Archive for the ‘communication’ Category

UN TEMPS POUR RECOLTER

“Ngwar a gi kəda azbai.” (N’gèlègèdma mafahai)

 

« La saison sèche n’est pas égoïste. » (Proverbe Mafa)

 

« Dry season is not stingy. » (Mafa proverb)

 

Signification: Celui ou celle qui travaille bien pendant la saison pluvieuse peut espérer une bonne récolte en saison sèche.

 

Parallélisme biblique

 

Nous avons voulu profiter de notre séjour au Cameroun pendant cet été pour élargir notre recueil de proverbes du terroir. L’aventure n’était pas très fructueuse mais nous avons appris une excellente leçon : les proverbes se recueillent mieux en écoutant les gens parler dans leur langue. Aussi avons-nous beaucoup appris en écoutant les gens.

Un jour, nous étions en train de dialoguer avec un jeune professeur de lycée au sujet de son désir de poursuivre ses études doctorales à distance au sein de l’Université Francophone de Développement International et de son espoir de financer ses études avec le fruit de la vente de ses produits agricoles.  En parlant, il cita ce proverbe mafa : « La saison sèche n’est pas égoïste. » Il voulait traduire par là la confiance que Dieu bénira ses efforts et lui donnera de jouir des fruits de son dur labeur. 

En l’écoutant, les paroles de 1 Corinthiens 15 :58 me sont venues à l’esprit: « C’est pourquoi, mes chers frères, soyez fermes, ne vous laissez pas ébranler, travaillez sans relâche pour le Seigneur, sachant que la peine que vous vous donnez au service du Seigneur n’est jamais inutile.” (La Bible du Semeur). En effet Dieu n’est pas injuste pour oublier ce que nous faisons pour l’amour du prochain, l’avancement de son règne et la gloire son saint nom. Voilà pourquoi il est écrit dans Apocalypse 14:13: “Puis j’entendis une voix venant du ciel me dire: – Ecris: Heureux, dès à présent, ceux qui meurent unis au Seigneur. Oui, dit l’Esprit, car ils se reposent de toute la peine qu’ils ont prise, et ils seront récompensés pour leurs œuvres.” (La Bible du Semeur).

 

A la lumière de ces deux textes bibliques, le proverbe mafa m’a tout de suite fait penser à deux applications spirituelles :

1)  Nous devons travailler durement pendant notre pèlerinage terrestre. C’est notre saison pluvieuse. Nous n’avons qu’une seule vie sur cette terre et après la mort vient la saison sèche qui correspond à l’heure de la reddition des comptes, de la vraie moisson.

2)  Ceux et celles qui travaillent bien, et bâtissent leurs œuvres sur le solide fondement de la foi en Jésus-Christ, ne maqueront pas leurs récompenses. Cela devrait être suffisant pour nous encourager à persévérer dans l’œuvre du Seigneur même quand nous nous butons aux incompréhensions, à l’adversité,  au découragement, à l’ingratitude et même parfois à l’opposition de nos prochains, voire de nos plus proches collaborateurs.

Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse et la force de semer abondamment et de travailler dans son champ avec diligence car une très belle moisson est en vue dans un contexte de joie éternelle!

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

RESPECT MUTUEL

“Mdu o mrasa nguo ya kawi” Kiuru Proverb (Dialect of Chagga language, Tanzania)

“Le prochain est un second vêtement” (Proverbe kiuru)

“A neighbor is a second cloth” Kiuru Proverb

 

Signification: Nous devons nous respecter les uns les autres.

 

Source: Father Michael Mushi, A.J

http://www.afriprov.org/index.php/bibliography/384-endangered-african-proverbs-collections-chagga-tanzania-sayings-.html

 

Parallélisme biblique :

Un vêtement sert essentiellement à couvrir la nudité et à protéger le corps de celui ou de celle qui le porte. Ceci est une clé herméneutique importante dans la compréhension  du proverbe susmentionné. Il est alors aisé d’appréhender la profondeur du symbolisme qui constitue l’épine dorsale  de cette parole de sagesse. Le prochain, perçu comme un vêtement, est du coup une personne qui nous rend d’énormes services car elle nous est fort utile pour couvrir notre nudité. Bien entendu, la nudité dont il est question ici est avant tout une nudité morale. Vu sous cet angle, le bon prochain couvre les erreurs, pardonne les fautes et les péchés, n’expose pas au grand public les défauts des autres, et cherche à régler les problèmes aussi discrètement que possible.

