L’HOSPITALITE

« Ndo a ndehè a gai azbai. »  (N’gèlègèdma mafahai)

« Les êtres humains ne peuvent jamais remplir une maison. » (Proverbe mafa du Cameroun)

“Humans can never fill a house.” (There is always room for one more)  (Mafa Proverb)

Signification: Il y a toujours de la place pour une personne de plus dans la maison. Il faut être hospitalier.

Source : Proverbe envoyé par Gabriel Slanwa, Coordinateur Régional MTN pour l’Ouest et le Nord Ouest, un Mafa du Cameroun.

Parallélisme biblique :

L’univers entier est encore sous le choc de la grande tragédie qui frappe de plein fouet Haïti depuis le violent séisme du 12 janvier 2010. De centaines de milliers de personnes ont péri sous les décombres des maisons et des édifices publiques. Les survivants sont torturés par la douleur, la faim, la soif et diverses autres formes de souffrance. Plus d’un million de personnes sont sans abri. Voilà un grand test de générosité, de solidarité  et d’hospitalité pour l’univers tout entier. Volons au secours de nos frères et sœurs haïtiens.

Juste avant le séisme, Gabriel Slanwa nous a envoyé le proverbe susmentionné où il est justement question d’hospitalité.   Dieu veut certainement attirer notre attention sur cette vertu très importante et qui tend à disparaitre dans notre monde rongé par le matérialisme et l’individualisme.

Dans la société traditionnelle Mafa, l’hospitalité est de rigueur. Même le plus pauvre membre de la société fait de son mieux pour loger et nourrir un parent, un ami, ou un hôte de passage, même étranger, sans s’attendre à quoi que ce soit en contrepartie. Il convient de noter que, dans ce contexte, les visiteurs n’annoncent pas leur arrivée. Parfois, leur nombre peut dépasser l’entendement des occidentaux. Cinq, Dix, vingt ou même plus de personnes peuvent débarquer à l’improviste et à une heure tardive et la culture Mafa exige qu’on leur offre de l’eau à boire, de la nourriture et un endroit où elles peuvent dormir. Quand nous étions enfant, nous avons surpris plusieurs fois notre mère au moment où elle entrait dans la cuisine au milieu de la nuit pour préparer de la nourriture à des visiteurs, mais jamais nous ne l’avons entendu murmurer. Pour elle, comme pour toute la société Mafa, c’est tout à fait normal d’exercer l’hospitalité même si ces visiteurs doivent rester pendant plusieurs semaines.

Il faudrait quand même reconnaitre tout de suite que certaines personnes ont abusé de cette hospitalité et  sont devenues des « parasites », des gens qui s’accrochent mordicus à l’hospitalité pour vivre aux dépens des autres.  Ceci est surtout perceptible dans les grandes villes. Jean-Jacques Rousseau pensait peut-être à des situations pareilles quand il a écrit « C’est l’affluence des hôtes qui détruit l’hospitalité. »  En réalité des abus existent. Ils doivent être dénoncés et réprimés car on ne saurait encourager indirectement la paresse et l’escroquerie sous le couvert de l’hospitalité.  Seulement, ces déviations ne cadrent pas avec la culture Mafa. En réalité, même si  les familles qui recevaient et hébergeaient les visiteurs n’exigeaient rien en retour, les visiteurs ne venaient pas les mains vides. Même quand une fille mariée rendait visite à ses parents, elle leur apportait toujours de la farine de mil (parfois enrichie) et un coq. En repartant, les parents lui donnaient du mil et parfois de la viande de chèvre. Ceux et celles qui prolongeaient leur séjour dans la famille participaient aux divers travaux qu’effectuaient les membres de la famille  hôte et ne se croisaient jamais les bras. Ainsi, il y avait une sorte de compensation volontaire qu’elle soit directe ou indirecte. Mais, même quand (dans des cas rares) cette compensation faisait défaut, la joie de rendre service dépassait toute récompense matérielle.  On comprend alors pourquoi l’hospitalité est restée d’actualité chez les Mafa et dans la quasi-totalité des groupes ethniques du continent africain, même au vingt-unième siècle.

