens étaient persécutés,  ils n’ont pas cessé d’annoncer la Bonne Nouvelle à cause des circonstances adverses. Au contraire, la Bible déclare que « Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de la Bonne Nouvelle.» (Actes 8:4, la Bible du Semeur).  Quand Saul – l’un des redoutables persécuteurs d’Actes 8 – est devenu apôtre du Seigneur, il a fait face à l’adversité. Il a connu de nombreuses souffrances (Cf. 2 Cor 11:16-33). Mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa course avec succès au point d’écrire au soir de sa vie: “J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Le prix de la victoire, c’est-à-dire une justice éternelle, est déjà préparé pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me le remettra au jour du jugement, et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue. » (2 Timothée 4:7-8, la Bible du Semeur).

Il a su faire confiance au Seigneur, et continuer sa course en comptant sur le divin soutien. Il n’a pas attendu que les situations s’améliorent avant de poursuivre son ministère.  Mais si Paul est connu comme un serviteur de Dieu rigoureux et intransigeant sur les éléments clés de la doctrine biblique, il a aussi fait preuve d’une adaptabilité remarquable dans  d’autres domaines.  Il a su s’adapter aux divers contextes de son ministère et vivre comme les Juifs en contexte juif et comme des Grecs en contexte grec etc. (Voir 1 Cor. 9:20-23). C’est aussi ce que nous devons faire.

Le cours d’eau de la vie chrétienne et du ministère ne nous conduira pas toujours dans la direction que nous préférons mais ce n’est pas cela qui importe. L’important est d’être dans le plan de Dieu et d’agir conformément à sa volonté. Notre Seigneur se chargera du reste car, pour emprunter les termes de Noël Colombier, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ».

(c) copyright by Moussa Bongoyok, 2012.

QUE QUELQU’UN D’AUTRE FASSE TON ELOGE

“M’bela ka a Poulda” (N’gelegedma mafahai)

“Tu es plus beau que Poulda” (Proverbe mafa)

“You are more handsome than Poulda” (Mafa proverb)

Signification: Ne fais pas toi-même ton éloge.

 Parallélisme biblique

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, ce proverbe revenait souvent dans les  conversations des adultes, surtout dans la ville de Mokolo et ses environs. Poulda était alors un homme célèbre pour sa beauté physique à telle enseigne que, dans l’imaginaire populaire, il était consacré roi de la beauté en pays Mafa. Aussi, quand quelqu’un vantait ses mérites, il suffisait de lui dire: “Tu es plus beau que Poulda” pour le remettre à sa place. C’était en fait de l’ironie.

Ce proverbe mafa attire l’attention des êtres humains sur la vanité de l’orgueil.  En réalité, nul ne peut se vanter d’être le plus beau, le plus riche, le plus intelligent ou le plus sage.  La condition humaine est si complexe et changeante qu’il vaut mieux ne pas se hisser soi-même sur un piédestal qui peut s’avérer fatal.  En outre, il n’est pas bienséant de se jeter soi-même des fleurs. N’est-il pas écrit: « Que ta bouche ne chante pas tes louanges, laisse aux autres le soin de le faire. Oui, que ce ne soit pas toi, mais quelqu’un d’autre, qui fasse ton éloge.” (Proverbes 27:2, La Bible du Semeur)?

Nous vivons dans un monde où la tentation de s’élever soi-même est si grande que  nous pouvons facilement ignorer l’avertissement du Seigneur qui, dans sa divine sagesse, a dit : « En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.”  (Luc 14:11, la Bible du Semeur). Quoique le chemin de l’humilité soit la moins attrayante, elle demeure  la plus prometteuse car “l’humilité précède la gloire” (Proverbes 15:33).

Ne nous élevons pas nous-mêmes. Ne vantons pas nous-mêmes nos mérites.  Laissons les autres apprécier. Et même quand les félicitations pleuvent,  accueillons les avec un cœur humble. En réalité, Dieu seul est grand. Tous nos modestes succès ne sont que des gouttelettes dans l’océan de sa provision, de sa faveur, et de son amour.

Notre prière est que Dieu nous donne la force d’exceller dans tous les domaines nobles et utiles à la société sans laisser l’orgueil démolir ce que nous construisons. 

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

Jalons pour une nouvelle annee fructueuse

“Ka dantse keli kwoya sima na kannubero gertegin.” Kanuri Proverb.