Un vêtement joue aussi un rôle esthétique. Il apporte un plus dans l’apparence physique d’une personne et ne saurait être négligé dans la beauté. De même, un prochain digne de ce nom peut projeter une belle image de ses semblables, renforcer leur honneur, les rendre beaucoup plus agréables aux yeux de autres.

Dans les deux cas, le bon prochain contribue à lever haut l’étendard de la respectabilité des hommes et des femmes qui l’entourent. C’est justement ce que la Bible enseigne quand elle nous recommande de nous respecter les uns les autres : « Quant à l’affection fraternelle, soyez pleins de tendresse les uns pour les autres. Soyez les premiers à honorer les autres.” (La Nouvelle Bible Second). La Bible T.O.B. semble offrir une meilleure traduction de ce verset: « Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres. Honorez-vous, respectezvous réciproquement.”  

Dieu veut que nous nous respections mutuellement. Joseph l’a bien compris quand, après avoir constaté que Marie était enceinte, il a opté pour la solution d’une rupture secrète (Mt. 1 :19). Il aurait pu provoquer un scandale public. Les gens lui auraient donné raison, mais il s’est gardé de le faire. Combien de chrétiens, même évangéliques, ont une telle noblesse d’esprit de nos jours ?

C’est aussi le même esprit qui a animé le bon samaritain de la Parabole du Seigneur dans Luc 10 :25-37.  Il aurait pu profiter du climat d’inimitié entre les Juifs et les Samaritains pour assommer son prochain grièvement blessé, sans défense, dénudé, et livré à la honte publique. Contre toute attente, c’est lui (et non ses compatriotes qui de surcroit étaient religieux) qui s’est occupé du Juif agressé par des brigands. En agissant de la sorte, il a été, pour emprunter les termes du proverbe kiuru, « un second vêtement » pour son prochain. Si seulement nous pouvions agir de même dans toutes nos relations humaines ! Le monde aurait un visage différent. Car, comme l’a si bien écrit Vagner Fernandes LOBOSCO, « Le respect, c’est comme les sourires : ça ne coute rien et tout le monde aime ça. » On pourrait aussi dire : Le respect c’est comme les sourires : ça se propage facilement et ça fait du bien à tout le monde. Allons donc et soyons les premiers à respecter nos prochains, à couvrir leur nudité morale, et à faire briller leur respectabilité, par amour sincère pour eux et pour la gloire de Dieu.

 

© Copyright by Moussa Bongoyok, 2012

Pour acceder a notre blog: https://bongoyok.wordpress.com

Chers amis,

Nous avons remarqué des perturbations sur notre site <contributions africaines> depuis quelques temps. Nous sommes en train d’y remédier. En attendant, pour accéder à notre blog, veuillez le faire à travers le lien suivant: https://bongoyok.wordpress.com

Merci d’avance,

Moussa Bongoyok.

Mieux vaut peu que rien

“Fiifiika a zung chawng kinla.”  (Builsa proverb, Ghana)

“A little is better than nothing.” (Builsa proverb)

“Mieux vaut peu que rien.” (Proverbe builsa)

 

Signification:  Il faut être reconnaissant pour le peu car la condition pouvait être plus préoccupante.

 

Source: W. Jay MOON African Proverbs Reveal Christianity in Culture. (Eugene, OR: Pickwick Publications, 2009) p. 136.

 

Parallélisme biblique

Nous vivons dans un monde où  la quantité et le nombre sont si importants qu’avoir peu est presque pire que ne rien avoir du tout. La situation est si préoccupante que la  majorité semble perdre de vue que des grands projets, de grandes réalisations, ou de grandes entreprises ont eu leurs humbles débuts. Aussi est-il important de s’arrêter un moment et de nager à contre courant avec les Builsa qui affirment sans ambages : « mieux vaut peu que rien ».

