DELICATESSE DE LA RICHESSE

“Kafamen ebaj, karooñen yo.” (Proverbe jóola)

« Augmenter la richesse c’est l’amoindrir. » (Proverbe jóola)

« Increasing wealth is diminishing it. » (Jóola Proverb)

Signification: « On risque de perdre à vouloir trop gagner. »

Source : Nazaire Diatta Proverbes jóola de Casamance. (Paris : Karthala, 1998) p. 75.

Parallélisme biblique

Ce beau proverbe jóola (diola) nous plonge dans l’univers des richesses matérielles. Il attire notre attention sur le fait qu’augmenter sa richesse est un exercice très délicat. Donnons d’abord la parole aux Diola eux-mêmes. « Lorsque le Diola dit cela, il recommande, en fait, la discipline pour éviter les conflits. Car on augmente injustement sa richesse dans le visible, au détriment d’une autre personne, ou d’un autre groupe de parenté qui a été structuré de génération en génération. On ne peut donc le faire impunément.” (http://intura.meomec.net/?action=article&idarticle=37 accédé le 14 mars 2010).

Ici, la gestion de la richesse matérielle est un paramètre non négligeable de  la coexistence pacifique. L’intérêt général du groupe ethnique ou de la parenté passe avant les intérêts personnels. Il n’est pas interdit d’être riche, mais il faut savoir rester dans les limites du raisonnable.

Le débat autour de la richesse n’est pas étranger à la Bible. Curieusement, la richesse est l’un des principaux thèmes bibliques tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Les deux Testaments présentent un enseignement équilibré sur le sujet. La richesse n’est pas mauvaise en soi. Job, l’homme intègre, était riche. Abraham, l’ami du Seigneur et le Père de la foi était riche. Isaac, dans sa prière de bénédiction a demandé à Dieu de combler son fils de richesses (Genèse 27 :28). Avant son entrée dans la terre promise, Dieu dit clairement à Israël que la richesse qu’il  va avoir sera une bénédiction de sa part et non le fruit de ses propres efforts (Deutéronome 8 :17-18). L’histoire d’Israël comporte une longue liste de personnes qui étaient manifestement riches et qui sont restées fidèles au Seigneur.

Même dans le Nouveau Testament nous trouvons de nombreux hommes et femmes riches qui sont parmi les plus illustres disciples du Seigneur ou qui ont marqué la communauté de disciples par les œuvres remarquables. Nous pouvons mentionner, entre autres, Zachée (Luc 19 :1-10), Joseph d’Arimathée (Matthieu 27 :57-61 ; Marc 15 :42-46 ; Luc 23 :50-53), Les femmes qui ont soutenu le ministère du Seigneur (Luc 8 :1-3 ; 23 :55-24 :10 ; Marc 15 :40), le centurion romain (Matthieu 8 :5-13 ; Luc 7 :1-5), et Lydie (Actes 16 :14-15). A bien d’égards, la richesse est bonne et utile.

Tout en présentant la richesse sous cet angle, la Bible ne passe pas sous silence le revers de la médaille. La richesse peut présenter des pièges si elle n’est pas gérée dans la crainte de Dieu et pour la gloire de son saint nom. L’un des pièges de la richesse est justement celle qui est relevée par le proverbe diola : elle peut déclencher un désir toujours croissant d’avoir plus de biens matériels avec tous les risques que cela comporte. Pris par cette soif, beaucoup d’hommes et de femmes ont tout perdu. D’autres ont détruit leurs familles et les relations avec  leurs prochains dans la course  pour l’enrichissement. On comprend alors pourquoi la Bible dit : « Ne te tourmente pas pour t’enrichir, refuse même d’y penser! A peine as-tu fixé tes regards sur la fortune que, déjà, elle s’est évanouie, car elle se fait des ailes et s’envole comme l’aigle en plein ciel. » (Proverbes 23 :4-5, La Bible du Semeur). Comprenons ici que ces versets ne condamnent pas la richesse mais conseillent de ne pas « se tourmenter pour s’enrichir ». Ailleurs, le livre de Proverbes met en garde contre la richesse trop vite acquise (Proverbes 13 :11). Le Nouveau Testament donne aussi une sérieuse mise en garde : « Ceux qui veulent à tout prix s’enrichir s’exposent eux-mêmes à la tentation et tombent dans le piège de nombreux désirs insensés et pernicieux qui précipitent les hommes dans la ruine et la perdition. Car ‘l’amour de l’argent est racine de toutes sortes de maux’. Pour s’y être abandonné, certains se sont égarés très loin de la foi, et se sont infligés beaucoup de tourments. » (1 Timothée 6 :9-10, La Bible du Semeur).

La richesse est vraiment mortelle quand elle envahit le cœur et devient une idole qui prend carrément la place du Dieu créateur. Beaucoup de riches ont progressivement ôté Dieu de leur vie. Ils ont perdu de vue que la véritable sécurité se trouve en Dieu et non dans la richesse (cf. Proverbes 11 :28). Ils se sont sentis tellement puissants au point d’oser se passer de Dieu. C’est ce danger que voulait éviter Agour en adressant à Dieu une prière bien précise : Eternel, je te demande deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure: garde-moi de dire des paroles fausses ou mensongères, ne me donne ni pauvreté ni richesse; accorde-moi seulement ce qui m’est nécessaire pour vivre, car dans l’abondance, je pourrais te renier et dire: ‘Qui est l’Eternel?’ Ou bien, pressé par la misère, je pourrais me mettre à voler et déshonorer ainsi mon Dieu. » (Proverbes 30 :7-9, La Bible du Semeur). L’exemple du jeune homme riche (Matthieu 19 :16-30 ; Marc 10 :17-27) est assez éloquent pour montrer que la richesse mal gérée peut prendre la place de Dieu dans une vie.

En somme la richesse est comme un couteau qu’il faut manipuler avec beaucoup de prudence. Elle peut faire du bien mais elle peut aussi conduire à des dérives dont les conséquences sont éternelles si elle n’est pas gérée sagement. Face à cette réalité, une question fondamentale se pose naturellement : Comment  se comporter face à la richesse ? L’une des meilleures réponses à cette question se trouve dans  1 Timothée 6 :17-19 où il est écrit: « Recommande à ceux qui possèdent des richesses en ce monde de se garder de toute arrogance et de ne pas fonder leur espoir sur la richesse, car elle est instable. Qu’ils placent leur espérance en Dieu, qui nous dispense généreusement toutes ses richesses pour que nous en jouissions. Recommande-leur de faire le bien, d’être riches en œuvres bonnes, d’être généreux et de partager avec les autres. Ils s’assureront ainsi pour l’avenir un beau capital placé en lieu sûr afin d’obtenir la vraie vie. » (La Bile du Semeur). Daigne le Seigneur nous accorder la sagesse de gérer sagement  les biens matériels que le Seigneur nous confie pour le bien de nos prochains, la propagation de l’Evangile et la gloire du Dieu Créateur !


© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

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