“He draws near the fire when the meat is raw.” Kanuri Proverb.

“Il s’approche du feu quand la viande est crue.” Proverbe Kanuri.

Signification: Celui ou celle qui désire un objet prend les mesures appropriées.

Source: Richard Francis Burton Wit and Wisdom from West Africa: or, a Book of Proverbial Philosophy, Idioms, Enigmas, and Laconisms (London: Tinsley brothers, 1835) p. 44.

Parallélisme biblique:

Le début d’une nouvelle année est souvent l’occasion de formuler des vœux et de fixer des objectifs. Hélas, plusieurs objectifs sont abandonnés  ou tout simplement  oubliés avant la fin du premier mois. Pourquoi n’arrivons-nous pas à accomplir nos objectifs ?

Les réponses sont aussi variées que leur nature, leur envergure, ou les circonstances qui les entourent. Nous ne saurons donc en faire le tour complet.

Toutefois, le proverbe kanuri susmentionné semble attirer notre attention sur un fait très important : Il ne suffit pas de désirer un objet, il faut prendre des mesures appropriées pour s’en approprier. Ainsi, une personne qui veut griller ou cuire de la viande crue ne reculera pas devant l’ardeur du feu ou la nocivité de la fumée.

Ceci nous rappelle un proverbe biblique qui traduit une idée semblable : « Celui qui travaille sa terre aura du pain en abondance, mais celui qui court après des chimères est dépourvu de sens.” Proverbes 12:11 (La Bible du Semeur). Ici, le texte biblique indique clairement que celui ou celle qui veut avoir du pain en abondance doit s’imposer la discipline de travailler sa terre. Travailler la terre n’est pas une tâche aisée. Cela implique de la volonté, du sacrifice, de la discipline, de la persévérance, et l’utilisation des outils appropriés au temps convenable. C’est exactement ce qu’il faut faire avec chaque objectif que nous nous voulons atteindre cette année après avoir vérifié qu’il est raisonnable et conforme à la volonté de Dieu.

Daigne le Seigneur nous accorder la grâce de fixer de bons et d’atteindre de bons objectifs en cette nouvelle année ! Daigne le Seigneur faire en sorte qu’elle soit une année particulièrement fructueuse pour sa gloire et le bonheur de nos semblables!

© Copyright, Moussa Bongoyok,  2012

NON A LA VIOLENCE ET A LA MECHANCETE, OUI A LA JUSTICE

If faut faire ce qui est juste

Nea wɔnom hɔ no wɔnnware hɔ
L’on ne doit pas se baigner dans l’eau que d’autres personnes boivent.

One should not bathe in the water others drink

Signification:Fais ce qui est juste.

 

Parallélisme biblique:

Michee 6:8(La Bible du Semeur)

On te l’a enseigné, ô homme,
ce qui est bien
et ce que l’Eternel
attend de toi:
c’est que tu te conduises
avec droiture,
que tu prennes plaisir
à témoigner de la bonté
et qu’avec vigilance
tu vives pour ton Dieu.

ART DE TRANSCENDER LES PROBLEMES

Medol ilala osina (Maasai proverb)

Les dents ne voient pas la pauvreté (proverbe  Maasai)

Teeth do not see poverty (Maasai proverb)

Signification: Les gens sourient en dépit des problèmes. Les problèmes ne doivent pas nous abattre et nous paralyser.

Source: http://www.bluegecko.org/kenya/tribes/maasai/proverbs.htm

Parallélisme biblique:

Les Maasai sont un peuple d’éleveurs. Ils vivent au Kenya et en Tanzanie. Ils ne sont pas étrangers aux aléas de la nature, aux dangers, à la pauvreté, et aux nombreuses autres  interférences qui viennent troubler leur vie simple et paisible. Mais, en dépit des vicissitudes de la vie, ils s’efforcent de garder leur sang froid et de se moquer de l’adversité.  Nous comprenons alors pourquoi ils peuvent dire « Les dents ne voient pas la pauvreté » ; en d’autres termes la pauvreté ne peut en aucun cas empêcher le sourire d’un homme ou d’une femme qui sait sauvegarder  sa dignité.