 

Bien entendu, les Builsa ne sont pas contre la quantité. Toutefois, ils ne veulent pas non plus être ingrats au point de minimiser le peu. C’est donc avec un élan de gratitude qu’ils accueillent le peu qui est disponible.

 

La Bible regorge de récits où Dieu a fait des merveilles avec peu de choses.  David n’avait qu’une petite fronde, mais avec la bénédiction de Dieu, il a terrassé le géant Goliath qui terrorisait toute une armée nationale (1 Samuel 17). La veuve de Sarepta n’avait qu’une poignée de farine mais, avec le miracle divin, cela était suffisant pour la survie pendant toute la durée de la sècheresse (1 Rois 17).  Les disciples n’avaient entre les mains  qu’une modeste ration de nourriture, cinq pains et deux poissons, mais avec l’intervention du Seigneur, une foule a été nourrie (Marc 6 :34-44).

 

Ne négligeons donc pas le peu que Dieu nous permet d’avoir. Il ne nous doit absolument rien. Au contraire, c’est nous qui lui devons tout car c’est en lui que nous avons « la vie, le mouvement, et l’être ». Apprenons plutôt à être reconnaissants et fidèles dans les petites choses.  Cela ouvre la voie  à des bénédictions plus grandes et plus profondes. En tout temps, soyons pleins de reconnaissance car, avec la bénédiction divine, le peu est capable de bien de merveilles.

 

© Copyright, 2012 by Moussa Bongoyok.

LA JEUNESSE A AUSSI UNE BOUCHE

« Gòwró kä ngon ì kä kùmänèé. » (Proverbe Sara)
« La petite courge est avec ses pépins. » (Proverbe Sara)

« The little pumpkin is with seeds. » (Sara Proverb)

Signification: “Le petit a aussi des idées à partager ou des conseils à prodiguer. Dans le cas d’une réunion, les jeunes ont leur mot à dire.”

Source: http://www.tchad.org/recherche/proverbes/sara.html (1-29-2012

 

 

Parallélisme biblique:

 

L’un des points communs des peuples africains est le respect des ainés. Généralement, les jeunes ont des oreilles mais ils n’ont pas de bouche. Ils n’ont pas droit à la parole en présence des plus âgés. Leurs avis ne pèse pas du tout dans la balance des décisions familiales ou communautaires. Aussi est-il surprenant d’entendre le peuple  Sara dire : « La petite courge est avec ses pépins”, pour traduire l’idée selon laquelle les petits peuvent aussi prodiguer de bons conseils ou avoir des positions qui méritent d’être prises en compte. Et pourtant, les Sara ont raison.

La Bible regorge d’exemples de jeunes qui ont marqué positivement leurs familles, leurs villes ou villages, leurs nations. C’est dans sa jeunesse que Joseph s’est distingué des autres tant en famille qu’à l’étranger. Grâce à ses conseils de nombreuses populations ont pu survire dans un contexte où la famine était particulièrement sévère (Voir Genèse 37-50).

David n’était qu’un jeune sans expérience militaire, mais il a relevé avec succès le grand défi que Goliath lança à toute l’armée d’Israël (1 Samuel 17). C’est grâce au conseil d’une petite fille juive que le chef de l’armée Syrienne, Naaman le lépreux, a trouvé le chemin de la guérison  (2 Rois 5). C’est grâce à l’intervention de son jeune neveu que Paul a échappé à un complot savamment planifié (Actes 23). On pourrait multiplier les exemples.

