L’OBJECTIVITE: UNE QUALITE A CULTIVER

« No a wanyiri nyiiwa fuu, ta wi’u a heebintaa fayaande. » (Balndol Fulbe).

« Quelle que soit la haine que tu as pour l’éléphant, il ne faut pas dire qu’il ne peut pas remplir une marmite. » (Proverbe Fulbe).

« Whatever hatred you have for the elephant, do not say it cannot fill a pot.” (Fulbe proverb).

Signification : Il ne faut pas nier ce que est évident.

Parallélisme biblique

Ce proverbe Fulbe pourrait faire sourire plus d’une personne. Et pourtant, pour une bonne partie de la population humaine, la subjectivité semble s’être autoproclamée reine des conversations et des analyses. La neutralité, l’impartialité, le désintéressement ou l’objectivité ont tendance à devenir des « espèces en voie de disparition », même parfois dans nos tribunaux. C’est déjà malheureusement le cas dans certaines sociétés où la corruption s’est érigée en norme.

Bien entendu, Dieu condamne de tels agissements. Il déclare, par la bouche de son prophète Esaïe : « Malheur à vous qui nommez le mal bien et le bien mal, vous qui changez la lumière en ténèbres, les ténèbres en lumière, vous qui changez l’amertume en douceur et la douceur en amertume. » (Esaïe 5 :20, La Bible du Semeur).

Mais, peut-on objecter, comment définir objectivement  le bien ou le mal ? Tout n’est-il pas relatif ? Ce qui condamné comme un péché dans une culture ne peut-il pas être un acte de bravoure hautement apprécié dans une autre ? C’est vrai, nos cultures sont diverses et nos jugements ont tendance à être colorés par nos lunettes culturelles, politiques, idéologiques ou religieuses. Mais c’est justement pour cela qu’il nous faut rechercher l’objectivité. N’oublions pas que nous ne nous sommes pas créés nous-mêmes. De la même manière que nous prenons très au sérieux les instructions qui accompagnent les appareils que nous achetons, n’est-il pas sage de recourir aux directives de notre Créateur ?

Salomon l’a vite compris et a adressé à Dieu une prière dans ce sens : « Veuille donc donner à ton serviteur l’intelligence nécessaire pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu’il sache discerner entre le bien et le mal! Sans cela, qui pourrait administrer la justice pour ton peuple qui est si nombreux? » (1 Rois 3 :9, La Bible du Semeur). Dieu a exaucé sa prière. Il donne la sagesse à quiconque la lui demande et met à la disposition de l’humanité sa parole, la Bible. Le psalmiste dit d’ailleurs au sujet de cette dernière : «Ta parole est comme une lampe qui guide tous mes pas, elle est une lumière éclairant mon chemin. » (Psaume 119 :105, La Bible du Semeur).

La Bible est la norme divine. Elle doit être au-dessus de nos cultures, des nos courants de pensées, de nos convictions religieuses. Tout(e) théologien(ne) qui se respecte est conscient(e) du fait que certains passages bibliques sont difficiles et reconnait que certains textes sont diversement interprétés. Mais, il ou elle admettra aussi que sur toutes les questions essentielles de la vie et de la destinée humaine, la Bible contient des déclarations claires et offre des principes qui ne souffrent d’aucune ambiguïté pour quiconque veut voir le monde comme Dieu le voit, dans une parfaite objectivité.

Parlant de l’objectivité, si la Bible était le produit de la subjectivité humaine elle passerait sous silence les péchés des grands hommes et femmes de foi. Par exemple Abraham, l’ami de Dieu et le père des croyants, est loué pour sa foi extraordinaire, mais ses déviations spirituelles tels que les mensonges ou l’impatience ne sont pour autant pas passés sous silence (Voir Genèse 12 :10-20 ; 16 :1-6 ; 20 :1-18). Par ailleurs, David l’homme selon le cœur de Dieu est apprécié pour ses nombreuses qualités, mais ses péchés (convoitise, adultère, crime, et vengeance) sont clairement décrits dans la Bible. Il suffit de lire des textes comme 2 Samuel 11 :1-26 ; 1 Rois 2 :5-9). David a été honoré par Dieu quand il agissait bien mais il était aussi puni quand il agissait mal en dépit de l’amour spécial que le Seigneur avait pour lui. On pourrait multiplier les exemples…

Dieu est si objectif dans ses jugements qu’il sait relever et récompenser le bien et condamner le mal même en ses propres amis. Par ailleurs, il juge objectivement ceux qui ne l’aiment pas. Voyons, à titre d’illustration, cette comparaison entre Israël et les nations païennes du temps du prophète Jérémie : «Rendez-vous donc aux îles de Kittim, et regardez! Ou envoyez des hommes à Qédar et qu’ils observent bien! Voyez si jamais il arrive une chose pareille: existe-t-il un peuple qui ait changé de dieux? Et pourtant ces dieux-là ne sont pas de vrais dieux! Pourtant, mon peuple a échangé celui qui fait sa gloire contre ce qui ne sert à rien! Cieux, étonnez-vous-en, soyez-en horrifiés et consternés, l’Eternel le déclare. Car mon peuple a commis un double mal: il m’a abandonné, moi, la source d’eaux vives, et il s’est creusé des citernes, des citernes fendues et qui ne retiennent pas l’eau. » (Jérémie 2 :10-13, La Bible du Semeur). Dans ce texte, Dieu reconnait que les nations païennes ont au moins le mérite d’être loyales à leurs faux dieux (quoiqu’elles soient toujours sur la voie de la perdition) tandis que son propre peuple est déloyal (et sera aussi puni pour cela).

Dans le Nouveau Testament, le Christ a clairement prêché que le gens de ce monde sont perdus et ont besoin de repentance et de conversion en vue de leur salut. Mais il a aussi relevé leur habileté supérieure en affaires : « …En effet, ceux qui vivent pour ce monde sont plus avisés dans leurs affaires avec leurs semblables que les enfants de la lumière. » (Luc 16 :8, La Bible du Semeur).

Notre Seigneur représente les événements, les objets et les êtres tels qu’ils sont en réalité. Ses jugements et ses analyses ne souffrent d’aucune déformation. Sommes-nous en train de marcher sur ses traces ?

Certains sont en train de le faire et nous les encourageons vivement à continuer dans cette lancée. D’autres sont malheureusement en train de nier les évidences, de déformer les réalités, ou de faire des exagérations, ou de falsifier les informations, pour de nombreuses raisons : racisme, tribalisme, clanisme, régionalisme, clientélisme, trafic d’influence, aveuglement, corruption, haine, jalousie, malhonnêteté, etc. Et pourtant, un autre proverbe africain dit : « Même si le lièvre est ton ennemi, il faut reconnaitre qu’il court plus vite que toi. » Comment voulons-nous progresser au plan socio-économique et spirituel si nous sommes incapables de faire preuve d’objectivité dans nos analyses et dans nos déclarations et, mieux encore, d’agir conséquemment ? Dépassons nos intérêts égoïstes et nos déformations culturelles. Sachons féliciter ceux et celles qui travaillent bien et avertir ceux et celles qui font un mauvais travail. Evitons de nommer le bien mal et le mal bien. Soyons toujours impartiaux dans nos jugements et objectifs dans nos analyses. C’est la volonté de Dieu à notre égard.

Copyright © 2009, Moussa Bongoyok.

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