SAISIR LES BONNES OCCASIONS

« Elele məcerega na a ndavay ɗaf bay. »  (proverbe moloko)

“Une bonne sauce ne suffit jamais pour terminer une boule de mil qui

l’accompagne.” (proverbe moloko) [litteralement: “ Sauce bonne là elle finit boule de mil pas.”]

“A delicious sauce is never enough to finish the bowl of millet
that goes with it.” (Moloko proverb)

Moralité: “Une bonne chose ne dure pas et que dès que l’occasion de la saisir se

présente, il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard.”

Source: Ndokobai Dadak, linguiste, Extrême Nord Cameroun.

Parallélisme biblique

 

Nous remercions le frère Ndokobai Dadak qui a bien voulu nous faire parvenir ce proverbe tout en prenant le soin de le faire accompagner des précieux détails suivants: “Ce proverbe est une sagesse Moloko (le moloko est une langue tchadique de groupe Mafa parlée à Lalaway sur la route de Mora à 30km de Maroua juste après Godola). Cette sagesse signifie que quand il y a une bonne chose tout le monde voudrait l’avoir et finalement cette chose ne peut pas suffire pour tout le monde. Vous savez que dans nos montagnes lorsque la marmite de la viande est au feu, c’est toute la maisonnée qui est en fête. Ainsi dès que le père de famille sert le bouillon de viande qui doit accompagner les différentes boules servies par la maman de la maison, c’est tout le monde qui se rue sur la sauce de viande au point où après quelques instants, c’est la boule de mil qui reste dans le gandaf. Cette sagesse veut dire que lorsqu’il y a une belle chose, il faut se presser pour la prendre, l’entretenir, de peur que les autres ne s’en accaparent ou ne la terminent et qu’on vient à en éprouver le manque. Une bonne sauce dans le gandaf, est convoitée par tout le monde et chacun voudrait y envelopper sa boule ; alors quelle que soit la quantité, elle va finir avant la boule de mil qui l’accompagne.”

Les Moloko ont raison : les belles occasions sont extrêmement versatiles. Il est donc très important de les discerner et d’en profiter avant qu’elles ne s’échappent pour l’éternité. Le proverbe sur lequel nous nous penchons est riche en leçons. Retenons-en trois :

La première leçon que nous pouvons en tirer se rapporte à notre salut. Noé a prêché qu’un déluge s’abattrait sur notre planète mais ses contemporains n’ont fait aucun cas de ses prédications. Pourtant le déluge survint et il était trop tard pour eux. (Genèse chapitres 6-9 ; 2 Pierre 2 :5). Dans le même ordre d’idées, la Bible donne l’avertissement suivant à notre génération : “Le jour où le Fils de l’homme reviendra, les choses se passeront comme au temps de Noé: les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et étaient donnés en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Alors vint le déluge qui les fit tous périr. C’est encore ce qui est arrivé du temps de Loth: les gens mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient. Mais le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel et les fit tous périr. Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme apparaîtra.” (Luc 17:26-30, La Bible du Semeur). Aujourd’hui nous vivons le temps de grâce où le salut est à la portée de quiconque croit. Il vaut mieux saisir la main du Seigneur et lui confier la direction totale de sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui nous sommes encore vivants. Mettons notre vie en règle devant Dieu avant que la mort ne vienne car « le sort de tout homme est de mourir une seule fois – après quoi il est jugé par Dieu.” (Hébreux 9:27, La Bible du Semeur). 

Une autre leçon se rapporte à la gestion du temps. Comme le dit si bien l’Ecclésiaste (3:1-8), “il y a un temps pour toute chose.” Le paysan qui néglige le temps des semailles ne pourra jamais se rattraper au moment de la moisson. Quand ce fut le moment de traverser la mer rouge (Exode 14), nul ne pouvait prendre le risque de se donner une semaine de congé. Il fallait agir le plus vite que possible. Quand Pierre était en prison, les autres chrétiens n’ont pas attendu qu’il soit exécuté avant de prier. Ils ont organisé une nuit de prière avant l’heure fatidique (Actes 12) et il a plu au Seigneur de le délivrer.  

La troisième leçon a trait aux opportunités qui se présentent sur le chemin de la vie. Quand Dieu donna à Salomon l’occasion de lui demander ce qu’il voudrait, ce dernier n’a pas hésité à demander à l’Eternel la sagesse et il l’obtint (1 Rois 3). Quand les quatre lépreux ont découvert de la nourriture et des richesses en abondance, ils n’ont pas manqué l’occasion de se nourrir mais aussi d’annoncer la bonne nouvelle à leurs compatriotes qui mourraient de faim (2 Rois 7). Quand le Seigneur Jésus passait non loin du lieu où il se trouvait, Bartimée brava la foule et cria de toutes ses forces. Et quand le Seigneur lui demanda ce qu’il voulait, il demanda sagement ce que le Seigneur seul pouvait lui accorder, notamment la vue (Marc 10 :46-53). L’exemple de cet aveugle guéri par le Seigneur mérite d’être suivi.

Fort de ce qui précède, nous ne devons jamais baisser les bras dans la vie.  Il est vrai que “La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné” Comme le disait si bien   le maréchal français Duc de Lévis (1720-1785). Mais, faudrait-il se contenter des miettes  quand on a tout le trésor à portée de  la main? Très souvent, nous laissons passer de précieuses occasions. Ne tombons plus dans ce piège. Daigne le Seigneur nous ouvrir les yeux pour saisir les opportunités qu’il nous présente ! Daigne sa divine sagesse nous accorder la grâce d’en faire un bon usage pour la gloire de son saint nom et le bien-être de nos prochains !

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2011.

6 responses to this post.

  1. Posted by Jean-Paul Abakalaou on juin 8, 2011 at 3:33

    Dieu soit loué pour Sa Sagesse insondable!

    Ce proverbe moloko vient à point nommé, nous mettre en garde du danger que court notre génération. En effet, nous vivons un temps où chacun est préoccupé par quelque que chose de temporaire. Dieu dans Son amour,multiplient à notre égard des occasions sans pareilles,pour saisir le salut ou pour porter du frits qui demeure. Puissions-nous être attentifs?
    Soyez richement bénis dans votre entreprise!

    Répondre

  2. Posted by Gertrud Eichenberger on août 12, 2011 at 2:35

    Félicitations pour ces souvenirs précieux!

    Répondre

    • Posted by bongoyok on août 20, 2011 at 12:45

      Merci pour votre encouragement. Vous avez certainement beaucoup de proverbes africains glanés au cours de votre très long et fructueux ministère au Tchad et au Cameroun. Veuillez nous les faire parvenir et nous serons très heureux de les commenter à la lumière de la Bible.
      Merci d’avance,
      Moussa.

      Répondre

  3. Posted by Guiyeke Leon on octobre 26, 2013 at 11:06

    j’ai été enseigné. gloire à Dieu et merci pasteur pour tout ce que vous faites dans la vie du département, du Cameroun et de l’Afrique. May GOD BLESS YOU MORE.

    Répondre

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