En somme, la jeunesse mérite d’être écoutée. Tout en faisant preuve de discernement (conseil également valable pour les moins jeunes), les parents et les leaders ont intérêt à se mettre à l’écoute de la jeunesse et à tenir compte de ses avis. Ceci est particulièrement valable en Afrique où la population est particulièrement jeune. On ne saurait valablement prétendre agir dans l’intérêt de la jeunesse sans lui donner l’occasion de s’exprimer et sans prendre en compte ses besoins réels. La jeunesse n’est pas seulement l’avenir de l’Eglise ou de la nation, elle porte les stigmates de son passé et constitue l’épine dorsale de son présent.  La jeunesse n’a pas que des oreilles, elle a aussi une bouche pleine de suggestions constructives et de paroles de sagesse.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012

L’ADAPTABILITE: UNE QUALITE IMPORTANTE

“Kulg san golm, bi yimbg toun n’golm”  (Proverbe mossi)

“Si le cours d’eau change d’itinéraire, le caïman est obligé de le suivre.” [littéralement, « Si la rivière devient tortueuse, que le caïman lui aussi suivra la même « tortuosité »] (Proverbe mossi)

“If the river changes its route, the caiman is obliged to follow.” (Mossi proverb)

Signification: L’être humain doit bien souvent s’adapter à des situations, même contre son gré.

Source: http://www.fedaba.com/les_proverbes.html

Parallélisme biblique

Ce proverbe mossi part d’une simple observation : quoique redoutable, le caïman a besoin du cours d’eau pour sa survie. On comprend alors pourquoi le caïman est obligé de s’adapter à l’itinéraire de la rivière ou du fleuve. Relevons tout de même que ce proverbe peut être perçu sous un angle tout à fait différent.  A propos, notre soeur Catherine Tiendrébéogo a attiré notre attention sur le fait que ce proverbe aie été « amplifié par le Larlé-Naaba Ambga qui invitait ses concitoyens  à accepter les mutations sociales apportées par la confrontation de notre société traditionnelle au monde occidental. Le mot ‘tortueux’ employé signifie un écart par rapport à la ‘droiture’-norme. Ainsi, il y a derrière ce proverbe un esprit d’opportunisme mais surtout incliné vers le défaitisme et l’afropessimisme.« 

Tout en tenant compte de cette lecture, nous voulons ajouter que l’image familière du caïman qui s’adapte à son contexte renvoie aussi à une réalité humaine plus profonde : l’adaptabilité est une qualité importante pour la survie de l’être humain.

Bien entendu, dans un cadre chrétien, il s’agit nullement de copier les mauvaises habitudes des gens de ce monde où nous sommes plutôt appelés à marquer la différence pour la gloire du Seigneur. N’est-il pas écrit : « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait” (Romains 12 :1-2, La Bible du Semeur)? De nombreux textes bibliques abondent dans le même sens: Jérémie 10:2; 1 Pierre 2 :1-25, 1 Jean 2:15-17 etc.

Toutefois, en dehors des situations qui nous poussent à pécher, il est bon d’être flexible.  Par exemple, quand les premiers chrétiens étaient persécutés,  ils n’ont pas cessé d’annoncer la Bonne Nouvelle à cause des circonstances adverses. Au contraire, la Bible déclare que « Les croyants qui s’étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de la Bonne Nouvelle.» (Actes 8:4, la Bible du Semeur).  Quand Saul – l’un des redoutables persécuteurs d’Actes 8 – est devenu apôtre du Seigneur, il a fait face à l’adversité. Il a connu de nombreuses souffrances (Cf. 2 Cor 11:16-33). Mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa course avec succès au point d’écrire au soir de sa vie: “J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Le prix de la victoire, c’est-à-dire une justice éternelle, est déjà préparé pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me le remettra au jour du jugement, et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue. » (2 Timothée 4:7-8, la Bible du Semeur).

Il a su faire confiance au Seigneur, et continuer sa course en comptant sur le divin soutien. Il n’a pas attendu que les situations s’améliorent avant de poursuivre son ministère.  Mais si Paul est connu comme un serviteur de Dieu rigoureux et intransigeant sur les éléments clés de la doctrine biblique, il a aussi fait preuve d’une adaptabilité remarquable dans  d’autres domaines.  Il a su s’adapter aux divers contextes de son ministère et vivre comme les Juifs en contexte juif et comme des Grecs en contexte grec etc. (Voir 1 Cor. 9:20-23). C’est aussi ce que nous devons faire.