Une telle philosophie de la vie est formidable car elle permet de ne pas se laisser facilement terrasser par l’adversité. Mieux encore, elle permet de garder son calme, atout majeur pour mieux analyser le ou les problèmes qui se posent et trouver le moyen de les résoudre. Ceci est d’autant plus important que le découragement paralyse et tue la solution dans l’œuf. Le sourire, par contre, permet d’aborder l’adversité avec une attitude victorieuse. C’est comme si l’on disait au problème, « Je sais que tu es là, mais tu ne m’effraies pas. Avec l’aide du Seigneur, je m’en sortirai. » C’est peut-être ici que la pensée de l’Abbé Pierre trouve tout son sens, lui qui disait : « Un sourire coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière. » Il est vrai qu’il a parlé dans un cadre différent, mais le sourire produit  pratiquement le même résultat face aux difficultés de la vie. Il permet d’éviter de paniquer et de prendre le temps de prier, de réfléchir et  de se frayer un chemin à travers la forêt des idées lumineuses.

Oui, il est important de garder le sourire même quand tout semble plonger l’âme dans l’abattement, voire la dépression. Et c’est tout à fait possible ! La Bible nous donne l’exemple du prophète Habakuk qui a peint un tableau on ne peut plus sombre de l’avenir tout en gardant le sourire. Voici ce qu’il a écrit sous l’inspiration divine :

« J’ai entendu cette nouvelle:
      j’en suis tout bouleversé.
      Mes lèvres balbutient
      et mes os se dissolvent,
      je reste là, tremblant.
      Puisque je dois attendre tranquille, j’attendrai le jour de la détresse,
      où l’ennemi qui doit nous assaillir attaquera le peuple.    
    17 Car le figuier ne bourgeonnera plus,
      et il n’y aura plus de raisins dans les vignes,
      le fruit de l’olivier trompera les espoirs,
      les champs ne produiront plus de pain à manger.
      Les moutons et les chèvres disparaîtront de leurs enclos,
      les bœufs de leurs étables.    
    18 Mais moi, c’est à cause de l’Eternel que je veux me réjouir,
      j’exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve.    
    19 L’Eternel, le Seigneur, c’est lui ma force:
      il rend mes pieds pareils à ceux des biches,
      il me fait cheminer sur les lieux élevés.
   Pour le chef des musiciens. A chanter avec accompagnement d’instruments à cordes. » Habakuk 3:16-19, La Bible du Semeur.

Le prophète Habakuk n’avait pas perdu la tête. Il pouvait se réjouir en dépit des dangers aussi graves qu’imminents à cause de l’Eternel qui est sa force et son salut.

Dans le même ordre d’idées, Paul du fond de sa prison où il pouvait être tué à tout moment pouvait écrire : « Réjouissez-vous en tout temps de tout ce que le Seigneur est pour vous. Oui, je le répète, soyez dans la joie. Faites-vous connaître par votre amabilité envers tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. » (Philippiens 4:4-6, La Bible du Semeur). Il avait compris que sa vie était entre les mains du Seigneur qui avait la puissance nécessaire pour la préserver et que la mort physique elle-même ne pouvait pas le séparer de son Seigneur. Sa joie ne pouvait donc pas être perturbée.

Par ailleurs, la Bible enseigne que la souffrance n’est pas toujours négative, elle peut permettre de mûrir et de cultiver des qualités très utiles pour des succès plus éclatants. C’est ce que communique le texte de Romains 5 :3-4  où il est écrit : « Mieux encore! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à la victoire dans l’épreuve, et la victoire dans l’épreuve nourrit l’espérance. » (La Bible du Semeur).

La vie est un mystère. Les trésors les plus précieux sont souvent cachés dans les problèmes apparemment  insolubles. « Nous sommes  continuellement confrontés à une série de grandes occasions brillamment déguisées en tant que problèmes insolubles » écrit John W. Gardner . L’une des meilleures manières de transcender les problèmes en vue de saisir ces grandes occasions est justement de garder le sourire en faisant confiance au Seigneur, en priant, et en recherchant calmement mais sérieusement les voies et  moyens de les surmonter.

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2011

DIEU: SEUL SECRET DE LA VRAIE REUSSITE

Ka skwi n’ger Bidegai Faissam de? (N’gelegedma mafahai)

Sais-tu ce qui a fait grossir Bidegai Faissam? (Proverbe Mafa)

Do you know what gave weight to Bidegai Faissam? (Mafa proverb)

 Signification: Ce qu’on minimise peut produire de grands changements. Il ne faut négliger aucun aliment. C’est Dieu qui fait réussir.