Ce n’est que normal d’ailleurs, surtout quand on sait que l’hospitalité est conforme à la volonté de Dieu à l’égard de ses créatures.  Il est écrit dans Romains 12 :9-13 :

« L’amour ne sait pas mentir. Ayez donc le mal en horreur, attachez-vous de toutes vos forces au bien, notamment en ce qui concerne:
— l’amour fraternel: soyez pleins d’affection les uns pour les autres;
—l’estime mutuelle: faites passer les autres avant vous;
— l’ardeur: n’hésitez pas;
—l’Esprit: soyez bouillants;
—le Seigneur: soyez de bons serviteurs;
— l’espérance: qu’elle soit votre joie;
—l’épreuve: qu’elle vous trouve pleins d’endurance;
—la prière: qu’elle soutienne votre persévérance;
— les besoins de ceux qui appartiennent à Dieu: soyez-en solidaires, toujours prêts à pratiquer l’hospitalité. » (La Bible du Semeur)

Le texte de 1 Pierre 4 :9 ajoute une précision très importante sur la manière de pratiquer l’hospitalité : « Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans vous plaindre. » (La Bible du semeur).  L’auteur de l’épitre aux Hébreux indique que celui ou celle qui exerce l’hospitalité peut même héberger des anges sans le savoir : « Ne négligez pas de pratiquer l’hospitalité. Car plusieurs, en l’exerçant, ont accueilli des anges sans le savoir. » (Hébreux 13 :2, La Bible du Semeur). Ce texte fait certainement allusion à Abraham qui a effectivement accueilli des anges (Genèse 18 :1-8). Lot a aussi fait la même expérience (Genèse 19 :1-11). En dehors de ces deux, la Bible cite en exemple de nombreuses personnes qui ont exercé l’hospitalité : le pharaon (Genèse 12 :16),  Abimélek (Genèse 20 :14-15), les Hittites (Genèse 23 :6-11), Laban (Genèse 24 :31 et 29 :13-14), Isaac (Genèse 26 :30), Joseph (Genèse 43 :31-34), Jéthro (Exode 2 :20), Rahab (Josué 2 :1-16), le vieillard de Guibea (Juges 19 :16-21), David (2 Samuel 9 :7-13), la veuve de Sarepta (1 Rois 17 :10-24), la Sunamite (2 Rois 4 :8), Elisée (2 Rois 6 :22), Job (Job 31 :32), Martha (Luc 1038 et Jean 12 :1-2), Zachée (Luc 19 :1-10), Simon le tanneur (Actes 10 :6-23), Lydie (Actes 16 :15), Onésiphore (2 Timothée 1 :16) et Gaius  (3 Jean 1 :5-8).  Cette liste est d’ailleurs loin d’être exhaustive ;  mais elle prouve à suffisance que riches et pauvres, hommes et femmes, étrangers et autochtones,  peuvent exercer l’hospitalité chacun dans la limite de ses possibilités. Par ailleurs, Dieu sait récompenser ceux qui exercent l’hospitalité. A cause de son hospitalité, la veuve de Sarepta a été bénie (1 Rois 17 :10-24). Rahab et tous les membres de sa famille ont eu la vie sauve pour la même raison (Josué 6 :17-25). Même le moindre geste fait avec une bonne disponibilité intérieure est pris en compte et sera tôt ou tard récompensé par le Seigneur (Marc 9 :37,41 ; Matthieu 25 :31-40).

Tout en agissant avec discernement, exerçons l’hospitalité. Faisons-le par amour et sans murmurer car c’est pour la gloire de Dieu et le bonheur de nos prochains.

© Copyright, Moussa Bongoyok, 2010.

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