Le cours d’eau de la vie chrétienne et du ministère ne nous conduira pas toujours dans la direction que nous préférons mais ce n’est pas cela qui importe. L’important est d’être dans le plan de Dieu et d’agir conformément à sa volonté. Notre Seigneur se chargera du reste car, pour emprunter les termes de Noël Colombier, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ».

(c) copyright by Moussa Bongoyok, 2012.

QUE QUELQU’UN D’AUTRE FASSE TON ELOGE

“M’bela ka a Poulda” (N’gelegedma mafahai)

“Tu es plus beau que Poulda” (Proverbe mafa)

“You are more handsome than Poulda” (Mafa proverb)

Signification: Ne fais pas toi-même ton éloge.

 Parallélisme biblique

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, ce proverbe revenait souvent dans les  conversations des adultes, surtout dans la ville de Mokolo et ses environs. Poulda était alors un homme célèbre pour sa beauté physique à telle enseigne que, dans l’imaginaire populaire, il était consacré roi de la beauté en pays Mafa. Aussi, quand quelqu’un vantait ses mérites, il suffisait de lui dire: “Tu es plus beau que Poulda” pour le remettre à sa place. C’était en fait de l’ironie.

Ce proverbe mafa attire l’attention des êtres humains sur la vanité de l’orgueil.  En réalité, nul ne peut se vanter d’être le plus beau, le plus riche, le plus intelligent ou le plus sage.  La condition humaine est si complexe et changeante qu’il vaut mieux ne pas se hisser soi-même sur un piédestal qui peut s’avérer fatal.  En outre, il n’est pas bienséant de se jeter soi-même des fleurs. N’est-il pas écrit: « Que ta bouche ne chante pas tes louanges, laisse aux autres le soin de le faire. Oui, que ce ne soit pas toi, mais quelqu’un d’autre, qui fasse ton éloge.” (Proverbes 27:2, La Bible du Semeur)?

Nous vivons dans un monde où la tentation de s’élever soi-même est si grande que  nous pouvons facilement ignorer l’avertissement du Seigneur qui, dans sa divine sagesse, a dit : « En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.”  (Luc 14:11, la Bible du Semeur). Quoique le chemin de l’humilité soit la moins attrayante, elle demeure  la plus prometteuse car “l’humilité précède la gloire” (Proverbes 15:33).

Ne nous élevons pas nous-mêmes. Ne vantons pas nous-mêmes nos mérites.  Laissons les autres apprécier. Et même quand les félicitations pleuvent,  accueillons les avec un cœur humble. En réalité, Dieu seul est grand. Tous nos modestes succès ne sont que des gouttelettes dans l’océan de sa provision, de sa faveur, et de son amour.

Notre prière est que Dieu nous donne la force d’exceller dans tous les domaines nobles et utiles à la société sans laisser l’orgueil démolir ce que nous construisons. 

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

PIEGES DE l’APPARENCE

Rama ba mutua ba. (Proverbe hausa)

Being thin is not dying. (Hausa proverb)

Maigrir n’est pas mourir. (Proverbe hausa)

Source : Merrick, Georges Charleton Hausa Proverbs (London : Kegan Paul, Trench, Trubner and Co, 1905)

Signification : L’apparence est trompeuse.

Parallélisme biblique

Les Hausa, comme de nombreux groupes ethniques africains, ne voient généralement pas d’un bon œil la maigreur. Malgré l’influence occidentale qui se fait de plus en plus sentir avec pour corollaire  la projection de la maigreur dans le royaume de l’élégance et de la beauté, le concept traditionnel de la rondeur (vue sous un angle plutôt positif) a la peau dure. Ainsi, quand on maigrit il n’est pas rare de se faire interpeller par des parents ou des amis qui posent très souvent la question suivante : « Pourquoi as-tu maigri ? ». Derrière cette question ce cachent toute une série d’interrogations dont celles -ci: As-tu des soucis ?  As-tu de la peine à te nourrir ? As-tu des ennuis dans ton foyer ou dans ton lieu de travail ? Es-tu malade ? As-tu le SIDA ?