Parallélisme biblique:

Ce proverbe Mafa est intéressant à plus d’un titre. Retenons trois raisons pour lesquelles il convient de s’y attarder.

Premièrement, cette parole de sagesse étale à grand jour un phénomène qui mérite l’attention des chercheurs en sciences sociales et humaines: un proverbe est dynamique. Il évolue dans le temps et dans l’espace. Dans ce cas précis, le proverbe original est en fait « Ka sun skwi n’ger fakawi de ? » (Sais-tu ce qui fait grossir l’éléphant ? ».   Ici, l’éléphant est remplacé par Bidegai Faissam. Quand la jeune Bidegai épousait le riche Faissam de Soulédé, elle était svelte. Avec le temps, elle a pris énormément du poids au point de devenir la femme la plus grasse de la région (record qu’elle a détenu pratiquement jusqu’à sa mort), d’où le caractère légendaire de son parcours. On comprend alors pourquoi le proverbe remplace carrément le nom du père de Bidegai par celui de son mari, ce qui est contraire aux us et coutumes Mafa.

Secondement, ce proverbe nous montre que toutes les sociétés du monde ne perçoivent pas la rondeur de la même manière. Si en Occident, la femme svelte est mise sur le piédestal tandis que celle qui est grasse est mal perçue, voire rejetée, il n’est pas de même dans la société Mafa traditionnelle. En effet, dans la culture Mafa, la rondeur n’est pas un défaut, tant la famine et les nombreuses privations imposées par un cadre de vie particulièrement hostile ont réduit une grande partie de la population à un régime forcé. Du coup,  la femme grasse est rare et devient particulièrement belle.

Enfin, le proverbe Mafa souligne que le vrai succès vient de Dieu. Il part d’un simple constat. De nombreux animaux se nourrissent de la même manière que l’éléphant mais nul ne peut le rivaliser en poids. Toutes les plantes plongent leurs racines dans la terre mais toutes n’ont pas la même taille. De même, certaines personnes provenant des milieux particulièrement hostiles réussissent tandis que d’autres, qui ont tous les moyens nécessaires, échouent. Décidemment, certaines dimensions de l’existence échappent aux êtres humains. C’est ce que le proverbe Mafa veut communiquer tout en dirigeant indirectement les regards des auditeurs vers le Dieu Créateur, source de la vraie réussite.

 C’est justement ce que la Bible enseigne. C’est Dieu qui a tout créé (Genèse 1). C’est en Dieu que « nous avons la vie, le mouvement et l’être »  (Act. 17. 28). Tous les êtres humains bénéficient de sa générosité car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Matthieu 5 :45). Toutefois, il réserve de bénédictions spéciales pour ceux qui lui obéissent (cf. Deutéronome 28:1-14, Josué 1 :6-9, Psaume 1, Proverbes 10 :25, Ephésiens 1 :1-23 etc.). Les méchants peuvent apparemment réussir pour un temps mais leur fin est déplorable (Psaume 73, Apocalypse 20 :11-20). Par contre, ceux que Dieu bénit le sont éternellement (Romains 8 :28-39 ; Apocalypse 21 :1-8).

En somme, le secret la vraie bénédiction se trouve en Dieu et en lui seul. Détournons-nous des puissances ténébreuses, de faux calculs humains, et des voies injustes qui ne font qu’enfoncer ceux et celles qui s’y livrent dans le malheur même si cela n’est pas évident au début.  Tournons-nous plutôt vers Dieu car « C’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit, et toute la peine qu’on se donne n’y ajoute rien » (Proverbes 10 :22).

© Copyright,  Moussa Bongoyok,  2011

SAISIR LES BONNES OCCASIONS

« Elele məcerega na a ndavay ɗaf bay. »  (proverbe moloko)

“Une bonne sauce ne suffit jamais pour terminer une boule de mil qui

l’accompagne.” (proverbe moloko) [litteralement: “ Sauce bonne là elle finit boule de mil pas.”]

“A delicious sauce is never enough to finish the bowl of millet
that goes with it.” (Moloko proverb)

Moralité: “Une bonne chose ne dure pas et que dès que l’occasion de la saisir se

présente, il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard.”

Source: Ndokobai Dadak, linguiste, Extrême Nord Cameroun.

