NON AU FATALISME

« Ndo a m’metsai a hwad mededwe n’stad azbai» n’gélègèdma mafahai.

« Un être humain ne doit pas attendre la mort sur place. » (proverbe mafa)

(Littéralement: un être humain ne meurt pas sur une seule terrasse)

« A human being should not await death being still.” (Mafa proverb)

Signification : Tant qu’on peut prévenir  le pire, il faut agir. La souveraineté divine n’exclut pas la responsabilité humaine.


Parallélisme biblique

Les Mafa vivent principalement en région montagneuse (Monts Mandara) où la population est dense et la terre cultivable aussi rare que délicate. Mais, ils ont réussi à s’adapter à ce contexte peu ambiant en pratiquant la culture en terrasses. Les terrasses facilitent une culture intensive dans les massifs et sont particulièrement efficaces dans la lutte contre l’érosion du sol. Vues de loin, les terrasses ont l’apparence de minuscules murailles de pierres disposées en escaliers à flanc de montagne.  C’est dans cet univers pittoresque que le proverbe susmentionné plonge ses racines. L’idée originale c’est qu’on ne saurait accepter de tomber malade et de mourir sur une même terrasse. Même mourante, tant qu’une personne a un peu d’énergie dans les veines, elle a le devoir de lutter pour sa survie.

La sagesse mafa prend le contre pied de certaines philosophies religieuses qui encouragent le fatalisme. Ici, Dieu est souverain mais l’être humain a aussi sa part de responsabilité. Quand la mort menace, il ne faut pas se croiser les bras, fermer les yeux et attendre que le pire arrive. Dieu veut que nous fassions ce qui est possible dans le cadre de ses divines prescriptions et lui laissions ce qui est au-delà de nos compétences humaines.

Un exemple qui illustre parfaitement cette vérité biblique est le récit de la résurrection de Lazare dans le chapitre 11 de l’évangile selon Jean. Jésus a demandé qu’on roule la grosse pierre qui fermait le tombeau de Lazare (v.39). Un mot de sa part aurait suffi pour que la pierre disparaisse, mais il n’a pas voulu faire ce que les êtres humains pouvaient faire.  Il a préféré  demander à Lazare de sortir du tombeau (v.43) car lui seul pouvait donner un tel ordre à un cadavre en état de décomposition avancée.  Lazare est effectivement sorti vivant du tombeau. Seulement, ses mains et ses pieds étaient entourés de bandes. Là aussi le Seigneur Jésus-Christ n’a pas ordonné aux bandelettes de tomber. Il a plutôt demandé à ceux qui étaient présents de délier Lazare (v.44) et c’est ce qu’ils firent.  Le Seigneur a voulu montrer clairement que les hommes et les femmes doivent faire ce qui est à leur portée et lui laisser la charge de ce qui est impossible aux êtres humains.

Même quand nous savons clairement que seule l’intervention divine peut nous faire sortir d’une impasse ou d’un danger imminent, il faut encore avoir la sagesse d’implorer son secours. C’est ce qu’ont fait les habitants de Ninive suite à la prédication de Jonas qui annonçait un jugement sans appel : la destruction de Ninive dans une quarantaine de jours (Jonas 3 :4). Les Ninivites se sont tous repentis et Dieu a annulé la sentence de mort  (Jonas 3 :6-10).

Face aux maux qui menacent notre survie ou celle de notre planète et de ses habitants, ne laissons pas le fatalisme nous paralyser. Faisons ce qui est en notre pouvoir comme si tout dépendait de nous. C’est notre responsabilité. Seulement, quand les compétences humaines  et les moyens naturels affichent leurs limites, gardons-nous de faire recours à la magie et aux pratiques occultes. Implorons plutôt l’intervention divine.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

2 responses to this post.

  1. Posted by Abakalaou Jean-Paul on avril 2, 2010 at 9:19

    Salut,
    Ce matin du 02 avril, c’est bien le Seigneur qui m’a conduit vers ce site. En effet, je me posais beaucoup de questions: comment sortirai-je de cette impasse à savoir, faire un piètre ministère?
    Dieu dans sa grâce me répond par ce proverbe Mafa.
    C’est bien vrai qu’il faut dire non à la fatalité, Dieu dans son amour pour nous, nous donne une part de responsabilité.
    Soyez bénis comme moi par la leçon qui se dégage de ce proverbe!

    Jean-Paul

    Réponse

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