Les pensées s’envolent alors très facilement vers des conclusions négatives, défaitistes, alarmistes.  Or, c’est justement ce que le proverbe hausa déconseille car, comme le dit si bien un adage, l’apparence est trompeuse. La maigreur n’est pas forcément mauvaise.

Dans la vie, il est facile de se laisser influencer positivement ou négativement par l’apparence. C’est ainsi que, le prophète Samuel a été dérouté par l’apparence physique des frères de David au point où il fallu que le Seigneur intervienne pour le guider vers celui qu’il a choisi pour l’onction royale (1 Samuel 16 :1-13). En effet, le regard de Dieu transcende les apparences.

Un jugement basé sur l’apparence peut entrainer des conséquences plus dramatiques. De nombreuses circonstances peuvent nous amener à soupçonner le mal là où il ne trouve pas ou à prêter aux autres des intentions. Un exemple frappant est celui du mauvais traitement de la délégation que le roi David dépêcha auprès du roi Hanun alors qu’elle était porteuse d’un message de consolation on ne peut plus sincère (2 Samuel 10 :1-19). Les chefs des fils d’Ammon induirent le roi Hanun en erreur et déclenchèrent une guerre malheureuse alors que le soupçon d’espionnage était dénué de tout fondement.

Afin d’éviter de tomber dans les mêmes pièges, il est sage de ne pas se fier à l’apparence et de prendre du recul par rapport aux premières impressions. En toute circonstance, sachons  implorer la direction divine qui sonde les profondeurs que nos sens humains ne sauraient explorer. Examinons  minutieusement chaque cas qui se présente et tirons les conclusions qui s’imposent.    

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2012.

NON A LA VIOLENCE ET A LA MECHANCETE, OUI A LA JUSTICE

If faut faire ce qui est juste

Nea wɔnom hɔ no wɔnnware hɔ
L’on ne doit pas se baigner dans l’eau que d’autres personnes boivent.

One should not bathe in the water others drink

Signification:Fais ce qui est juste.

 

Parallélisme biblique:

Michee 6:8(La Bible du Semeur)

On te l’a enseigné, ô homme,
ce qui est bien
et ce que l’Eternel
attend de toi:
c’est que tu te conduises
avec droiture,
que tu prennes plaisir
à témoigner de la bonté
et qu’avec vigilance
tu vives pour ton Dieu.

SAISIR LES BONNES OCCASIONS

« Elele məcerega na a ndavay ɗaf bay. »  (proverbe moloko)

“Une bonne sauce ne suffit jamais pour terminer une boule de mil qui

l’accompagne.” (proverbe moloko) [litteralement: “ Sauce bonne là elle finit boule de mil pas.”]

“A delicious sauce is never enough to finish the bowl of millet
that goes with it.” (Moloko proverb)

Moralité: “Une bonne chose ne dure pas et que dès que l’occasion de la saisir se

présente, il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard.”

Source: Ndokobai Dadak, linguiste, Extrême Nord Cameroun.

Parallélisme biblique

 

Nous remercions le frère Ndokobai Dadak qui a bien voulu nous faire parvenir ce proverbe tout en prenant le soin de le faire accompagner des précieux détails suivants: “Ce proverbe est une sagesse Moloko (le moloko est une langue tchadique de groupe Mafa parlée à Lalaway sur la route de Mora à 30km de Maroua juste après Godola). Cette sagesse signifie que quand il y a une bonne chose tout le monde voudrait l’avoir et finalement cette chose ne peut pas suffire pour tout le monde. Vous savez que dans nos montagnes lorsque la marmite de la viande est au feu, c’est toute la maisonnée qui est en fête. Ainsi dès que le père de famille sert le bouillon de viande qui doit accompagner les différentes boules servies par la maman de la maison, c’est tout le monde qui se rue sur la sauce de viande au point où après quelques instants, c’est la boule de mil qui reste dans le gandaf. Cette sagesse veut dire que lorsqu’il y a une belle chose, il faut se presser pour la prendre, l’entretenir, de peur que les autres ne s’en accaparent ou ne la terminent et qu’on vient à en éprouver le manque. Une bonne sauce dans le gandaf, est convoitée par tout le monde et chacun voudrait y envelopper sa boule ; alors quelle que soit la quantité, elle va finir avant la boule de mil qui l’accompagne.”