Parallélisme biblique

 

Nous remercions le frère Ndokobai Dadak qui a bien voulu nous faire parvenir ce proverbe tout en prenant le soin de le faire accompagner des précieux détails suivants: “Ce proverbe est une sagesse Moloko (le moloko est une langue tchadique de groupe Mafa parlée à Lalaway sur la route de Mora à 30km de Maroua juste après Godola). Cette sagesse signifie que quand il y a une bonne chose tout le monde voudrait l’avoir et finalement cette chose ne peut pas suffire pour tout le monde. Vous savez que dans nos montagnes lorsque la marmite de la viande est au feu, c’est toute la maisonnée qui est en fête. Ainsi dès que le père de famille sert le bouillon de viande qui doit accompagner les différentes boules servies par la maman de la maison, c’est tout le monde qui se rue sur la sauce de viande au point où après quelques instants, c’est la boule de mil qui reste dans le gandaf. Cette sagesse veut dire que lorsqu’il y a une belle chose, il faut se presser pour la prendre, l’entretenir, de peur que les autres ne s’en accaparent ou ne la terminent et qu’on vient à en éprouver le manque. Une bonne sauce dans le gandaf, est convoitée par tout le monde et chacun voudrait y envelopper sa boule ; alors quelle que soit la quantité, elle va finir avant la boule de mil qui l’accompagne.”

Les Moloko ont raison : les belles occasions sont extrêmement versatiles. Il est donc très important de les discerner et d’en profiter avant qu’elles ne s’échappent pour l’éternité. Le proverbe sur lequel nous nous penchons est riche en leçons. Retenons-en trois :

La première leçon que nous pouvons en tirer se rapporte à notre salut. Noé a prêché qu’un déluge s’abattrait sur notre planète mais ses contemporains n’ont fait aucun cas de ses prédications. Pourtant le déluge survint et il était trop tard pour eux. (Genèse chapitres 6-9 ; 2 Pierre 2 :5). Dans le même ordre d’idées, la Bible donne l’avertissement suivant à notre génération : “Le jour où le Fils de l’homme reviendra, les choses se passeront comme au temps de Noé: les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Alors vint le déluge qui les fit tous périr. C’est encore ce qui est arrivé du temps de Loth: les gens mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient. Mais le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme apparaîtra.” (Luc 17:26-30, La Bible du Semeur). Aujourd’hui nous vivons le temps de grâce où le salut est à la portée de quiconque croit. Il vaut mieux saisir la main du Seigneur et lui confier la direction totale de sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui nous sommes encore vivants. Mettons notre vie en règle devant Dieu avant que la mort ne vienne car « le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu.” (Hébreux 9:27, La Bible du Semeur). 

Une autre leçon se rapporte à la gestion du temps. Comme le dit si bien l’Ecclésiaste (3:1-8), “il y a un temps pour toute chose.” Le paysan qui néglige le temps des semailles ne pourra jamais se rattraper au moment de la moisson. Quand ce fut le moment de traverser la mer rouge (Exode 14), nul ne pouvait prendre le risque de se donner une semaine de congé. Il fallait agir le plus vite que possible. Quand Pierre était en prison, les autres chrétiens n’ont pas attendu qu’il soit exécuté avant de prier. Ils ont organisé une nuit de prière avant l’heure fatidique (Actes 12) et il a plu au Seigneur de le délivrer.  

La troisième leçon a trait aux opportunités qui se présentent sur le chemin de la vie. Quand Dieu donna à Salomon l’occasion de lui demander ce qu’il voudrait, ce dernier n’a pas hésité à demander à l’Eternel la sagesse et il l’obtint (1 Rois 3). Quand les quatre lépreux ont découvert de la nourriture et des richesses en abondance, ils n’ont pas manqué l’occasion de se nourrir mais aussi d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compatriotes qui mourraient de faim (2 Rois 7). Quand le Seigneur Jésus passait non loin du lieu où il se trouvait, Bartimée brava la foule et cria de toutes ses forces. Et quand le Seigneur lui demanda ce qu’il voulait, il demanda sagement ce que le Seigneur seul pouvait lui accorder, notamment la vue (Marc 10 :46-53). L’exemple de cet aveugle guéri par le Seigneur mérite d’être suivi.