Les Moloko ont raison : les belles occasions sont extrêmement versatiles. Il est donc très important de les discerner et d’en profiter avant qu’elles ne s’échappent pour l’éternité. Le proverbe sur lequel nous nous penchons est riche en leçons. Retenons-en trois :

La première leçon que nous pouvons en tirer se rapporte à notre salut. Noé a prêché qu’un déluge s’abattrait sur notre planète mais ses contemporains n’ont fait aucun cas de ses prédications. Pourtant le déluge survint et il était trop tard pour eux. (Genèse chapitres 6-9 ; 2 Pierre 2 :5). Dans le même ordre d’idées, la Bible donne l’avertissement suivant à notre génération : “Le jour où le Fils de l’homme reviendra, les choses se passeront comme au temps de Noé: les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Alors vint le déluge qui les fit tous périr. C’est encore ce qui est arrivé du temps de Loth: les gens mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient. Mais le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme apparaîtra.” (Luc 17:26-30, La Bible du Semeur). Aujourd’hui nous vivons le temps de grâce où le salut est à la portée de quiconque croit. Il vaut mieux saisir la main du Seigneur et lui confier la direction totale de sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui nous sommes encore vivants. Mettons notre vie en règle devant Dieu avant que la mort ne vienne car « le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu.” (Hébreux 9:27, La Bible du Semeur). 

Une autre leçon se rapporte à la gestion du temps. Comme le dit si bien l’Ecclésiaste (3:1-8), “il y a un temps pour toute chose.” Le paysan qui néglige le temps des semailles ne pourra jamais se rattraper au moment de la moisson. Quand ce fut le moment de traverser la mer rouge (Exode 14), nul ne pouvait prendre le risque de se donner une semaine de congé. Il fallait agir le plus vite que possible. Quand Pierre était en prison, les autres chrétiens n’ont pas attendu qu’il soit exécuté avant de prier. Ils ont organisé une nuit de prière avant l’heure fatidique (Actes 12) et il a plu au Seigneur de le délivrer.  

La troisième leçon a trait aux opportunités qui se présentent sur le chemin de la vie. Quand Dieu donna à Salomon l’occasion de lui demander ce qu’il voudrait, ce dernier n’a pas hésité à demander à l’Eternel la sagesse et il l’obtint (1 Rois 3). Quand les quatre lépreux ont découvert de la nourriture et des richesses en abondance, ils n’ont pas manqué l’occasion de se nourrir mais aussi d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compatriotes qui mourraient de faim (2 Rois 7). Quand le Seigneur Jésus passait non loin du lieu où il se trouvait, Bartimée brava la foule et cria de toutes ses forces. Et quand le Seigneur lui demanda ce qu’il voulait, il demanda sagement ce que le Seigneur seul pouvait lui accorder, notamment la vue (Marc 10 :46-53). L’exemple de cet aveugle guéri par le Seigneur mérite d’être suivi.

Fort de ce qui précède, nous ne devons jamais baisser les bras dans la vie.  Il est vrai que “La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné” Comme le disait si bien   le maréchal français Duc de Lévis (1720-1785). Mais, faudrait-il se contenter des miettes  quand on a tout le trésor à portée de  la main? Très souvent, nous laissons passer de précieuses occasions. Ne tombons plus dans ce piège. Daigne le Seigneur nous ouvrir les yeux pour saisir les opportunités qu’il nous présente ! Daigne sa divine sagesse nous accorder la grâce d’en faire un bon usage pour la gloire de son saint nom et le bien-être de nos prochains !

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

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