Fort de ce qui précède, nous ne devons jamais baisser les bras dans la vie.  Il est vrai que “La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné” Comme le disait si bien   le maréchal français Duc de Lévis (1720-1785). Mais, faudrait-il se contenter des miettes  quand on a tout le trésor à portée de  la main? Très souvent, nous laissons passer de précieuses occasions. Ne tombons plus dans ce piège. Daigne le Seigneur nous ouvrir les yeux pour saisir les opportunités qu’il nous présente ! Daigne sa divine sagesse nous accorder la grâce d’en faire un bon usage pour la gloire de son saint nom et le bien-être de nos prochains !

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

DIEU EST LE SOUTIEN ET LE DEFENSEUR DES FAIBLES

“Zhikle a zhè.” (n’gèlègèdma mafahai)

“Dieu existe.” (proverb Mafa)

« God exists. » (Mafa proverb)

Signification : Dieu est le soutien et le défenseur des faibles. Sa divine présence est agissante.

Parallélisme biblique

Les Mafa croient en l’existence du Dieu Suprême (Zhiklè). Ils croient aussi que Dieu intervient dans tous les détails de la vie humaine. Cette croyance est perceptible dans leur vie quotidienne. Il est extrêmement rare qu’ils passent une journée entière sans faire allusion à Dieu dans leurs conversations. Le proverbe susmentionné est souvent cité quand quelqu’un échappe miraculeusement à un accident mortel, obtient un bon résultat contre toute espérance, ou survit dans des circonstances particulièrement adverses.  Il est aussi mentionné face à une injustice criante où la loi du plus fort écrase les faibles. Il est enfin évoqué pour encourager ceux qui ont perdu de proches parents, des tuteurs, ou des encadreurs et qui sont complètement abattus, déboussolés. Le proverbe vient alors pour affirmer que la présence de Dieu est agissante. Dieu n’est pas insensible à la souffrance de ses créatures. Il sait intervenir en temps opportun pour soutenir, secourir, réconforter, guider, défendre,  garder et bénir selon l’immensité de sa bonté et de sa puissance.  

En d’autres termes, quand les biens matériels nous font défaut et nos semblables ne nous apportent pas le secours tant attendu en temps opportun, il ne faut pas désespérer. Dieu est vivant et il demeure le secours ultime.

Le proverbe Mafa rappelle de nombreux enseignements bibliques.  Entre autres, la Bible enseigne que Dieu est le père des orphelins, le défenseur des veuves, le protecteur des étrangers, (Exode 22 :23 ; Deutéronome  10 :18 ; Psaume 10 :14, 146 :9 ; Jérémie 49 :11). N’est-ce pas merveilleux d’avoir Dieu pour protecteur ? Il est en mesure de faire fleurir un désert et de  dessécher un océan en un clin d’œil. Il a le pouvoir d’éteindre le feu le plus dévastateur et d’attendrir les cœurs les plus endurcis. Il est capable de changer la condition des opprimés et de les délivrer de leurs oppresseurs quelle que soit la condition dans laquelle ils se trouvent présentement. Rien ne lui est impossible, conformément à l’enseignement des Saintes Ecritures (Genèse 18 :14 ; 2 Rois 3 :18 ; Jérémie 32 :17 ; Matthieu 19 :26 ; Luc 1 :37).

Le Dieu Créateur sait être la force des faibles, l’espoir des désespérés, la voix des sans-voix, et la joie des malheureux. Il est celui dont parle le Psaume 145 :14-19 en des termes combien édifiants : « L’Eternel est le soutien de tous ceux qui tombent, il relève tous ceux qui fléchissent. Les regards de tous sont tournés vers toi: tous attendent que tu donnes à chacun sa nourriture au moment voulu. Tu ouvres ta main et tu combles les désirs de tout ce qui vit. L’Eternel est juste dans tous ses desseins, il est plein d’amour dans tout ce qu’il fait. L’Eternel est proche de ceux qui l’appellent, de tous ceux qui sont sincères lorsqu’ils font appel à lui. » (La Bible du Semeur).

Face aux épreuves, aux déceptions, et aux nombreux sujets de découragement dans la vie, ne perdons pas de vue que même si nul ne s’intéresse à nous et ne vole à notre secours, Dieu est vivant. Que sa divine et agissante présence nous réconforte et nous donne le courage de relever la tête et de nous battre pour un lendemain meilleur en nous appuyant sur l’Eternel!

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

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